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26 July 2017

Mostefa Souag, DG d’Al Jazeera : Le journalisme algérien à l’honneur

El Watan, 9 novembre 2011

Le dernier éditorial publié par Mostefa Souag dans la défunte revue Alger-Réalités(1) s’intitulait «Les diplômes  pour tous, la science à ceux qui peuvent la maîtriser». C’était en janvier 1989, et il critiquait objectivement cette université algérienne qui avait formé dans le bon vieux temps «des génies» et qui «chutait, chutait», à partir de la fin des années quatre-vingts. Mostefa Souag avait vu juste. Depuis 1989, l’université algérienne a rarement «levé la tête» à cause de sa… gestion ! Pur produit de cette université algérienne d’antan, Mostefa Souag dérangeait même ses prestigieux professeurs quand il était étudiant à l’institut des lettres arabes d’Alger. Et quand il obtint son magistère et devint professeur-assistant, les «Doudou, Messaïef, Rekibi et ses autres anciens profs lui laissèrent la pleine initiative d’animer cet institut où ils étaient les grands mandarins !»

Aboulaïd Doudou, qui avait  décroché brillamment en 1967 un doctorat d’Etat en littérature comparée de l’université de Vienne, qui avait enseigné aux universités de Bôn, Berlin, Vienne avant de revenir en Algérie en 1972, ce Doudou qui maîtrisait «l’allemand» à la «Musilienne» (de Robert Musil(2) disait  : «Souag est le meilleur des étudiants que j’ai formés à Alger.» Au temps où Doudou était chef de département des lettres arabes, Mostefa Souag faisait «bouillonner l’institut». Les meilleurs écrivains algériens ont été invités par Souag dans cet institut entre 1976 et 1981. Parti étudier aux USA, Mostefa Souag est revenu à son «Institut» en 1987.
Quelle déception ! «Il ne se retrouvait plus dans son institut d’autan.»

A part Doudou, Rekibi et les jeunes (de l’époque), A Bourayou, A. Lamine, M. Faci et autres A. Mennour, la majorité des profs étaient devenus des «dormants ou des islamisants». Souag a alors opté pour «le journalisme». Mustapha Kateb, qui connaissait sa valeur, le nomma directeur d’Alger-Réalités, l’ex-revue du défunt CPVA. Mais Souag, ce «PHD des USA», voyait plus grand ! Il commença à correspondre avec les journaux et radios londoniens (arabophones et anglophones(3) et se tailla très vite une renommée d’expert.

Ayant une «tête qui tourne comme une toupie géniale qui sème le savoir à tout vent», M. Souag est devenu cet oiseau rare que les chaînes satellitaires arabes capteront la fin des années quatre-vingt-dix. Professionnel de haut niveau, homme de culture reconnu et d’une moralité exemplaire, cet Algérien qui «suivait partout Kateb Yacine»(4) a fait «bouillonner» Al Jazeera depuis qu’il a été nommé «son directeur des infos». S’il a été désigné son directeur général en ce «glorieux Novembre» qui a fait trembler le monde dans les années 50, ce n’est que justice.

Les responsables de la 1re chaîne TV-vedette du monde arabe ont opté pour la compétence, le progrès et… l’intégrité morale. Des qualités que l’Algérie porte dans son cœur, mais peine à les faire valoir dans «son giron». Tant mieux pour nous, ce fils de Dellys, ce pur génie algérien chassé par le GIA et certains de leurs frères qui nous gèrent, fait aussi honneur à sa mère… l’Algérie ! L’avenir est devant vous monsieur Souag. Tous les Algériens épris de liberté et de progrès et toute la presse algérienne saluent la nouvelle étoile que vous avez déjà ajoutée à leur étendard.

Note de renvoie :

1)- Revue de l’ex-Conseil populaire de la Ville d’Alger.
2)- Robert Musil a été plébiscité meilleur romancier de langue allemande du XXe siècle. Encore un écrivain que le Nobel a raté !
3)- Voir biographie de M. Souag sur Google.
4)- Fils spirituel de K. Yacine, Souag a donné ses logements à A. Lembarkia et à son frère et est parti. K. Yacine a laissé ses logements (2) à des membres de sa troupe. Il est mort dans une baraque au centre Casoral !

Djilali Khellas


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9 Commentaires sur cet article

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  • t.montana
    10 novembre 2011 at 12 h 50 min - Reply

    Je ne pense pas qu’il ont promu rien que pour ses diplomes , je pense par contre que lorsque se declenchera le printemps algerien et que nos harkis se plaindront aupres du prince quatari pour le travail d’aljazeera , ce dernier leur dira qu’il n’y est pour rien et c’est le fils de leur pays qui gere tout , wa allahou a3lem , ( les createurs de la meilleurs tele du monde ne font rien au hasard voyons !!)




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  • mourad
    10 novembre 2011 at 15 h 53 min - Reply

    Je dirai tout simplement que el djazira donne la chance à toute personne ayant des capacités intellectuelle et le sens du management et enfin arrêtez de scalper tout ce qui algérien (diawalna machi dialcom tout simplement).




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  • Adel
    10 novembre 2011 at 18 h 07 min - Reply

    Les dirigeants de l’Algérie indépendante ont eu pour ligne de conduite constante depuis 1962 de mater, pervertir, exiler ou éliminer physiquement tout intellectuel de valeur qui risquerait de dénoncer leur pouvoir despotique ou de constituer une menace pour lui. Cet intellectuel a le choix entre l’allégeance avec accès à la mangeoire, le silence et le repli sur soi ou l’exil.

    Connaissant personnellement M. Mostefa Souag, je peux attester que notre pays a perdu en lui un homme de grande culture et de principes dont l’intégrité et l’honnêteté sont au-dessus de tout soupçon. Des hommes et des femmes comme lui à la tête de chaînes de télévision nationales libérées de la tutelle du pouvoir auraient certainement donné un autre visage au paysage audio-visuel de notre pays.




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  • amel
    10 novembre 2011 at 20 h 52 min - Reply

    félicitations monsieur Souag ,vous avez laissé derrière vous la pègre du département d’arabe qui gère maintenant les universités d’Alger,vous ne devriez avoir aucun remords,la strate politique qui nous gouverne à besoin de carpettes et de larves,vous avez fait le bon choix




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    • Ali
      11 novembre 2011 at 7 h 18 min - Reply

      Félicitation Mr Souag, vous méritez mieux encore ,djazair ketta li takoul ouladha , je dirais simplement domage pour l’Algerie . Merci pmour Adel :commentaire du 10/11.Salutations , :un ex;Normalien63/68




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  • Mostefa Souag, DG d’Al Jazeera : Le journalisme algérien à l’honneur
    10 novembre 2011 at 20 h 54 min - Reply

    […] LE QUOTIDIEN D’ALGERIE Tags: algérien, d’Al, Jazeera, journalisme, l’honneur, Mostefa, Souag […]




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  • Zawali
    11 novembre 2011 at 14 h 09 min - Reply

    Quel honneur, que de porter la voie des opprimés, surtout contre le pouvoir genocidaire d’Algérie.
    AH, si je pouvais être à votre place Mr Souag, pour un temps seuleument « JUSTE POUR LA VERITE ET SANS VENGEANCE ».
    L’INOXYDABLE.




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  • elforkan
    11 novembre 2011 at 16 h 45 min - Reply

    @t.montana
    En tous les cas, bonne ou mauvaise, à la solde de flen ou felten, El djazeera est la seule chaine qui nous a montré les horreur commises par les sionistes lors de la guerre de Ghaza et recemment les crimes des kataeb de kadhafi et ceux des chebeha de Bechar…..quant à l’ENTV hachakoum, chaine du Chtih wa erdih, etmahbil, et les moussassalates des zwadj wa etlak et les fatawas 3ala alhawa comment laver un mort,ou faire ses ablutions, manière d’occuper la populace, le temps que les malins remplissent la chkara !
    Voilà toute la différence entre Hachakoum l’ENTV et El jazeera, un crachat(hachakoum) et une pièce d’or.




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  • Mebrouk Menar
    11 novembre 2011 at 19 h 47 min - Reply

    félicitation à notre Algerien M.Souag , et condoléances à notre presse Algerienne qui n’a pas le culot d’écrire une lettre ouverte à Mr le président de la république dénonçant la corruption organisée par des magistrats nommés.Voir : http://www.facebook.com/ccmebrouk




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  • Congrès du Changement Démocratique