Édition du
20 July 2017

Réponse de journalistes surpris à un historien choqué

El Watan Week-end 28 octobre 2011
Bonjour Adlene Meddi, bonjour Mélanie Matarese,

Daho Djerbal nous écrit

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Je me permets de vous écrire aujourd’hui car profondément choqué par la couverture que vous avez consacrée dans
El Watan Week-end à la mort téléguidée, volontairement programmée et exécutée de sang-froid sous la forme d’un lynchage qui, quoi que l’on pense du personnage et toutes proportions gardées, ressemble fort à celui perpétré sur Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Saddam Hussein, Ceausescu, etc.
J’ai entendu toute la nuit les radios du monde occidental pour me faire une idée. Certaines d’entre elles ont osé poser la question des conditions de la liquidation physique du chef de l’Etat libyen, quelques intervenants improvisés ont soulevé le problème des exécutions sommaires d’anciens leaders, y compris de ceux considérés comme dictateurs, et d’autres ont soulevé la question du mandat de l’ONU et de son bras armé, l’OTAN.
Qu’avez-vous fait vous-mêmes qui prétendez lever l’étendard de la démocratie et des droits humains fondamentaux ?
Rien dans votre édition du week-end ne permet de vous démarquer des dépêches des agences occidentales en deçà desquelles vous vous situez. Votre titre est scandaleux. Vous savez pertinemment que la mort d’un chef d’Etat, même despotique, ne résout pas le problème des fondements de la dictature. Libye libre, titrez-vous, mais libérée par qui, par quoi ? Par l’OTAN et ses unités spéciales au sol ? Par un tir d’un Rafale français ou d’un drone états-unien ?
En procédant de la sorte, vous ne faites que préfigurer le sort que vous réserverez aux opposants et autres adversaires idéologiques ou politiques et avec quels alliés vous le ferez.
Je ne vous enverrai pas en fichier attaché le commentaire de Thierry Meyssan que vous auriez pu reprendre en contre-point pour au moins donner l’impression d’une relative objectivité ou neutralité dans le jugement que vous devez à vos lecteurs.
Votre parti est déjà pris.
Permettez-moi pour finir de me désinscrire de la lecture en ligne de votre journal à qui je ne donnerai plus d’entretien ou d’opinion.
Bonne route reporters sans frontières. On se retrouvera quand la menace d’une intervention étrangère frappera plus fort à nos portes

Daho Djerbal

El Watan week-end répond

Cher Daho Djerbal,

Merci pour votre courrier. Alors qu’El Watan vous a, à plusieurs reprises et en vain, sollicité pour intervenir sur le sujet des révolutions dans le monde arabe, quelle fut notre surprise en lisant votre réquisitoire. Si nous comprenons la violence que peut représenter l’association de l’image d’El Gueddafi en sang et du titre «Libye libre», nous restons perplexes sur la prise de position idéologique dont vous nous accusez.
Vous nous reprochez d’avoir, dans le sillage des médias occidentaux, choisi un titre «scandaleux» cautionnant un «lynchage». Sachez qu’un titre de une ne se prend pas à la légère et que nous avons réfléchi collectivement à ce choix. En l’occurrence, il était important pour nous d’aller au-delà de la mort de l’ex-dirigeant libyen. Alors oui, jeudi dernier et encore aujourd’hui, la Libye est libérée de son tyran et libre de choisir ce qu’elle fera de ses lendemains. Et nous nous réjouissons de la chute d’une dictature sanguinaire dont la fin violente n’a été que la malheureuse continuité de quarante-deux ans de destruction de la société civile, du système judiciaire, de l’individu… Une telle répression peut rarement déboucher sur une fin de règne paisible.


Vous nous accusez de ne pas avoir défendu «l’étendard de la démocratie et des droits humains fondamentaux» que nous «prétendons lever». Loin de nous l’idée de nous attribuer une aussi lourde mission. Il y a une différence entre l’information et l’idéologie. Et justement, nous touchons là le cœur de votre courrier : l’idéologie. Car votre argumentation nous oblige à choisir un positionnement pour ou contre l’intervention de l’OTAN. La réalité – le cas de la Syrie ou du Bahreïn nous le prouve chaque jour – est moins manichéenne. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas à nous de juger de ce que les Libyens veulent ou ne veulent pas.
Vous en concluez que notre choix «préfigure du sort que nous réserverons aux opposants et autres adversaires idéologiques ou politiques et avec quels alliés nous le ferons». Ce procès d’intention est injuste, car
El Watan a toujours veillé, quels que soient les sujets, à donner la parole à toutes les parties et contre tout positionnement idéologique. Même si au fond, nous pensons que la lutte contre l’impérialisme est un combat d’arrière-garde et qu’aujourd’hui, la donne géopolitique mondiale oblige à considérer les événements sous un autre angle.


«On se retrouvera quand la menace d’une intervention étrangère frappera plus fort à nos portes», écrivez-vous. Puisque vous parlez de l’avenir, à nous aussi de vous fixer rendez-vous le jour où les historiens auront à se justifier de leur silence coupable, voire de leur complicité envers leur propre pouvoir à qui ils laissent toute liberté d’écrire l’histoire, préférant donner des leçons sur ce qui se passe dans les pays voisins.


Adlène Meddi et Mélanie Matarese


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16 Commentaires sur cet article

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  • Alilou
    28 octobre 2011 at 12 h 42 min - Reply

    Et si les réseaux de la Françafrique, reliques de la sinistre et peu élogieuse France coloniale laissaient les peuples du Maghreb s’autodéterminer librement et choisir leur voie sans leur donner des leçons en matière de Droits de l’Homme et de démocratie? Arrêtez de nous considérer comme des indigènes. Mais il est vrai que certains de nos « intellectuels » et boulitiques, véritables indigènes de service continuent à faire antichambre dans leurs ambassades.
    Salah-Eddine.




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  • K.SEDDIKI
    28 octobre 2011 at 12 h 49 min - Reply

    Je rejoins, volontiers, les dires de Mélanie Matarese et Adelène Meddi.Mr Djerbal est resté « fidèle » aux orientations des années (lugubres)70.Il pense que l’idéologie EST contre OUEST est toujours de mise pour faire taire toute intervention logique (en évitant soigneusement de prendre partie lorsque cela chauffe!)
    KS




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  • Alilou
    28 octobre 2011 at 13 h 47 min - Reply

    Dr SIDHOUM,

    Je crois que je me suis mal exprimé, je n’ai rien contre la revolution libyenne, mais contre l’hypocrisie francaise. Ils nous sortent leur droits de l’homme quand ca les derrange mais quand ca les arrangent comme dans le cas de Mr BELMOUHOUB, ils ont oublié que cet homme a des droits ainsi quand pour tant d’autres algeriens, meme pas un mot…c’est dans ce sens que mon post precedent allait.

    ===========================================
    Je crois avoir moi aussi attaqué, et sans état d’âme, l’hypocrisie néocoloniale française et ses relais indigènes et rien d’autre.
    Amicalement.
    Salah-Eddine




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  • Adel
    28 octobre 2011 at 17 h 35 min - Reply

    Kadhafi, son clan et leur armée, les insurgés, représentés par le CNT, et l’OTAN, ont été les trois acteurs des tragiques événements qu’a connus la Libye depuis le 17 février 2011.

    On peut, comme M. Daho Djerbal, s’indigner de la fin ignominieuse du dictateur et condamner son lynchage. On peut aussi dénoncer l’hypocrisie des Occidentaux et leur soutien à la démocratie à géométrie variable. Cela épuise-t-il le sujet? De toute évidence, non. Car si c’était le cas, alors on ne retiendrait aussi de la lutte du peuple algérien contre le colonialisme que les bombes du Milk Bar et de la Cafétéria d’Alger, en 1956, et condamner le massacre de civils innocents par les « terroristes » du FLN.

    Il y avait aussi en Libye un soulèvement d’une grande partie de la population contre une dictature d’un autre âge. L’évolution de la situation vers une guerre civile destructrice aurait pu être évitée si Kadhafi et son clan avaient fait preuve d’un minimum de réalisme. Bien au contraire, aveuglés par leur toute-puissance factice, incapables de comprendre que le monde avait changé et que leurs amis d’hier les avaient définitivement lâchés, ils ont fait le mauvais choix et ont entraîné leur pays dans une guerre dévastatrice. Ils portent l’entière responsabilité de ce qui est arrivé.

    Les Libyens sont enfin débarrassés du régime absurde qui les étouffait. Ils ont payé le prix fort pour cela. Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup qui pleurent Kadhafi et ses fils aujourd’hui. Ces derniers se sont comportés comme des seigneurs de guerre féodaux d’un autre âge et ils ont péri selon les méthodes qu’ils ont eux-même mis en œuvre. Ceux qui les ont lynchés sont le produit de leur système absurde.

    Souhaitons au peuple libyen frère de surmonter rapidement les difficultés engendrées par la guerre et d’oublier définitivement le sombre règne de Kadhafi.




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  • NEDJMA
    28 octobre 2011 at 18 h 47 min - Reply

    Qu’est ce qui peut bien réunir l’agitateur,journaliste complotiste Meyssan et un historien algérien? un même marais idéologique de la confusion anti-machin et anti-machine.

    @ Daho

    Vous devriez faire un tour chez Meyssan,HISTOIRE de vérifier si les Kadafous n’ont pas de liens avec lui.

    L’important c’est d’avoir un un ennemi quelqu’il soit;mais c’est jamais le même,ni au même moment.




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  • sharif hussein
    28 octobre 2011 at 20 h 54 min - Reply

    « La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec autant d’élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d’amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d’âme. La révolution, c’est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. »Dixit Mao Tsé Tong.

    Si les rebelles libyens brandissaient les drapeaux rouges,se proclamaient communistes et scandaient des slogans qui font référence à la lutte des classes,Daho nous aurait sorti cette maxime de Mao pour justifier toutes les exactions et les crimes que les prolétaires auraient pu commettre contre leurs ennemis,les bourgeois pourris,reactionnaires et filo-impérialistes.




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  • fateh
    28 octobre 2011 at 22 h 16 min - Reply

    Il me semble qu’il y a un probleme de memoire chez certaines personnes…
    La fin d’un sanguinaire comme gaddhafi ne devrait normalement pas poser de questions, quelle que soit la maniere…Certes il aurait ete preferable qu’il soit juge, mais au fond est-ce que ce sanguinaire merite reellement un proces???????
    Nous savons tous comment les communistes Algeriens et autres se delectaient a l’asassinat d’un despote et les exemples ne manquent pas en Afrique…
    Fidel castro reste un symbole pour les communistes et on se rappel comment lors de son discours avec le criminel boukharouba sur l’esplanade du palais du gouvernementc nos valeureux sovieto -communistes algeriens etaient aux anges…sa visite a constitute la une du CHIFFONHID pendant plusieurs jours…Quand a la faculte centrale on se serait cru dans une universite de la havane….
    La violence revolutionnaire a tjrs ete justifiee par les sovieto-communistes algeriens , mais comme les pauvres sont devenus orphelins de pere et de mere -CAD-SANS L’UNION SOVIETIQUE EMPIRE DU MAL ET SURTOUT L’EXTINCTION DU COMMUNISME….ils viennent nous jouer la vielle musique des orgues de staline dans le palais de pouchtine….




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  • Aït Mohand Ouyidir
    28 octobre 2011 at 23 h 04 min - Reply

    Les personnes qui ont exécuté Kadafi ont agi en mission commandée sur ORDRE de qui de droit… et il est trés facile de savoir CEUX dont il s’agit en l’espèce.

    Ceux qui ergotent à tout va sur les principes fondamentaux de la « démocratie » occidentale doivent savoir, tout de même, que Kadafi fût-il un dictateur pour son peuple aurait du être déferré devant un TRIBUNAL (TPI ou populaire) pour avoir un procés « équitable »…

    En assassinant in vivo Kadafi, CEUX qui ont décidé de cela, ont refusé que le dictateur ne révèle des SECRETS compromettant au plus haut point pour les dirigeants des pays occidentaux et autres…

    Kadafi, assassiné, ce dernier emporte avec lui ad vitam eternam tous ses/ces secrets. Car cela arrange tout le monde y compris bien les commanditaires occidentaux et leurs larbins du CNT… L’Histoire retiendra cela et pas autre chose. Tout le reste n’est que de la littérature.

    En un mot comme en cent : A QUI PROFITE LE CRIME ???

    AZUL.




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  • aquerado
    29 octobre 2011 at 0 h 57 min - Reply

    Salam,
    Mr Adel, je suis tout a fait d’accord avec vous sur la situation Libyeenne. Khadafi n’a rien compris a la situation geopolitique qui se dessinait depuis la chute du mur de Berlin, l’echiquier n’est plus le meme. Aveugle par son autorite dictatoriale il croyait imposer a son peuple sa vision sectaire des choses alors que le monde change a la vitesse de la lumiere. Il pensait peut etre aussi que l’Algerie qui etait une force strategique au temps de boumedienne allait voler a son secours, ce qu’elle a fait mollement et avec le bout des levres sachant les reproches qu’on pouvait lui faire et que le peuple ne suivrait pas . Helas il a choisit le chemin du loser, le renard du desert a accouche d’une souris, au lieu d’entreprendre un dialogue sincere avec son peuple et lui donner la chance de s’accrocher au train de la « mondialisation » il a emprunte l’optique suicidaire montrant encore une fois que toutes les dictatures son aveugles. Allant jusqu’a insulter son peuple de rats a l’ere d’internet! il fallait vraiment une dose de cretinisme pour se tirer une balle dans le pied. Enfin il y aura toujours des gens pour louer ce genre de personnage, comme dirait l’autre il faut de tout pour faire un monde.




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  • Jugurtha
    29 octobre 2011 at 13 h 56 min - Reply

    Merci Adel pour ton analyse. Je partage entièrement ton point de vue. Moi je suis scandalisé par ces pseudos intellectuels qui pleurent la disparition d’un tyran sanguinaire !!! Je n’arrive pas à comprendre et à admettre qu’un homme normalement constitué puisse prendre la défense d’un bourreau, d’un criminel !!!! Au lieu de prendre la défense des victimes de la barbarie des tyrans, ces pseudos intellos se rangent du côté de ces derniers. D’ailleurs si les dictateurs sont si sanguinaires, c’est grâce au soutien des élites délitées : « journalistes », « écrivains », « historiens », « philosophes », « sociologues », « experts en manips et mensonges », « artistes », etc. Si les tyrans sont guidés par la passion et l’odeur du sang, un intellectuel digne de ce nom doit être guidé par la raison ; or c’est le silence, la complicité et la compromission des élites qui encouragent le tyran dans sa sale besogne. La Libye appartient à tous les Libyens, ce n’est pas son père qui l’a lui a léguée en héritage, mais ce despote sans foi ni loi l’a confisquée pour lui, sa famille et son clan. Il a dirigé la Libye pendant 42 ans d’une main de fer au point où personne au monde ne connaît un autre Libyen que lui ! 42 ans de règne !!! Vous vous rendez compte ? Pour moi, ce tyran-sanguinaire-arrogant-mégalo de Kadhafi a connu une mort douce et heureuse !!! J’aurai aimé qu’il subisse une mort atroce après de longues humiliations et de longues souffrances à la mesure de celles qu’il a fait subir au peuple libyen. Et je souhaite un sort semblable à tous les tyrans dans le monde. Et ceux qui les soutiennent sont complices et portent une grande responsabilité, car un régime tyrannique ne peut subsister sans complicités intérieures et extérieures.




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  • Mouloud Y
    29 octobre 2011 at 20 h 45 min - Reply

    Je vomis Kadhafi, mais je voudrait poser une question.

    Quelle est la différence entre Kadhafi Lynché, de cette sorte, et Kadhafi emprisonné et jugé ?

    Même, la pédagogie dans la révolution, fait partie de l’élévation de l’esprit démocratique.

    Cette façon de faire ne s’explique par le fait que les révolutions ne se font dans la douceur. Mais elle doit se faire dans la projection d’une société meilleure bâtit sur la justice et non bâtit sur l’exemple mimétique.




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  • AIT AISSA Mohamed
    29 octobre 2011 at 23 h 37 min - Reply

    Bonjour,
    Je voudrais dire à Mr Sidhoum, que c’est l’immobilisme(pour ne pas dire son soutien aux dictatures) de l’Algérie dans la question des révolutions arabes qui a permis « l’hypocrisie française ». Quoi qu’on pense, quoi qu’on dise, les occidentaux sont aujourd’hui mieux appréciés en Libye que les Algériens. il est vraiment regrettable que M. Daho Djerbal ai pendu un tel article à conotation idéologique contre le journal El Watan.




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  • AIT AISSA Mohamed
    29 octobre 2011 at 23 h 42 min - Reply

    Je termine mon commentaire en remerciant El Watan, Adlène Meddi et Mélanie Matarese pour leurs réponses magistrales.

    Bonne continuation




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  • El-Amel
    30 octobre 2011 at 18 h 06 min - Reply

    L’image a un sens et elle est parlante. c’est un message tout comme l’article paru le 21 septembre sur « Le parcours de parcours militant de Messali Hadj à revisiter », le texte est « une imposture intellectuelle », des bouts de phrases collés, et extraits d’ouvrage d’histoire sans mentionner la référence. Il y a des « mais » pour l’indifférenceet des « comme » pour marquer l’écart de comparaison. Ce qui frappe d’emblée, c’est la phrase d’un homme politique iatilien, Dante: « Il va chercher la liberté, comme celui qui pour elle abandonne la vie », marquer le rejet par « Il », et être en faveur pour « celui », l’insurgé descendant des « Amazighs unificatuers du pays ». Et l’actualité s’y prête dans la nouvelle « Equation africaine ». Aucun indice n’indique la présence de l’auteur de ce message, un « Je » se manifeste pour s’approprier la formule de Jean Lacouture qui glisse vers un « jeu » voltairien « qui ne partage pas les idées du peuple » et « comme Fernand braudel : « Le présent est fait de 90% du passé » : Les conquêtes de l’ancien monde.
    L’attaque contre Messali El Hadj vise Boumediène, et le parti MNA.

    Le choix du « provocateur » indique une date qui fait à un évènement , le « 26 février 1936, environ 1400 hommes dirigés par de jeunes officiers de l’Armée se déployèrent dans le centre de Tokyo s’assurant le contrôle des principaux bâtiments gouvernementaux et le quartier général de la police».
    Les « hommes libres » terminent la tragédie shakspearienne de antoine le romain qui dit à cléopâtre l’egyptienne « Abandonnez ceux qui s’abandonnent » pour tourner la page de la guerre contre les civils, celle des massacres du GIA.




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  • Nadir Bacha
    3 novembre 2011 at 11 h 59 min - Reply

    Voilà comment les Arabes débattent. C’est un peu comme s’il y a crime sexuel chez le voisin de pallier, le violeur identifié et l’on se met alors à traiter du subterfuge utilisé pour parvenir à l’acte, de la morphologie de l’organe, circoncis ou non, s’il y a complicité dans la maison, et cetera. Il faut qu’on se dise franchement notre connerie, depuis qu’on peut insulter les présidents et les généraux en chef, on s’égard. On est comme cet enfant en barboteuse qui donne une claque à sa maman, les enfants un peu plus âgés applaudissent et le bébé ajoute une autre gifle en même temps qu’un jet de salive, puis tout le monde rit ensemble.
    On oublie l’essentiel dans le métier : l’information et le devoir de réserve. Nous transformons nos journaux que les citoyens achètent – ou n’achètent pas – en tribunes stériles, souvent dignes des commérages dans les salles d’attente et des discussions de train.
    Le lecteur, la lectrice, ça veut savoir ce qui se passe pas ce qui se pense, ça veut le présent, non pas la passé qui est du ressort de l’historien, ni l’avenir qui est de l’investigation du devin et de la voyante. Le journaliste a pour adversaire l’actuel, mais l’actuel réel qui dit que depuis que Société Générale et Bnp Paribas se sont installées en Algérie, les caisses des libellés d’expatriation de la devise ont enregistré à peu près l’équivalent de la réserve de change dont s’enorgueillit le chef de l’Etat mais qu’ en réalité il ne sait quoi faire. Car ces deux consortiums financiers dans notre pays ne sont ni plus ni moins qu’un comptoir d’échanges à sens unique : aucun savoir ne rentre avec les matériels. Aucun produit algérien, à part le brut, ne quitte le territoire national avec les milliards en euros, en dollars, yens et en pounds.
    Quelles que soient l’ouverture dans la « une » de Adlène Meddi et la philosophie que fait Daho sur le développement de celle-ci dans les pages intérieures, ça n’empêche pas Schlumberger d’établir son propre gouvernement dans les sites pétroliers algériens. Et ça n’interdit pas à Peugeot, Renault et Citroën d’asphyxier nos routes à raison de trois milliards de dollars par ans depuis le début du nouveau millénaire, sans compter la pièce de rechanges et le raffinage des fluides.
    Depuis que ces deux banques sont en Algérie, l’Algérie de mieux en mieux crève de faim et de plus en plus s’embourbe dans ses problèmes.
    N’importe qui peut chialer sur une scène de film ou s’émerveiller sur une autre, la presse audio-visuelle devient, par la force des commentaires comme les nôtres, hollywoodienne. Au point où la vue de Mouammar Kadhafi la tête ensanglantée cognée par terre devient anodin.
    La presse algérienne savait pourquoi le clan Bush a investi la Mésopotamie, elle sait depuis le début de l’année que Strasbourg s’apprête à s’installer dans le Fezzan et le cyrénaïque. Mais elle préfère parler des connards de députés éméchés qui veulent abaisser la culotte à Sarkozy pour qu’il dise pardon à l’Algérie pour les crimes commis par ses ancêtres, enfin les ancêtres des Français gaulois – Dieu seul sait combien ils en reste aujourd’hui – chez-nous, comme si aujourd’hui ils ont cessé dans la Clio dernier de l’élu révolté qui rote le rosé pris dans la Pêcherie de l’hôtel Aurassi où il a déjeuné avec des acolytes de la caste des Béni Wiwi au frais de Adlène Meddi, Daho et les lecteurs du Quotidien d’Algérie.




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  • Adel
    4 novembre 2011 at 17 h 45 min - Reply

    @Nadir Bacha

    Bonjour, cher compatriote,

    Je suis globalement d’accord avec ce que vous avez dit.

    Il me semble, cependant que vous négligez un aspect essentiel du problème : c’est celui du changement et de la dynamique de ce changement.

    Il ne suffit pas de dénoncer une situation, il faut encore se donner les moyens de la dépasser. Et c’est là que se trouve la question de fond. Notre région connait depuis 9 mois une situation de bouillonnement sans précédent. Au lieu de s’intéresser à ce que font les peuples afin d’essayer de comprendre et éventuellement d’orienter le mouvement en cours, M. Daho Djerbal et ceux qui sont dans la même mouvance dogmatique que lui ne trouvent rien d’autre à critiquer que l’assassinat de Kadhafi qui, malgré tout ce qu’on peut lui trouver de positif, est aujourd’hui un rebut de l’histoire, tout comme Benali et Moubarak. Ne pas comprendre cela pour un sociologue, un historien ou un politologue me semble être une lacune et une faute impardonnables.

    Cordialement




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  • Congrès du Changement Démocratique