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Mon père, Benyoucef Benkhedda..

A l’occasion du dixième anniversaire du décès du Président BENKHEDDA Rahimahou Allah

Mon père,  Benyoucef Benkhedda..

 

 

Par salim Benkhedda Professeur de Médecine

Université Benyoucef Benkhedda, Alger

 

 

Origine et Enfance

 

                  Benyoucef Benkhedda  est né le lundi 3 joumadha thani 1338 (23 février 1920)   à  – Berrouaghia – wilaya de Médéa. Son père, Si Abdelaziz, lui-même fils du célèbre cadi de Médéa, Si Mohieddine Benkhedda fut, à son tour, un cadi respecté à Berrouaghia. . Benyoucef, troisième d’une fratrie de six enfants, fut prénommé en l’honneur de Sidi Benyoucef, le saint patron de la ville de Miliana. Orphelin de père à l’âge de 11 ans, il était très attaché à ses frères et avait, en particulier à l’égard de l’aîné Abdelhalim, beaucoup de reconnaissance. Souvent, il louait son abnégation en disant qu’ « il avait sacrifié sa jeunesse pour élever ses jeunes frères orphelins. »

Comme la plupart des enfants de son époque, dès l’âge préscolaire, mon père fut inscrit à l’école coranique de la mosquée de sa ville natale où il apprenait le saint Coran en même temps que les rudiments de la langue arabe, avant d’être inscrit à l’école primaire coloniale de la ville.

Comme la plupart des enfants de son époque, dès l’âge préscolaire, il fut inscrit à l’école coranique de la mosquée de sa ville natale où il apprenait le saint Coran en même temps que les rudiments de la langue arabe, avant d’être inscrit à l’école primaire coloniale de la ville.  Pétri par cette  éducation musulmane traditionnelle, il fait partie d’une  génération d’Algériens  qui fera de l’identité arabo-musulmane un des socles idéologiques de son nationalisme révolutionnaire maghrébin.

 

Blida. Les premiers pas de militant.

La famille Ben Khedda s’installa ensuite à Blida où le jeune Benyoucef fut inscrit au collège colonial, actuellement Lycée Ibn Ruchd.

Blida el Ourida, ou Blida La Rose, Mon père avait grandi et milité dans cette ville qu’il aimait intensément. Il aimait en arpenter  les larges avenues, s’arrêter dans ses spacieuses places, admirer ses parcs bien entretenus… Je me souviens, il rendait souvent visite à son frère cadet, Mohammed, en se promenant agréablement sur le trajet qui mène à la grande mosquée « el Kawther » attenante à la maison de mon oncle, me tenant par la main… Chemin faisant, il me racontait avec une captivante passion et force détails le passé de sa ville adoptive. Il connaissait l’histoire de chaque rue, de chaque ruelle, jusqu’à la petite venelle… La moindre parcelle de cet espace avait pour lui un secret à garder encore ou à me livrer, un souvenir agréable ou, souvent, douloureux, une histoire mystérieuse à me raconter…

Tout au long du chemin, il égrainait ses souvenirs, et les offrait à la narration nostalgique. Calquant ma passion sur la sienne, je l’écoutais avec une attention soutenue raconter la Ville et ses habitants… « Ici fut assigné à résidence la reine de Madagascar[1], exilée par les Français, disait-il avec une certaine amertume… Là, sous les balles assassines de l’armée française, était tombé en martyr le jeune Ben M’Rah… Là-bas, la pharmacie où j’ai effectué mon premier stage… Regarde !… c’est l’école coranique où ton aïeul enseignait le saint Coran ; il y avait formé maintes générations de hoffadh  avant qu’elle ne  fût fermée par l’administration coloniale… Ce garage était  un lieu de torture durant la Guerre de libération ; les Français y avaient supplicié mon frère aîné Abdelhalim, et d’autres moudjahidine encore !… »

C’est dans une autre école de patriotisme,  les SMA (Scouts musulmans Algérien)  d’El Boulaïda que mon père fit ses premières armes de jeune militant de la Cause nationale,  ainsi qu’une brève et double carrière sportive de footballeur et de boxeur. C’est étonnant – pour qui connaît son tempérament plutôt doux – et ce fut plutôt bref comme carrières sportives : « Je venais de disputer mon premier et dernier match de boxe : au premier coup de poing donné je m’étais cassé un doigt. Alors, j’ai jeté l’éponge, si j’ose dire, et abandonné définitivement ce « sport«  trop violent. »

Dans le monde de la violence il n’était pas dans son jardin. Les circonstances réservaient pour les jeunes Algériens de sa génération un autre destin.

 

« Deux évènements clefs nous ont  marqué dès  notre enfance : la Guerre du Rif marocain conduite par le héros Abdelkrim El-Khattabi dans les années 1923 – 1926 contre la coalition franco-espagnole, et les « fêtes » du Centenaire de l’occupation française de l’Algérie en 1930.  Ils ont enflammé chez nous la conscience nationale ».

 

Il entama très tôt sa carrière de militant, en se faisant les griffes dans le monde politique. C’est au collège colonial qu’il fera la connaissance de quelques futurs dirigeants de la Guerre de libération nationale. « J’ai appartenu, dira-t-il, à la génération qui a préparé et entrepris la lutte d’Indépendance. Au lycée Ibn Ruchd de Blida, ex-collège colonial, nous étions, dans ces années 1930, un petit noyau de trois individus : Saâd Dahleb  et moi-même, chapeautés par notre aîné Mohammed Lamine-Debbaghine. Il nous arrivait de lire el Oumma, édité à Paris par les militants du PPA, du moins quand le journal nous parvenait. Ce trio s’est enrichi par la suite de Ramdane Abbane  et de M’hamed Yazid… »

« les indigènes étaient obligés de porter une chechia un  tarbouche pour bien les différencier des européens qui portaient un béret ». C’est l’école laïque de Jules ferry et des lumières avec son lot d’humiliation et de ségrégation pour les musulmans que découvre le jeune Benkhedda.

« Vous êtes des couteaux qu’on aiguise contre la France ! » Telle fut la récrimination que lançait inlassablement et avec véhémence, le principal du lycée à l’adresse de ses élèves « indigènes« .

Il relatait avec un sourire aux lèvres « Notre principal était souvent ivre et nous criait à la face- Comment pouvez-vous assimilez ces indigènes !! Ils appellent une vache un beugra et un éléphant un fil !!! »

 

D’âge bien jeune encore, mais aguerri par une prise de conscience précoce propre à cette époque, déjà adulte dans le cœur et l’esprit, on le voit mener bataille contre les campagnes d’enrôlement des Algériens dans l’armée des français  qui les emmèneront loin du bled, mourir  dans pour un pays hostile et pour une cause qui n’est même pas la leur. Dans cette affaire dite des « 10 Insoumis de Blida », son « audace insolente » lui vaudra, en compagnie d’une dizaine de ses camarades de lycée, un long séjour dans les locaux du tristement célèbre Deuxième bureau de la DST où, malgré leur jeune âge, ils firent connaissance avec la torture coloniale. « On voulait nous enrôler de force   dans l’armée française. Pour nous il n’était pas question de combattre pour les beaux yeux de la  France,  J’ai fait une grève de la faim  de plusieurs semaines j’étais  devenu un vrai cadavre,  en plus j’ai dû soudoyer un caporal….  je lui avais ramené du beurre, une denrée rare à l’époque ». A chaque fois qu’il évoquait  ces moments je voyais ces yeux qui fuyaient mon regard,   et comme pris par une émotion douloureuse, il changeait subitement de sujet. Plus d’un demi-siècle n’ont pas réussi à effacer les effroyables blessures de la jeunesse….

Il avait conservé de nombreux souvenirs de cette expérience : « le Parti [du PPA] avait appelé, à l’époque, à l’insoumission ! ». Il se rappelait encore le nom de ses compagnons de cellule… « Je me souviens, il y avait un imam du nom de cheikh Hocine Slimani, originaire de Médéa…Il nous répétait inlassablement ce verset Coranique و لا تركنوا إلى الذين ظلموا فتمسكم النار » » Ce dignitaire religieux avait été torturé, lui aussi, sans ménagement, sans égards pour ce qu’il représente. Durant ce séjour en prison, mon père fut également  marqué par « la grande fierté d’un soldat « indigène » originaire des Hauts Plateaux… Il fut condamné à mort pour avoir tué son officier [français], un capitaine, parce que ce dernier l’avait giflé :

«  »Chez nous, on ne gifle pas un » terresse (homme)  !«  [2]: expliquait ce seigneur des Hauts Plateaux dans un regard oblique et droit, empreint de majesté». Mon père évoquait ce grand monsieur  avec fierté et une certaine nostalgie dans le ton et le regard. .

En 1942, le jeune bachelier Ben Khedda Benyoucef s’inscrit à la faculté de Médecine et de Pharmacie de l’université d’Alger en vue d’y poursuivre des études de pharmacie. On l’imagine bien, en raison de son intense activité politique[3], il ira jusqu’au bout de ses études, mais difficilement. Il me confia un jour qu’avant de se décider pour les études de pharmacie, il avait sérieusement songé à « rallier Tunis pour y suivre des études théologiques à l’Université Zitouna  C’était mon rêve… DIEU en a décidé autrement. »

 

Le militant responsable du PPA MTLD

 

Il avait alors l’âge de 22 ans et était déjà membre du  PPA. Sa pugnacité et son dynamisme au sein du Parti le firent remarquer par ses pairs qui lui confièrent d’abord le poste de responsable de l’information. Admis au Comité Central, il participe  au Congrès de Février 1947 qui verra la création de l’OS, avant de succéder, en août 1951, à Hocine Lahouel en qualité de Secrétaire Général du PPA. « Ce ne fut pas facile », avouera-t-il.

 

En  Aout 1951, LAHOUEL Hocine secrétaire Général du Parti, décide de  renoncer à son poste. Au cours d’une réunion spéciale du Comité Central, BENKHEDDA est désigné comme Secrétaire Général du parti. « Ce ne fut pas facile » , avouera-t-il,

En sa qualité de responsable du Parti à l’échelon national, il vécut intensément, au cœur de la tourmente, les trois crises majeures, deux internes et une externe, qui secouèrent le PPA : dès 1948-49, ce fut la crise berbériste [4] ; ensuite, en 1950, le démantèlement de l’OS par la police coloniale ; enfin le conflit avec Messali. Ce conflit, qui aboutit à la marginalisation du chef historique et à l’implosion de son Parti en juillet 1954, vint couronner le tout. « Au Parti, nous affrontions pratiquement une crise par an, mais la plus dure fut le conflit ouvert avec Messali », confia-t-il.

Le nouveau Secrétaire Général du PPA-MTLD allait faire face, par ailleurs, à une conjoncture politique rendue inextricable par des centaines d’arrestations de militants, l’indiscipline de nombreux élus et une certaine désaffection des masses.

Cependant, avouera-t-il, la présence de Messali le confortait, l’aidait à garder confiance tant il comptait sur son aîné, sur son prestige et sur son charisme pour essayer de redresser la situation : « Hélas, au fur et à mesure que mes nouvelles fonctions me mettaient en rapport direct avec Messali, je m’apercevais que ce  mythe était loin de la  réalité. Je me rendis [alors] compte de son principal défaut, le refus d’admettre toute critique (…). Le Parti, c’était sa propriété privée. Au cours de la crise qui éclatera au grand jour deux ans plus tard, il dira à une commission de bons offices, parlant des membres de la direction du Parti : « Qu’ils  partent de chez moi ! », sous-entendant de « mon Parti » ! »

La crise Messali-Comité Central est un épisode douloureux dans l’histoire de l’Algérie. La position prise par le C.C. est courageuse et honore ses membres. Et s’il y a un enseignement à en tirer, c’est que le fonctionnement démocratique d’un parti politique est le socle de son efficacité et de sa pérennité : « Les membres du Comité central ont voulu démocratiser les instances du Parti, à partir du moment où il était devenu légal. Leur souci principal était de faire en sorte que la Direction soit l’émanation de l’ensemble des militants sans renoncer aux principes et à l’idéal du Parti. Messali Hadj n’avait pas cette vision. Habitué à l’action clandestine depuis 1939 d’où sa personnalité émergeait exclusivement, il n’avait pas compris que la situation avait changé depuis 1946, date de la création du MTLD, parti nationaliste légal en Algérie même. Il lui semblait que les initiatives du Comité central visaient sa personne, qu’elles le gênaient et qu’elles « l’étouffaient. Pour lui, le Parti, c’est tout d’abord Messali. Etablir des statuts, un règlement, c’est sombrer dans la bureaucratie et éclipser le Zaïm. Le comité central devint pour lui un obstacle qu’il fallait éliminer. »

L’origine de la crise c’est le zaamisme ce maraboutisme politique.

 

En Novembre 1954 il est arrêté à l’instar de nombreux  autres  responsables nationalistes. Durant son incarcération à la prison  de Serkadji à Alger, mon père reçut la visite d’un certain Vincent Monteil, dépêché auprès de lui par Paris afin de le sonder. Monteil s’entendra dire : « Il faut négocier avec le FLN et accepter l’idée de l’indépendance » de l’Algérie, avait conseillé Ben Khedda à l’émissaire spécial du gouvernement français. La Révolution du Premier Novembre, déjà bien engagée, avait atteint un point de non-retour

 

A ce propos il écrit : « Le Premier Novembre 1954 avait sonné l’heure de la rencontre du peuple algérien avec son destin. Ce n’était ni un événement fortuit, ni une rupture avec le passé. Issu de la crise qui a fait éclater la direction du PPA-MTLD [5], [le mouvement du Premier Novembre 1954] saura capitaliser l’idéologie de libération nationale que le PPA-MTLD n’avait cessé de promouvoir [depuis 1942] avec une remarquable constance et une détermination inébranlable. »

« Fidèles aux idéaux du Parti [PPA-MTLD] dont ils sont issus, les Six [6] déterminent l’objectif de la lutte : La restauration de l’État algérien indépendant, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes islamiques. »

 

La Guerre de Libération

 

             Peu de temps après sa libération de prison en mai 1955, mon père rejoignit le FLN. Il devient le conseiller et le confident de son ami Abane Ramdane, responsable de l’Algérois. Fin août 1956, le Congrès de la Soummam désigne Benyoucef Benkhedda membre du Comité de coordination et d’exécution (CCE), l’instance politico-militaire du FLN, aux côtés de ses amis Abane et Ben M’Hidi. Il avait la charge de superviser l’organisation politique.

Un de ses amis, Brahim Chergui raconte : « A Alger, il a mené un travail de  fourmi auprès de la bourgeoisie, du Bachaga Boutaleb, Bengana, Benchicou, Tamzali et les imams Chanderli, Baba Ameur, Tchikou…pour les amener à épouser la cause de la Révolution. Il a été la cheville ouvrière de la commission financière qui alimentait la Révolution. Je l’ai connu en 1950 lorsque j’ai été nommé chef de daïra du parti à Blida. Il venait chez moi pour réviser ses études de pharmacie »

C’est aussi Benkhedda, alias Monsieur Joseph Molina, qui  a été le principal négociateur avec le PCA. Avec Sadek Hadjeres et Bachir Hadj Ali, il négocia  à Alger la livraison du stock d’armes  que les communistes avaient réussi auparavant à se procurer  grâce à l’aspirant Henri Maillot. Mon père écrira « ce que nous voulions, c’était d’empêcher l’existence de toute autre force militaire que la nôtre. Le reste  était sans importance ».

Avec Abane il sera à l’origine de la création de  l’UGTA.  C’était  au domicile de Boualem Bourouiba  à Bologhine le 18 février 1956  avec pour responsable de l’organisation son ami du comité central Aïssat Idir. A l’actif du CCE également l’hymne national Qassamen, le drapeau algérien, l’UGEMA, l’UGCA etc….

 

Avec l’arrestation de Ben M’Hidi et de Brahim  Chergui, l’étau se resserrait sur les autres membres du CCE. Pour éviter à la Révolution d’être amputée de quelques-uns de ses animateurs les plus déterminants, il ne leur restait qu’une issue : quitter les lieux. Mais pour Ben Khedda, ce ne fut pas le meilleur choix. Il écrira à ce propos que      « la sortie du CCE fut une erreur monumentale. Une direction doit demeurer à l’intérieur du pays. »

En compagnie de Krim Belkacem, après moult péripéties qui jalonnèrent sa sortie tumultueuse d’Alger, il regagne Tunis par monts et vaux, via Blida et les monts de Chréa, ceux de Djurdjura, le massif des Bâbords, les Aurès. Il est nommé  ministre des affaires sociales du GPRA dirigé par Ferhat Abbas. En  1961, il est désigné par ses pairs à la tête du GPRA et mènera une intense activité diplomatique notamment en Chine,  Amérique latine et dans les pays arabes. Il représentera l’Algérie premier Congrès des Pays Non Alignés à Belgrade. Il hérite de la crise profonde entre le GPRA et l’EMG, des  rapports tendus avec le colonel Nasser, de l’affaire Lamouri. Il gérera  tous cela avec tact et circonspection, toujours  avec un seul objectif l’indépendance de l’Algérie. De Tunis, il aura à piloter les négociations qui aboutiront en 1962 aux fameux Accords d’Évian  qui mirent fin à la Guerre d’Algérie après d’âpres négociations en raison de la découverte d’importants gisements pétroliers et gaziers au Sahara. Il lui revint le privilège de conduire l’Algérie vers cette indépendance tant espérée et de prononcer le discours annonçant le cessez-le-feu avec l’ennemi qui, après cent trente-deux longues années de colonisation d’une rare brutalité, comprit enfin qu’il fallait « négocier avec le FLN et accepter l’idée de l’indépendance » de l’Algérie.

« Chaque Algérien se sentait comme un organe d’un même corps dans cette lutte gigantesque. Le FLN et l’ALN ont été des instruments de combat efficaces au service du peuple et, par leur action continue, ils ont porté des coups décisifs au colonialisme. La Révolution algérienne a forcé l’admiration de tous. Elle jouit actuellement d’un prestige universel qui lui vaut de nombreux appuis. » [7]

Par ces mots justes, le président du GPRA, Benyoucef Ben Khedda, venait de saluer, d’Alger, la victoire de la Révolution de Novembre sur le colonialisme français et ses suppôts. En rappelant l’unité des rangs et l’unanimité nationale dans la lutte qui vient de s’achever, Ben Khedda n’appréhendait-il pas quelques troubles ?… La joie était à son comble chez les Algériens qui ne se doutaient pas que de vieilles et sourdes dissensions intestines allaient devenir béantes, faire couler le sang algérien par d’autres Algériens, étalant au grand jour de détestables rancœurs.

 

La crise de 1962

 

La vraie raison, c’est la prise du pouvoir : Boumediene et son équipe, qui ont su rallier à leur cause un personnage historique comme Ahmed Ben Bella qui remplira naïvement le rôle de plastron, cherchaient à s’emparer du pouvoir, de tout le pouvoir et tout de suite, quitte à faire encore verser du sang algérien, mais cette fois par d’autres Algériens. La crise de l’été 1962 avait profondément marqué Benyoucef Benkhedda. Les critiques formulées à son égard par certaines personnes – superficielles ou malintentionnées – l’avaient consterné. Il leur répondra toutefois avec son calme habituel : « Préserver la vie de mes compatriotes, même s’ils sont devenus entre temps mes ennemis, telle était ma devise. L’esprit d’indécision, pour ne pas dire de démission, n’existe que dans l’esprit de ceux qui s’obstinent à m’imputer la responsabilité historique d’avoir, par mes prétendues faiblesses, ouvert la voie du pouvoir à l’état-major [de Boumediene et au groupe de Tlemcen]. On parle encore de frilosité alors qu’en y regardant de près, c’est de scrupule qu’il s’agit, de sens des responsabilités devant une réelle menace de guerre civile. L’indépendance, elle était entre nos mains. Pour rien au monde, je n’aurais accepté de cautionner des tueries d’Algériens par d’autres Algériens, qu’elle que fût la « légitimité » de l’acte. Mon attitude est à mettre au compte d’une certaine conception de la morale qui, en Islam, rend chacun comptable de chaque goutte de sang versé et, de surcroît, générerait immanquablement haine et vengeance parmi la population, peut-être sur des générations. J’accepte d’être accusé de pusillanimité – dont on m’a d’ailleurs si outrancièrement gratifié – plutôt que de vouloir se maintenir au koursi fut-ce au prix de la vie d’un seul Algérien. Autant je fais preuve de détermination face à l’ennemi, autant je suis plein de scrupules vis-à-vis de mes frères. Grâce soit rendue à Dieu ! J’ai contribué, un tant soit peu et à ma modeste échelle, à écarter l’immonde spectre de la guerre civile, privilégiant le sens moral sur toute autre considération, ne désespérant pas du verdict final de l’Histoire. »

                C’est la grande déviation selon Benyoucef Benkhedda qui avait commencé bien avant 1962 : «Ce sont, en effet, les chefs militaires, membres du CCE élargi en août 1957 qui, après s’être sommairement débarrassés de Abane, se sont adjugés l’intégralité du pouvoir FLN.  Abane n’eut pas droit à un procès équitable.  Aucune instruction ou procédure à son encontre, aucun tribunal formé de ses pairs pour le juger.  Depuis, la réalité de ce pouvoir n’a plus échappé aux militaires. Et c’est là le tournant tragique de la Révolution.  C’est là  la déviation.  Désormais le pouvoir est entre les mains des militaires qui le garderont pour de bon, et la déviation se poursuivra par la permanence des coups d’Etat. En 1959, c’est un deuxième coup d’état qu’ils opèrent en forçant le GPRA à remettre ses pouvoirs à l’assemblée des 10 colonels réunis à Tunis (août-décembre 1959). En 1962, c’est le 3e coup d’état, opéré par l’Etat-major contre le GPRA, assorti de l’instauration du régime du parti unique. En 1965, quatrième coup d’état : c’est le renversement de Ben Bella par Boumediène ; désormais les militaires s’emparent de l’Etat directement. En 1992, c’est la « démission » du Président Chadli  et son remplacement par le HCE avec l’annulation du processus des élections et l’instauration de l’état d’urgence qui conduit  l’Algérie là où elle est aujourd’hui. »[8]

 

L’indépendance et la lutte pour un état démocratique dans le cadre des principes islamiques

 

Ironie de l’histoire…. Ceux qui ont réclamé  et lutté toute leur vie pour une constituante algérienne, ses amis et lui,  sont  écartés de la première  Assemblée constituante de l’Algérie indépendante  Il assiste ainsi  impuissant à la confiscation de l’indépendance … Manipulation, corruption et répression voici le triptyque qu’utilisera le pouvoir pour asseoir définitivement son hégémonie. Un savant dosage de manipulation des masses, de corruption des Moudjahidines et de l’élite et de répression des récalcitrants. Notre père dut faire face aux tentatives d’humiliation, de représailles et à  toutes sortes de mesquineries et d’harcèlements administratifs. Mais cette fois-ci de la part  de ces coreligionnaires. Ce qui sera plus difficile. Notre mère s’en rappelle avec une certaine amertume : « Après l’indépendance, un ami de ton père lui  proposa (car ton père était sans ressource),  de lui céder une pharmacie en location-vente ; son dossier administratif fut rejeté sous prétexte qu’il n’avait pas de diplôme de pharmacien !!! En réaction, un militant  fou  furieux fait  faire des dizaines de photocopies du diplôme qu’il  distribuera  à la presse et aux dignitaires du régime.

Mon fils (s’exclamera ma mère), c’est un  français, Monsieur Arnaud qui a trouvé un travail à ton père !!! C’était un pharmacien qui le connaissait. Il faisait de l’importation de médicaments…. Il lui a proposé de gérer la société Pharmafrique.  Il a travaillé là- bas jusqu’à ce que Boumediène nationalise les sociétés… Puis Tedjini Haddam qui était ministre lui a permis d’avoir sa propre  pharmacie à Hydra »

Un jour que nous étions en voiture, il me montra une  villa perchée sur un monticule  situé au niveau du Boulevard Bougara : « Tu vois cette villa ?  Nous habitions ici les premières années de l’indépendance, je l’avais retapée. Eh bien le ministre de l’intérieur de l’époque, nous a expulsés et mis dehors sur ordre de Ben Bella !!  Durant plusieurs mois nous avions habité dans un cabanon au bord de la mer  puis chez des amis à Kouba  jusqu’au jour où  j’ai pu louer un appartement à Alger.» 

Certes, il ne gardait nulle rancœur mais, s’agissant des intérêts supérieurs de l’Algérie, il n’était pas question pour lui de transiger sur quoi que ce fût. C’est ainsi qu’en 1976 il cosigna, avec Ferhat Abbas, Hocine Lahouel et cheikh  Kheireddine  « l’Appel contre la dictature et pour la démocratie » ce qui lui vaudra une assignation à résidence durant quatre longues années alors que son officine de pharmacien, unique ressource pour sa famille, sera tout simplement  confisquée. Mais qu’est-ce qui avait motivé cet appel ? « Au moment où Boumediene régnait sans partage sur l’Algérie, écrira-t-il, il fallait faire entendre une voix d’opposition. L’occasion nous fut donnée en mars 1976, à propos d’une prétendue Charte nationale qu’il [Boumediene] avait faite confectionner et qu’il voulait imposer au peuple algérien pour légitimer son pouvoir. L’Algérie se trouvait alors en crise avec le Maroc, et les deux blocs Est et Ouest étaient en pleine guerre froide. Les cosignataires [9] de l’appel craignaient que le conflit ne débordât sur les deux ailes du Maghreb et ne fût le prétexte pour les deux superpuissances d’intervenir en Afrique du Nord à l’image de [ce qu’ils firent en] Angola où ils s’affrontaient dans un bain de sang dont seule la population africaine pâtissait. Nous réclamions [donc] la voie des négociations au lieu de celle de la confrontation pour régler ce conflit entre deux peuples frères et voisins. » Quant à la  Charte nationale, nous réclamions l’élection d’une Assemblée constituante souveraine, seule apte à voter un pareil document. La très officielle agence APS  nous traitera d’  »éléments réactionnaires agissant pour le compte de l’Étranger », dénonciation ressassée par la presse de l’époque, puis l’évènement fut médiatisé à l’étranger. [De leur exil], Mohammed Boudiaf, [de Kenitra, au Maroc], suivi de Aït Ahmed  [de Genève, en Suisse], nous apportèrent leur soutien. Puis ce fut au tour de Lebjaoui, et de Kaïd Ahmed également exilé… » Cette situation durera  jusqu’à la mort de Boumediene et la nomination du  colonel Chadli Bendjedid.

En 1985 lors du débat sur la charte nationale, mon père publie un long article  dans la presse internationale. La presse nationale avait bien sur refusé de le publier. Il reprenait les idées clefs, les mêmes mots d’ordre depuis plus d’un demi-siècle : Démocratie, liberté, constituante, respect de l’Islam.

A l’époque du Président Chadli avec  l’éphémère ouverture  démocratique et l’institution du  multipartisme   il fonde avec  Abderrahmane Kiouane et d’autres anciens amis nationalistes, le mouvement El Oumma dont l’objectif, emprunté à la Déclaration du Premier Novembre 1954, s’articule autour des principes fondateurs de la Révolution, à savoir « l’instauration d’un État souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes islamiques. »

À l’Indépendance, « Nous avions réalisé la première étape, disait mon père, [c’est-à-dire] l’instauration d’un État souverain ; il faut [à présent parachever l’œuvre et] concrétiser la seconde étape : un État démocratique dans le cadre des valeurs islamiques. »

La seconde étape de la Révolution de Novembre ne fut pas réalisée parce que, expliquait-il « Le cours de la Révolution fut détourné de son objectif initial : « il s’agit de lier le train des nationalistes sincères et authentiques – et qui croient en l’Islam comme projet de société – à celui des jeunes militants islamistes inexpérimentés. »

          L’ouverture démocratique en Algérie sera de courte durée. Les décideurs ont décidé que le peuple algérien, était un peuple mineur et qu’il  n’était pas  capable de choisir ses représentants.

Bien que le choix puisse être fait par dépit, il n’en demeure pas moins que le choix du peuple fut, lors des élections du 26 décembre 1991, sans appel : la victoire du FIS aux seuls élections libres qu’a connu le pays. C’était  la sanction de millions d’Algériens à ce  système qui ne pouvait répondre à leurs aspirations, à cette classe de pseudo-intellectuelle occidentalisée incapable de battre au rythme des masses.

Au moment où certains  déclaraient  s’être trompé de société, où d’autres appelaient l’armée à sauver « la démocratie »,  Benkhedda  déclarait dans un communiqué du mouvement Oumma : « Le Mouvement EL OUMMA, devant l’extrême gravité de la situation dans le pays et les lourdes menaces qui pèsent sur son devenir, tient, en toute conscience et responsabilité à se déterminer…Tout en constatant que le processus ainsi installé (HCE)  n’est pas conforme à la Constitution, l’important étant dans la solution concrète de la crise actuelle qui est, avant tout, morale : le peuple n’a plus confiance en des dirigeants, qui se sont imposés à lui et qui n’ont pas été à la hauteur de ses aspirations. Qui plus est, c’est sous leur direction que la mauvaise gestion, la corruption et l’injustice se sont systématisées. La crise ne peut donc se dénouer que par un retour, le plus rapide possible, au processus démocratique qui est un acquis de l’ensemble des algériens. Il implique le libre choix, par le peuple, de son orientation politique et de ses dirigeants, ainsi que le respect de ce choix auquel rien ne peut être opposé.

Le pouvoir  procèdera le 04 mars 1992 à la dissolution du FIS. C’est ce même jour, en compagnie du vénérable cheikh Ahmed Sahnoun  et d’autres personnalités politiques, que  mon père formera le Tadhamoun el Islami el Djazaïri dans le but de dénoncer l’arrêt du processus électoral, les violations des droits de l’homme et surtout  pour appeler au dialogue et à la réconciliation nationale : « la solution à nos problèmes doit obligatoirement passer par le dialogue, seule voie civilisée susceptible de sauvegarder l’unité nationale, » 

En 1992, Benyoucef Benkhedda rendra visite, en compagnie de son ami et compagnon de lutte Abderrahmane Kiouane, au président Mohammed Boudiaf. pour lui proposer comme solution à la crise le dialogue avec les trois partis vainqueurs aux élections de décembre 1991, à savoir le FIS, le F.F.S et le F.L.N : « Malheureusement nous n’avons pas pu le convaincre. En 1993, nous avons eu un entretien avec Si Liamine Zeroual alors ministre de la Défense nationale. Nous lui avons fait la même proposition tout en attirant son attention sur les « dépassements » des forces de sécurité. Cette visite fut suivie de deux lettres, datées du 30 juin 1994 et du 20 décembre 1994, que je lui ai adressées pour lui signaler des cas concrets et lui demander d’ouvrir une enquête. Aucune réponse ne m’est parvenue alors que seul le dialogue peut économiser le sang précieux des Algériens…. » Il n’a jamais cessé de le répéter et cela jusqu’à sa mort.

 

Témoin de l’histoire et devoir de mémoire

 

                     Témoigner, notamment sur la Guerre de libération, était pour lui une exigence morale aussi impérative que le fut la lutte pour la libération du pays. Voilà pourquoi – en dépit de son âge et de la gêne que lui occasionnait une acuité visuelle abîmée par la lecture et l’écriture à des heures indues de la nuit – il consentit l’effort de rédiger cinq œuvres, déjà publiées, sans compter un certain nombre de projets d’ouvrages inachevés.

« Ecrire l’Histoire, expliquait-il, c’est consentir à parler des frères qui ont exercé des responsabilités, parfois lourdes, et à juger leur action. Écrire l’Histoire, c’est être amené à évoquer en termes critiques des personnalités dont le nom s’est entouré d’un tabou quasi inviolable pour beaucoup [de nos concitoyens]. Écrire l’Histoire, c’est partir en guerre contre les scandaleuses altérations de la vérité

historique et contre les préjugés tenaces, produit d’un long travail de sape par l’intoxication. On se demande alors si on dispose de suffisamment de force morale et de probité intellectuelle pour aller jusqu’au bout dans la restauration de la vérité. (…) C’est un devoir de ne pas relâcher nos efforts pour apprendre aux jeunes générations que l’Indépendance de l’Algérie ne nous a pas été octroyée dans un geste d’on ne sait quelle magnanimité ou philanthropie par l’ancienne puissance coloniale… C’est à cet impérieux Devoir de mémoire qu’il faut désormais s’atteler pour rendre justice à tous ceux et à toutes celles qui ont fait l’offrande de leur vie afin que naisse un  »État algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». » [10]

Malgré la forte myopie dont il souffrait et les graves complications oculaires pour lesquelles il subit trois interventions chirurgicales, il passait des nuits entières dans son bureau à écrire à la main. Souvent, il me réveillait en pleine nuit ou au petit matin et me demandait de saisir pour lui, sur ordinateur, un texte dont il venait d’achever la mise au point, ou une idée qui venait de lui traverser l’esprit et qu’il voulait préserver de l’oubli. « L’informatique est un véritable dont de DIEU » disait-il alors.

Il assistait régulièrement aux journées d’étude organisées autour du thème qui lui tenait le plus à cœur : l’histoire du mouvement national. Je pense que ce sont les activités au sein de l’ « Association historique et culturelle du 11 décembre 1960«  qui stimulaient sa mémoire en lui donnant de nouvelles opportunités – en plus de ses propres écrits – de porter encore témoignage de l’Histoire de l’Algérie. Livrer entièrement et avec probité son témoignage à qui de droit, c’est-à-dire au peuple, notamment aux jeunes générations, est une lourde responsabilité autant que le devoir de mémoire est une impérieuse nécessité. 

Un jour, après avoir parcouru le livre du Président du HCE, Ali Kafi, dans lequel ce dernier accuse  Abane Ramdane de trahison, mon père entra soudain dans une telle fureur… « Un ancien chef de wilayaUn ancien Secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine qui écrit des choses pareilles, c’est très grave ! La propagande de Fethi Dib (Chef des services secrets égyptiens)  fonctionne toujours ! » Encore bouillonnant et grommelant,   il s’attela à écrire un nouveau livre afin de témoigner. Il l’intitulera « Abane, Ben M’Hidi et leur apport à la Révolution ».

Il dira plus tard, à propos de ce témoignage : « Ces pages sont une réponse à Ali Kafi qui, dans un livre, avait laissé entendre que Abane avait été, pendant la Guerre de libération, un agent de la France. La qualité de l’auteur, qui a exercé de hautes responsabilités au niveau national, ne me permettait pas de garder le silence sur ces insinuations gravissimes. Certes, je ne dis pas que Abane était infaillible. Il a eu ses faiblesses ; il a sûrement commis des erreurs, comme n’importe quel dirigeant du

FLN… Et qui peut se targuer d’y échapper ?… Mais, laisser entendre perfidement qu’il fut un « agent » de l’ennemi, il y a là une ligne rouge à ne pas franchir ! »

Il n’avait pas hésité, à son âge, à creuser sa mémoire et rédiger un livre, des mois durant, pour défendre la mémoire d’un militant de l’envergure de Abane Ramdane.

« Alors que l’Algérie se débat dans les convulsions d’une tragédie sans nom ; alors que la jeunesse algérienne est à la recherche de ses repères historiques, on ne peut s’empêcher de se demander quelle motivation a poussé Ali Kafi, secrétaire général de l’Organisation nationale des  Moudjahidine, à diffamer et à calomnier un symbole de la Révolution, connu pour son œuvre historique d’unification des forces nationales, travail sans lequel la libération de l’Algérie eût été une chimère. ….

ne risquerons-nous pas de discréditer la Révolution aux yeux de la génération nouvelle, aux yeux de celles qui suivront, et de faire ainsi, encore une fois, le jeu de l’ennemi qui n’a pas digéré, à ce jour, à travers la « perte » de l’Algérie, l’une des plus grandes défaites de son histoire, et qu’il se garde bien d’avouer ou de reconnaître publiquement. Notre victoire sur cet ennemi fut une victoire éclatante, et l’une des plus glorieuses de notre Histoire. Elle pourrait être [elle l’est déjà !] une leçon pour tout le monde : celle d’un petit peuple qui réussit à triompher d’une grande puissance moderne parce que sa cause était juste, et parce qu’il était uni. »  Ainsi parlait Benyoucef Benkhedda, un pédagogue hors pair.

Une autre fois il réagit violement  aux propos  de Yacef Saadi à l’encontre de Brahim Chergui révolutionnaire de la première heure, Yacef accusait Chergui d’avoir livré Ben M’hidi aux sbires du criminel Massu. Il s’enferma pendant plusieurs jours dans son bureau et réalisa un opuscule de plus de 100 pages.  Je l’accompagnais jusqu’au centre des archives historiques où il remit une copie de son témoignage qui a été  publié dans  la revue du Centre national d’études historiques, en page 131, très catégorique il souligne qu’«à aucun moment, cet homme qui s’est acquitté loyalement de ses obligations envers l’organisation, n’a fourni à ses bourreaux les adresses des appartements et pied-à-terre où j’avais l’habitude de le rencontrer et, moins encore, ne les a convoyés à travers ces mêmes adresses  Le pouvoir fait tout pour que les jeunes ne connaissent pas leur histoire…. Qui parmi les jeunes connait aujourd’hui : Hachemi Hamoud,  Sid-Ali Abdelhamid,  Abdelmalek Temmam,  Hachem Malek, Mohamed Sahraoui, Abderrahmane Baha et autres “politiques” de la Zone autonome d’Alger qui se sont joués de la 10e division parachutistes commandée par Massu » Les procédés d’ostracisme à l’égard d’éminents acteurs de la Révolution algérienne pervertissent l’histoire en l’opacifiant. Ils se sont répandus chez nous jusqu’à faire un sort aux noms de ceux qui ont marqué de leur empreinte la Guerre de libération. On s’abstient de les  citer  quand on ne pousse pas  l’aberration jusqu’à frapper d’interdiction toute référence  claire à  ceux dont l’évocation « gêne » encore les puissants du moment. Il n’est que de parcourir nos manuels scolaires, ou de se reporter  à la célébration  dans notre presse des faits glorieux de notre lutte d’indépendance : c’est l’anonymat total, comme si notre Révolution avait été l’œuvre de fantômes »

 

La fin d’un  parcours dans la fidélité

 

Mon père fut ravi à la vie à l’âge de quatre-vingt-trois ans, ce qui, dans l’absolu, représente un âge respectable, quoique nous eussions espéré le voir parmi nous encore quelques années supplémentaires – pourquoi pas centenaire – tant ses capacités intellectuelles, lestées de sagesse, étaient intactes jusqu’à son dernier souffle, tant son énergie était débordante quelques mois seulement avant son départ : à quatre-vingt-deux ans, il se baignait encore, comme à l’accoutumée, en plein hiver, dans les eaux froides de la Méditerranée, après son long footing hebdomadaire sur la plage déserte de Sidi Fredj, après la prière de l’aube…

 

Avant d’en être empêché par la maladie qui nous le ravira, il ébaucha en parallèle quelques projets de livres qu’il laissera en chantier et peut-être en héritage. Il se rendait une fois par semaine à la Bibliothèque nationale du Hamma, sise dans le quartier populaire de Belouizdad  où il passait de journées entière à compulser livres et documents, à vérifier et à préciser, jusqu’à l’obsession, ses références bibliographiques. Il ne publiait rien qui ne fût rigoureusement exact, dûment vérifié, et plutôt trois fois qu’une. Il lisait, relisait, faisait lire et relire, avant de livrer le manuscrit à l’éditeur.

En août 2002, cinq mois avant sa mort, il émit le vœu d’être enterré au cimetière de Sidi yahia auprès de la tombe où gît son camarade de lycée, son fidèle ami et compagnon de toujours : Saad Dahleb. Il nous conjura de bannir tout cérémonial officiel, de ne rien céder à l’usage protocolaire, et répétait souvent cette mise en garde

Jusqu’aux ultimes instants de sa vie, il s’était montré courageux, prévoyant et extrêmement organisé : la mort qu’il sentait s’approcher ne lui faisait pas peur, et il prépara lui-même son propre enterrement en désignant le lieu de son inhumation, en  choisissant l’imam qui devait diriger l’office funèbre, en faisant d’autres recommandations, en donnant les détails… « Contactez le saint homme, cheikh Tahar Ath Aldjet, puisque mon ami cheikh Ahmed Sahnoun est malade et alité. » « et surtout n’oublies pas de retirer l’argent de la pension et de le mettre de côté pour créer l’école coranique »

 

Résumons en quelques mots sa vie de combattant de la juste Cause : il fut journaliste, jeune militant PPA et étudiant en même temps. Il fut ensuite choisi au poste de secrétaire général du PPA-MTLD, puis membre du CCE, ministre du GPRA puis président de ce Gouvernement provisoire en exil, enfin négociateur acharné des Accords d’Évian [11]… Après l’Indépendance, après le coup d’État de 1962 dont furent victimes le GPRA et la légalité, sans se désintéresser du sort qu’on réservait à son peuple, il tourna le dos à la vie politique telle qu’elle allait désormais se dérouler sous ses yeux désabusés, sous la dictature militaire, et assuma honnêtement les fonctions de pharmacien pour nourrir ses enfants, puis, lorsqu’il fallut dénoncer les violations des droits de l’humain, il n’hésita pas et dut en être le militant le plus inflexible. Il fut président de l’éphémère parti el Oumma [12]… Mais encore, il témoigna loyalement en rédigeant plusieurs ouvrages.

 

Quelles que fussent ses responsabilités de militant clandestin ou celles de l’homme politique, il demeura, durant toute son existence, fidèle aux idéaux tracés avec une encre indélébile : le Sang des Martyrs. Si je devais donner une devise qui caractériserait les parcours intérieur et extérieur de Benyoucef BenKhedda, je dirais sans hésiter : Engagement & Fidélité…

Du collège à la tombe, sa vie entière fut inscrite dans le souci permanent et obstiné de fidélité aux idéaux et aux engagements pris. C’est cette fidélité qui fait toute la valeur de l’homme politique et finalement la valeur de l’homme et son honneur.

L’honneur de notre père réside dans cette double exigence que constituait à ses yeux la loyauté vis-à-vis des idéaux révolutionnaires et à l’égard de ses compagnons d’armes. Il fut tout autant constant dans ses convictions que dans l’action entreprise. Cette double exigence demeure le critère ultime sur lequel est jugé chacun de nous, d’abord par ses semblables. C’est également sur ce critère ultime que chaque âme sera jugée le jour de la Résurrection, par le plus juste des juges : DIEU.

L’émotion unanime qui avait saisi la population dès qu’elle apprit la mort de notre père  le   01Dhou El Hidja 1423 (3 février  2003)   témoigne de la considération que les Algériens lui portent. Tous les hommes de toutes les tendances politiques ou idéologiques avaient tenu à assister à ses funérailles aux côtés d’une grande foule de citoyens anonymes accourus de tous les quartiers et banlieues de la ville.

Plus que l’ensemble des Algériens, nous en éprouvons une émotion et un chagrin immenses. Les honneurs dont il a joui de son vivant, ceux que le peuple lui témoigna défunt, et ceux qu’on rend encore à sa mémoire, font chaud au cœur mais ils sont inutiles et d’un bien faible secours pour nous qui avons perdu un père exceptionnel, et moi, un ami intime, sans doute le meilleur de tous. Dans cette pénible épreuve, seule nous console l’assurance du salut de son âme. Plaise au Miséricordieux que Ses bénédictions, chaque jour invoquées sur le défunt et ses compagnons d’armes, ne soient pas vaines. Amiiiiiiiiiine



[1] La dernière reine de Madagascar, Ranavalona III (1861-1917) déportée  par les colonialistes français et morte en exil en Algérie

 

[3] Après sa dissolution en 1939 par le régime de Vichy, le PPA continuait d’activer dans la clandestinité. Il ne retrouvera une existence légale qu’en 1946 avec la création du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD)..

 

 

[6] Les « Six » ou Groupe des Six : Mustapha Benboulaïd, Larbi Ben M’Hidi, Belkacem Krim, Mourad Didouche, Mohammed Boudiaf, Rabah Bitat.

 

[7] Extraits de l’Appel au peuple algérien, par Benyoucef Ben Khedda, président du GPRA, in « El Moudjahid« , édition spéciale du lundi 19 mars 1962. Pour plus de détails, confer « Les origines du Premier Novembre » de Benyoucef Ben Khedda, annexe 48.

 

[8] « La crise de 1962 »  Benyoucef Benkhedda

 

[10] Extrait de « Alger, capitale de la Résistance« , une des œuvres majeures de Benyoucef Benkhedda.

 

 

[12] Le parti el Oumma fut dissous par ses propres fondateurs lorsque ceux-ci comprirent qu’il est impossible de faire normalement de la politique, avec les mains liées par l’état d’urgence et toutes les autres ficelles dont use le pouvoir.



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52 Reponses pour " Mon père, Benyoucef Benkhedda.. "

  1. soufiane dit :

    allah yarhmou c t un homme que j’admirais bcp
    grand homme

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  2. hassanbadi dit :

    Puisse dieu l’acueillir dans son vaste paradis pour tout ce qu’il a donné a son pays l’Algerie et nous sentons maintenant que nous sommes orphelins d’hommes de sa trempe

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  3. Allah yarhmah wa yarham koul echouha fi sabil Eljazair,

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  4. salim dit :

    comme jeune algerian ce que je peut dire ALLAH YARHMOU

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  5. jugurta dit :

    Argaz Al 3ali mis Benkhedda
    Irham RAbi

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  6. Mourad dit :

    Baraka Allah oufik khouya salim ; rabbi yerrahmou .je conseille aux algériens de lire et relire tous les livres qu il a écrit afin de connaître la vraie histoire de la guerre d independance.

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  7. Avec des hommes Chahid comme votre pere, ont est fiere d’etre Algerien. A l’ inverse des Bouteflika, Nezar, Zeroual, Mediene, Guenaizia etc

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  8. mazighedine dit :

    Salem,azul

    Personnellement,j’avais l’honneur de le rencontrer ,si
    ma mémoire est bonne en 2000 ou 2001 à la croix (vieux-kouba) pour un livre à relier, et si on doit décrire
    cet illustre homme ( wala nouzaki 3ala l’ahi ahad);
    c’est un des meilleurs que l’ALGERIE ait engendré,
    un des meilleurs postulant à diriger le pays…et
    surtout beaucoup de modestie.
    Dommage que l’ALGERIE n’ait pas pu profiter
    de cet grand homme d’état sur le tarrain,mille fois
    dommage! à la place de ces incultes militaires et leur
    façade de  » pseudos-intellectuels occidentalisés ».
    Que dieu l’accueil dans son vaste paradis.rahimahou el
    allah,AMINE.
    VIVE L’ALGERIE INDÉPENDANTE.
    Cordialement,tanmirth.

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  9. Abdelkader Dehbi dit :

    بسم الله الرحمن الرحيم
    عن أبي هريرة -رضي الله عنه- أن رسول الله -صلى الله عليه وسلم- قال: إذا مات ابن آدم انقطع عمله إلا من ثلاث: صدقة جارية، أو علم ينتفع به، أو ولد صالح يدعو له، رواه مسلم

    …………

    وها أنت قد أوفيت وإن جزئيا – بفضل الله – بحق والدك رحمه الله، عليك، من خلال هذه النبذة الطيبة عن حياته ومساره الوطني المثالي. وكما تعلم، كانت يربطني بسيدي الحاج يوسف بن خدة، طوال التسعينات وحتى وفاته، ذلك النوع من الودٌ والاحترام الذي يكنه المتتلمذ إلى أستاذه. وأيما أستاذ ! رحمة الله عليه.

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  10. Abon dit :

    Allah Yarahmou. ou Yarham El.Chouhadas.
    Il situait l’intérêt de la Nation, ( l’Algérie et les Algériens) au dessus de tout, n’en déplaise à son nombril.

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  11. meghress19 dit :

    Benkhedda etait un grand homme et humble a la fois. Mais il y a une chose que je ne comprends pas : Pourquoi ne pas laisser une bibliotheque( ou un centre culturel) apres sa fin au lieu d’une ecole coranique, comme le font les presidents Americains?
    L’Algerie n’a-t-elle pas assez de mosquees?
    Que Dieu ait son ame ainsi que les chouhadas.

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  12. mazighedine dit :

    Salem,azul

    J’aimerai juste ajouter une chose très importante,si
    vous me le permettez ,au fils feu Mr BENKHEDDA.
    Mr salim vous devez être fier de votre père rabi yarehmou,AMIN.

    VIVE L’ALGERIE INDÉPENDANTE.
    Cordialement,tanmirth.

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  13. khaled dit :

    Il a vécu comme un véritable patriote qui a tout donné pour l’Algérie.

    Que Dieu ait son âme et tous les Chouhadas.

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  14. toufik dit :

    un homme d’une grande sagesse, un militant de la 1ere heure de la lutte de liberation nationale que j’ai eu le grand privilege d’approcher dans les annees 1984-1987 grace a mon ami salim benkhedda, des moments inoubliables.
    un grand homme tout simplement.
    Allah yarahmou

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  15. Afif dit :

    Malgré les divergences qu’on peut avoir avec son parcours, c’est un digne représentant des valeurs du PPA : honnêteté, engagement, altruisme, conviction de l’existence de la nation algérienne, partie intégrante de l’espace arabo-islamique, refus de l’occupation ou du rattachement de l’Algérie à la France.

    Après l’indépendance, il n’a pas donné un brin de caution au régime en place, malgré la présence de ses amis centralistes dans les allées du pouvoir. Bien au contraire, il s’en est démarqué courageusement par le manifeste de 1976 et en a payé le prix. Cette prise de position le lave de tout soupçon de mollesse et d’hésitation qu’on lui colle généralement.

    Les livres qu’il a laissés derrière lui, sont aussi « Sadaka Jaria » et prouvent que son activité de militant et de moudjahed Fi Sabil Allah ne s’est pas arrêtée en 1962 comme beaucoup de « moudjahiddines ».

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  16. faycal dit :

    Les hommes propres et honnetes qui ont été occulté et opprimé par Wlad França
    Allah Yerahmek Ya Haj Benkhedda

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  17. Souvenir d’une rencontre aux Archives nationales avec le Président Benyoussef Benkhedda :
    - Allo…Mr Badjadja , le président Benyoussef Benkhedda est là, il demande à vous voir si vous n’êtes pas occupé…
    - Mais enfin, le président Benkhedda est le bienvenu à n’importe quel moment, que je sois occupé ou non…
    - Bonjour Mr Badjadja …
    - Mes respects Mr le président, le café est encore chaud, vous en voulez ?
    Le président Benkhedda est de par sa nature un homme très modeste, qui se présente toujours comme chercheur, jamais comme ancien président du Gouvernement provisoire de la républicaine algérienne. Donc pas de protocole, ni de garde du corps.
    - Voilà, Mr Badjadja , je voudrais savoir s’il y a possibilité d’obtenir par l’intermédiaire des archives nationales d’Algérie une copie de la première mouture du « Manifeste du peuple algérien » remise par Ferhat Abbas à Robert Murphy, probablement en février 1942…
    - Ecoutez Mr le président, comme vous le savez, nous avons organisé un colloque international sur les archives relatives à l’histoire de l’Algérie et conservées à l’étranger…Les archives nationales américaines nous avaient adressé un rapport de 90 pages sur ce qu’ils possèdent comme documents concernant notre pays de 1785 à 1991…Nous allons commencer par consulter ensemble le contenu de ce rapport qui a été publié dans le numéro 9 de notre série de publication…Voilà :
     » … Archives Eisenhower… documents relatifs aux relations des forces alliées avec les dirigeants du Mouvement national, par l’intermédiaire de l’ambassadeur Robert D. Murphy, officier en chef des officiers civils du GRG, 1942-1943, qui avait légué à la bibliothèque présidentielle Eisenhower un témoignage oral (REF. OH 224 + OH 305, le deuxième témoignage probablement en sa qualité d’adjoint du sous-secrétaire d’État en 1953-1959″ (Traduction de l’anglais par l’auteur)
    - Nous allons donc saisir nos collègues américains pour essayer d’obtenir une copie du document qui vous intéresse s’il existe bien dans ce fonds…

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    • mekfouldji dit :

      Un vrai plaisir, souvent renouvelé, de suivre les hommes politiques algériens dans leur quotidien, à travers des dialogues, des visites non protocolaires.

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  18. el amel dit :

    « Messali n’avait pas cette vision. » Cette phrase contient un marqueur négatif,selon vous docteur quelle était la vision de Messali?
    quant à « Ecrire l’Histoire », nous attendons que les intellos se mobilisent pour les Archives!

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  19. Kamel Bouras dit :

    Je voudrais ajouter qu’autant que je puisse juger, Si Benkhadda a ete le seul homme politique d’envergure a avoir exprimé sa repentence pour le choix du model socialiste qui a ete pris, a la quasi unanimité il faut le rappeller, au congres de Tripoli en 62. Je me souviens d’une contribution (peut-etre ds Jeune Afrique) ds les années 1980, ou Si Benkhedda demande publiquement pardon à Dieu pour cette faute. Je ne connais pas pareille action de la part d’un autre homme politique chez nous. Lisez par exemple les Memoires de Chadli. Aucun regret, aucune prise de responsabilité, aucune reconnaissance de fautes. Les desastres, c’est toujours les autres qui en sont responsable. J’ai condamné à mort Chaabani, mais c’est Benbella qui en est responsable. J’ai promu Nezzar chef de l’Armée bien que je savais qu’il etait une taupe de la France, etc, etc.

    Qu’Allah l’agree et l’eleve dans son paradis!

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  20. tewfik dit :

    l’Algérie a eu la chance d’avoir de grands hommes comme il n’y en a pas dans le monde ou rarement, HADJ BEN KHEDDA en fut un et pas des moindres Dieu m’est témoin que lui et Ferhat Abbas étaient (Rahimahoum Allah) les meilleurs pour diriger ce pays, en mot c’était un Homme avec un grand H, tu ne peut qu’être fière de lui si Salim; lui est au Paradis qu’adviendra-t’il de nous?

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  21. el amel dit :

    C’est un texte subjectif, avec les bons et les méchants.
    Il ne faut pas avoir peur des mots pour dire la vérité, la guerre fratricide, FLN contre MNA, la lutte fut féroce pour obtenir l’adhésion des ALgériens en France. Aujourd’hui, il y a des écrits que l’on peut confronter et faire en faisant un parallèle avec « la guerre invisible » qui a rattrapé la génération suivante.
    Quant au PPA, son fondateur est Messali Hadj, il est « venu du peuple, il se consacre au peuple »
    Le parti du peuple algérien ne peut-pas être un parti des bourj., et ce sont les lunettes que porterait le fils qui raconte le parcours de son père. L’écrit est intéressant mais pour commémorer le 10e anniversaire de sa disparition, je pense qu’il ne fallait pas taper sur d’autres.
    « Ecrire l’histoire, c’est gérer un passé » avec une certaine objectivité. L’histoire est une science humaine.
    Cordialement

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    • khadij dit :

      Relater des faits et dévoiler la réalité de notre indépendance confisquée , je ne pense pas que ce soit de la subjectivité , ni l’opinion personelle du fils de ce Grand Homme , c’est ce que l’histoire nous a enseignée, , une réalité hélas connue par peu de gens…

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  22. idir dit :

    Incomprehensible la remarque de Amel
    Splendide le texte
    La même année nous quittait un entre grand homme Dr Lamine Debaghine un géant de l’histoire nationale
    allah Yerahmek ya si Benyoucef et Ya si Lamine

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  23. Afif dit :

    @ Kamel Bouras :

    Vous dites : »Je me souviens d’une contribution (peut-etre ds Jeune Afrique) ds les années 1980, ou Si Benkhedda demande publiquement pardon à Dieu pour cette faute (le choix du modèle socialiste) ».

    Le socialisme n’est pas une faute, c’était le meilleur choix au début de l’indépendance : que fallait-il faire des milliers d’hectares de terre agricole laissés par les colons, sinon de les gérer de manière collective ; et le patrimoine industriel qu’ils ont laissé, fallait-il le vendre ? Et à qui puisqu’on n’avait pas une bourgeoisie digne de ce nom ?

    Par contre, Si Benkhedda a oublié de se faire pardonner le plus important, la grave décision du Programme de Tripoli qui a été à la base de la confiscation de la souveraineté populaire, à savoir l’instauration du parti unique.

    A ce sujet, Messali Hadj a écrit au mois de juin 1962, à la veille de l’indépendance, à Benkhedda en tant que Président du GPRA, pour offrir la collaboration du PPA à la construction du pays : Benkhedda ne lui a pas répondu et ce, conformément au programme de Tripoli qui rejette le multipartisme. Et c’est sur le terrain de la liberté d’expression et d’organisation que le peuple peut souverainement rejeter ou accepter le socialisme décidé en son nom à Tripoli. C’est le choix du parti unique que Benkhedda aurait dû se faire pardonner et non pas le socialisme qui aurait pu être rejeté par le peuple si ses libertés ne lui avaient pas été confisquées.

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    • Kamel dit :

      Le congrés de tripoli a été detourné et dirigé par le clan de Oujeda et les militaires de Ghardimaou, Benkhedda a quitter ce congrés une semaine aprés son début en allant vers tunis,ces camarades du GPRA l’ont suivi par la suite, donc on ne peut pas imputer sur Benkhedda les conséquences désastreuses de ce congrés etant donné qu’il etait face à des assoiffés du pouvoir.

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    • MomoNY dit :

      D’abord, Allah irahmou, un grand homme est un grand homme meme si on est pas d’accord avec sa vision.
      Je suis tout a fait d’accord avec le point de vue de @Afif. Aujourd’hui, si on juge par les performances du systeme economique, il serait tout aussi contraint de demander pardon pour le systeme capitaliste en place. A moins que condamner le socialisme ne lui soit dicte par ses convictions religieuses, en premier lieu (un parallel au communisme).

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  24. nasser dit :

    NASSER-d
    Monsieur le président Benkhada est un homme remarquable, il est parmi ceux qui ont écrit les pages glorieuses de l’histoire de notre pays. Il suffit, pour lui, de dire qu’il n’était pas de ces assoiffés du pouvoir. par deux fois c’est la responsabilité qui est venu le chercher, la première quand il est devenu secrétaire général du PPA-MTLD et la deuxième fois quand il est devenu Président du GPRA. Il restera à jamais respecté et aimé par le peuple algérien.
    RAHIMAHOU ALLAH OUA ASSKANAHOU FASSIH JINANIHI. AMIN

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  25. salim dit :

    que dieu l ‘acueille dans son eternel et vaste paradis

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  26. J’ai eu le privilège et le grand honneur de rencontrer votre PERE en compagnie de notre AMI commun SI MOHAMED TOUMI,professeur de cardiologie à mustapha. Un HOMME d’une envergure exceptionnelle qui venait de me faire découvrir à quel point l’ALGERIE était précieuse pour cet homme humble et courtois de la grande race des seigneurs. C’est pour des hommes comme votre père que d’autres hommes pétris de valeurs et d’honneur vont se battre et lutter pour que ne s’éteigne jamais la flamme du juste et inscrire ainsi la vraie histoire des hommes; celle de votre PERE bien AIME.Je prie DIEU le tout puissant de lui accordé toute l’immensité de son PARADIS.

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=112176378862513&set=a.108669395879878.17692.100002104548864&type=3&theater

    http://www.algeria-watch.org/fr/article/tribune/appel_ait_abdallah.htm

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  27. Assalâmou ‘alaïkoum wa Rahmatou Allâhi wa Barakâtouhou;

    La mémoire de nos aînés qui ont tout donné pour que l’Algérie, recouvre son indépendance, doit être ravivée, et le travail de Selim, et des siens, doit être salué, parce qu’il éclaire d’une lumière nouvelle, la position mesurée du sage qu’était ton père, comme en témoigne ce document:
    ‘’Le gouvernement (GPRA) proposa à un officier mis sur la touche et victime de Kaid, le commandant Si Moussa, la direction de l’Etat Major (E.M.G.), Moussa refusa d’abord, puis demanda à réfléchir (…) L’affaire Moussa éclata alors : ce dernier accepta d’obéir à l’ordre de mission du gouvernement le mettant à la tête de l’état major (…) dans l’affaire Moussa , le GPRA n’avait dès le début pas donné des consignes fermes à Mostefai, il n’avait pas soutenu Moussa avec vigueur et il ne s’était décidé à faire preuve de fermeté que trop tard et en devant quémander l’aide des Marocains : il en fut humilié. S’il avait vraiment voulu en découdre avec l’ E.M.G., il aurais soutenu bec et ongles le compétiteur (Moussa) qu’il avait lui même intronisé. ‘’

    Gilbert Meynier, ‘’Histoire Intérireur du FLN 1954-1962’’
    Fayard 2002

    http://www.commandant-moussa.com/gpra.htm

    C’est cela l’attitude de ton père, y compris, sur ce sur quoi, l’accuse Harbi, comme quoi, il aurait sursis à transmettre l’ordre de Messali Hadj, pour le déclenchement de la Révolution…, prenant de court, un Lamine Debaghine, qui lui avait déjà commencé à préparer des maquis dans la région de Collo, sous entendant par là, que n’était-ce cette attitude « pusillanime », que rejette totalement votre père, on aurait peut-être évité la scission FLN-MNA, et éventuellement organisé dans de meilleures conditions le déclenchement de la Révolution.

    En deuxième lieu, la lettre ci-dessus, datée du 18/10/1961, prouve qu’à trop vouloir gagner du temps, avant de prendre des décisions fermes, contre des subalternes dont on est convaincu qu’ils œuvraient contre l’institution légitime, alors, le GPRA, dont il avait la présidence, Si Al Hadj Benkhedda, Rahimahou Allah wa askanahou fi fassihi Jennatihi ma’a Ashouhada, assalihîne, al’abryâi, wa ajdâdihî, Ahl el Beyt, almoutaharîn, wa hassouna oulâ’ika Rafiqa, a manqué, lui et ses pairs du GPRA, de perspective, d’autant plus que la rébellion de l’EMG, n’était alors plus à démontrer.
    En effet, l’effusion de sang, conséquente à la lutte fratricide qu’il voulait, une fois de plus éviter, allait faire encore plus de victimes, avec l’entrée de « l’armée des frontières », subitement renforcée par les DAFistes, que l’EM français, allait opportunément renforcer par de « nouvelles désertions » et l’aide matérielle qu’allait fournir Hassan II, et Fethi Dib, le renard égyptien…

    Hélas, nul ne pouvait prédire l’avenir, et les fautes commises, ne pouvaient être évitées, aussi dirons-nous, Qadara Allahou mâ châ’a, et nous ne devons juger nos héros, et tous ceux qui ont milité pour l’indépendance de l’Algérie, ou, pour sa reconstruction, à l’aune de leurs seules intentions, Allah, étant Seul, à juger les uns et les autres.
    Messali Hadj, Abane Ramdhan, les négociateurs algériens, et les colonels de l’ALN, ainsi que les pairs des deux GPRA,sont entre les mains d’Allah, pour la quasi totalité, ainsi que tous nos frères, soeurs, et parents, victimes de leur devoir envers la patrie, profitons donc, de ce moment de mémoire, pour leur rendre hommage et prier pour eux tous, et utilisons nos plumes, pour ceux qui le peuvent, aux fins de raviver leur souvenir et en faire, les exemples à suivre, pour les générations montantes, au lieu et place des hyènes et des chacals qui se sont arrogé le droit de vie et de mort, sur ce peuple que Si El Hadj Benyoussef Benkhedda, et avant lui, Si Ferhat Abbas, ont voulu préserver.
    De nombre de ces choses, nous en parlions avec Si Hakimi et ton père, quand j’étais à SNR EPAL, à mon retour des USA,après 1967, dans l’arrière de la pharmacie d’Hydra, que j’ai eu l’insigne privilège de lui restituer, ainsi qu’à Ferhat Abbas, avec l’accord de feu Abderazak Bouhara, alors, ministre de la Santé, et moi, Directeur général de l’ex Pharmacie centrale, ce qui a déclenché immédiatement, la première salve contre moi, traité alors, « d’ennemi du monopole », que nous allions justement dénoncer, ce qui aboutit, heureusement à la réouverture des cabinets médicaux et à la restitution des pharmacies « nationalisées » et gérées par la PCA, qui les faisait gérer par de simples « préparateurs en pharmacie… »

    Pendant l’une de ses maladies, et alors qu’il logeait chez mon cousin Rachid Benaïssa, à Bretigny Sur Orge, nous avions eu la chance de l’écouter nous parler sans tabou et à coeur ouvert, chaque soir, durant son séjour, sur tous les événements pré durant et post, guerre de libération. La seule chose qu’il nous répétait inlassablement, était le rétablissement de la vérité, et il nous sermonnait en nous reprochant de ne pas participer à l’écriture de l’histoire qui ne doit pas être laissée entre les mains des « étrangers », en particulier français, qui ne verront de notre histoire que ce qui confirme leur opinions, la probité intellectuelle n’existant pas, elle n’est qu’un leurre, ne cessait-il de nous dire.

    Lettre de Benyoucef Benkhedda Président du
    Gouvernement Provisoire de la République
    Algérienne à Si Moussa

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    • mekfouldji dit :

      Une biographie large et soutenue qui pourrait donner lieu à une prise en charge par les universitaires pour tenter une prise en charge de l’ensemble des personnalités de ce « jeune » pays, jeune par sa culture encore à parfaire.
      Remerciements à notre médecin.

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  28. el amel dit :

    à Khadij et Idir,
    J’ai relevé une phrase négative en posant une question. J’ai souligné que le PPA est fondé par Messali Hadj,et c’est le père du nationalisme algérien.
    quand on écrit un texte pour rendre compte de faits historiques, je ne vois pas pourquoi des noms sont cités et pas d’autres. Le texte est interessant mais réduire l’Histoire à un ou deux hommes, ou un groupe c’est le discours du parti unique et c’est le parti unique qui nous a raconté son histoire.
    Pour paler clairement, il y a des passages subjectifs dans le texte. Moi, personnellement, je le comprends. Personne ne peut prendre assez de distance pour un évènement important, le 10e anniversaire commémoratif.
    Je n’ai pas remis en question le parcours d’un Homme lié à l’Histoire de l’Algérie.
    Allah yarahmou.

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  29. Benyoucef Benkhedda était l’un des artisans de notre glorieuse révolution. Il jouissait du respect de tous. Je dirais même qu’il était notre « porte bonheur », car l’Algérie a eu son indépendance alors qu’il était à la tête du GPRA. Par ailleurs, il a eu le mérite de se retirer proprement de cette haute fonction pour éviter le bain de sang qui guettait l’Algérie au lendemain de l’indépendance. Hay likoum, mais laissez l’Algérie tranquille!
    Combien fut mon étonnement et ma déception lorsqu’on a retiré son nom qui a été donné à l’Université d’Alger! Heureusement qu’il y a, quelque part, une certaine justice pour rectifier la bourde.
    Je suis l’un de ses admirateurs et, à vous Salim, je vous dis ceci: soyez fier de votre père Allah yerehmou comme nous le sommes tous, enfants de l’Algérie.
    Innaa lillah wa innaa iley8i raadji3oune.

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  30. Y.SALMI dit :

    merci beaucoup cher professeur pour tout ce que vous faites. hadha echiblo min dhaka elassad. allah yarhmo c’était un un homme au vrai sens du terme. je vous déclare solennellement que si on appliquait les principes du 1er novembre 1954 l’Algerie ne serait pas dans ce marasme. bref
    comme vous l’avez si bien dit l’indépendance de notre pays ne serait confisquée. Mais ne devons jamais baisser les bras jamais.

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  31. Kamel Bouras dit :

    @Afif

    Le socialisme tel qu’imaginé par les brutes militaires incultes alliées aux laico-communistes, et qui composaient la grande majorité des congressistes de Tripoli, c-a-d un socialisme materialiste copié-collé des « democraties populaires », ignorant en particulier l’Islam, tournant le dos a la declaration du 1ier Novembre sur une republique sociale baséé sur les principes Islamiques, ce socialisme etait une grave faute, et Si Benkhadda avait raison de le repudier a posteriori. Quand a votre seconde assertion, a savoir l’interdiction du multipartisme, je dirais que c’est une consequence toute a fait logique du choix du socialisme demagogique qui a fait l’unanimité à Tripoli.

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  32. J’ ai eu le privilége de rencontrer El HADJ SI BENYOUCEF BENKHEDDA,à quelques reprises le plus souvent accompagnant mes parents. C’est un homme remarquable. Je retrouve dans la plupart des commentaires que je viens de lire une trés bonne description de l’homme humaniste et visionnaire, mais aussi affable, humble et pédagogue.
    je me souviens, Salim, que ton pére lors d’une des visites que lui rendirent mes parents, me parlait d’une voix d’une douceur extraordinaire ( je devais avoir à ce moment là 13 ou quatorze ans)avait capté toute mon attention. à un moment donné, il se leva, s’est dirigé dans un chambre voisine et revenu avec un livre qu’il m’a offert en me disant vois tu mon fils si tu lis ce livre tu trouveras une ligne de conduite qui ne te trompera jamais. ce livre je l’ai précieusement gardé, lu bien sur et pas seulement une fois. je l’avais chaleureusement remercié et je continue encore de le faire.
    Puisse DIEU l’accueillir dans son vaste paradis.
    zaki

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  33. Cher ami Salim
    Je te felicite pour cet émouvant devoir de memoire envers celui qui fut un grand homme parmi ceux que l’Algerie a enfanté et qui ont œuvré leur vie durant pour la récupération de sa souveraineté et la dignité de son peuple.
    Aussi je voudrais ajouter aux nombreux témoignages ci dessus celui de mon maitre le Professeur Messaoud Djennas militant de longue date de la cause nationale et ami de notre honorable regreté ainsi que celui de leur ami commun et compagnon de lutte le grand moudjahid Saad Dahlab et qui démontre le courage et la sagesse du president Benkhadda et son grand sens de la responsabilité de préserver le sang des algeriens.
    Dans son livre «Vivre c’est croire» le Professeur Djennas rapporte a son sujet :«C’est en juillet 1962,en pleine crise politique que je fis sa connaissance pour la premiere fois ……C’est dans ce contexte a la fois incertain et a haut risque qu’Aroua et moi avions pris l’initiative d’aller voir le President du GPRA…Nous avons donc adjuré Benkhedda de parler au peuple :«Le monde entier a les yeux fixés sur la capitale. Qu’ elle se dresse a votre appel contre les responsables de la crise ,et le peuple pourrait suivre son mouvement!» Calme, imperturbable Benkhedda nous répondit simplement :«Vous voyez cette boite d’allumettes ,en la déplacant ….. ;en fait ,c’est toute une montagne qui risque de venir avec. Nous avons lutté pour l’independance de l’Algerie.Cet objectif est atteint totalement. Il n’est pas question,des lors,comme certains sont prets a le faire ,que nous participions a une nouvelle épreuve pour le peuple, qui fera couler le sang algerien uniquement a des fins de pouvoir . Je resterai a mon poste,en tant que gardien de la légalité. Mais des qu’un nouveu gouvernement sera constitué,je me retirerai.»….l’homme n’était pas dévoré par l’ambition du pouvoir. Il n’avait qu’un seul but : servir son peuple.»
    « Benkhedda était d’un courage exceptionnel .Sa probité intellectuele ,une fermté intransigeante et froide sur les principes, une grande loyauté et une fidélité aux amitiées jamais démenties , lui conferent le statut de saint homme, de juste parmi les justes.»…..
    extraits pages 511,512,513. On lit a la page515 : Au cours d’une de nos soirées,Dahlab interpella Benkhedda en ces termes :«Toi, Benyoucef,tu n’as pas de merite a etre courageux,parceque tu ne sais pas ce que c’est d’avoir peur. Moi,oui,j’ai du mérite,car moi Dahlab,j’ai peu-eu-eur.!» Sacré Dahlab et quel hommage a Benyoucef.
    Ainsi , était , notre honorable President, Modele de patriotisme sinsere,de devouement et de sagesse.
    تغمده الله فى رحمته واسكنه فسيح جنانه مع النبيين والشهداء والصالحين امين

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  34. Aflatouch dit :

    un jour je l’ai pris dans ma voiture avec hocine lahouel et ahmed bouda, nous allions voir Radjef sur son lit à l(hopital. j’étais en présence d’un ancien président et d’un ancien député de 1947 qui n’avaient pas de voiture…et dont l’humilité et la simplicité étaient légendaires……..Allah Yerhamhoum

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  35. Afif dit :

    « avec hocine lahouel et ahmed bouda, nous allions voir Radjef….pas de voiture…et dont l’humilité et la simplicité étaient légendaires… »

    D’authentiques militants représentatifs du PPA : ça donne chaud au coeur. Ce n’est pas le genre d’hommes qui vont recoloniser le pays à leur profit.

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  36. Mustapha dit :

    Je me rappelle toujours de la description ironique faite par Ben Tobal de Ben Khadda : ‘Taa Salat’.

    Ben Khadda était certainement un ‘wlid familia’ avec plein de qualités. Ce n’était pas le cas de ceux qui lui ont arraché le pouvoir de force.

    L’histoire a retenu qu’il n’était pas un assoiffé de pouvoir et son action était juste noble.

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  37. amimoh dit :

    J’ai eu l’honneur et le privilège d’avoir été choisi par feu votre père comme membre fondateur du mouvement EL OUMMA.
    A la faveur de plusieurs discussions, j’ai eu à apprécier ses nombreuses qualités.
    C’était un grand homme, un vrai. Dh’argaz!!
    Que DIEU l’agrée dans Son vaste paradis.
    Mes sincères salutations à toi aussi Dr SALIM.

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  38. Adel dit :

    Un vrai homme d’etat! Rebbi yerrahmou

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  39. HMIDA dit :

    Est ce que quelqu’un a une version video de l’allocution donnée par M Benkhedda un certain 4 juillet 1962. dont voici un extrait
     »…L’Algérie est une République démocratique et sociale.Telle a été la volonté du peuple. Elle sera ce que le peuple lui-même voudra qu’elle soit dans la démocratie et la liberté. La volonté populaire constitue le barrage le plus solide contre la dictature militaire dont rêvent certains, contre le pouvoir personnel, contre les ambitieux, les aventuriers, les démagogues et les fascistes de tous bords. La volonté populaire a été le moteur du combat pour l’indépendance.

    Elle est la garantie de la victoire dans la bataille pacifique. »

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  40. SALAH BOUNAR dit :

    LE MEILLEUR PRESIDENT QUE L’ALGERIE N’A JAMAIS ENFANTER

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  41. Med Bensellam dit :

    La dernière fois que j’ai vu votre père , à l’occasion d’un enterrement, au cimetière à Blida,alors je lui ai serré la main cela fut un grand moment pour moi. Que Dieu repose en paix avec Salihine.

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  42. youghour dit :

    le respect que porte le peuple à un de ses illustres dirigeants ne peut pas être inutile pour vous , monsieur;

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  43. Zakad dit :

    Salutations,

    Cher Salim,
    J’ai connu votre père et nous avions eu au milieu des années 2.000 , une discussion très longue lorsque nous dédicacions ensemble à la B.N, assis l’un à côté de l’autre, lui son livre, moi le mien. J’ai beaucoup appris de lui et il m’avait dit des réflexions profondes qui m’avaient troublé et enrichi. Yarhamouh.
    Lire mon texte sur google « Nous avions 20 ans ».
    Cordialement,
    Abderrahmane Zakad – Urbaniste (azakaddz@yahoo.fr)

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  44. guetib dit :

    Mr BENYOUCEF BENKHEDDA avait cette fibre patriotique qui l’a hérité de son ascendant L’EMIR ABDELKADER ALDJAZAIRI.A bon entendeur:faites vos recherches!!!!

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  45. Abon dit :

    J’ai eu entre mes mains courant Avril dernier, une revue « Mémoria », relate l’histoire de l’association des Oulémas, un article réservé à Feu Ahmed MAHSAS, puis une photo, ou plutôt un montage photos qui présente tous les présidents qu’a connu l’Algérie. J’ai retourné la revue recto verso mais n’y ai pas trouvé ce que je cherchais, la photo de Feu Benkheda ; on y trouve Ferhat-Abbas, Benbella, Boumedienne, Chadli, Boudiaf, Kafi, Zeroual, Bouteflika mais pas Benkheda. J’en ai souri ; ça m’a rappelé les funérailles de Messali qu’on voulait interdire. Il y a des Hommes qui même mort continuent à faire peur.

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  46. J’ai rencontré votre père, allah yarhmou, lorsqu’il a prononcé l’oraison funèbre lors de l’enterrement de feu Mohamed Benteftifa, pharmacien de Blida et ancien ministre du GPRA. Quelques mots mais une rare éloquence.

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