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Assassinat d’Ali Tounsi, d’une manip à la tragédie

Oultache D. Esserhane

S’il y avait un endroit des plus surs, des plus sécurisés, c’était le QG de la police. L’idée d’être criblé de balles à l’intérieur de son bunker n’avait jamais effleuré nos esprits. Pas plus que celui de Ali Tounsi. Il n’avait jamais imaginé qu’il allait connaître sa fin de la main d’un ami. Et pourtant !

Mais qu’est-ce qui avait poussé un ami fidèle à agir en assassin et de se mettre au ban de la société ? Oultach, ce colonel qui jouissait de l’estime de son entourage, était si courtois, si gentil, mais, par cette brutalité inattendue, il avait franchi deux pas dans l’horreur en signant, lui aussi, sa propre fin. Les balles qu’il avait laissées échapper de son révolver, en direction de son chef, n’étaient pas destinées à lui faire peur, ni à le blesser. Mais à le tuer.

Souvenons-nous à cette époque que le Dgsn avait décidé d’autonomiser les services du renseignement, non pas pour les mettre à l’abri contre d’éventuelles influences extérieures, mais, pour mieux régner.

 

Ce faisant, il ignorait, que par cette fâcheuse décision, il allait provoquer, sans le savoir, une profonde scission au sein de la police qui avait failli causé un péril en la demeure et ce, par la faute de quelques éléments zélés qui allaient tout au long de cette période, briller par des coups bas, des règlements de compte et des pratique dignes de vrais bandits à l’encontre de leurs propres collègues.

 

Les conséquences étaient désastreuses, parce que des policiers ,avaient été jetés injustement en prison pendant que d’autres étaient marginalisés ou révoqués arbitrairement au nom d’une justice quasi mafieuse.

Cette malheureuse décision n’a pas été du goût de certains et allait constituer la pomme de discorde jusqu’à rompre des liens jusqu’au sommet de la haute hiérarchie administrative.

Le torchon brûle entre les supers flics en puissance à telle enseigne qu’on s’évitait d’échanger de civilités et de se serrer la main. C’était, par la suite, à chacun de bomber son torse pour prouver son ascendance et montrer qu’il était le vrai capo.

Le pourrissement était arrivé à telle enseigne qu’il était devenu pour l’un, une histoire de fierté et d’honneur et pour nl’autre, une question purement existentielle. C’était le début d’une guerre de tranchée sous l’œil médusé des policiers et celui des journalistes avertis qui en tiraient profit de ce combat ridicule de deux coqs  échaudés.

Et nous voilà devant deux camps qui s’entredéchiraient en se triant, sans discontinuer, à coups de rapports et de déclarations, souvent truffés de mensonges. Mais, rien ne fut et on continua pourtant à le faire, jusqu’au jour où on utilisa subtilement, une certaine presse servile à des fins criminelles qui fit sortir dans ses colonnes, un article assassin qui alla provoquer une tragédie d’ampleur nationale.

C’était un brûlot, souvenons-nous, qui révélait le contenu d’ une enquête confidentielle à propos d’une importante affaire de malversation dont l’artisan n’était autre que le colonel Oultach, un ami et proche collaborateur du patron de la police

C’était cet article qui avait brusquement chauffé à blanc Oultach et l’entraîner à tuer, à coup de révolver, Ali Tounsi, pour lui faire payer le prix de l’injure et de la trahison.

On ne pouvait penser autrement que de dire que c’était grâce à l’aide de cette presse complice qu’on avait réussi à manipuler ce colonel jusqu’en faire de lui une machine à tuer pour éliminer physiquement un adversaire aussi têtu qu’El Ghaouti.

La suite, on nous l’avait fait relater : Après avoir maîtrisé l’auteur, on avait fait ensuite évacuer du bureau ce qui restait de la victime, mais, au lieu de préserver les lieux du crime, on l’avait investi comme pour détruire, volontairement ou par mégarde, de potentiels traces révélateurs.

Mais, ce qu’on ne le savait pas, jusqu’à récemment, c’était cette main experte qui avait détourné du bureau, quelques précieux documents confidentiels pour une destination, pour le moins inconnue.

Chacun y voit dans ce scénario une histoire rocambolesque qui résonne, beaucoup plus comme une manipulation calculée, plutôt qu’à un concours de circonstances dû au hasard. C’est un raisonnement simpliste, mais qui tient, à mon avis, quand même la route.

On pense toujours que c’était un coup magistralement monté, un travail digne de celui des grands flics professionnels de vraiment talentueux.

Mais, au fait, pourquoi ces vieux colonels ne s’étaient-ils pas suffit seulement à leur retraite de militaires pour laisser la place aux jeunes compétences? S’ils étaient sages et intelligents, on n’en serait jamais arrivé, ni à la manip, ni à cette misérable tragédie.



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6 Reponses pour " Assassinat d’Ali Tounsi, d’une manip à la tragédie "

  1. Nordine dit :

    en algérie l’armée la police la gendarmerie et le DRS sont des nids de hyènes enragées, un pugilat sans limites ni morale quelconque où la curie assoiffée de pouvoir fomente les dénonciations, les trahisons, les traquenards, le blanchiment d’argent, des opérations secrètes pour préserver ses prérogatives et privilèges

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  2. HOUARI dit :

    Au royaume des corrompus les voyous s’entretuent

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  3. Non, je regrette ! Ce n’était nullement une manipe… mais bien UN CONTRAT pour tuer Ali Tounsi. C’est donc, bel et bien un ASSASSINAT… comme ce fût le cas pour Si Boudhiaf, Krim, Khider et tous les autres et la liste, me semble-t-il, n’est nullement exaustive.

    Tous ceux qui les gênent DOIVENT être abattus. C’est leur logique ! Une logique de prédateurs…

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  4. papousse dit :

    On ne touche jamais au monopole du renseignement détenu jalousement par le DRS.
    Ali Tounsi voulait faire des RG de la police un sérieux concurrent autonome de l’armée.
    Smain Lamari voulait aussi dans son temps autonomiser le contre espionnage algérien à l’image de la DST française pendant la présidence de Zeroual. Aujourd’hui qui demeure sur le terrain, ni Ali ni Smain sont de ce monde, devinez qui les a tués?

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  5. Je n’ai rien à dire sauf que pour entrer au Palais du gouvernement avec des armes, il faut être des leurs.

    Comme c’est eux la violence, qu’ils se démerdent entre eux.

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  6. D.Esserhane dit :

    Mais qu’est-ce qui a poussé un sénateur du tiers présidentiel à prendre la défense du général Toufik ? A la lecture de son dur ‘réquisitoire’, Malti n’avait à aucun moment dénigré, me semble-t-il, l’institution militaire et encore moins, le département du renseignement et de sécurité. Il a accusé nommément le général Toufik médiene de n’avoir pas osé aller ou plutôt de n’avoir pas voulu aller plus loin dans les enquêtes de corruption qu’il a eu à traitées, dont celles liées aux scandales de Sonatrach. Et cela voulait beaucoup dire. Trop dire.

    En toute logique, c’est à ce général et à lui seul qu’il revenait le droit de répondre s’il estimait que son honneur vinait à être gratuitement écorné. Dans ce cas de figure, aucune considération ne peut l’empêcher de répliquer en son bon vouloir, même en brisant cette satanée loi d’obligation de réserve que certains voudraient nous présenter comme un prétexte.

    Khaled Nazar n’avait-il pas brisé, à maintes reprise, ce tabou ? On se souvient de ses vives réactions à chaque fois qu’il estimait que son honneur et celui de l’institution militaire sont écorchés? Pourtant, il était toujours sous le drapeau.

    Alors, pourquoi pas M. Toufik Mediene, ce responsable énigmatique autour duquel se sont érigés tant de mythes et, malheureusement, peu de réalités et que les algériens, sans vraiment le connaître, l’accusent de tous les maux et de tous les mots.

    Enfin, ce même sénateur qui est, semble-t-il, bien imprégné des lois de la république, oubli ou fait semblant d’oublier, qu’en l’absence d’une ferme volonté politique tendant à combattre efficacement ce fléau ravageur , un juge d’aujourd’hui, ne peut aller au delà d’un wali et encore ! L’affaire du Wali Bouricha est une illustration qui met à nu son impuissance. C’est une preuve vivante puisqu’elle traîne depuis 2OO5.

    Et si un jour un juge d’instruction mettait en cause un ministre quelconque dans une affaire donnée, alors là, il pourrait toujours rêver.

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