Édition du
26 September 2017

GAZ DE SCHISTE : Une contribution pédagogique

 

gaz de schisteIl y a une semaine, j’avais demandé à Si Abderrahmane Aouad, Ingénieur Géophysicien, informaticien, polyglotte, lecteur insatiable et ancien Cadre supérieur dans le groupe Sonatrach – aujourd’hui à la retraite – de bien vouloir contribuer à éclairer le citoyen ordinaire et profane sur le sujet sensible du Gaz de Schiste. Je le remercie d’avoir accédé à ma demande et voici l’exposé qu’il vient de m’adresser aujourd’hui : (A. Dehbi)

…………………………………………………….

Abderrahmane AOUAD

Le 21 mai, le gouvernement algérien a décidé de se lancer dans l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Est- ce là une bonne décision pour le pays et son peuple ? Est- ce là une décision bénéfique bien que risquée liée à une vision stratégique appuyée par une étude spécialisée ? Est-ce seulement le souci de maintenir le système de la rente ?

La question fait débat. Faut-il y aller, attendre ou pousser vers d’autres voies ? Force est de constater que la vision sur le devenir du pays que montre le mode de gouvernance du pays ne permet pas au citoyen intéressé d’être assuré que seuls les intérêts du pays sont à la base de la décision.

 

Aspects géologiques et techniques d’extraction:

 

Le gaz de schiste ou d’argile est un gaz naturel contenu dans des roches marneuses ou argileuses non métamorphiques, riches en matières organiques. Il est piégé dans les porosités de la roche mère rendue imperméable par l’argile qu’elle contient. Cette roche mère est donc son réservoir naturel. C’est pourquoi son extraction est particulièrement difficile. Elle nécessite le recours systématique aux techniques combinées du forage dirigé vertical et horizontal et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses. Le gaz de schiste est essentiellement constitué de méthane et est faiblement concentré.

La profondeur des couches sédimentaires qui le contiennent sont comprises, généralement, entre 2 et 4 km. Ces couches sont en forme de bancs de plusieurs centaines de mètres de long. L’épaisseur, qui est variable, doit dépasser les 30 mètres pour permettre une extraction économiquement viable.

 

La technique d’extraction la plus courante s’appuie sur le forage dirigé avec de longues portions horizontales associée à la fracturation hydraulique. Dans le schiste, un puits, malgré l’utilisation de la fracturation hydraulique, ne permet de drainer qu’un volume de roche limité. Il faut donc forer beaucoup plus de puits que dans le cas de l’extraction d’hydrocarbures conventionnels. La multitude de puits forés en fait une technique très onéreuse.

La fracturation hydraulique consiste à provoquer avant la mise en production du puits un grand nombre de micro-fractures dans la roche contenant le gaz, ce qui rend celle-ci poreuse et permet au gaz ou à l’huile de schiste de se déplacer jusqu’au puits afin d’être récupéré en surface. La fracturation est obtenue par l’injection d’eau à haute pression (environ 300 bars) dans la formation géologique en passant par le puits horizontal. L’eau qui est injectée contient du sable, des biocides, des lubrifiants et des détergents afin d’améliorer l’efficacité de la fracturation.

 

Une fois le forage terminé, elle s’effectue en plusieurs étapes dont le nombre est d’autant plus important que la roche mère est imperméable. Selon des sociétés spécialisées, il faut en moyenne, pour une longueur de puits horizontal d’un kilomètre, 30 opérations de fracturation qui consomment chacune environ 300 m3 d’eau, 30 tonnes de sables et 0,5 % d’additifs .. Il faut tout de suite savoir que les capacités installées de forage de Sonatrach et de ses filiales sont insuffisantes. Ces dernières ont encore à apprendre en matière de forage dirigé et horizontal. Le processus technologique de la fracturation n’est pas maîtrisé par nos entreprises et ce seront des compagnies étrangères qui profiteront de son implémentation.

Plusieurs techniques d’extraction alternatives sont actuellement à l’étude : remplacement de l’eau par du gaz comme le propane, stimulation, chauffage de la roche, mais elles sont encore balbutiantes. Celle qui semble la plus propre, baptisée fracturation sèche, n’utilise ni eau, ni explosifs, ni acides, ni solvants, mais de l’hélium chaud. En 2013, les compagnies spécialisées ont considéré qu’il n’y avait pas d’alternative aujourd’hui disponible à la fracturation hydraulique.

 

Rappelons enfin, les principales différences du processus d’extraction du gaz et de l’huile de schiste par rapport aux gisements classiques :

— 1. le gaz n’est pas concentré dans une roche réservoir perméable mais diffus dans la roche mère rendue artificiellement perméable sur une distance réduite autour du puits. Un puits ne draine donc qu’un faible volume de roches et ramène relativement peu de gaz. Pour produire une même quantité de gaz, il faut multiplier les puits ce qui nécessite, pour une même quantité de gaz produit, des investissements nettement plus importants.

— 2. la quantité d’eau injectée (volume de plusieurs centaines de fois supérieur à l’extraction de gaz conventionnel) nécessite des installations de retraitement particulièrement importantes. En milieu saharien, les nappes, particulièrement l’albien, doivent bénéficier d’une protection accrue.

— 3. la courbe de production se caractérise par un pic prononcé mais court en début de vie puis une décrue rapide, (expliquée en point 1). Cette caractéristique nécessite la multiplication des puits.

— 4. le taux de récupération d’un gisement de gaz de schiste est actuellement en moyenne de 20 % contre 75 % pou pour les gisements conventionnels.

 

Aspects économiques:

 

Bien que les hausses du prix du gaz naturel des années 2000 et les progrès technologiques de la fracturation hydraulique et des forages horizontaux aient amélioré la rentabilité du gaz de schiste, ses coûts de production restent généralement plus élevés que ceux des gisements traditionnels. Les coûts élevés du forage horizontal et de la fracturation hydraulique, (entre 8 et 10 millions de dollars par puits) ainsi que le cycle de vie très court (5 ans) des puits concourent à rendre difficile et même aléatoire, la rentabilisation des gisements de gaz de schiste.

 

Seul le type d’exploitation que permet le modèle économique américain (déréglementation, politique active de subventions et règles fiscales) autorise une rentabilité sur le très court terme. Ajoutons que, en raison de l’instabilité des prix du gaz et de la volatilité de cette activité, celle-ci peut s’effondrer à la moindre modification des paramètres économiques.

Il faut savoir que, en 2013, les compagnies pétrolières ont réduit de moitié leurs investissements en Amérique du Nord dans le gaz non conventionnel. Dans les zones sahariennes où les hydrocarbures gisent à plus de 3km, le coût d’extraction du gaz oscillerait autour de 6 à 10 dollars (estimation par comparaison avec les USA) par million de British thermal unit (soit 28 m3) alors que son prix de vente ne dépasse pas les 6 dollars. Toutes ces considérations prises en compte, on peut s’autoriser à dire qu’il existerait, en Algérie, des incertitudes sur la rentabilité des gisements de gaz de schiste.

 

Aspects environnementaux:

 

Le Parlement européen a réalisé une étude sur les impacts de la fracturation hydraulique lors de l’exploitation des gaz et des huiles de schiste sur l’environnement et la santé publique. Les résultats sont accablants et confirment les craintes légitimes. L’extraction de gaz de schiste a bel et bien des impacts sur l’environnement et la santé humaine.

L’étude reconnaît la nature inévitable des impacts de l’extraction de gaz de schiste, notamment sur l’air et les nappes phréatiques. L’étude fait également état des nombreux accidents répertoriés aux USA et de leurs dommages causés à l’environnement et à la santé humaine. Selon l’étude, l’extraction de gaz de schiste contribue également à augmenter les émissions de gaz à effet de serre.

 

Les dommages, nombreux, incluent l’augmentation des taux de radon dans l’air. « Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore présent dans les sous-sols. Dans les zones d’extraction, les concentrations de radon mesurées peuvent atteindre des taux dangereux qui accroissent le risque d’atteinte du cancer du poumon ». Pollution des nappes phréatiques, microséismes et hausse du radon sont des aspects néfastes de l’exploitation des gaz de schiste.

Cette étude a conduit la France à adopter un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste sur son territoire. En Europe, la tendance est à l’adoption de mesures législatives strictes pour protéger les territoires et la population.

 

En conclusion, Posons une question : Quel est l’intérêt de l’Algérie à hâter la mise en exploitation du gaz de schiste quand on sait qu’une immense partie du domaine minier national est encore vierge et recèle, sans nul doute, des quantités considérables d’hydrocarbures conventionnels. Pour ma part, Je pense qu’il est urgent d’attendre.

Le pays aura le loisir d’exploiter les gisements de gaz de schiste au besoin quand aucune alternative technologique n’aura surgi. Pendant ce temps, investissons dans la connaissance, les ressources humaines, l’agriculture et les énergies nouvelles. Là est l’intérêt de l’Algérie.

 


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11 Commentaires sur cet article

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  • Larbi Anti-DRS
    11 juin 2014 at 22 h 49 min - Reply

    Radium-226 a ete’ trouve’ avec une limite 1000 fois superieure a la limite autorise’ dans de l’eau potable de surface. Des particules d’Uranium, Zinc, Chrom, Plomb sont constate’ dans l’eau de surface en aval de l’exploitation des gas de schist.

    Ceci est au USA, le Sahara de la Mauritanie au Soudan est a l’inverse des USA un reservoire d’uranium et d’autre elements radioactif qui lui sont referent due au decay. Donc, le gas schist sera radioactif et les boues utilise’ vont poluer chimiquement et nucleairement les nappes d’eau pour l’eternite’.

    Paragraph d’un article sur le sujet:
    « According to a June 2010 article in the online journal Environmental Science & Technology, by David Kargbo,
    Ron Wilhelm and David Campbell, all of the EPA’s Region III office in Philadelphia, the Marcellus Shale is
    considered to contain « elevated levels » of naturally occurring radioactive materials.

    They cite a recent study of 13 Marcellus fracking wastewater samples by the New York Department of
    Conservation that found levels of Radium-226 as high as 267 times the safe disposal limit and thousands of
    times higher than the safe drinking water limit. Another study by the New York Department of Health found
    elevated radium-226 levels in samples of drilling « brine, » a salty drilling wastewater.

    John Hanger, former secretary of the Pennsylvania Department of Environmental Protection, denied charges in
    the Times article that the state’s gas drilling regulations are « lax, » citing regulatory changes that tightened water
    withdrawal and disposal rules, stream protections and drilling standards.

    But he said it raises « serious concerns » about radioactivity and public health.

    During his more than two years as DEP secretary, Mr. Hanger said he reviewed the radioactivity issue with
    David J. Allard, DEP deputy secretary for the Bureau of Air, Recycling and Radiation Protection, and they
    determined it was not a threat to drilling workers or the public.

    « Personally I believe there isn’t a [radiation] problem, » Mr. Hanger said. « But test the water. »A November 2010 study of fracking’s effect on radioactive material in the Marcellus Shale by Tracy Bank, a geologist at the State University of New York in Buffalo, found that the process that released the gas also releases uranium trapped in the shale. She said additional study is needed to understand and predict the reaction in the shale to fracking.
    « We found that some of the metals in the shale can react to the fracking fluids and become mobile, including
    uranium, chromium and zinc, which can come back to the surface with the fluids, » Ms. Bank said. « It’s totally
    treatable and all the chemically contaminated waste water needs to be treated. It definitely can’t be disposed of
    in streams without treatment. That might result in a fish kill. »
    Kathryn Klaber, president and executive director of the Marcellus Shale Coalition, a lobbying and advocacy
    organization that includes most of the drilling companies operating in the Marcellus Shale, said after drilling
    companies pre-treat wastewater to settle out drill cuttings and other solids, which are sent to approved landfills,
    radiation levels of water sent to sewage treatment plants for discharge are much lower.
    Public drinking water intakes do not often test for radiation levels, but the Pittsburgh Water and Sewer
    Authority will do so this year because of issues raised by the Times article, said Stanley States, authority water
    quality manager.
    The DEP said it has added 78 well inspectors in the past 18 months to review operations at the 2,815 Marcellus
    wells drilled to date. »




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  • fateh
    11 juin 2014 at 23 h 44 min - Reply

    chellal a parle de couches bebes, quand a la fracturation…une attitude de mepris envers tous les Algeriens patriotes qui se sont eleves contre l’exploitation de ce gaz de la mort….
    Il me semble qu’il faut faire pression sur le locataire d’el-mouradia…de porter l’entiere responsabilite ainsi qu’a tous ceux qui veulent cette exploitation, s’il arrivait une catastrophe humaine ou environnementale.




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  • rak
    12 juin 2014 at 21 h 19 min - Reply

    Salam, Azul, Bsr

    Avant toute chose, Merci aux freres ainés Dehbi pour son initiative et Mr Aouad pour leurs efforts respectifs afin de nous eclairer encore plus nous autres « profanes » dans le domaine
    cela renforce encore plus ma conviction d’etre visceralement contre ce projet.
    Pour ceux qui partagent mon avis, je leur propose un slogan en anglais( c’est la mode en Algerie parait-il) qui doit aller comme un gant pour ce combat qu’il faut jeter a la face des beggarines qui nous gouvernent et leurs parrains:

    Frack off away from Algeria

    Cordialement




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  • Dudesert
    12 juin 2014 at 22 h 04 min - Reply

    Bonsoir
    L’idée ou la décision d’exploitation les gaz de schiste en Algerie peuvent être acceptables si la sonatrach dispose de tradition d’accumulation de connaissances. Alors, ce n’est pas le cas. A cela s’ajoute le fait qu’au jour d’aujourd’hui, la rentabilité de l’exploitation de gaz de schiste n’est pas démontrée, les conséquences écologiques non évaluées. En effet, l’Algérie ne dispose même d’une industrie basique pour traiter des déchets les plus rentables. Qu’en sera-t-il des déchets radioactifs ou de la pollution des nappes phréatiques.
    Par ailleurs, l’exploitation des gaz de schiste se fera actuellement exclusivement avec la technologie, les équipements et la ressource humaine américaines. Les seuls qui disposent de ressources technologiques, financières et humaines pour exploiter le gaz de schiste sont les américains …. Ils veulent exporter les sous capacités disponibles chez eux..c’est mon avis.
    Salutations




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    • Larbi Anti-DRS
      13 juin 2014 at 8 h 14 min - Reply

      Vous avez raison, ils les Americains ont plus de 5000 instalations, puits d’injections/extractions de gas schist. cette industrie n’est rentable que dans les etats ou il y a une reglementation liberale (anarchie liberale) avec un gouverneurs/senateurs et lobby generalement republicain qui recoivent des envellopes des multitudes de societes « petrolieres ».

      Les majors tel Shell, Exxon, BP vendent leurs portefeuilles dans les gas schist a de petits, generalements d’ex-managers, ingenieurs, forman d’exploitation et de forge, qui ont fait des credits avec des banques pour financer une industrie en faillite.
      D’ou, ils cherchent un damping de leurs equipements dans des pays plein de peuple stupide, et colonise’ par des parasites qui sont plus stupide que leurs peuple mais sont plus sanguinaires et criminels.

      Donc, le gas schist est une bulle, equivalente a la bulle d’hypotheque au USA. les proprietaires des instalations schist essayent de sauver les meubles en vendants leurs ferailles irradie’ a plus stupide dans le monde.

      La pollution est chimique et nucleaire est un crime contre l’humanite’ et contre la terre entiere, que l’OPCW (organe UN contre les pullutions chimique) ainsi que l’Agence Internationale de l’Energie Atomique et les Nations Unie n’interviennent pas pour proteger les peuples et l’environement contre une pollution connue et que les humains vont realise’ a escient.

      Il faut mettre en avant la pollution nucleaire dans l’exploitation schist qui est plus dangeureuse que la pollution chimique, est c’est pour cela qu’elle est occulte’ par tous le monde, est c’est un crime manifeste.




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  • Mousse
    13 juin 2014 at 7 h 58 min - Reply
  • Ouas Ziani
    13 juin 2014 at 22 h 18 min - Reply
  • laid baiid
    21 juin 2014 at 9 h 37 min - Reply

    Il a été décicé que l’Algérie serait tout simplement une sorte de laboratoire ou d’éprouvette,pour découvrir le mode ou la méthode la moins onéreuse pour l’extraction de ce gaz,dont certains pays ne pourrait s’en passer..On ne peut pas revenir en arrière ,puisque les tchipas sont déjà payées.
    Des forages ont commencé il y a plus d’un an HALIBURTON à ADRAR..nous pourrons produire des millions de megaWT en solaire..
    Comme l’Algérie n’appartient pas à ceux qui la gouvernent….Alors pour nos beni oui oui grassement payés et intouchables… on accepte un autre « Reggane »…




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  • rachid dahmani
    21 juin 2014 at 19 h 21 min - Reply

    Bonjour,

    J’aimerais mettre mon intervention à propos de celle de Monsieur le Ministre de l’énergie et des mines sur l’exploitation du gaz de schiste. Il prétend que le gaz de schiste est très mal connue et se défend d’avoir signé un quelconque contrat avec une entreprise française pour forer en Algérie. Cependant, il ne met pas de côté l’idée d’exploiter ce gaz en argumentant par le fait que la France n’a pas mis de côté le nucléaire. Voici ses propos « Le ministre fait le parallèle avec des pays développés comme les États-Unis et le Canada « qui exploitent le gaz de schiste et qui ne comptent pas revenir dessus ». Il interroge l’assistance sur les raisons pour lesquelles la France n’a pas abandonné le nucléaire. « Tout le monde a relevé que la France avait abandonné l’idée d’exploiter le gaz de schiste mais pourquoi n’abandonne-t-elle pas le nucléaire ? Fukushima a été bien plus dangereux que les forages connus de gaz de schistes », souligne Youcef Yousfi. » Il faut alors comprendre que parce que la France n’abandonne pas le nucléaire au risque encouru (exemple de Fukushima) que nous devons courir aussi des risques par l’exploitation méconnue du gaz de schiste. C’est à dire on doit suivre l’exemple des autres même si l’on sait que c’est nocif pour le pays…s’il n y a pas anguille sous roche dans ses propos sur l’exploitation en Algérie des gaz non conventionnels avec des entreprises Françaises alors je suis le président de la république.




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  • LE QUOTIDIEN D'ALGERIE » L’exploitation du Gaz de schiste en Algérie: Une trahison contre le peuple algérien et un crime écologique
    14 janvier 2015 at 22 h 13 min - Reply
  • L’exploitation du Gaz de schiste en Algérie: Une trahison contre le peuple algérien et un crime écologique – ehaggar
    28 janvier 2017 at 23 h 04 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique