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23 July 2017

Algérie: le général Nezzar rattrapé en Suisse par une plainte pour « crimes de guerre »

25 Octobre 2011 Par François Gèze
In Mediapart

Ce jeudi 21 octobre, le général Khaled Nezzar, 73 ans, ancien homme fort du pouvoir militaire algérien dans les années 1990, était à Genève pour affaires. Mais il n’y a pas dormi tranquillement, comme à son habitude, à l’hôtel cinq étoiles « Beau Rivage » : ce soir-là, il y a été « assigné à résidence, sous surveillance » par la justice suisse, après avoir passé la journée au poste de police du boulevard Carl-Vogt. Arrêté le matin même par la police, il y a été entendu par la procureur de la Confédération suisse sur son implication dans les « crimes de guerre » commis durant les années 1990, suite à la plainte de deux Algériens victimes de tortures à l’époque, plainte déposée par l’ONG TRIAL (Track Impunity Always), une association suisse qui lutte contre l’impunité des responsables de violations des droits humains. Nezzar a été remis en liberté vendredi soir, après avoir été « prévenu » (l’équivalent d’une mise en examen).

Khaled Nezzar, l’un des principaux organisateurs du terrorisme d’État en Algérie

Dans son communiqué du 21 octobre, TRIAL rappelle les faits : « Khaled Nezzar […] a occupé divers postes à responsabilités dans l’armée. Chef des armées terrestres en 1986, il a été promu chef d’état-major puis ministre de la Défense en 1990 [jusqu’en juillet 1993]. À ce poste, il est devenu l’homme de toutes les décisions au sein du pouvoir. De [janvier] 1992 à [janvier] 1994, il a été l’un des cinq membres du Haut Comité d’État (HCE), junte militaire de cinq membres remplaçant le président élu. M. Nezzar a été considéré comme l’un des hommes les plus puissants du régime au début des années 1990, alors que la “sale guerre” faisait rage. De nombreuses organisations de défense des droits humains lui reprochent d’avoir ordonné, autorisé et incité des militaires et des agents de la fonction publique à exercer des actes de torture, à commettre des meurtres, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et autres actes constitutifs de graves violations du droit international humanitaire. »

Un constat froid et factuel, qui a le mérite de battre en brèche, une nouvelle fois, le discours de désinformation propagé depuis le coup d’État de janvier 1992 par le pouvoir algérien, jusqu’à ce jour : derrière la démocratie de façade instaurée par des « militaires républicains » qui prétendaient lutter contre l’« hydre islamiste », c’est en réalité un véritable terrorisme d’État, méticuleusement planifié, qui a frappé la société algérienne dans les années 1990, au prix de quelque 200 000 morts, dont au moins 20 000 victimes de « disparations forcées » du fait des « forces de sécurité ». Plus de dix ans après la fin de la « sale guerre », tous les organisateurs de cette effroyable « machine de mort » – pour reprendre les termes d’un rapport accablant et trop méconnu publié en 2003 par l’ONG Algeria-Watch – bénéficient toujours d’une totale impunité.

Certains d’entre eux sont depuis morts de leur belle mort, sans avoir jamais été inquiétés. C’est le cas du général Smaïl Lamari (dit « Smaïn »), décédé en août 2007, qui fut à partir de 1990 le numéro deux de la police politique, le DRS (Département de renseignement et de sécurité). Et, à ce titre, l’un des pires criminels responsables de la machine de mort : ce digne héritier des pires pratiques de l’armée française contre le peuple algérien durant la guerre d’indépendance les a répétées à une échelle inédite, notamment avec l’ordonnancement des grands massacres de 1997 perpétrés par les « groupes islamiques de l’armée » (GIA) qu’il contrôlait. C’est le cas également du général Larbi Belkheir, le faiseur de rois dans l’Algérie des années 1980 et 1990 et l’un des principaux concepteurs du coup d’État de 1992 et de la guerre déclenchée ensuite contre la population : cet affairiste hors pair, homme clé des circuits de corruption de la Françalgérie, est mort dans son lit en janvier 2010. Ou encore du général Brahim Fodhil Chérif, ex-chef du Département des opérations au ministère de la Défense nationale et acteur de premier plan de la « sale guerre » antiterroriste des années 1990, décédé en juin 2008.

Des centaines d’officiers auteurs ou complices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité

Mais les autres officiers algériens responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans les années 1990 sont toujours bien vivants. Certains d’entre eux ont été discrètement écartés par leurs pairs des sphères officielles de décision, souvent au prix de juteux fromages, même s’ils conservent dans l’ombre un pouvoir certain. Tel est le cas du général Khaled Nezzar, l’homme qui fait aujourd’hui l’actualité en Suisse et qui n’a plus de fonctions officielles depuis 1994. Ou des généraux Mohamed Lamari (ancien commandant des forces terrestres de 1989 à 1992, nommé en octobre 1992 à la tête des nouvelles unités antiterroristes, puis chef d’état-major de l’ANP – Armée nationale populaire – de juillet 1993 à juillet 2004) et Kamel Abderrahmane (chef de la Direction centrale de la sécurité de l’armée, l’une des branches du DRS, de 1990 à 1996, puis commandant de la 2e région militaire de 1996 à 2003) : tous deux ont été mis sur la touche en 2004, après avoir joué un rôle majeur dans le déploiement du terrorisme d’État depuis 1992. Nombre de leurs pairs ou subordonnés de l’époque sont en revanche toujours en poste aujourd’hui et sont les véritables « décideurs » dans l’Algérie de 2011.

À commencer par le général Mohammed Médiène (dit « Toufik »), 72 ans, l’inamovible numéro un de la police politique, le DRS, depuis plus de vingt ans : il est toujours à ce jour le véritable « patron » du pays, en connivence plus ou moins conflictuelle avec le civil que lui et ses collègues des « services » et de l’armée ont chargé depuis 1999 d’incarner la façade pseudo-démocratique du régime, le président Abdelaziz Bouteflika, 74 ans. L’un et l’autre sont en cette fin 2011 bien malades, et les luttes de clan pour leur succession ont pris récemment un tour plus aigu que d’habitude.

Derrière les bagarres publiques qui mobilisent depuis plusieurs années, sans conséquence, les vieilles marionnettes de la classe politique sur la scène médiatique algérienne, se déroule en effet dans l’ombre une autre bagarre, autrement décisive, au sein de la coupole dirigeante du DRS et de l’armée. Les enjeux : savoir qui mettra demain la main sur les tuyaux de la corruption liés au commerce extérieur (exportations des hydrocarbures, importations de biens de consommation) ; et qui sera capable de mater encore une société en pleine ébullition, où les émeutes violentes et les grèves dures des syndicats autonomes sont devenues quotidiennes. Les principaux acteurs de cette lutte féroce pour le pouvoir, attisée par la crainte de la contagion des « printemps arabes », sont les officiers (devenus colonels ou généraux) aujourd’hui quinquagénaires aux mains tâchées du sang qu’ils ont fait verser dans les années 1990, quand ils conduisaient méthodiquement contre la population leur guerre d’« éradication » de l’islamisme, y compris par la manipulation des groupes armés se réclamant de l’islam.

Parmi les centaines d’officiers auteurs ou complices des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis durant cette période, on peut citer par exemple (liste en vérité interminable, toujours à compléter et préciser) :

– le général Abdelmalek Guenaïzia, actuel « ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale », depuis 2005 ;

– le général Ahmed Gaïd Salah, actuel chef d’état-major de l’ANP depuis 2004 ;

– le général Othmane Tartag, dit « Bachir », qui dirigea de 1990 à 2001 l’un des principaux centres de torture et d’exécutions extrajudiciaires du DRS, le Centre principal militaire d’investigation (CPMI) de Ben-Aknoun, dans la banlieue d’Alger (Tartag est aujourd’hui donné comme l’un des possibles successeurs du général Médiène à la tête du DRS) ;

– le général M’henna Djebbar, ancien patron du CTRI de Blida de 1991 à 2003, un autre centre majeur de torture et de tuerie du DRS, où au moins 5 000 « disparus » ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires ; il est depuis 2003 le chef de la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA, l’une des branches du DRS) ; (Oran) ;

– le général Rachid Laalali, dit « Attafi », ancien commandant de la 4e région militaire (Ouargla) de 1994 à 2005 ;

– le colonel Hamou, dit « Abdelwahab », ancien commandant du CTRI d’Oran (Centre Magenta) de 1988 à 1999 ;

– ou encore les anciens commandants des régiments des forces spéciales dans les années 1990 qui furent alors le fer de lance du terrorisme d’État (et dont plusieurs occupent aujourd’hui des fonctions éminentes au sein de l’armée) : les (aujourd’hui) généraux Omar Tlemçani (ex-chef du 4e RPC), Amar Athamnia (12e RPC), Daoud (25e régiment de reconnaissance), Hassan Alayma (18e RPC) et Bendjenna (90e BPM).

Le long combat des victimes et des ONG pour la vérité et la justice

En octobre 2007, à Genève (déjà !), lors d’une session du Comité des droits de l’homme de l’ONU consacrée à l’examen du cas de l’Algérie, certains des crimes commis par ces hommes et ceux qui étaient sous leurs ordres ont été évoqués avec précision par plusieurs ONG de défense des droits humains, comme Algeria-Watch et Al Karama for Human Rights, ainsi que le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie. À cette occasion, l’un des experts de ce comité, l’éminent juriste britannique Sir Nigel Rodley, a qualifié ces violations de « crimes contre l’humanité », affirmant que ces milliers d’enlèvements, ces décès et ces massacres « ne se font pas par hasard ou par accident ».

La plainte déposée à Genève contre Khaled Nezzar par TRIAL marque donc une étape importante dans le long combat engagé dès les années 1990 par des victimes et des militants des droits humains, membres d’ONG algériennes et internationales. En octobre 1988, Nezzar avait déjà été l’ordonnateur de la terrible répression déclenchée par l’armée, à la mitrailleuse lourde, contre les émeutes populaires qui avaient alors secoué le pays, au prix de centaines de morts – une répression dont les responsables sont depuis restés impunis. En 2001 et 2002, deux plaintes de victimes de torture avaient été déposées devant les tribunaux français – rapidement classées sans suite, raison d’État oblige – contre le général. En juillet 2002, il avait perdu à Paris son procès en diffamation contre l’ancien officier des forces spéciales Habib Souaïdia, lequel avait dénoncé dans un livre retentissant la « sale guerre » perpétrée par le régime. Depuis lors, dans l’indifférence assez générale des médias occidentaux, plusieurs ONG – comme SOS Disparus, le Collectif des familles de disparus en Algérie, Algeria-Watch, Al Karama ou TRIAL – ont poursuivi ce combat pour la vérité et la justice, marquant des points importants contre le régime algérien devant les instances onusiennes en charge du respect des droits humains.

Une étape vers la saisine de la Cour pénale internationale ?

En 2011, le général Nezzar est donc à nouveau rattrapé à Genève par la plainte, soutenue par TRIAL, de deux anciens membres du Front islamique du salut (FIS) aujourd’hui résidents en Suisse, Ahcène Kerkadi et Seddik Daadi : victimes de tortures en 1993 et au cours des années suivantes, leurs témoignages avaient déjà été rendus publics par Algeria-Watch, en 2003 pour le premier, en 2008 pour le second. Une lecture particulièrement éprouvante par ce qu’elle révèle (comme des milliers d’autres témoignages de ce genre) des atroces souffrances infligées aux Algériens depuis vingt ans par les généraux « janviéristes ». Tel est en effet le qualificatif accolé par la rue algéroise aux instigateurs du coup d’État de janvier 1992, dont Nezzar était l’une des principales figures.

Lors de son interrogatoire par la justice suisse – dont le procès-verbal a été intégralement publié par le quotidien algérien El Watan et sur une page de Facebook –, les protestations de ce dernier, comme dix ans plus tôt lors des procès de Paris, relèvent du pur et simple négationnisme : « Je ne suis pas concerné par ce conflit [qui a touché l’Algérie durant les années 1992 à 1999]. Pourquoi me posez-vous cette question ? Je ne suis pas celui qui a déclenché ce conflit. J’étais ministre de la Défense. […] Je n’ai pas connaissance de cas de torture durant cette période. C’était d’ailleurs l’affaire des services de savoir comment ils obtenaient les informations. »

Des déclarations proprement hallucinantes, au regard des preuves accablantes aujourd’hui disponibles quant au rôle de Nezzar et de ses pairs dans la terreur d’État à laquelle ils ont soumis la population algérienne depuis bientôt vingt ans. Grâce au courage des deux plaignants algériens de Genève et à la rigueur de TRIAL, le ministère public de la Confédération helvétique a maintenant la responsabilité de poursuivre l’instruction pour « crimes de guerre » qu’il a ouverte contre le général Khaled Nezzar. Alors que la perspective d’une action judiciaire devant la Cour pénale internationale de La Haye – régulièrement invoquée par les opposants algériens sur des milliers de blogs et de sites Web – semble encore éloignée (même si elle n’a rien d’irréaliste), la procédure engagée par TRIAL représente une brèche décisive en ce sens, pour tenter d’en finir avec l’insupportable impunité des criminels toujours au pouvoir à Alger.

Le général Nezzar n’a en effet été remis en liberté, comme l’a souligné TRIAL, que « sur la base de promesses [de sa part] de se présenter durant la suite de la procédure ». L’avenir dira si le « prévenu » aura le courage d’honorer sa promesse ou s’il préfèrera courir le risque, fort possible, d’un procès par contumace en Suisse. Avec toutes ses conséquences…

François Gèze, 25 octobre 2011

 


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18 Commentaires sur cet article

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  • aurélien
    25 octobre 2011 at 14 h 36 min - Reply

    Brahim Younes,le consul général en suisse de ce pouvoir maffieux a volé au secours de ce criminel assassin de pauvres citoyens désarmés,avec
    Dembri,djazairi driss,deux pontes établis en suisse, de ce systéme maffieux(souvenez vous de dembri lorsqu’il était détaché à londres par le DRS,en plein massacre de bentalha ,rais…et d’où il faisait la propagande du pouvoir maffieux assassin d’alger pour le blanchir des massacres que les escadrons de la mort appelé GIA commettaient sur un pauvre peuple désarmé)
    Les ambassades ,les consulats,à paris,madrid,bruxelles,berlin,montreal… de ce pouvoir illégitime,qui humilient les algériens installés à l’étranger,par un détournement de vote,par le racquette des timbres fiscaux payés,sans facturation,par le citoyen algérien pour un passeport,carte d’identité..à 100 fois leur valeur,des timbres fiscaux de 50 dinars,étaient apposés sur des passeport durant des années,payés par le citoyen 50euros(6000DA..!!,suite aux divulgation de ce racquette des consulats ,que nous avons faites dans elwatan,ici même sur ce site et ailleurs,ce pouvoir maffieux a fait marche arriére en ne réclamant que 20euros !!(3000da).Il reste que les millions de dollars et euros de ces timbres fiscaux ont disparu dans des caisses noires)
    Ces ambassadeurs,surtout consuls et VICE CONSULS ,véritables chevilles ouvrieres de ce pouvoir maffieux d’alger,doivent rendre des comptes,demain,devant la justice libérée en algérie?POUR LEUR COLLABORATION AVEC CE POUVOIR ENNEMI DE L’ALGERIE qui oppresse son peuple et dilapide ses richesses au profit des memebres de leurs familles,de leurs amis et de leurs larbins..
    A quand des manifestations pacifiques devant ces ambassades ,consulats pour exiger que ces « officines squattées par le drs et le clan maffieux de bouteflika « reviennent A NOTRE CHERE PATRIE L’ALGERIE..
    Sommes nous encore des femmes et des hommes de dignité pour ACCEPTER DES TYRANS QUE D’AUTRES PEUPLES VOSINS,moins rebelles historiquement,ONT COMBATTUS ET VAINCUS POUR VIVRE LIBRE ET LIBERER LEURS PATRIES…?




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  • BAMAKO TAHYA L´EMO
    25 octobre 2011 at 16 h 21 min - Reply

    les janvieristes!!!. les généraux criminels khaled nezzar, abdelmalek guenaizia, mohamed médiane dit toufik, mohamed touati,mohamed lamari, abdelmadjid taghrirt,kheliha rahim, tayeb derradji, et benabbas gheziel avaient convoqué tous chefs de région. les principaux responsables militaires. le criminel et assassin notoire le tortionnaire khaled nezzar avait déclaré aprés la chute de chadli bendjedid ; nous les militaires, nous sommes la, au pouvoir, pour au moins cent ans, nous avons été formés pour tuer. nous savons le faire: nous tuerons tous ceux qui s´opposeront a notre pouvoir islamistes,modérés, ou démocrates!!!.




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  • iris samy
    25 octobre 2011 at 16 h 56 min - Reply

    Je voudrais exprimer ici, d’abord ma solidarité totale avec M. Noureddine BELMOUHOUB et sa famille.
    Ensuite, je me fais un devoir de conscience, de dénoncer à l’opinion publique nationale et internationale ces lâches méthodes de barbouzes, contraires à la morale la plus élémentaire, la notion de Droit ou de Justice n’étant plus de mise depuis si longtemps, au sein d’une Algérie devenue captive d’un pouvoir mafieux dont de nombreux barons – le général Nezzar en tête – sont sous le coup de graves présomptions de Crimes Imprescriptibles
    ce régime, invités au pillage de l’Algérie !
    Car l’armée américaine a élu domicile à Tamanrasset. L’Algérie est au cœur de sa stratégie d’implantation et d’expansion en Afrique saharienne et au Proche-Orient. L’Algérie est aussi à l’initiative de la Conférence internationale sur le terrorisme, de la Conférence africaine contre le terrorisme. Pour l’opinion mondiale, elle est présentée comme un Eldorado doublé d’un havre de liberté et de démocratie, de tolérance, de respect des conventions internationales, de lutte contre les trafics de drogue, le blanchiment d’argent, d’immigration clandestine et de terrorisme… La réalité est que ce régime est le promoteur assidu de tous ces fléaux et que le gouvernement de Bouteflika se trouve au cœur d’une politique d’une perversion absolue : à la population algérienne, pour laquelle il voue une haine infinie, il rend d’un côté la vie intenable, pour la pousser à l’exil ; il se présente ensuite aux Européens comme le parfait geôlier pour endiguer cette migration. Puis il achète à prix d’or les accessoires de cette politique, maquillée en lutte antiterroriste pour les besoins de la communication internationale.
    La France – qui corse ses conditions de délivrance des visas – et les USA fournissent du matériel de surveillance des frontières, les Russes 80 avions de combat Mig 29, en plus des 50 déjà commandés, l’Espagne 6 avions de transport militaire de type C295, etc. Et pour éviter aux personnels occidentaux l’inconfort de la promiscuité des Algériens dans le Sahara, Chakib Khelil, ministre de l’Énergie et des Mines, ne prévoit rien de moins que de délocaliser… toute la population de Hassi-Messaoud. Le gouvernement engage la construction de 42 établissements pénitentiaires et la police se renforce de 35 000 agents. Pendant ce temps, Bouteflika fait libérer 39 395 prisonniers, qui iront alimenter le réseau de noyautage de la société, et renforcer les structures d’un État policier au service d’une mafia au pouvoir, dans un pays transformé en une gigantesque prison.
    Car l’État algérien est, selon tous les codes, un État terroriste, un État voyou, un régime comptable de crimes contre l’humanité. Lorsqu’on sait en plus que tous les pays occidentaux partenaires de ce régime connaissent précisément cette réalité et s’en accommodent, il y a de quoi sérieusement s’inquiéter. Lorsqu’on entend les Américains louer ce régime comme modèle à suivre et que l’on voit l’« école » algérienne de lutte antiterroriste ravager l’Irak, que l’on revit au Togo le coup d’État d’Alger de janvier 1992, que l’on voit au Liban se décliner le scénario « Boudiaf » – dont l’assassinat par les services algériens est présenté ensuite comme l’œuvre des islamistes pour obtenir le soutien de la communauté internationale, avant de lancer un programme de massacres de grande envergure –, on se dit qu’on assiste à une dérive fasciste mondiale, dangereuse pour l’humanité entière. Et lorsqu’on voit la condescendance dont jouit ce régime dans les médias français, alors on doit s’attendre à vivre des lendemains épouvantables, et une actualité riche en horreurs inédites…
    Mouvement algerien pour la Liberté et la Justice Sociale
    http://ahfe.unblog.fr/




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  • kamel
    25 octobre 2011 at 17 h 52 min - Reply

    Sincerement,meme ce terme de crime de guerre est galvaudé,car tout simplement il n’y’avait pas de guerre,il n’yavait pas d’énnemie, si ce n’est leurs propre peuple,ils ont déclenché une repression terrible contre la population civile et ils ont commis des masacres des assassinats crapuleux en masse,les juristes devraient revoire ce terme de crime de guerre, car si c’etait une guerre ces enfoirés auraient étaient les premiers a se caché ou a quitter le pays, car leurs passé prouve qu’ils sont faibles et laches, ils ont abusé et méprissé leurs peuple désarmés par la puissance de leurs armes.




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  • D B
    25 octobre 2011 at 18 h 31 min - Reply

    Bravo François pour ce travail excellemment documenté. Je te renouvelle toute mon admiration, et ma reconnaissance, pour tes efforts louables aux côtés des peuples opprimés. Yaatik essaha !




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  • W A H I D
    25 octobre 2011 at 19 h 31 min - Reply
  • Salah Bouzid
    25 octobre 2011 at 22 h 00 min - Reply

    Apparemment, Aït Ahmed est un des éléments du FIS qui sont derrière les carnages ( au moins on est d’accord qu’il y bien eu des carnages et non de simples dépassements isolés), et à ce rythme bientôt on nous dira qu’on a retrouvé Nouredine Belmouhoub à la tête d’une katibat d’AQMI. Pendant ce temps, le kidnapping d’Européens à Tindouf-RASD fait la une de tous “nos“ (ou plutôt leurs) journaux.
    Et l’autre attend toujours le métro. Station Chadli.




    0
  • W A H I D
    25 octobre 2011 at 22 h 46 min - Reply
  • W A H I D
    26 octobre 2011 at 0 h 00 min - Reply
  • W A H I D
    26 octobre 2011 at 3 h 07 min - Reply

    Tellement il avait peur  » Lissez le PV ».

    1
    le général Major et ex ministre de la défense a oublié l’année de sa nomination au poste de sous chef d’état major, c’était le 24 Novembre 1984, quatre ans avant les évènements d’octobre 1988.

    http://www.joradp.dz/JO8499/1984/068/FP1583.pdf

    2
    Il ne se rappelle plus de l’année de sa nomination au poste de ministre de la défense pourtant il est mentionné ministre de la défense sur ce journal officiel en date du 05 Novembre 1990.

    http://www.joradp.dz/JO8499/1991/001/FP11.pdf

    3
    HCE le 14 janvier 1992.

    http://www.joradp.dz/JO8499/1992/003/FP64.pdf

    Juin 1991 ministre de la défense
    http://www.joradp.dz/JO8499/1991/030/FP921.pdf

    Rapport de L’ONU 2007.

    http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrc/docs/ngos/fidh_algeria.pdf

    http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrc/docs/ngos/Alkarama_Algeria-HRC_fr.pdf

    *
    Il faut mettre de la pression pour libérer Noureddine Belmouhoub.




    0
  • W A H I D
    26 octobre 2011 at 3 h 18 min - Reply

    Tellement il avait peur » Lissez le PV ».

    1
    le général Major et ex ministre de la défense a oublié l’année de sa nomination au poste de:

    Sous chef d’état major.

    C’était le 24 Novembre 1984, quatre ans avant les évènements d’octobre 1988.
    http://www.joradp.dz/JO8499/1984/068/FP1583.pdf

    2
    Il ne se rappelle plus de l’année de sa nomination au poste de ministre de la défense pourtant il est mentionné ministre de la défense sur ce journal officiel en date du 05 Novembre 1990.

    1990 ministre de la défense
    C’était le 25 juillet 1990
    *
    http://www.joradp.dz/JO8499/1991/001/FP11.pdf
    **
    http://www.joradp.dz/JO8499/1990/031/FP878.pdf
    ***
    http://www.joradp.dz/JO8499/1991/030/FP921.pdf

    3
    HCE le 14 janvier 1992.
    http://www.joradp.dz/JO8499/1992/003/FP64.pdf

    Rapport de L’ONU 2007.

    *
    http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrc/docs/ngos/fidh_algeria.pdf

    **
    http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrc/docs/ngos/Alkarama_Algeria-HRC_fr.pdf

    ***
    Il faut mettre de la pression pour libérer Noureddine Belmouhoub.




    0
  • W A H I D
    26 octobre 2011 at 3 h 28 min - Reply
  • Mouloud Y
    26 octobre 2011 at 10 h 51 min - Reply

    Un seule internaute a remercié l’auteur de cet article, je m’associe aussi à DB pour apporter à François Gèze toute ma gratitude sur sa considération de la liberté et de la justice qu’aucune frontière (culturelle ou géographique) ne peut mettre en doute.




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  • said
    27 octobre 2011 at 13 h 02 min - Reply

    C’est bizare que tous les journaux algeriens parle uniquement de nezar??et rab dzair qui est toujour en poste???On dirai qu’aprés la disparition de belkheir et lamari ils veulent éssuiyé le couteau sur une seul personne, surtout que notre vénérable caporal eté chef d’etat major,chef des armées,chef du HCA,chef de gare,chef des armées terrestes,chef des chefs….il lui manqué juste le costume d’operette a la Kadhafi.




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  • kader
    30 octobre 2011 at 15 h 56 min - Reply

    C’est tout de même curieux que la procureure fédérale suisse questionne le Général Nezar sur les motifs ayant entrainé l’arrêt du processus électoral de Janvier 1992. Pourtant, son arrestation est motivée par des dépôts de plaintes de la part de victimes de tortures.

    Indépendamment des faits condamnables reprochés à ce Général et à ses semblables, on ne voit pas en quoi certains pays étrangers se mêleraient des considérations de politique interne qui concerne, strictement les Algériens entre eux.

    N’oublions jamais, les deux parties en conflits sont co-responsables des malheurs du pays. Accabler l’une d’elle pour faire la promotion de l’autre, est loin d’être une démarche honnête, juste et encore moins responsable.




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  • khaled
    3 novembre 2011 at 10 h 30 min - Reply

    « نزار خالد »: هكذا اسمه, أصبح بمجرد وقوفه أمام القضاء بتهمة ارتكاب جرائم ضد الإنسانية مجرد رقم لقضية في ملف اتهام ـ و يا ليته ضد عدو خارجي ـ بل ضد بني جلدته وأبنـاء الوطـن الذي عفا عنه كونه كان فــي صفوف جيش المستعمر بل و كرمه إذ منحه منصبا في جيش الثوار الذين دفعوا بالدم و الألم ثمن الإستقلال ليتسلل هو وأمثاله ليفرغوا الإسقلال من مضمونه « الحرية » ويجعلوا الشعب برمته أسيرا بلا قيود ـ وهو الذي عانى ما عاناه ـ حتى صــدّق « العريف » ذات يوم أنه حقــا « جنرال » في حرب خاضها مع « دونكي شوط دي لا مانشا » و صرح أمام الملأ عن مجموعة
    سماها آنذاك « جماعة قمار » أننا لابد و نقضيوعليهم » ونسـي ـ ربما لكثرة النياشين على « بطنه » أنه يعيش في دولة لم يبق فيها إلا شيء قليل من قضاء و عدالة …..
    نزار الذي صرح مرارا و تكرارا و أمام الملأ أنه وأعوانه اخترقوا سنة 1994 الجماعات المسلحة (بعد أن كان الصراع بين المطاردين من جهة و أجهزة الطغمة الانقلابية) ليصبح التقتيل و التشريد في الأبرياء من المدنيين منفذا بذلك نظرية « يجب أن يغير الرعب مكانه » و لا يخفى على كل منصف ما جرى و ما حدث من مجازر يَشيبُ من هولها الولدان….. وكان قبل ذلك قد فبرك عملية اغتياله يوم 13/02/1993, ليوطد مكانته و يظهر بمظهر القائد الذي يدافع عن المستضعفين, وكان سنده في ذلك العبقري »رضا هالك »… وكان الإخراج رائعا .. وذلك بتهريب الجزّارين من سجن تازولت « لامبيز » سابقا ,كما قَتل هو و أعوانه ما يفوق (400) سجين أعزل في كل من سجني « سركاجي » و « البرواقية » ناهيك عن المفقودين المختطفين من طرف مختلف أجهزة اللاأمن و الميليشيات المسماة « الباطريوت » و أما عن قوله أن الجيش لم يقتل الشعب لأنه منه فهذا كذب محض وافتراء واضح لأن هناك عائلات قتل الجيش أبناءها, أُرغمت على التصريح أنها ضحية الإرهاب وإلاً فلن تستفيد من التعويض -هذا فيض من غيض من بطولات « العريف » والذي لا يُستبعد أن يُحاول عرض رشوة للإفلات من قبضة العدالة السويسرية و نتمنى أن يقوم بهكذا خطأ ليتم إضافة تهمة « محاولة تقديم رشوة في حالة تلبس »….




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  • boukezouha abdelouahab
    5 novembre 2011 at 10 h 13 min - Reply
  • hanafi
    31 janvier 2013 at 10 h 57 min - Reply

    c’est bien fait pour lui, on espère que les autres vont suivre un par un




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  • Congrès du Changement Démocratique