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12 December 2017

Keep Calm & Carry On: Les émotions et le zèle dans le frigo.

Indépendance2Tahar LSW in Facebook

20 mars 2014

Je n’ai pas une boule de cristal pour voir l’avenir de l’Algérie, mais je crois et je pense (et je crois que je ne suis pas le seul) que nous sommes à un moment critique où tout le monde doit se calmer d’un cran. Nous assistons à une évolution grave de la situation, une division probable dans les hautes sphères de l’institution militaire, et une panique évidente de ceux qui ont poussé et sont encore en train de pousser la candidature de Bouteflika. C’est dans ces moments là que nous ne devrions pas ajouter au bruit ambiant et au brouhaha, ou prendre des positions plus radicales ou faire dans gesticulations inutiles, et en dépit de toutes les provocations qui vont venir, nous devons résister a cela.

 

C’est ma conviction la plus ferme que nous devons: 1) continuer et maintenir la pression; et 2) être prêt à s’asseoir et à faire des compromis. Oui des compromis entre nous et avec le pouvoir. Le mot « compromis » n’est pas un mot sale, grossier, ou une expression de trahison ou de faiblesse. Le compromis pour le bien de tous (the greater good) est le cœur battant de la politique dans une démocratie.  Il ne faut pas laisser la perfection être l’ennemi du bien, ou le compromis être l’ennemi de la solution. Comme disait le Mahatma, « Un œil pour un œil rendra le monde entier aveugle » (An eye for an eye will leave everyone blind), et nous ne sommes certainement pas de meilleurs politiciens que Gandhi.

 

 

Comme on sait, une bête acculée, comme le pourrait l’être notre régime agonisant en ces moments,est plus dangereuse parce qu’elle n’a plus rien a perdre. Il ne faut pas donc qu’on arrive à une situation de zero-sum game où la victoire de l’un se fêterait sur les cendres de l’autre et où seuls les radicaux des deux bords récolteraient les fruits du succès.  Consultez l’histoire et vous allez constater que les révolutions radicales ont presque toujours mené à des gouvernements postrévolutionnaires radicaux et un cycle de problèmes de gouvernance chronique. Ergo, Il faut qu’il y ait une porte de sortie pour les dirigeants de notre régime, en quelque sorte honorable même s’ils ne la méritent pas. Bien sûr, le cadre de cette «honorable sortie » reste encore a être déterminé et défini, mais le plus important est que nous soyons prêts à offrir et à accepter cette « porte de sortie ». Sinon ces « jusqu’au-boutistes », qu’on connaît très bien, s’ils se sentent acculés et coincés, comme une bête blessée, brûleraient la maison et tout ce qu’il y a dedans

 

Je ne dis pas que nous devrions arrêter. Non. Je dis qu’il faut maintenir la pression, mais être prêt à faire des compromis pour le « greater good. »  Et Il ne s’agit pasde moi et de ma génération, nous sommes déjà de l’histoire. Et Il ne s’agit pas aussi de votre génération, vous êtes, hélas, aussi déjà de l’histoire. Mais il s’agit de la prochaine et celle après la prochaine. Donc, il faut mettre de l’eau dans notre vin, comme on dit, et mettre nos egos, nos émotions, et notre zèle de côté. let cooler heads prevail!


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6 Commentaires sur cet article

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  • Salim Oulbani
    21 mars 2014 at 11 h 48 min - Reply

    On est donc deux, déjà, à partager cette sage pensée.




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  • Alilou
    21 mars 2014 at 12 h 00 min - Reply

    Vous dites compromis ????? bete acculée au mur est capable de faire des compromis ???? pas certain.

    50 ans qu’on fait des compromis, 50 ans que notre échine dorsale est courbée au point ou on a tous oublié que cette échine est dessinée pour etre dressée droite et soutenir le corps. 50 ans que nous sommes courbés au point ou aucun algerien digne n’arrive a chier par terre directement.

    Niet kharachouve my friend…deja donné.

    Ils vont rendre des comptes et tous, SANS COMPROMIS.




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  • rafik
    21 mars 2014 at 16 h 42 min - Reply

    les compromis il faut les faire entre les protagonistes de l’opposition pour donner de la force aux revendications et susciter l’adhesion du peuple.

    je suis par contre d’avis qu’il faut rester calme, car ceux qui ne veulent pas lacher prise n’hesiteront pas si on leur laisse l’occasion, de faire voler en eclat l’integrite et l’unite territoriale de ce pays sachant que ce sont ce genre de breches dont raffolent les illuminatis pour garantir la fermete de leur prise.

    nous ne sommes pas totalement maitres de notre destin. mais nous pouvons y contribuer.




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  • Nomade Dziri
    21 mars 2014 at 19 h 16 min - Reply

    Je suis d’avis de notre frère Tahar. Nous vivons une crise du pouvoir inédite qui a commencé avec l’affaire de Chakib Khelil mais rares ceux qui ont compris cela. Depuis le pouvoir a réussi à ne pas éclater avec un compromis boiteux et rien n’est encore perdu et Zeroual vient de confirmer cette crise au sommet. Malheureusement l’opposition suit les événements mais elle ne les comprend pas ! à force de penser qu’ils sont unis et qu’ils jouent du théâtre, ils ont réussi entre temps d’organiser des élections fermés mais à haut risque.




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  • Abdellah
    21 mars 2014 at 20 h 27 min - Reply

    Y a-t-il en Algérie une opposition organisée tels les grands courants de pensée qui régissent le monde (droite,gauche,républicains,conservateurs,communistes etc…? Je reprends mon somme et svp réveillez-moi après le vote !




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  • Algérie: Keep Calm & Carry On: Les émotions et le zèle dans le frigo | laseptiemewilaya
    21 mars 2014 at 21 h 22 min - Reply

    […] Billet Publié aussi sur Le Quotidien d’Algerie […]




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  • Congrès du Changement Démocratique