Édition du
21 November 2018

Ghardaïa : la psychose sécuritaire et des tentations séparatistes.

http://www.tsa-algerie.com/

non à la fitnaEnvoyée spéciale : Hadjer Guenanfa

Magasins fermés,  les terrasses des rares cafés et gargotes restés encore ouverts sont vides. À l’extérieur, des jeunes montent la garde pour prévenir une éventuelle attaque de « l’ennemi ».

Le soir tombé, les nombreux agents de la police et les gendarmes semblent sur le qui-vive dans une ville qui a basculé depuis des semaines dans des violences entre les membres des deux communautés arabe et mozabite.

« Vous allez à Souk Lahtab (marché de bois, un quartier mixte mais dominé par les Mozabites) ? Pourquoi ? Qu’allez-vous faire là-bas ? C’est impossible ! Ils vont caillasser ma voiture ». D’un air inquiet, Lakhdar, la quarantaine, chauffeur de taxi chaâmbi, ne veut pas se rendre dans le quartier mozabite.

Pourquoi ? L’homme originaire de Metlili tente une explication : « Nous n’avons pas le droit d’accéder à leur quartier, et eux n’ont pas le droit de se rendre chez nous. D’ailleurs, les gendarmes ont récemment arrêté des jeunes mozabites de Guerrara dans un quartier arabe ».

Le calme qui prévaut depuis mercredi et les barrages installés dans plusieurs quartiers ne suffisent pas pour rassurer.  Ici, les affrontements peuvent reprendre à n’importe quel moment et surtout pour une quelconque futilité. L’obscurité de la nuit accentue le climat d’insécurité et augmente le sentiment de peur.

Finalement, Lakhdar accepte de se rendre dans le quartier mozabite. À l’entrée de Souk Lahtab, il demande la permission aux gendarmes. Mais il avertit : « Je ne resterai pas ici. Là, je suis chez eux et je suis facilement reconnaissable. En plus, la plupart des chauffeurs de taxi sont des Arabes ».

Vêtus en tenues traditionnelles, des jeunes et des adolescents mozabites discutent. Ils sont à proximité d’une dizaine de véhicules verts (fourgons, camion chasse-neige et 4X4) de la gendarmerie stationnés sur la placette de Souk Lahtab. D’autres montent la garde dans les ruelles qui l’entourent où se trouve notamment le bureau local de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). « Ils sont là jusqu’au petit matin. Ils surveillent au cas où des Arabes viendraient pour attaquer nos maisons », précise Mahfoud, un jeune du bureau local de la ligue. « Non, le taxi ne risque rien ici. On ne demande que la paix, c’est tout », s’empresse-t-il d’ajouter.

Des violences qui se propagent d’un quartier à un autre

À Ghardaïa, dans les discussions des uns et des autres, différentes histoires d’exactions et d’actes de vengeance nourrissent la colère et la rancœur. Comme celle d’un Mozabite dont on aurait coupé les oreilles et les mains ou encore celle du jeune écolier arabe qu’on aurait kidnappé déshabillé puis relâché. Et dans les confidences des uns et des autres, de terribles préjugés sociaux et religieux accentuent les divisions et les clivages entre les deux communautés. Alors, on se barricade chez soi et on dépose des blocs de pierres à l’entrée de chaque quartier pour se protéger de l’autre. Certains marchés communs étaient vides dans la matinée du vendredi à l’image de Souk Djemaa à Sidi Aabaz. Arabes et Mozabites ont aménagé de petits marchés dans leurs quartiers.

Sur l’étincelle qui a mis le feu aux poudres fin décembre, les versions divergent au sein d’une même communauté, d’un même groupe et parfois au sein d’une même famille. Habitant le Ksar de Ghardaïa, l’une des sept cités du M’Zab mozabite, Moahfoud est affirmatif. « Certains habitants arabes n’ont pas bénéficié de logements. Ils ont commencé à protester en fermant la route et en ordonnant aux commerçants de fermer leurs magasins. On ne fait que réagir à des attaques ». Des attaques comme celle subie par les habitants de Baba Saleh que certains ont quitté momentanément. Des maisons y ont été incendiées et des personnes blessées. Ou celle menée contre le cimetière de Ammi Saïd. « Aujourd’hui, un Mozabite a été agressé parce qu’il était de passage dans leur quartier », affirme Mahfoud.

Au pied de Ksar de Ghardaïa, le quartier arabe Haï El Moudjahidine (Zgag Lihoud) où les habitants ont, eux aussi, fait face à des incendies de maisons et de magasins. Beaucoup d’entre eux ont été également blessés dont Noureddine Bourguine. Ce jeune chômeur de 27 ans y a perdu un œil. Lui est convaincu que ces « violences étaient programmées, depuis longtemps », par la communauté mozabite. « Les commerçants mozabites avaient vidé leurs magasins avant le début (des affrontements). Et puis, regardez les maisons brûlées. Ce sont celles des Arabes, celles des Mozabites n’ont pas été touchées alors qu’elles sont dans notre quartier. Eux, ils sont en haut et ils jetaient des cocktails Molotov sur nos habitations », jure-t-il.

Fekhar, « chef de la sédition ! »

« Je ne cache pas qu’on ripostait à coup de pierres pour nous défendre. Ils préparaient ces événements depuis longtemps. Mais tout ça, c’est Fekhar ! », ajoute Noureddine. Ses amis et voisins présents acquiescent presque en cœur. Dans les quartiers dominés par la communauté arabe et parmi certains Mozabites, l’ancien responsable du FFS à Ghardaïa et défenseur des droits humains est surnommé « Ras El fitna (la chef de la sédition) ». C’est lui qu’on voit à la télévision, dont on lit le nom dans les journaux et dont on partage les communiqués appelant à l’intervention de l’ONU sur les réseaux sociaux. Le concerné est bien conscient de l’animosité qu’on nourrit contre lui. Au premier étage de son « QG », le local de la LADDH, il suit la situation, écrit des communiqués et répond aux journalistes. Une cinquantaine de Mozabites tiennent une réunion au sous-sol où ils débattent de la situation. « Que voulez-vous ? Je suis devenu une vedette ! », ironise Kamel Dine Fekhar.

Puis il persiste et signe : « On a la certitude que les ordres viennent d’en haut,  les policiers s’acharnent contre les Mozabites en enchaînant arrestations arbitraires, notamment dans les hôpitaux, et obligation de signer des PV sans aucune accusation directe ».  Lui et ses compagnons voient en certains membres de la communauté rivale une milice qui profite de la « guerre menée par le pouvoir contre les Mozabites » dans l’objectif de « manifester leur haine ». « Quand des maisons mozabites sont attaquées, les femmes arabes font des youyous. Vendredi passé, l’imam de la mosquée Hadj Messaoud parlait de djihad contre les kharidjit », ajoute-t-il.

Partialité de la police ?

Kamel Dine Fekhar parle même « d’une harmonie et d’une organisation » dans la répartition des rôles « dans le temps et l’espace entre le pouvoir et ses milices (arabes) ». « Et jusqu’à maintenant, nous n’avons pas entendu parler d’arrestation des assassins de Belhadj Kebayli », ajoute-t-il.

Et la présence en force de la gendarmerie nationale ? « Quand on part leur demander d’intervenir, ils nous disent qu’ils n’ont pas encore reçu d’ordre », répond M. Fekhar. Même s’ils divergent sur la démarche à suivre, Kamel Fekhar Dine et le notable mozabite Dr Brahim Bahaz font le même constat : le parti pris de la police dans le conflit. « Certains éléments de la police étaient du côté de nos frères arabes contre les Mozabites. C’est la confusion totale », avance prudemment M. Bahaz au siège du conseil des notables mozabites ibadites de Kasr Ghardaïa. Devant l’un de ses amis, il poursuit, catégorique : « la complicité de la police était flagrante ! ». Pour remédier à la situation, les notables ont contacté les autorités et sollicité l’intervention de la gendarmerie. Ce qui a été fait. « Depuis, la situation s’est améliorée », se réjouit Brahim Bahaz.

Sur le terrain, une certaine répartition des tâches entre les deux services de sécurité confirme ses propos : la gendarmerie est souvent à proximité des quartiers mozabites et la police à l’intérieur des quartiers arabes. Mais les arguments des Mozabites sont encore battus en brèche par les Arabes. « La police prend le parti de l’agressé et donc de la victime », estime Bouamer Bouhafs, un notable arabe. « Et puis, des véhicules de la police sont stationnés dans les quartiers arabes mais pas dans les quartiers mozabites », dit-il.

Mur de séparation, autonomie ou enquête des autorités

En fait, Ghardaïa est aujourd’hui quadrillée par une armada de policiers et de gendarmes. Leur présence ne fait pourtant pas baisser la tension. Ce vendredi, en fin d’après-midi, des rumeurs sur une nouvelle émeute circulent au Ksar de Ghardaïa. À partir du cimetière Ammi Saïd, quelques jeunes Mozabites surveillent, avec des jumelles, le mouvement du groupe d’Arabes qui se rassemblaient à Bousmara. « Finalement, la gendarmerie est intervenue et a évité un éventuel affrontement », lance, soulagé, l’un d’eux.

Dans la nuit du vendredi à samedi, d’autres affrontements ont éclaté à Berriane où des restaurants et des cafés ont été incendiés. Au fond, les deux communautés savent pertinemment que la solution ne peut être éternellement d’ordre sécuritaire. À Haï El Moudjahidine, les jeunes parlent de la construction d’un grand mur de séparation. « Des paroles d’adolescents », relativise M. Bouhafs.

« Ce qu’on demande aux responsables, c’est qu’ils fassent une enquête pour déterminer les vrais commanditaires. Qu’ils le fassent et dans un délai très court », insiste-t-il. Le notable pense que ceux qui ont mené les attaques avaient un objectif qui est « peut-être d’ordre politique et qui est peut-être aussi partiellement affiché actuellement ».

Kamel Dine Fekhar affirme que l’autonomie n’est pas une solution à écarter. « Il faut faire la différence entre le séparatisme et l’autonomie qui est la gestion des affaires internes de la société », lance-t-il. « Je pense que ça ne pose pas de problème, on a nos spécificités culturelles et religieuses. Et on vit depuis l’indépendance un effacement de notre identité », conclut le militant.


Nombre de lectures : 5981
15 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • Rédaction LQA
    25 janvier 2014 at 18 h 27 min - Reply

    samedi, 25 janvier 2014 16:26
    A Ghardaïa, Berriane est toujours otage de ses vieux démons
    Hadjer Guenanfa
    TSA

    Des ouvriers s’affairent à balayer les bris de verres et déplacer les pierres et les morceaux de carrelage arrachés des trottoirs. Un commerçant vide sa quincaillerie tandis qu’une famille déménage emportant matelas et quelques meubles dans une petite camionnette. C’est presque une scène de guerre civile que se livre, durant cette matinée du samedi 25 janvier, la ville de Berriane située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Ghardaïa. A bord de leurs véhicules ou à pieds, les policiers patrouillent. Ce qui s’est passé ? Dans la nuit du vendredi au samedi, une voiture appartenant à un Arabe a été incendiée avec à son bord son conducteur. Des jeunes ont alors riposté en brûlant un kiosque et deux restaurants appartenant à des Mozabites. Les affrontements entre les deux communautés ont donc éclaté. Les services de la police ont réussi à séparer les deux protagonistes avant la levée du jour. Pourtant, rien n’est gagné. La tension est toujours présente.
    Berriane est divisée en deux par une route nationale, quelques magasins et une petite placette formant une sorte de « ligne de démarcation » entre les communautés arabe et mozabite. C’est là où ont eu lieu les violences. D’un côté, comme de l’autre, les habitants discutent en groupes les uns presque en face des autres, des événements de la veille. « On a jeté un cocktail Molotov à l’intérieur de la voiture. Le pauvre conducteur venait de rentrer de son travail. Il a été transféré à l’hôpital », assure un membre de la communauté arabe. Chez le groupe mozabite, les détails sont différents. « En effet, un véhicule d’un Arabe a été incendié. Mais personne ne sait comment. Peut-être que c’est un court-circuit », souligne Redouane, un fonctionnaire mozabite. « On pouvait bien chercher la personne qui serait l’auteur de l’incendie au lieu de la violence. Le quadragénaire tire une longue bouffée de sa cigarette et lâche, dépité : « Vous savez, avec les violences, on a l’habitude ».
    Il y a déjà presque six ans, en 2008, la ville de Berriane avait vécu pendant des mois au rythme de terribles émeutes intercommunautaires avec des pillages, des incendies et des départs précipités d’habitants fuyant les violences. Connaîtront-ils un « remake » des événements de 2008 ? Après les affrontements de Guerrara et ceux de Ghardaïa, Berriane retient, en tous cas, son souffle.




    0
  • Youssef
    25 janvier 2014 at 19 h 21 min - Reply

    LE RÉGIME MILITAIRE JOUE LE POURRISSEMENT ET L’EXACÉRBATION DU CONFLIT !

    Pas exigé de sortir de Harvard pour savoir que Les Généraux mafieux et sanguinaires sont prêts à tout pour tenir encore et toujours les rênes du Pouvoir absolu : partition, séditions, massacres, manipulations, provocations, répression permanente…..Le Régime militaire n’entend pas  » résoudre les conflits, les problèmes, car ce n’est pas de son intérêt, il fait tout pour le pourrissement et l’exacerbation de la situation….

    Comme toujours, c’est le DRS qui fout la m…., manipule, élève les uns contre les autres, met le feu aux poudres, ajoute de l’huile, attise les haines, instrumentalise, et ouvre  » la boite de pandore de la violence « . Le DRS a tout intérêt à diviser encore plus, isoler les uns et les autres, séparer les communautés, les régions ! A la manière coloniale, selon la formule du Marchal Bugeaud : diviser (encore) pour régner (davantage). La formule est efficace, magique, porteuse, c’est celle que le Régime a toujours utilisée depuis 1962….

    EXTRÉMISME, SÉPARATISME, SÉDITION : UNE AIBAINE POUR LE POUVOIR MILITAIRE !

    C’est bel et bien le DRS qui entretient les  » extrémistes de tous bords « , c’est sa  » stratégie délibérée  » pour neutraliser complètementET définitivement l’opposition, et partant, empêcher à jamais la construction d’un Pole ou Front oppositionnel capable d’engager un  » rapport de force  » avec la Junte militaire qui demeure ainsi la  » seule force politique organisée « . Le  » champ politique (et médiatique)  » est tiraillé vers les extrêmes, par les extrémistes qui empiètent sur les  » espaces politiques  » de toutes les tendances et mouvances existantes, ce qui fait que pour l’heure actuelle il est quasiment impossible de trouver les  » convergences, compromis, coordinations  » nécessaires à la construction d’un  » Grand Pole oppositionnel « , et la désignation d’un  » Fédérateur ou Rassembleur  » qui conduira la fronde contre la Junte militaro-mafieuse….

    LE POUVOIR MILITAIRE RÉPRIME À SA GUISE, CAR IL DEMEURE FORT !

    Le Régime militaire demeure fort, et réprime à sa guise, comme il veut, car il fort, fort par la faiblesse de l’opposition (émiettée, atomisée, neutralisée, et battue par KO par le DRS), la population est traumatisée par la  » guerre interne  » (1991-2014) qui continue et la misère indicible et effroyable qui la paralyse et l’accable; fort par le soutien diplomatico-stratégique du Grand Gendarme Américain (qui a pris le Grand morceau au Sahara),fort la caution politique de la France qui appuie ses Généraux (issus de l’Armée française) ; fort du fait de l’accaparement des milliards du pétrole à leur profit d’abord, et celui de la  » caste militaro-mafio-bureaucratique  » ; fort tant qu’il a sous sa férule les  » appareils de répression  » et les « organes de propagande  » ; fort et il fait diversion, manœuvre, réprime, intoxique, frappe, joue le pourrissement, déplace l’axe de la violence là où il veut, en Kabylie, au Mzab, ou ailleurs, réprime les Syndicats autonomes, les militants des droits de l’homme….
    Le Pouvoir militaire demeure la seule force politique organisée, et frappe comme il veut,, là où il veut…. Et la Dictature continue !

    RE-DIRE QUE LA CRISE EST D’ABORD POLITIQUE !

    Les opposants (il y’en a quand même, mais pas d’opposition!) doivent dire et redire que la crise qui frappe l’Algérie est multidimensionnelle, et fondamentalement/d’abord » politique « . Elle est liée à la » question du pouvoir « , de la légitimité du pouvoir, et ce depuis 1962, à partir du Coup d’Etat du 3 Juillet 62. Et tant qu’elle n’est pas réglée, rien n’est possible !

    La crise est d’abord « politique », essentiellement, fondamentalement, principalement, primordialement « politique ». Entendre par là que la crise multidimensionnelle qui bloque l’Algérie, est liée d’abord à la « question du pouvoir », de la légitimité du pouvoir. En Algérie, nous n’avons jamais eu de pouvoir légitime, il est confisqué par « la ruse et la force » depuis 1962. Et tant que la «légitimité » n’est pas établie, ça demeurera ainsi, le pays est bloqué et asphyxié par le Pouvoir militaro-mafieux tenu d’une main de fer par les Généraux criminels et prédateurs…

    Les questions de références identitaires, linguistiques, culturelles, civilisationnelles, seront réglées une fois la « question de la légitimité du pouvoir » est réglée. Une Assemblée constituante élue au suffrage universel, au terme d’élections supervisées par l’Opposition (à construire), la société civile, des Organisation internationales crédibles….De plus, il faut au tout début éviter de trop focaliser sur les question qui divisent (identité, religion, cultes, culture) car « sensibles », conflictuelles, et donc plutôt nous concentrer sur ce qui peut unir comme l’aspiration à l’Etat de droit, la justice, la légitimité, la paix….

    D’ABORD, LE FRONT POLITIQUE (qui unit) !

    Les Opposants (oppositionnels)doivent accentueur leur production de discours sur le Front politique, en l’occurrence les questions liées à la construction de l’Etat de droit, les droits de l’homme, la dénonciation » directe, radicale et frontale » de la mainmise des Généraux sur les institutions, le pillage des richesses, la répression permanente, leurs responsabilité dans la » guerre interne » (1988/2014), l’inféodation aux puissances occidentales, la nécessité de la suppression immédiate et définitive du DRS, cette » organisation criminelle et mafieuse » au service de la Junte militaire et la » caste militaro-mafio-bureaucratique » en général….

    DEPASSIONNER LE FRONT IDEOLOGIQUE ( qui divise) !

    Les questions liées à la religion, les langues, les cultes, les cultures, réputés » fibres sensibles, si fragiles, si malléables, et si facilement manipulables, qui alimentent très souvent les postures essentialistes, identitarismes, d’exclusion et de rejet, et qui sont les terrains de chasses des » extrémistes de tous bords « , et des « maitres-manipulateurs « ….

    LA CONDITION D’UNE PERCEE POLITIQUE DE L’OPPOSITION !

    L’exemple mitterrandien est le plus éloquent ! Sans la publication du fameux pamphlet  » Le coud de force permanent  » , Mitterand n’aurait jamais percé ! Mais alors, pourquoi? Comment ? Ce n’est CERTAINEMENT pas du au style Chateaubriand d’écriture, mais à la tonalité, à l’attaque « directe, frontale et radicale » contre le gaullisme de choc, les barbouzeries, les polices parallèles, le SAC, les assassinats politiques, la tuerie d’Auriol, l’Affaire Ben Barka, etc. Les mots forts, le verbe haut….C’est l’exemple à suivre pour les opposants en Algérie ! Il faut délaisser ce ‘ discours mou et doux « , inopérant, inefficace, illisible, bas intellectuellement parlant….Mais sinon que veulent dire des vocable comme gouvernance, bonne gestion, et autres emprunt de la vulgate réactionnaire et profane, quand on sait que pour saisir véritablement la nature du pouvoir en place, il faut aller puiser dans le lexique de la jungle tant la rapacité, la sauvagerie, la cruauté des Généraux au pouvoir relève de l’évidence même !

    ISOLER LES EXTEMISMES DE TOUS BORDS !

     » L’écartement des positions  » entre les diverses mouvances politiques est tel qu’il est pour l’heure, quasi-impossible de trouver les « compromis, les convergences et coordinations » nécessaires à la fondation d’un Pole oppositionnel capable de renverser la tendance, d’affronter directement et farouchement le Pouvoir militaro-mafieux tenu d’une main de fer par les Généraux prédateurs et sanguinaires. car les diverses mouvances sont débordées par les tendances extrémistes, les jusqu’au-boutisTes (instrumentalises généralement par le DRS). Des » espaces politiques » importants sont occupés par ces fous, partis de la violence et des débordement, empruntant le discours essentialiste, identitarisme et culturalistes, loin du » domaine politique « , de la problématique politique, qui elle concerne la question du pouvoir….




    0
  • still
    25 janvier 2014 at 22 h 01 min - Reply

    « Arabes », « Mozabites», Malékites, Ibadites…
    Qu’ils en soient conscients ou qu’ils soient manipulés, les vestiges de l’aube de l’Humanité survivent et empoisonnent la vie de ces Cro-Magnons …à la fin des Temps.




    0
  • A.Hocine
    25 janvier 2014 at 23 h 22 min - Reply

    Je crois que l’on se focalise inutilement sur le DRS et l’armée pour les conflits internes qui relèvent de la compétence de la police et/ ou dans certains cas de la Gendarmerie.
    Dans cette affaire qui opposent les arabes et les mozabites, il est grand temps de mettre les choses a leur juste place et de poser la question qui convient dans ce cas.
    Cette question est selon moi la suivante: Qui est responsable de la sécurité des citoyens dans un pays républicain? La réponse c’est L’Etat selon la constitution en vigueur.
    Considérant la durée du conflit entre les belligérants et l’échec des médiations organisées par le gouvernement en dépit du bon sens;
    considérant que les belligérants pensent que les services de sécurité locaux sont suspecté de partialité et que cette partialité est portée à la connaissance des responsables politiques qui continuent à faire la sourde oreille sur ce sujet;
    N’est il pas temps de dire aux partis qui activent, ou supposés tels, dans ce pays de prendre une initiative commune et signifier au gouvernement ses échecs à la fois au plan politique et au plan fonctionnel?




    0
  • Abdelmadjid AIT SAADI
    27 janvier 2014 at 10 h 56 min - Reply

    J’ai peur pour mon pays bien aimé; j’ai peur pour son unité.
    Depuis l’indépendance, on a semé les grains de l’orientalisation avec l’aide, tantôt, des baathistes, tantôt, des « frères musulmans » qui cherchaient un pays pour y fonder leur chimérique « Dawla islamiya », après qu’ils aient été chassés de leur pays, par le Nassérisme et le panarabisme.

    Mais, si ces deux concepts, antagonistes au Machrek, avaient leurs raisons d’être, puisqu’y cohabitaient deux religions différentes, Islam et rites chrétiens différents, dans des pays berceaux des religions révélées, au sein de populations unies, tout de même par la langue arabe commune, et une même civilisation millénaire, point n’était le cas des pays du Maghreb.

    En effet, le propre de ces pays, est d’être eux, par contre, unis par une Amazighité frappée d’ostracisme dans son propre berceau, qu’est l’Ifriqya qui a pourtant accueilli et protégé les musulmans qui fuyaient les massacres de masse infligés par les « néo-musulmans-conquérants » non point des coeurs et des esprits, mais des terres riches des plaines d’Afrique du Nord, de Thamazgha.

    Ainsi en fut-il des siècles, qui ont vu suite aux défilés, tantôt des Hamites, puis des Phéniciens qui ont imprégné la région de leur culture et de leur langue ou de leur alphabet, puis, des Romains, des Vandales et enfin des Byzantins, jusqu’au moment où la région allait connaître un réveil marqué par l’adhésion à l’Islam.
    Même si cette adhésion a connu des épisodes qu’il serait discourtois de rappeler ici, vu la gravité de la situation que vit notre région, il est utile de rappeler qu’elle fut le refuge de ceux qui ont fui la chasse aux partisans des écoles islamiques opposées au discours des Califes-rois, qui venaient de « dynastiser le Califat » et d’en faire un instrument de pouvoir, malléable et à géométrie variable, pour servir de Code adaptable au gré des nécessités de l’Empire califal.

    Ainsi en fut-il, des siècles durant, et aussi bien les populations autochtones amazighes islamisées, que les populations arabes ou semi-arabes-égyptiennes accueillies, et qui fuyaient la tyrannie des califes moyen orientaux, tantôt à la recherche de pâturage, tantôt, venues ou déplacées au Maghreb pour une nouvelle chance, ou tout simplement, demeurées sur place, après des guerres de conquêtes, allaient demeurer su place, et ensemble, elles allaient aménager un « Islam » coopté par leurs dignitaires autoproclamés, mais désignés par les émirs régnants.

    Ainsi donc, allait après différents courants de pensée, et surtout différentes monarchies « islamo-berbères », qui auront régné entre 715 H et 1415 H, s’imposer le rite Malékite, mais avec une proximité et un respect et une vénération des familles descendantes du Prophète, aswaws, les « Ashraf », qui allaient amalgammer et créer une parfaite symbiose entre école Malékite et école des Ahl el Beyt, as.

    Force est de croire, que la cohésion allait devenir indissociable, et ce, à tel point que les Turcs qui allaient venir en aide aux Amazigho-arabes, dans leur résistance à la pénétration croisée des espagnoles et des Portugais voisins, ne purent point imposer leur école Hanéfite, et cette osmose entre école Ahl el beyt, as, et école Malékite, allait faire tâche d’huile, y compris au Maroc voisin, qui avait échappé à la tutelle Ottomane.
    Pour preuve, lorsque le pouvoir algérien,sous influence et non plus tutelle Ottomane, allait succomber devant l’agression coloniale française, qui se voulait à la fois coloniale et croisée, comme le rapportait l’apologiste catholique Poujoulat qui avait félicité Bugeaud en 1844 : « vous continuez l’œuvre de Godefroy de Bouillon, de Louis VII et de saint Louis … Notre guerre d’Afrique est une continuation des Croisades.. » Cité par Mostefa LACHERAF, in « Colonialismes et féodalités indigènes en Algérie », in la Revue « Esprit », Avril 1954.

    Face à cette pénétration, le peuple algérien unanime s’est rangé derrière les résistants, et parmi les plus célèbres d’entre eux, nous allons retrouver les notables Ashraf, comme l’émir Abdelkader, Boubaghla, les Zaatcha, Cheikh Ahaddad, Lalla Fadhma N’soumer,Les Ouled Sidi Cheikh et les Bouamama, et bien entendu, d’autres non moins célèbres, tels les notables comme la Bachagha El Mokrani, El Hadj Ahmed Bey, et d’autres.
    Dans le sud, la prise sanglante de Laghouat et de Touggourt, la soumission des Beni-M’zab du Mzab seulement, en 1852 et celle du Souf, témoignent de l’esprit national algérien, et c’est ainsi qu’un chef de tribu du Sud-Ouest, Cheikh Bouamama a continué de résister avec succès de 1882 jusqu’en 1902, pendant que la résistance des Touaregs, allait se maintenir. La région du Hoggar “a lutté contre le colonisateur depuis la bataille de wad Inhawen en 1881 jusqu’à celle de Ilmane en 1917.

    Durant la guerre de libération nationale, l’esprit nationaliste avait pris le pas sur l’esprit de terroir régional, et l’on aurait pu croire que cet esprit allait perdurer et se galvaniser après l’indépendance, mais hélas, les luttes politiques et de clans régionaux, pour s’approprier le pouvoir, allaient voir ré-émerger, le régionalisme qu’avait combattu l’ALN-FLN, et avec les pouvoirs issus des « coups d’état », nous allions voir semer les graines de la dissidence, sous toutes se formes, mais avec une forme plus exacerbée dans l’enseignement, hélas.

    En effet, sous couvert d’unité nationale, on allait sacrifier sur l’autel de notre identité, notre dimension amazighe, tout d’abord, et ensuite, notre respect de la dimension spirituelle de notre islam, que l’on assimilera à une forme péjorative de « vénération pour les tombes » et notre respect pour les saints descendants de Rassoulou Allah, aswaws, qui ont islamisé Thamazgha, en une nouvelle forme de paganisme, surtout, avec la pénétration en Algérie, du Wahabisme, et de son bras pour la prédication religieuse, le « SALAFISME » dépouillé de spiritualité.

    Ces deux derniers mouvements, après être devenus la nouvelle arme des Croisés, contre l’Islam du Coran, ont été utilisé en Afghanistan, pour abattre le géant au pieds d’argile que fut l’URSS, et ensuite, pour créer le « choc des civilisations », dirigé contre l’Islam, qui a remplacé le « diable rouge », comme conceptualisé par Huntington, et aussi avec l’influence négative de Bernard Lewis, et le rôle catastrophique dans le conditionnement psychologique, dévolu aux médias télévisuels par la franc-maçonnerie et le sionisme qui dirigent le monde, pour occuper les musulmans, dans des guerres intestines locales, et les éloigner du développement et de la lutte de libération de la Palestine, jusqu’à ce qu’un gouvernement mondial dut institutionnalisé, avec pour capitale de l’Empire, Jérusalem, comme l’a déclaré sans prendre de gants, et tout naïvement, avec une morgue épouvantable, Bernard Attali, un vieux cheval de retour…

    Nous avons semé, les graines de la division en faisant la promotion du Wahabisme et du faux salafisme; nous avons ouvert nos antennes et nos manabirs, et colonnes de journaux, aux prédicateurs de la haine ethnique, religieuse et sociale, mais pire, nous avons promu l’intolérance sous toutes ses formes, au niveau de « constante nationale », et l’intolérance de la diversité en facteur identitaire de « garantie de la cohérence nationale », aussi sommes-nous en train de vivre les soubresauts de la résistance à cette nouvelle forme de colonialisme des esprits.
    Ce qui me fait peur, c’est de constater que ce sont les extrêmes, importés, et qui colonisent l’esprit de nos enfants, que notre école ne protège pas, contre les idées destructrices, car nous ne leur apprenons pas à réfléchir, qui creusent leurs sillons dans notre société.
    « Une tête bien faite, et non point une tête bien pleine », voilà ce que devrait se donner comme but, notre école, si nous voulons éviter la généralisation du cauchemar de Ghardaïa, et si nous voulons encore éviter la tâche d’huile…

    Qu’Allah, unisse les Algériens, autour des valeurs authentiques et Qu’Il Inspire nos décideurs et nous préserve des tentations hérétiques et des hérésies sociales et culturelles.




    0
  • Abdelkader Dehbi
    27 janvier 2014 at 11 h 37 min - Reply

    Ayant des amis dans les deux camps – Cha3’ambas, de rite malékite et Mozabites de rite Ibadite – je me suis abstenu de faire des commentaires sur cette énième et malheureuse crise qui secoue depuis quelques jours, la ville de Ghardaïa et sa région.
    Cependant, devant l’usage inconsidéré et probablement provocateur, de certains mots, de certains concepts, il m’a paru utile de faire le point, et de donner mon opinion :

    En effet, quand la journaliste Hadjer Guenanfa, du média en ligne – http://www.tsa-algerie.com – évoque dans un titre racoleur, « Ghardaïa : la psychose sécuritaire et des tentations séparatistes » on est en droit de la sommer de nous faire connaître la « carte » du « pays » et l’identité du « peuple » qui sont hantés par la tentation séparatiste »… Voire, pour autant qu’elle soit dans les secrets de cette espèce d’aventurier irresponsable, qu’est le Dr Kamaleddine Fekhar, de nous informer sur l’identité des membres de son futur « gouvernement », comme l’a fait avant lui, pour la Kabylie, un autre misérable aventurier, le chanteur Ferhat Mehenni.

    Et puisqu’on y est, il y a aussi d’autres journaux francophones qui cherchent eux aussi, à jeter de l’huile sur le feu ; à l’exemple de El Watan, Liberté ou Le Soir d’Algérie, connus pour leur manipulation de la provocation et surtout, pour leurs penchants berbéristes, francophiles et islamophobes affichés et qui vont carrément jusqu’à opposer « arabes » (en parlant des Cha3’ambas) et « mozabites » (en parlant des Ibadites), faisant montre en l’occurrence, d’une incroyable méconnaissance de l’Histoire et de la Sociologie de notre pays.

    Pour les évènements qui ont endeuillé les familles dans les deux camps, je m’interdis de prendre parti pour les uns ou pour les autres ; c’est-là, le rôle des enquêteurs de la police et de la gendarmerie et in fine, de la justice ; même si je ne me fais aucune illusion sur ces institutions, dont tout le monde sait qu’elles sont aux ordres d’un pouvoir politique illégitime et corrompu. Un pouvoir aujourd’hui aux abois et arrivé en bout de course, capable de toutes les forfaitures ; y compris celle de tirer profit des occasions qui se présentent, voire, les créer…

    L’Etat algérien est aujourd’hui probablement plus malade que l’homme censé en être le « chef ». C’est un Etat en quasi apesanteur et en quasi déshérence Résultat logique de plus de vingt ans de mainmise quasi absolue sur le pays, sur ses hommes et sur ses ressources, par une oligarchie illégitime, corrompue, repue, incompétente et anti nationale – civils et militaires confondus. Et c’est cette quasi vacance de l’Etat, que les adversaires traditionnels et objectifs de l’Algérie entendent instrumentaliser. Par désir de vengeance historique ou par nécessité d’intérêts idéologiques et/ou économiques. Et les lobbies de la France-Israël se trouvent aux premières loges, pour manipuler leurs relais intérieurs, constitués de tout un fatras d’aventuriers politiques, de compradores piégés par leur patrimoine mal acquis, domicilié hors d’Algérie, et même de descendants de harkis en mal de « revanche » mais aussi, d’authentiques traîtres et autres indics stipendiés, hantant les couloirs des ambassades et autres officines hostiles à notre pays.




    0
    • meghress19
      28 janvier 2014 at 20 h 16 min - Reply

      Monsieur Dehbi
      Effectivement il ne faudrait pas prendre parti d’autant plus que le pouvoir tire les ficelles. Mais quand des videos montrent clairement une connivence entre des chaambas et des services d’insecurite, il faut denoncer ca avec force. Et quand ca vient d’un respectable arabophone comme vous, ca resonne mieux, et cela couperait l’herbe de ces « aventuriers ».




      0
      • Abdelkader Dehbi
        31 janvier 2014 at 21 h 49 min - Reply

        Si je faisais état de certains témoignages, plus crédibles que des vidéos dont on ne sait comment ni pas Qui elles ont été tournées, j’apparaîtrais comme prenant parti pour les Ch’3âmbas. Je préfère m’abstenir. Je me trouve à Alger, et je n’ai aucune qualité pour aller faire une enquête moi-même. Je donne mes opinions comme citoyen, un point c’est tout.




        0
  • Ouas Ziani
    27 janvier 2014 at 17 h 33 min - Reply

    Qui tiens le Burundi, contrôle le Congo et qui tiens le Congo, contrôle l’Afrique (Mao Zédong). les américains, les belges, les français et les israéliens le savaient déjà. Le cobalt, l’uranium, le pétrole, le gaz et le coltan ont toujours eu besoin de mercenaires indigènes pour ouvrir des voies d’hémoglobine, les seules qui soient moins risquées et moins couteuses pour leur extraction, leur transport et leur exploitation. Les identités, les parlers, les religions, les calendriers et les couleurs de peau de ceux qui n’ont que des os surmontés d’un muscle qui fait fonction de langue sont heureux de s’offrir en martyres aux multinationales. Aujourd’hui, les Tutsis se disent juifs, alléluia ! Demain peut être, les survivants d’entre nous seront heureux de s’entendre dire : vous êtes les descendants d’une des dix tribu perdues, alors apprenons les psaumes et préparons-nous à fêter la hilloula.




    0
  • AS
    27 janvier 2014 at 22 h 30 min - Reply

    la regionalisation par la PEV ou le GMO, c’est cela…




    0
  • A.Hocine
    27 janvier 2014 at 23 h 23 min - Reply

    @ Ouas Ziani
    Beaucoup d’amertume et suffisamment de pessimisme,c’est a en pleurer. Certains commentaires sur les pages de LQA m’inquiètent par ce qu’ils véhiculent comme rancune, haine et le mépris des autres sans les connaitre.
    Je pense que si nous arrivions à maitriser nos patients et échanger nos points de vues sans acrimonie, nous trouverions, sans doute, assez de points de convergence pour rebâtir notre Algérie ,sur de nouvelles fondations avec nos propres matériaux.
    Je Suis certain,qu’ainsi,nous ne serions jamais des tribus perdues et n’aurions pas a chanter les psaumes
    car nous continuerons à réciter nos versets coraniques.
    Essalem Alikoum.




    0
  • A.Hocine
    28 janvier 2014 at 14 h 36 min - Reply

    @ Ouas Ziani
    Bien lire maitriser nos passions au lieu de patients.




    0
  • Ouas Ziani
    28 janvier 2014 at 20 h 08 min - Reply

    @ A. Hocine

    WA aleyka essalem

    Vous avez peut être raison de voir de l’amertume et du pessimisme dans mes commentaires. On peut effectivement les lire comme expression d’une profonde déprime. Combien même ce serait le cas, cher ami, comment ne pas sombrer dans la dépression lorsque l’histoire, ce comptable infaillible, met sous nos yeux le calamiteux bilan ?
    Entre les espoirs de nombreuses générations qui se sont sacrifiées et le dérisoire produit entre nos mains, admettez l’ami, que les résultats font honte.

    Honnêtement Hocine, je ne suis pas étonné que vous fassiez des lectures émotionnelles. C’est une attitude largement partagée par nos compatriotes. Mais là où je suis déçu, c’est quand vous voyez dans mes écrits des sentiments de rancune, de haine et de mépris. Allah yaghferlek.
    En fait, ce que vous appelez pessimisme, acrimonie, passions et amertume sont tout simplement du réalisme. Mais pour le comprendre comme tel, il faudrait privilégier les attitudes cognitives et réprimer un tant soit peu son affectivité. Celle-ci cause souvent des confusions et des dégâts irréparables. De grâce, ne projetez pas vos émotions sur moi, apprenons à nous regarder sur une glace et essayons de comprendre cette hideuse image qu’elle nous renvoie.

    Le réalisme, cher ami, est une attitude qui permet au compatriote de rester conscient, vigilant, sur ses gardes particulièrement quand le personnel censé incarner l’Etat déploie tous les jours son effrayante inaptitude à protéger qui que ce soit dans ce pays. Jouez franc jeu et dites moi si l’état a protégé un algérien ordinaire dans son propre pays ou dans un pays étranger. A-t-il protégé le bien de la collectivité ? Donnez-moi juste la moitié d’un exemple et je vous présenterai mes excuses.

    Dans un de vos commentaires, vous invoquez une disposition de la constitution qui fait obligation à l’état de protéger une partie de nos concitoyens à Ghardaïa ! De deux choses l’une, ou bien vous êtes naïf ou alors vous prenez les lecteurs pour des demeurés. Ce que vous appelez pompeusement constitution est, pour ma part, une serviette hygiénique. Son usage est dicté par le cycle menstruel du régime. Ne comptez pas non plus sur les partis, ce ne sont que des furoncles d’un corps moribond. Je vous vois d’ici me traiter de dépressif.
    PS : si la comparaison avec les Tutsis et les Hutus vous gène, je me ferais un plaisir de développer plus.
    Amicalement




    0
  • A.Hocine
    29 janvier 2014 at 0 h 59 min - Reply

    @ Ouas Ziani,
    Levons tout de suite le mal entendu. Je ne parlais pas des contenus de vos posts en particulier. En fait je voulais attirer votre attention sur les teneurs des commentaires que nous commettons sur les pages de LQA.(Le nous englobe tous les textes, les nôtres et ceux des autres).
    Vous avez parfaitement raison de dire que je fais, parfois, des lectures émotionnelles, je l’avoue, cela m’arrive quand je décèle la mauvaise foi du commentateur. Si vous voulez me croire, je n’ai pas encore rencontrer ce sentiment en lisant vos commentaires; bien que parfois, certains sont ironiques.
    Je regrette que vous ayez cru que je visais votre style en parlant de haine, mépris et de rancune, et vous demande de bien vouloir croire que cela n’était pas mon intention.
    De nature, je ne suis pas émotif et je vous rassure, cher ami, que je n’ai jamais réagi de façon épidermique, quelle que soit la situation.
    Ceci dit,je pense comme vous que le bilan de nos gouvernants est négatif à tous égards: Déperdition scolaire, déni de justice, Corruption, dilapidation de biens publics etc…En clair rien de réjouissant.
    J’en conviens avec vous que l’Etat Algérien ne protégé pas ses citoyens à l’intérieur du pays et ignore complétement ceux qui sont à l’étranger quand ils ont des problèmes.
    Vous me prêtez l’intention de prendre pour des demeurés les lecteurs de LQA,en invoquant une disposition de la constitution qui fait obligation à l’Etat d’assurer la sécurité de ses citoyens, je suis loin d’être naïf et a mon tour de te dire Rabi yaghferlek.
    En ce qui concerne les Tutsis et les Hutus, la comparaison ne me gène pas et je dirai plus nous sommes tous des Africains.
    La bonne nouvelle nous vient cette semaine de la Tunisie dont le peuple a su transcender ses différences et a réussit a mettre en place une constitution plus en avance que celle de l’époque de Bourguiba et chose inattendue, un gouvernement d’union nationale dont les membres n’appartiennent à aucune chapelle politique.
    Je vous pose la question Pouvons-nous faire la même chose quand les partis dits majoritaires appellent un Président Malade-Allah ichaffih- à etre candidat pour un 4eme mandat?




    0
  • Ouas Ziani
    29 janvier 2014 at 18 h 08 min - Reply

    @ A Hocine

    Essalam

    A présent, je suis rassuré et je m’excuse d’avoir émis une hypothèse désobligeante. Quant à votre question, je vous ai dit ce que je pense de ce que vous appelez les partis politiques. Ce sont des furoncles apparus en 89 sur un corps reconnu (enfin) malade au milieu des années 80. Il n’y a pas de parti politique dans notre pays, autrement ça se saurait. De même, je ne fais aucune différence entre un orgelet, une pustule, une teigne, une tumeur cancéreuse et un gros furoncle.

    Dans un pays où tout est autorisé sauf la parole politique ; tout est encouragé sauf l’acte politique ; tout est recommandé sauf le politique, comment peut-on avaler l’idée qu’il existe dans ce pays ne serait-ce qu’un petit cercle politique ? Comme tant d’autres organisations, y compris celles dites institutions, les partis dits politiques sont des mouches de pêcheur dont la seule fonction est de faciliter la capture des truites que nous sommes. Si notre société vit le degré zéro de sa condition humaine, c’est précisément parce qu’elle a été privée d’une propriété fondamentale : le politique. Alors, cher ami, ne nous étonnons pas de voir des compatriotes agir et réagir instinctuellement. Maintenus à l’état végétatif, nous continuons à nous conserver en nous illusionnant, en nous agrippant à du bois mort.

    Maintenant que les manifestations cliniques d’une grave pathologie appellent à la reconduction pour un énième « mandat » du signe premier du syndrome, quoi de plus normal que de les voir se regrouper solidairement autour de la cellule souche ? Je trouve cela parfaitement cohérent. L’idéal pour ces prévôts, n’est pas de reconduire Bouteflika mais de construire un président en bronze et de ne plus s’encombrer des formalités ruineuses,inutiles et du bruit des casse-pieds.

    En Tunisie, et de tout temps, les choses ont été différentes. Un signe : les débats que vous avez peut être suivi sur les plateaux des télés tunisiennes ces deux dernières années sont d’une qualité exceptionnelle. La verve des intervenants, la fluidité de la langue et la précision des idées signifient que l’universitaire et l’homme politique dans ce pays n’ont jamais manqué, ni avant, ni pendant ni après Bourguiba. Ce dernier, tout combattant suprême qu’il fut, n’était pas un ignare qui passait son temps à postillonner des clichés absurdes pour un public ridicule. Ce n’est pas un accident de l’histoire si 1 tunisien vaut 70 algériens. Je veux parler du dinar. A propos de la nouvelle constitution tunisienne, je fais mien le jugement des gens du bâtiment : c’est au pied du mur qu’on reconnait le maçon.

    Quant à nous, disons pour faire court que les revenus de la rente ont anesthésié toutes les facultés mentales. Pour preuve, il n’y a qu’à entendre les jacassements du personnel placé au devant de la scène pour comprendre qu’ils sont employés à couvrir les abominables crimes de leurs maitres. Si, ici, le pétrole et le gaz sont des rentes non renouvelables, en Égypte, le canal de suez, les pyramides et la Palestine sont des rentes inépuisables. En Tunisie, il n’y a rien de tout cela.
    Amicalement.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique