Édition du
23 March 2017

Tunisie, les éditocrates repartent en guerre

par Alain Gresh – 27 octobre 2011

In Nouvelles d’Orient

C’est la première élection libre tenue dans le monde arabe depuis plus de cinquante ans – à l’exception, particulière, de la Palestine où le scrutin s’était tenu sous occupation. La campagne a été animée, la participation massive malgré tous les Cassandre qui prétendaient le peuple déçu par l’absence de changements, comme si le peuple ne s’intéressait qu’aux questions de subsistance et pas à la liberté et à la démocratie.

Bien sûr, les élections n’ont pas été parfaites. Certains ont évoqué le poids de l’argent, notamment avec cet homme d’affaires basé à Londres qui a réussi à obtenir un grand nombre de députés (sans doute en amalgamant les rescapés de l’ancien régime). Mais peu de démocraties ont réussi à régler le problème des rapports entre la politique et l’argent – que l’on songe aux Etats-Unis ou à la France. Les Tunisiens ne s’y sont pas trompés et tous les observateurs ont noté non seulement la forte participation, mais aussi l’émotion et la joie de personnes qui faisaient la queue pendant des heures pour glisser un bulletin dans l’urne.

Mais voilà : certains n’acceptent la démocratie que lorsque les électeurs votent comme ils le souhaitent. Que le peuple palestinien sous occupation vote pour le Hamas, et l’Occident organise le blocus du nouveau gouvernement et sa chute. Que les Tunisiens votent pour Ennahda, et voilà nombre de nos éditorialistes, ceux-là même qui affirmaient que le printemps arabe avait vu la disparition des islamistes, s’interroger gravement et reprendre une vieille antienne : les Arabes ne sont pas mûrs pour la démocratie ou, comme ils l’écrivaient avant, mieux vaut Ben Ali que les islamistes.

Heureusement, tous ne sont pas sur la même longueur d’ondes, mais le titre « Après le régime de Ben Ali, celui du Coran » du journal de 7 heures de France-Inter le 25 octobre résume la position de toutes les chaînes de Radio France, mobilisée sur un anti-islamisme primaire.

Dans L’Express, Christophe Barbier, celui-là même qui qualifiait la guerre israélienne contre Gaza de « guerre juste » , écrit (« Après le printemps arabe, l’hiver islamiste ? » , 25 octobre) :

« C’est une peur qui chemine alors que les armes se taisent et que s’élève le brouhaha des urnes. Une peur un peu honteuse, tant l’irénisme est de rigueur, et tenace aussi, le remords d’avoir si longtemps soutenu des dictateurs, avec, pour seule raison, cynique mais valable, d’être en sécurité sur nos rives. Une peur nourrie par les cris des coptes massacrés en Egypte, les premières élections en Tunisie et l’engagement du Conseil national de transition libyen à faire de la charia la “source première de la loi”. Cette peur, c’est celle de l’islamisme, celle d’un pouvoir barbu et liberticide, dont les imams psychopathes remplaceraient les militaires d’opérette et les despotes débauchés d’hier. »

« Valable » ? Valable de soutenir Ben Ali et Moubarak, le roi du Maroc et les généraux algériens ? S’agissant des coptes égyptiens, faut-il rappeler qu’ils ont été (aux côtés de musulmans qui manifestaient avec eux) massacrés par l’armée, présentée comme une garante face aux islamistes ? Quant à la dénonciation des « imams psychopathes », on reste sans voix…

« Jamais cette crainte n’a abandonné les esprits occidentaux, même si le vacarme de la fête droits-de-l’hommiste l’a reléguée depuis janvier dans l’arrière-boutique de la foire-fouille sondagière. Elle ressort aujourd’hui parce que nous sommes dans un marécage idéologique, un entre-deux politique où les potentats sont déchus, mais les démocraties, pas encore installées. Balbutiantes et vacillantes, elles sont comme un enfant effrayé par ses premiers pas dans un monde vertigineux. Arabes et Occidentaux, tous épris de paix et de liberté, nous sentons que quelque chose a gagné, qui était juste, mais qu’autre chose aujourd’hui menace, qui est terrible. Et si rebelles et révoltés avaient œuvré, à leur insu, pour préparer le règne des imams ? Et si nous avions fourni, enfants béats de Danton et de Rousseau, le moteur démocratique au véhicule islamiste ? S’imposer par une révolution ou une guerre civile n’est rien à côté d’élections gagnées : l’islamisme pourrait bien, demain, affirmer être légitime selon les critères mêmes de l’Occident. Que répondrons-nous ? »

Eh bien, nous répondrons que c’est le jeu de la démocratie. C’est ce que font les partis de la gauche tunisienne, dont certains s’apprêtent à gouverner avec les islamistes. Car, nous le savons tous, des élections libres donneront dans tout le monde arabe un poids important aux islamistes (dans ses différentes déclinaisons, et Ennahda en Tunisie n’est pas les Frères musulmans en Egypte ou au Maroc) et le choix est clair : soit le retour aux dictatures que l’Occident a soutenues sans états d’âme ; soit la confiance dans la démocratie, dans les peuples, qui, même musulmans, aspirent à la liberté et non à une dictature de type taliban.

Autre éditorialiste, Jean Daniel, toujours mal à l’aise quand il s’agit de l’islam et qui a mis si longtemps à dénoncer la dictature de Ben Ali. Son texte publié le 26 octobre « Tunisie. Victoire programmée pour les islamistes », (Nouvelobs.com) est un mélange d’erreurs factuelles – que signalent d’ailleurs ses lecteurs sur le forum – et des préjugés qui animent une bonne partie de la gauche française.

« Le plus triste, c’est que cette victoire altère les couleurs du Printemps arabe, décourage les insurrections modernistes, et galvanise les insurgés religieux. La Tunisie était un exemple à suivre pour tous les nouveaux combattants arabes de la démocratie. Elle est devenue un modèle pour les mouvements religieux. Dieu vient de dérober au peuple sa victoire. »

Insurgés modernistes ? insurgés religieux ? Sur la place Tahrir tant célébrée, tous les vendredis, des milliers de manifestants faisaient la prière. A quel courant appartenaient-ils ? moderniste ? religieux ? « Une bonne partie des opinions publiques, tant en Occident que dans les pays arabo-musulmans, s’étaient détournées des compétitions sportives ou de la crise financière mondiale pour s’intéresser à ce qu’il se passait dans un petit pays méditerranéen de 12 millions d’habitants. » (…)

Avaient-elles tort ?

« Les Tunisiens se sont donné le droit de vote. Encore fallait-il que les élections fussent libres. Elles l’ont été pour la première fois et chacun s’est incliné devant le civisme allègre des citoyens qui, par leur vote à près de 90%, étaient supposé charger les 217 constituants d’établir une forme d’Etat de droit en respect avec les principes essentiels qui font une démocratie. Le combat reste ouvert mais il est compromis. On va voir si les Tunisiens savent se reprendre et organiser une coalition qui empêche les 70 nouveaux constituants d’imposer leurs lois. »

Les Tunisiens doivent « se reprendre » ? Quelle condescendance à l’égard de ces ex-colonisés qui ont le front de ne pas voter comme les intellectuels parisiens le souhaitent.

Et Jean Daniel dresse un étrange parallèle avec l’Algérie : « Si une vigilance, parfois ombrageuse, s’est imposée aux familiers de l’histoire du Maghreb dès qu’il a été question d’élections libres en Tunisie, c’est parce qu’ils gardaient à l’esprit ce qui s’était passé, en Algérie, entre le 5 octobre 1988 et le 14 janvier 1992. Bilan : environ 150 000 morts. » Que signifie ce charabia ? Entre octobre 1988 et les élections de janvier 1992, il n’y a pas eu 150 000 morts. Les morts sont venus après que l’armée a arrêté le processus démocratique. Ce coup d’Etat fut, selon Jean Daniel, « populaire aux yeux de l’opinion démocratique » et « a sans doute protégé l’Algérie d’une victoire des ennemis islamistes de la démocratie ».

Populaire aux yeux de l’« opinion démocratique » ? Faut-il rappeler que de nombreux partis non confessionnels, comme le Front des forces socialistes (FFS) ou même le Front de libération nationale (FLN), ont pris position contre le coup d’Etat ? Et qui peut prétendre que ce coup a protégé la démocratie ? S’il existe un pouvoir autoritaire et corrompu aujourd’hui dans le monde arabe, c’est bien celui des généraux algériens.

« Pour nombre de laïcs ou simplement de républicains, fussent-ils les plus musulmans, l’expression “islam modéré” est un oxymore : il y a contradiction absolue entre les deux mots. Pour d’autres, la capacité de résoudre les problèmes considérables que la construction et le développement de la Tunisie vont poser est assez faible sans l’appui des forces qui se disent encore islamistes mais qui ne sont souvent que conservatrices. Elles répondent au besoin d’ordre et d’autorité qui, dans l’histoire, est toujours apparu après le chaos provoqué par des journées insurrectionnelles. »

Nombre de laïcs, de républicains contestent l’expression islam modéré ? Jean Daniel confond les musulmans qui s’expriment abondamment dans les médias occidentaux avec l’opinion dans le monde arabe. Les deux plus importantes forces de gauche en Tunisie ont accepté le principe d’une collaboration avec Ennahda, preuve qu’elles croient qu’il existe non pas un « islam modéré », mais des organisations islamistes qui acceptent les règles de la démocratie.

Plus largement, les clivages qui divisent la Tunisie ne se résument à celui entre laïcs et islamistes. D’autres questions se posent à la société, aussi bien sociales que politiques, des choix du développement comme celui de la politique internationale et régionale. Rien ne serait plus dangereux que de faire des combats dans le monde arabe des combats entre deux blocs homogènes, laïcs et islamistes. Non seulement parce que la victoire de ces derniers serait certaine, mais aussi parce que ce n’est pas le principal clivage de la société.

Oui, Ennahda est une organisation conservatrice, notamment sur le plan des mœurs et de la place des femmes ; elle est libérale en matière économique ; son fonctionnement a longtemps été vertical (comme tous les partis de la région), même s’il est désormais contesté par les nouvelles générations et les nouvelles formes de communication. Il ne s’agit donc pas de donner une image idéalisée du mouvement, mais de reconnaître que, comme le Hamas en Palestine, il est une partie de la société, et que son exclusion signifie l’instauration d’une dictature militaire.

D’autres éditoriaux reprennent cette même ligne islamophobe. On pourra lire bien d’autres contributions sur le thème, que ce soit Alain-Gérard Slama dans Le Figaro du 26 octobre (« Elections en Tunisie : sous le jasmin, les cactus », heureusement ce texte n’est pas en accès libre sur le site du journal) ; ou encore Martine Gozlan, ou l’inénarrable Caroline Fourest, qui écrit notamment sur son blog : « Dire qu’Ennahdha est “modéré” parce qu’il existe des salafistes très excités, c’est un peu comme expliquer que Le Front national de Marine Le Pen est de “gauche” parce qu’il existe des skinheads. »

Mais ne tombons pas dans la paranoïa : fort heureusement, d’autres textes font la part des choses.

On notera la tribune de Bernard Guetta dans Libération du 26 octobre, – encore que l’idée d’un nécessaire front des laïcs me semble contestable.

Et aussi l’éditorial du Monde (27 octobre), « Et si, en Tunisie, la démocratie passait par l’islam ? » :

« L’annonce concomitante du retour de la charia en Libye, avant la poussée électorale attendue d’autres forces islamistes en Egypte, risque ainsi d’alimenter l’incompréhension face à des révolutions menées pour les droits de l’homme qui ne se traduisent pas instantanément par l’adoption des valeurs que les Occidentaux revendiquent. C’est singulièrement vrai sur la question des droits qui doivent être reconnus aux femmes. Ce serait cependant faire injure aux Tunisiennes et aux Tunisiens que de décréter, toutes affaires cessantes et sans qu’il soit nécessaire de voir les vainqueurs à l’ouvrage, que le succès d’Ennahda sonne le glas de leur “printemps”. En l’occurrence, si une loi mérite l’attention, dans les pays qui vont voter pour la première fois autrement que sous la matraque et pour un parti unique, c’est sans doute moins la loi islamique qu’un code autrement plus prosaïque : la loi électorale. »

« La réussite des transitions arabes passe nécessairement par l’adhésion du plus grand nombre à un projet commun, et donc par le compromis et la négociation. A cet égard, le système proportionnel retenu en Tunisie qui écrête les raz de marée électoraux au lieu de les amplifier et contraint le vainqueur à trouver des alliés est judicieux ; il permet d’éviter une situation à l’algérienne, lorsque le Front islamique du salut retourna à son profit en 1991 un système conçu pour favoriser le FLN. » « La volonté exprimée par des opposants historiques tels que Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar, dont les partis ont obtenu des résultats encourageants, de trouver des terrains d’entente avec Ennahda dessine un tout autre chemin, celui d’un apprentissage de la démocratie qui passe moins par l’anathème que par le dialogue. Sans faire preuve d’un angélisme excessif, il est permis de le juger prometteur. »

Et les élections tunisiennes seront à marquer d’une pierre blanche sur la longue voie des peuples arabes vers la démocratie.

Nouvelles d’Orient


Nombre de lectures : 1592
8 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • HAMMANA
    30 octobre 2011 at 22 h 15 min - Reply

    Malgré les cinglants revers subis jusque-là et à deux reprises par les pays occidentaux(chute de deux de leurs plus surs alliés dans la région BENALI et MOUBARAK et l’ascension en force des islamistes en tunisie avec la victoire d’ENAHDHA et la réhabilitation du parti des frères musulmans en Egypte après sept décennies d’ostracisme et d’exclusion;ce qui ne serait pas évidemment sans conséquences sur la sécuirité de leur protégé Israel ,qui jouissait jusque-là d’une trève que lui assuraient les régimes déchus,et qui se trouve du jour au lendemain confronté à de nouveaux paramètres dans un environnement régional qui évolue à contre sens de ses intérets et qui le situe dans une situation bouleversante qui préconise la révision de fond en comble de sa stratégie sécuritaire pour répondre aux impératifs du nouveau contexte)ils sont unanimes,ne serait-ce que pour le principe,de bénir la transition vers la démocratie de la tunisie et de l’Egypte en attendant que les régimes en sursis de rupture cèdent à leur tour aux aspirations de leur peuple.
    Malgré leur prépondérance qu’ils viennent de perdre dans la zone névralgique nord africaine et du moyen-orient,ces pays se sont trouvés ,sous l’impulsion de leurs soucis sécuritaires liés aux dangers qu’engendrerait leur obstination à demeurer au service de leurs valets en perte de vitesse,contraints de se départir de ces deniers au profit d’un rapprochement avec les nouveaux maitres dans la région(négociations en cours entre la maison blanche et les frères musulmans en Egypte à l’effet de conserver un point d’appui et ne pas rentrer bredouille du pays du nile).En attendant de voir s’il faudrait adopter la meme démarche avec la Tunisie d’EL GHANOUCHI.Ce qui est incontournable.
    Pour revenir aux turpitudes des régimes aux abois qui voient d’un mauvais oeil les développements environnants,il est prévisible que, présentant le danger,ils navigueraient à contre courant quitte à défier le déluge pour faire endosser finalement à leur peuple les retombées de leur entetement et de leur arrogance.
    C’est par le biais de leurs cassandres qui excellent dans l’art de la perversion et du mensonge que ces régimes évoluent et font savoir leur hostilité aux changements induits par des sociétés en ébullition tellement leurs calvaires dépassent l’entendement humain.
    Des régimes qui,au lieu de composer avec leur peuple,persévèrent dans la forfaiture oubliant qu’ils ne font qu’aggraver davantage leur cas et qu’ils précipitent leur propre chute en se dressant contre la détermination de leur peuple à en découdre avec ce malaise séculaire pour imposer l’alternance au pouvoir en récupérant leur souveraineté confisquée.




    0
  • HAMMANA
    30 octobre 2011 at 23 h 41 min - Reply

    Quant aux inquiétudes des médias français à propos du devenir de la démocratie à l’épreuve de l’islamisme qui reprend du poil de la bete dans des pays arabes qu’on croyait définitivement acquis à la laicité du fait du despotisme instauré par des régimes paradoxalement appuyés par l’occident pour cyniquement sauvegarder la démocratie qui est le dernier de leurs soucis,elles doivent etre cherchées dans le courant islamophobe officiel en vogue en Europe qui est,au demeurant,la seule stratégie capable d’endiguer l’islamisation du vieux continent qui selon ses propres chercheurs est appelé à embrasser la religion d’ALLAH avant la fin du vingt -et -unième siècle.Un continent ou le port de la burga est déjà un casse-tete au risque de diviser la société eu égard à l’importance de la communauté magrébine en Europe et en france particulièrement.
    D’ou cette bienveillance peu orthodoxe et désuette de l’intelligentsia français à l’égard des sociétés des pays de l’autre rive de la méditerannée.




    0
  • hassan
    31 octobre 2011 at 13 h 39 min - Reply

    Enfin une voix discordante qui vient remettre les pendules à l’heure et s’inscrire à contre-courant de cette doxa parisienne qui s’érige en forces du Bien contre les forces du Mal,, en forces de l’Ordre contre le Désordre, en forces des « Lumières » contre « l’Obscurantisme ».

    Chapeau bas !, car vous avez bien du mérite Mr Alain Gresh.

    Par ailleurs, un fait troublant qui saute aux yeux, c’est cette « touchante » unanimité des ex-Nord-Africains faits Français par la grâce de leur coreligionnaire Crémieux (Jules Isaac) , tels Jean Daniel Bensoussan (né à Blida), Gérard Gozlan(né à Alger), à exprimer en chœur leurs réticences très prononcées et toutes personnelles quant au verdict populaire des urnes en Tunisie. Cette sentence de tout un peuple enfin libre d’exprimer démocratiquement ses choix politiques et de désigner ses représentants légaux.

    Même un fils de Tunis, Gérard Slama, n’échappe pas à la contagion et se joint à ce lever de bouclier en participant au concert de voix qui s’élèvent pour crier au loup dans la bergerie et procurer ainsi quelques sueurs froides en rallumant les peurs et les fantasmes toujours coriaces des temps des Croisades et des guerres coloniales.

    Un procès d’intention, une mise en cause d’un parti politique légal sur la simple base de ses intentions et non pas de ses actes. Les victoires grotesques aux élections bidons avec leurs 90% de voix obtenus par les régimes dictatoriaux arabes, n’ont pas été l’objet de critiques de la part de cette intelligentsia parisienne à l’émotion sélective et à la démocratie à géométrie variable.

    Ces belles âmes, ces bonnes consciences, ces modèles de vertu toute républicaine, ont fait preuve d’un mutisme assourdissant et semblaient comme frappés de cécité intellectuelle durant les terribles années noires des dictatures de fer de Moubarak, de Ben-Ali et des Janviéristes. Ces humanistes des « Lumières » n’ont pas éclairé de leur illumination, les sombres cachots d’où s’échappaient les plaintes et les gémissements des suppliciés abandonnés à leur funeste sort et livrés pieds et poings liés à leurs bourreaux.

    Ces donneurs de leçons humanistes n’ont pas exercé leur talent d’écrivain pour dénoncer la Nakba palestinienne comme l’ont fait Ian Pappé, Uri Avnery, Israel Shahak, Gilad Atzmon et bien d’autres remarquables penseurs qui, à contre-courant du terrorisme intellectuel ambiant et de la propagande éhontée sévissant dans les médias serves, sont descendus dans la fosse aux lions et criés haut et fort leur révolte de voir cette Palestine et son peuple livrés à l’oppression et à la spoliation depuis plus de soixante années.

    Décidément, cette Gauche-caviar ne finira pas de nous étonner et de nous révéler sa véritable nature, ses buts, ses moyens et ses méthodes.




    0
  • Abou Mohamed
    31 octobre 2011 at 14 h 35 min - Reply

    Monsieur Alain, pour votre gouverne, les premieres elections libres du monde arabe ont eu lieu en Algerie en juin 1990 et decembre 1992. Le coup d’etat de janvier 1992 formente par la France et ses daf qu’elle a mis fin a la premiere democratie du monde arabe. PS: Etant dans un pays anglophone, j’utilise un clavier QWERTY, je m’excuse de ne pouvoir utliser les accents.
    Merci




    0
  • Zig la puce
    31 octobre 2011 at 15 h 30 min - Reply

    Les diktats du « crâne d’oeuf » de l’Elysée.

    A LIRE :
    L’alibi féminin du colonialisme
    Lundi, 31 Octobre 2011 / Tribune Libre /- Girard Youssef

    Suite aux élections à l’Assemblée constituante tunisienne, le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, déclarait à propos de la Tunisie nouvelle : « La France va rester vigilante. La France va dire : attention, il y a une ligne rouge qu’il ne faut pas franchir et pour nous la ligne rouge ce sont un certain nombre de valeurs et de principes démocratiques comme l’alternance démocratique, les droits de l’homme ou encore l’égalité homme-femme. Nous allons être très vigilants et nous avons les moyens d’exprimer cette vigilance (…) Nous allons mettre en place une aide (…) c’est dans notre intérêt. Cette aide, nous l’apporterons dans la mesure où la ligne rouge ne sera pas franchie » (1).

    Cette déclaration d’une arrogance néocoloniale sans nom mériterait un long commentaire. Pour qui se prend Alain Juppé pour donner des leçons à un peuple libre ayant renversé une dictature soutenue activement par les gouvernements français successifs ? Pour qui se prend-il pour tracer des « lignes rouges » au futur gouvernement tunisien démocratiquement élu ? Alain Juppé n’aurait-il pas compris que nous ne sommes plus en 1881 et qu’il n’est pas Jules Ferry (2) ? Aurait-il oublié que la Tunisie n’est plus une colonie française depuis 1956 ?

    Source : hoggar.org




    0
  • Mohamed YAHIAOUI
    31 octobre 2011 at 17 h 19 min - Reply

    Assalamo Aleikoum , et merci Monsieur Alain GRESH pour votre commentaire.
    Nous assistons à la même crise d’hystérie developpée au lendemani de la victoire du FIS aux premières elections libres de l’Algerie et du Monde Arabe
    Il faut rappeler que la Révolution Arabe (post-independance ?????)a débuté le 5octobre 1988 , avec 600 jeunes Adolescents et enfants tués par l’Armée Algerienne , ainsi que les milliers d’autres jeunes torturés ,dans des centaines de locaux par la Sécurité Militaire dirigée par feu le Géneral BELYAT LAKHAL , (le Général BETCHINE aurait également organisé des seances de tortures).
    Ce massacre d’octobre 1988 a reçu la « comprehension du Président MItterand et de son Gouvernement.
    Il ya quelques jours les dirigeants Français qui parlent de Droits de l’Homme et de démocratie, démontrent leur mepris pour ces deux termes , puisqu’eux mêmes ne les respectent pas, la preuve ils viennent de lever l’asignation à résidence de Monsieur Salah KARKER membre fondateur d’ENNAHDA ,Docteur en économie, après 18 annnées d’assignation à résidence , sur décision de Charles PASQUA , sur demande du Général BEN ALI.J’ai personnellement envoyé un message à ENNAHDA pour qu’ils n’oublient jamais .
    Autre cas grave et qui perdure , Ahmed SIMOZRAG ,Avocat Algerien , est exilé politique au BURKINA FASSO depuis 1994 , cela fait plus de 17 ans sur decision de Charles PASQUA , à la demande des Généraux d’Alger , alors Monsieur JUPPE et tous les hommes politiques de droite et de gauche sont mal placés pour parler des Droits de l’Homme et encore moins de démocratie .
    Pour finir posons-nous la question , pourquoi la France à -t-elle bloquée toutes les initiatives de demandes d’enquête internationale sur les massacres en Algerie , apres le coup d’Etat militaire du 11 janvier 1992 ,? Tout simplement la FRANCE continue à mepriser d’une arrogance toute colonialiste , les Droits de l’Homme , les Droits du Peuple Algerien et son libre choix de société .
    ENNAHDA est revenu sur le devant de la scène politique d’une façon pacifique , donc le FIS reviendras également sur le devant de la scène politique Algerienne , d’une façon également pacifique , tout en demandant VERITE et JUSTICE sur tous les évènements qui ont ensanglantés notre pays




    0
  • HAMMANA
    31 octobre 2011 at 18 h 50 min - Reply

    De tels propos ne sont pas de nature à intimider un peuple qui a pris le taureau par les cornes pour mettre à la porte celui qui recevait de telles injonctions comme une recommandation divine.La solidarité dont a fait preuve les tunisiens est en soi une fin de non recevoir à ce qui relève beaucoup plus de la consternation d’une Europe qui n’a pas pu maintenir au pouvoir celui qui a fait de la Tunisie une provence de l’hexagone que de propos qui répondent à la définition d’un ultimatum susceptible d’inquièter outre mesure la nouvelle république Tunisienne plus que jamais déterminée à s’émanciper de la tutelle Napoléonienne d’une gaule nostalgique de son passé colonial.
    La meme fermeté fut adoptée à l’encontre de l’IRAN lorsque le bloc occidental assistait impuissant au démentèlement du système du SHAH qu’il a mit des décennies à échaffauder dans cette partie de l’Asie pour lui servir de bouclier contre la poussée du communisme au temps de la guerre froide.
    Mais c’est une façon de consoler leur protégé Israel pris de panique suite aux développements en cours dans un monde arabe qui se restructure sans se reférer par paternalisme au tuteur outre atlantique.
    Mahmoud Ahmedi Nejad est le mieux placé pour certifier des limites de ce genre d’intimidations qui ne font leurs effets qu’auprès de ceux qui sont prédisposés à s’en accommoder sans aucunes intentions de réagir.
    Tout le monde sait qu’en les considérant comme nulles et non avenues,la république Islamique d’Iran s’est imposée comme une puissance régionale incontournable.
    Donc,Alain JUPPE a beau déclaré ce qu’il veut et c’est à nous de relever le défi en mettant à contribution l’expérience de nos voisins.
    C’est la restauration du Khalifa dont la victoire d’ENAHDHA et des frères musulmans en Egypte en est un sérieux présage.Et c’est justement ce qui le fait sortir de sa réserve pour s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays qui veut devenir souverain de cette façon désinvolte auquelle la subordination de ses anciens valets l’a habitué.




    0
  • Abdelkader DEHBI
    31 octobre 2011 at 19 h 01 min - Reply

    011 à 19 h 01 min

    يقول البارئ جلٌ شأنه :
    « »….وَإِذَا خَلَوْاْ عَضُّواْ عَلَيْكُمُ الأَنَامِلَ مِنَ الْغَيْظِ قُلْ مُوتُواْ بِغَيْظِكُمْ إِنَّ اللّهَ عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُور » » 119 سورة آل عمران.

    « »…..quand ils se [retrouvent] seuls, ils se mordent le bout des doigts de rage. Dis [leur] : crevez de votre [propre] rage. En vérité, Allah connaît le contenu des cœurs. » » (Sourate Aal-Imrane) Verset 119.

    Qu’ils crèvent donc de leur propre rage islamophobe, les BHL et les Attali, les Stora et les Zemmour, les Calvi et les Jean Daniel Bensaïd devenu ensuite Bonsard – et non Bensoussan – et tant d’autres de leurs semblables ! Depuis quand d’ailleurs, devrait-on s’étonner des attitudes caméléonesques de cette espèce particulière de franco-pieds-noirs-israéliens collectionnant toutes sortes de statuts mais ne relevant que d’un seul : celui de sionistes en « croisade-étoilée » permanente contre tout ce qui touche à l’Islam ?

    C’est dire le peu de poids moral de tout ce que peuvent déclarer ou non les membres de cette mafia intello-sioniste parfaitement structurée et organisée depuis des décennies au service de l’Etat sioniste – et sévissant aussi bien en France et en Europe qu’aux Etats-Unis – n’aura désormais qu’une importance de plus en plus relative, eu égard à l’immense prise de conscience politique et idéologique des peuples arabo-musulmans qui est en train de s’opérer.

    Une prise de conscience des peuples, qui s’opère bien entendu par-dessus la tête des différents régimes arabes illégitimes, corrompus et anti nationaux qui sont en train de s’effondrer les uns après les autres. Lâchés comme des malpropres par un Occident lui-même parvenu au seuil de son effondrement historique du fait de ses crimes contre les autres peuples. En particulier ses crimes par procuration sioniste contre les peuples arabo-musulmans.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique