Home » Brèves » En Algérie, l’Internet est encore à l’âge de pierre

En Algérie, l’Internet est encore à l’âge de pierre

Chawki Amari In Slate Afrique 11/09/2012 Débit anémique, coupures fréquentes et tarifs prohibitifs, l’Internet algérien est loin d’être performant. Une situation qui est à l’image des techniques de communication moyenâgeuses du gouvernement. Une rentrée perturbée, avec des liaisons instables et des communications défaillantes. Pour la téléphonie mobile, le lancement de la 3G a été reporté, une énième fois, dans une terrible confusion, tout comme la gestion de la licence du premier opérateur de téléphonie mobile, Djezzy, racheté par le russe Vimpelcom, et dont la cession à l’Etat algérien est censée être toujours en cours de discussion. Pour le reste, ce n’est guère mieux, l’accès à la téléphonie fixe est toujours problématique pour celui qui n’a pas de ligne et le débit Internet encore capricieux. En juin 2012, selon un classement de Netindex qui a comparé et étudié 176 pays et leurs bandes passantes respectives, l’Algérie est passée à la dernière place, 176e, avec un débit réel mesuré de 0,95 Mbps, dégringolant après avoir été classée, en janvier, et par le même organisme 172e au niveau mondial. Pour compliquer le tout, plusieurs opérateurs privés accusent l’ARPT, l’autorité de régulation du secteur, de bloquer le développement de l’Internet, notamment par des règlements absurdes et des redevances prohibitives, qui donnent en fin de boucle des tarifs individuels de connexion représentant 1/10e du salaire minimum.

«La demande est nettement supérieure à l’offre, qu’il s’agisse du Net ou de la téléphonie», a reconnu Moussa Benhamadi, reconduit le 4 septembre comme ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication.

En Algérie, l’Internet reste élitiste, peu vivant et le taux de pénétration actuel est faible, avec seulement 1,6 million d’abonnés individuels (aux différents réseaux d’ADSL) pour 36 millions d’habitants, et 20% seulement des entreprises raccordées au Net. Pour tous les spécialistes, le problème n’est pas technique, il est lié à la gestion, 80% du territoire du plus grand pays d’Afrique sont déjà couverts par de la fibre optique. Le reste est humain, il suffit de consulter le site Internet du ministère concerné, pour se rendre compte que les informations les plus récentes datent de trois mois, quand des indicateurs et statistiques disponibles datent de trois ans.

Dernier parmi les derniers

D’une façon plus générale, les NTIC ne sont pas non plus en forme. La valse des PDG d’Algérie Télécom, l’entreprise publique qui chapeaute le secteur, et les différents scandales financiers qui y ont eu lieu, auront eu raison d’un secteur pourtant juteux, qui pèse près de 5 milliards d’euros par an. Le Forum économique mondial (WEF) vient de publier une étude concernant l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Sans grosse surprise, l’Algérie occupe la 118e place sur 142 pays. La surprise vient plutôt, selon cette étude, de ce que des pays pauvres comme la Zambie ou le Cambodge, sont mieux lotis que l’Algérie, dépassée naturellement au niveau du Maghreb par la Tunisie (50e) et le Maroc (91e). Pour Mokhtar Aiad, président de l’Association des sociétés de services et des éditeurs de logiciels, c’est le peu d’importance accordée par les pouvoirs publics à ce secteur qui en est la cause:

«Si nous sommes classés les derniers aujourd’hui, c’est parce que nous avons pris un mauvais départ. Aujourd’hui, l’informatique reste sous la coupe du ministère de la Poste et des TIC. Or, vouloir développer l’informatique implique une structure au niveau ministériel.»

De plus, l’encadrement pose problème, la fuite des cerveaux à l’étranger ayant aussi causé du retard dans le développement des TIC:

«L’université algérienne forme 1.500 informaticiens par an. Certains quittent le pays et d’autres ne font que bricoler. A ce rythme, on serait obligés de faire appel à des spécialistes étrangersajoute Mokhtar Aiad,»

Une com’ approximative au sommet

D’une façon encore plus générale, c’est toute la communication du pays qui est à revoir. Si l’Algérie gère de façon chaotique un secteur aussi porteur que les NTIC, comprenant l’Internet, les réseaux et la téléphonie, au sommet le régime communique très mal avec ses citoyens. L’Internet est libre en Algérie et aucun filtre n’empêche de naviguer à part les lenteurs bureaucratiques et les lourdeurs techniques. A titre d’exemple significatif, la récente rumeur sur la mort du présidentAbdelaziz Bouteflika est partie d’Internet et a rapidement enflé sur les réseaux sociaux, avant d’êtredémentie par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, accusant les sources de «malveillance». On aurait pu s’attendre à un démenti des services de la présidence ou d’un simple passage de Bouteflika à la télévision. Une autre histoire de com’. Chawki Amari



Nombre de lectures: 1403 Views

3 Reponses pour " En Algérie, l’Internet est encore à l’âge de pierre "

  1. fateh dit :

    Cette gestion totalement defaillante est voulue. La chutte des dictatures Arabes est due a la technologie. Le criminel boukharouba ne disait il pas que le peuple n’a pas besoin de savoir. A sa mort plus de 90% des Algeriens n’avaient pas de telephone chez eux et pourtant un seul central telephonique pouvait desservir des milliers de foyers et a cette epoque le pays avait largement les moyens de s’en equiper. En somme on est tjrs dans la meme logique de censure , du refus au peuple d;acceder a l;information..quoi donc de plus facile que de creer soit disant une gestion quaotique dans les telecommunications. L’argent est disponible, la main d’oeuvre qualifiee egalement nous avons des milliers d’ingenieurs en informatique vivant en Algerie et d’autres etablis a l’etranger faisant le bonheur des compagnies internationales….
    Alors de grace, ne tournons pas en rang pour dire qu\il y a mauvaise gestion, non il y a seulement une volonte deliberee d’interdire a ce peuple l’acces a la communication et donc au savoir…tahia boukharouba….

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 0

  2. Mohamed J. dit :

    Un article bien ficelé qui veut nous dire que l’internet n’est pas filtré, alors que des sites comme KalimaDZ le sont, seul message à retenir de ce long développement, qui met en relief le déficit structurel de l’Algérie en matière d’internet sans le dire.

    «La demande est nettement supérieure à l’offre, qu’il s’agisse du Net ou de la téléphonie» aurait dit le ministre actuellement en poste. Autre interprétation que celle avancée par l’auteur de l’article, je dirai que l’offre n’est pas en mesure d’être satisfaite malgré les moyens colossaux dont dispose l’Algérie et la question surgit: pourquoi ? Déficit structurel ? Mais encore ? La volonté politique existe t elle vraiment ?

    La demande est nettement supérieure à l’offre, quel euphémisme, nous en sommes encore aux interprétations dites de langue de bois sans que le journaliste qui est censé chercher la vérité ne le relève et n’en fasse état. La vérité est elle de cacher la vérité ?
    Pourquoi ? Cette culture du secret qui nous poursuit depuis la guerre de libération doit faire place à la transparence, il est maintenant avéré quelle ne conduit qu’a des impasses, s’il n’y a pas l’internet pour s’informer, il y a la parabole qui prend depuis peu la forme d’un tamis avec lequel on ne peut cacher le soleil. Quels que soient les efforts pour mettre en place des clones d’El Yatima-TV ils ne serviron à rien, à moins d’interdire carrément aux gens d’être parabolés et réduire encore leurs libertés, ce qui n’ira sans doute pas sans heurts, les gens se sont habitués à aller voir ailleurs virtuellement, ce qu’ils ne peuvent dans la réalité, la dévaluation du Dinar Algérien à atteint les abysses.

    Autre citation de l’auteur de l’article :«Si nous sommes classés les derniers aujourd’hui, c’est parce que nous avons pris un mauvais départ. Aujourd’hui, l’informatique reste sous la coupe du ministère de la Poste et des TIC. Or, vouloir développer l’informatique implique une structure au niveau ministériel». Toujours le problème structurel tristement actuel mais qui est renvoyé au mauvais départ, au passé. L’auteur triture t il volontairement les faits pour leur faire dire autre chose ? En est il conscient ou la langue de bois dans laquelle il baigne lui fait dire des contre vérités sans en avoir conscience ?

    Ya Si Chawki Ammari, si nous sommes en retard aujourd’hui c’est qu’il y a un malaise structurel et il faut révolutionner notre organisation et laisser les managers avoir de l’initiative, mais aussi de la responsabilité.

    Il faut écarter la politique de l’acte économique et technique et laisser les gens travailler. Il faut revoir le dernier code des marchés qui est un véritable frein à l’épanouissement des EPE et des EPIC et instituer un contrôle à postériori efficace et responsabiliser réellement les gens tout en leur donnant l’initiative et la liberté d’agir au profit du bien public. Il faut bannir l’esprit de suspicion de la gestion et restaurer le contrôle véritable qu’il n’est pas toujours possible d’instituer à priori. D’autant qu’un contrôle à priori, formalisé à l’extrême, n’est pas sans paralyser les entreprises. Une responsabilité bien comprise doit être restaurée que ne saurait mettre en échec un clientélisme quelconque qui doit être réellement combattu et un contrôle à postériori dont des procédures pertinentes doivent permettre l’efficacité et l’efficience doit être mis en place.

    Voila quelques solutions et qui ne concernent pas que l’internet dans notre pays mais toute l’organisation.

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 0

  3. HOUARI dit :

    Economiquement on est les derniers, sur le plan innovation recherche, on est les derniers, en nouvelles technologies de l’information et de la communication on estr les derniers.

    Ouf au moins une chose ou l’Algerie et les Algeriens excellent c’est dans la corruption on est classé parmis les 10 premiers pays les plus corrompus au monde, c’est quelques chose. OUF, merci on a sauvé l’honneur.

    صحبي الشعب لي كالي قلبه إموت سمين

    Amicalement votre

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 0

Laisser un commentaire