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24 July 2017

Les retraités perdent patience

Grèves et protestations à travers le pays

Les retraités perdent patience

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El Watan le 26.10.11

 

Longtemps ignorés, les retraités algériens s’impatientent. Lassés d’attendre ce qui s’apparente à une «charité» des autorités, ils se révoltent.

En effet, plusieurs centaines de retraités, d’Alger et d’autres wilayas, sont venus crier, hier, leur ras-le-bol devant la centrale syndicale et demander des comptes aux responsables de l’UGTA, après le report du traitement de leur dossier lors de la dernière tripartite. Défiant l’important dispositif policier mis en place dès les premières heures de la matinée, les protestataires ne veulent rien entendre. Ils exigent une réponse du responsable de la Fédération des retraités qui s’est engagé, selon eux, à négocier une augmentation des retraites avec le gouvernement. Mais c’est le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, qui se présente pour tenter d’écouter leurs doléances. Peine perdue.
Il est pris à partie dès son apparition sur les lieux. Très en colère, les contestataires s’en prennent violemment à lui, l’accusant «de trahison et de mensonge». «Menteur !», «Nous n’avons pas besoin de toi», «Dégage !»…les protestataires n’ont pas lésiné sur les qualificatifs pour traiter le patron de l’UGTA, pris en tenaille au milieu de la foule qui l’empêche d’accéder au siège de l’UGTA. Il échappe de justesse à un lynchage. Cerné de partout, Abdelmadjid Sidi Saïd n’a même pas le temps de placer un mot. Ses collaborateurs éprouvent d’énormes difficultés pour lui frayer un chemin. Cela dure plus d’une vingtaine de minutes. Même en réussissant à entrer à l’intérieur du siège, le SG de l’UGTA peine encore à arriver à la salle de réunion, située au dernier étage de la bâtisse. Il est interpellé de partout. Une fois à l’intérieur de la salle de réunion, Abdelmadjid Sidi Saïd tente de reprendre son calme. Essoufflé, après avoir passé un sale quart d’heure, il prend quelques minutes de repos avant d’asséner à l’adresse des mécontents qui continuent de le huer : «Criez ! Criez ! Vous croyez que ça va changer quelque chose ? Je ne travaille pas chez vous. Je suis juste venu pour vous aider. Alors ne m’énervez pas !»
«Une augmentation de 40% à partir du mois de novembre»
Et de poursuivre : «Qu’est-ce que j’ai fait pour m’inquiéter comme ça. Je n’accepte pas les insultes. ‘Ana kheddam ntaâ redjala’ (je travaille pour des hommes).» «C’est votre droit de dénoncer les promesses. Mais votre revendication sera traitée», déclare-t-il en brandissant un document. «Voilà ! Je viens de demander une augmentation de 40% que vous toucherez en novembre. C’est un engagement de l’UGTA», assure-t-il. L’annonce n’apaise pas la colère des retraités, qui l’interrogent également sur le reste des revendications.
Abdelmadjid Sidi Saïd ne répond pas. «Je ne suis pas un menteur. Je ne fais pas de fausses promesses», rétorque-t-il avant de descendre de l’estrade. Comme pour monter à la salle de conférence, Sidi Saïd est confronté encore à d’énormes difficultés pour descendre et rejoindre son bureau. En tout cas, les retraités ne sont pas rassurés. Ils dénoncent les pensions de misère qui leur sont accordées.

«J’étais fonctionnaire à l’APC de Mohammadia (Alger) et je touche une pension de 11 000 DA après 15 ans de service. Je suis père de famille, j’ai 5 enfants qui sont tous scolarisés. Est-ce que je peux vivre avec une telle pension ?», interroge Bekhat Hassan.
Un autre retraité enchaîne : «Je n’ai droit qu’à une pension de 12 000 DA après 26 ans de service.» «Tout le monde a eu droit à une augmentation, sauf nous. Pour augmenter les policiers et les cadres de l’Etat, les autorités n’avaient pas besoin d’attendre une réunion du Conseil des ministres. Mais pour les retraités, on nous fait patienter éternellement», dénoncent les protestataires.
Outre la suppression de l’IRG pour les faibles retraites, les protestataires exigent aussi l’alignement des anciennes pensions sur les nouvelles. Ils demandent aussi une augmentation des retraites à hauteur de 80% et une majoration de la prime de la femme au foyer à 6000 DA.

Madjid Makedhi

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4 Commentaires sur cet article

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  • HAMMANA
    26 octobre 2011 at 8 h 25 min - Reply

    Si « Sidhoum « said était un homme tel qu’il prétend « travailler pour des hommes »,il avait défendu les retraités lors de la tripartite et ne les avait pas trahis mais il vient de donner encore une fois la preuve qu’il est au service du gouvernement dont il se fait le porte parole et qu’il n’a que les fausses promesses à nous faire.
    Nous,l’augmentation on l’aura qu’il veuille ou non et que le gouvernement le veuille ou non.Les algériens doivent comprendre que ce n’est ni Bouteflika ni Ouyhia ni quelqu’un d’autre qui nous font grace mais c’est ALLAH le tout puissant en premier lieu et les chouhada(Allh yarhmouhoum).A entendre le SG de l’UGTA brandire la requete qu’il a rédigée à l’adresse du gouverenement et portant une prétendue augmentation de 40% de nos pensions,on croit à un service qu’il est en train de nous rendre alors qu’il oublie ou qu’il feigne d’oublier que ce qu’il dit s’inscrit dans le cadre de ses obligations qu’il ne remplit que treès rarement et médiocrement d’ailleurs et qu’il fait office de fusible du système.
    Je tiens à lui rappeler que le système sur lzequel il s’appuit n’est aussi fort et aussi ancré dans les esprits que ceux de BENALI et de MOUBARAK dont on connait le sort et qu’il y va de son avenir de se ranger du coté de ceux qui lui ont fait confiance en l’accréditant comme interlocuteur.
    Qu’il se mette bien dans la tete que nous n’allons pas baissé les bras jusqu’à ce que suite soit donnée à nos revendications.
    Après tout on ne demande la lune et puisque tous les autres secteurs publics ont bénéficié de leurs droits sans tergiversation de la part du gouvernement,pourquoi pas nous?
    Dans les pays ou les gouvernements sont dignes de ce nom,les handicapés et les retraités vivent comme des rois.Il n’y a qu’à prendre le cas de la Tunisie ou les retraités bénéficient simultanément des memes augmentations que les travailleurs en activité sans avoir à protester.
    Ce qu’on demande n’est pas un don de qui que ce soit.C’est tout simplement l’argent de nos cotisation durant quarante ans que nouys voulons récupérer.
    Au temps de CHADLI,le FLN(parti de la dictature)s’est servi des biens de la sécurité sociale(plus de 2500 deux mille cinq cents batiments et qui étaient destinés pour servir d’hospices,e crèches etc…à ses fins politiques.Ouyhia a puisé dans les fonds de la CNR pour indemniser ls familles victimes du terrorisme…..d’Etat dans le cadre de l’application des dispositions de la loi sur la concorde civile.
    Et aujourd’hui que trame t-on pour nous encore?
    On parle de la plus grande mosquée que Bouteflika compte construire à ALGER et je crains fort que OUYAHIA serait tenté une autre fois à avoir recours à la Caisse des retraites pour satisfaire la mégalomanie de son maitre.
    Les retraités doivent se mobiliser davantage pour éviter qu’il soit ainsi,le cas échéant on rencontrera des difficultés pour percevoir notre actuelle retraite.




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  • bouboul
    26 octobre 2011 at 21 h 06 min - Reply

    le vrai responsable de cette situation est tayeb louh qui ne cesse de rappeler qu on ne peut augmenter les pension parcequ on risque de mettre en danger les equiilibres de la caisse alors que ces augmentations n equivalent meme pas les frais de mission et les bons d essence de son ministere mais la c est vrai que c est le tresor qui paie




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  • tamarisio
    26 octobre 2011 at 22 h 58 min - Reply

    Nos retraites meurent dans l’indifférence de nos « non-gouvernants « qui se font soigner a l’etranger aux frais du contribuable et qui se paient le luxe des hotel 5 etoiles en suisse pour se desintoxiquer du tabac mais la liberation confisquee en 1962 par des harkis et la liberation est pour bientot




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  • ALLEL
    27 octobre 2011 at 13 h 04 min - Reply

    Pourquoi nos peres de la sorte ils ont combattu et donné toute leur force au travail et maintenant ils se retrouvent mal-traités mais vous derriere ces bureaux vous allez subir de la sorte ou ça sera pire regarder la chereté de la vie avec 2000 dinars vous sortez de la maison et vous allez se diriger pour des achats le couffin sera rempli de quoi bien sur sans S O N E L G A Z e a u loyer et autres faites le compte du mois donc ils ont raison ces maltraités pensez -à eux surtout en cette periode de la fete religieuse




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  • Congrès du Changement Démocratique