Édition du
24 July 2017

La révolution du premier Novembre débouche sur un statut de gendarme

 

Ahmed AMOKRANE

Cinquante sept ans sont passés sur cette nuit du 1er Novembre 54. De  jeunes algériens, mal équipés, très peu nombreux mais motivés et dynamiques, ont déclenché une des plus grandes révolutions  du 20e siècle. Après de lourds sacrifices et beaucoup de souffrances, l’Algérie accéda enfin à l’indépendance. Dés les premières années de l’indépendance, les crises feront suites aux crises et le pays se met à passer d’échecs en échecs. Le FLN, dont la mission devrait s’arrêter en 62, dépassa ses objectifs en mettant éternellement  le peuple sous tutelle. Sans idéologie politique claire ni vision, il conduira les algériens droit au mur. Un processus de démocratisation est proposé sans aucune réflexion  ni préparation après les sanglants événements de 88. L’immaturité de l’opposition
islamiste et la mauvaise foi des détenteurs du pouvoir, conduira le processus vers une guerre civile qui laissera ses traces sur de nombreuses générations d’algériens. Vingt ans après la fin des
sanglants événements des années 90, le pouvoir continue à brandir la menace islamiste pour discréditer toute l’opposition et se maintenir ainsi au pouvoir. Pour s’assurer du soutien des occidentaux, le  pouvoir se présente comme une référence en matière de lutte antiterroriste. C’est ainsi que le pouvoir a investi plus de 14 milliards de dollars en armement en 2011 et compte investir beaucoup plus en 2012. Dans un pays où il n’y a ni routes ni trottoirs, un pays où l’Etat est pratiquement absent, un pays où le taux de chômage dépasse tous les records monstrueux, on se permet de jeter l’argent du peuple dans un secteur aussi improductif que l’armement.
Isolé dans son propre pays, le pouvoir s’est fait des alliances en dehors des frontières en proposant ses services de lutte  anti-terroriste et ses soit-disantes capacités de protection des frontières sud de la méditerranée. Le comportement du pouvoir algérien a réduit les ambitions de notre grand pays qui se transforme  de plus en plus en un gendarme de la région. Drôle d’évolution, après cette formidable révolution du 1er Novembre 54, notre pays trahi ses Chouhadas et devient le Harki de l’occident  tout en tournant le dos à ses propres enfants.

Pauvre Algérie…


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2 Commentaires sur cet article

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  • elforkan
    1 novembre 2011 at 13 h 17 min - Reply

    « un pays où le taux de chômage dépasse tous les records monstrueux »
    Justement il y a une petite question bête que j’aimerai poser : Pourquoi monsieur le président et ses proches, monsieur le ministre et ses proche, monsieur le général et ses proches….ne sont pas touché par le chômage, ni encore moins par la crise de logement ? pourquoi ? sont-ils des super algeriens ? l’Algérie, c’est leur propriété privée ?? c’est quoi ça ?? ça doit changer !!!
    La3natou Allah 3aleihoum !!La3natou Allah 3aleihoum!!




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  • boukezouha abdelouahab
    5 novembre 2011 at 9 h 48 min - Reply

    PRIS SUR LE SITE U D M A . Algérie
    Un autre Novembre algérien
    4 Nov, 2011 0 CommentsAuteur: Brahim Younessi
    Depuis quelques années maintenant, le déclenchement de la lutte armée, le 1er novembre 1954, est remis en question, voire dénoncé comme le point de départ d’une violence qui a perduré durant les années de l’indépendance. Les détracteurs de cet acte fondateur de l’Etat algérien indépendant et de la résurrection de la nation algérienne niée dans son existence et ses valeurs fondamentales, ne mesurent pas ou feignent d’oublier ce que le colonialisme a causé comme dégradation dans l’essence même du peuple algérien.
    Loin de reconnaître les souffrances qu’elle a causées et le génocide culturel qu’elle a commis en particulier en Algérie, la France persiste à croire que la colonisation a joué « un rôle positif », en dépit de tout bon sens et de l’histoire qui la condamne. La loi que le Parlement français a voté le 23 février 2005 pour absoudre la France de ses crimes coloniaux, pire les nier pour donner de son œuvre néfaste une image positive démontre, s’il en était besoin, le mépris qu’elle nourrit encore pour les peuples qu’elle a assujettis.
    Il n’est pas nécessaire de revenir sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre de l’armée française en Algérie pour s’élever contre le blanchiment par la loi d’un colonialisme meurtrier, destructeur et ravageur comme le reconnaissent les auteurs des exterminations massives et des exactions eux-mêmes. Saint-Arnaud écrivait en avril 1842 : « Nous tirons peu de coups de fusil, nous brûlons les douars, tous les villages, toutes les cahutes. » Et en juin de la même année, le Maréchal ajoutait : « On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres. Des combats ? Peu ou pas. » Le duc de Rovigo déclarait en 1843 : « Apportez des têtes, des têtes ! Bouchez les conduites d’eau crevées avec la tête du premier bédouin que vous rencontrerez. » L’historien de l’Afrique du Nord, Charles-André Julien, disait que « les généraux élevèrent la dévastation à la hauteur d’une doctrine. Ils ne brûlèrent pas le pays en cachette et ne massacrèrent pas les ennemis en faisant des tirades humanitaires. Ils s’en firent gloire, tous… »
    Indéniablement, le but final de la colonisation en Algérie était de parvenir, à plus ou moins long terme, à l’élimination de la population autochtone qui va, durant 132 années, vivre l’enfer jusqu’à la libération totale du pays en 1962.

    Devant un tribunal pénal international, Bugeaud, Pélissier, Saint-Arnaud, Montagnac, Lamoricière, Cavaignac etc… auront, sans aucun doute, été condamnés à perpétuité à l’exemple d’autres criminels de la Seconde guerre mondiale.
    A l’indépendance le 3 juillet 1962, le peuple algérien meurtri avait hérité d’un pays dévasté rendu exsangue par la politique de la terre brûlée. Citons quelques chiffres pour rafraîchir la mémoire des sceptiques, des critiques et des partisans de l’Algérie française : Trois millions de regroupés, 400.000 détenus ou internés, 300.000 réfugiés principalement en Tunisie et au Maroc, 700.000 émigrés des campagnes vers les villes, 8000 villages rasés, plus d’un million de martyrs, 200.000 veuves…
    L’Algérie indépendante dont les plaies étaient encore béantes allait rencontrer de nombreuses difficultés à faire face aux besoins du pays et de la population devant l’absence de moyens, même les plus ordinaires pour faire fonctionner l’Administration et l’économie saignée à blanc. Le pays n’aurait pu assurer la saison des labours sans les 500 tracteurs achetés et expédiés en toute urgence de Yougoslavie parce qu’il n’y avait plus ni chevaux ni mulets ni même des ânes sur lesquels s’étaient acharnées les opérations « Jumelles », « Pierres précieuses » et autres opérations.




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