Édition du
20 August 2019

Rififi au sein de la « famille révolutionnaire »

 

Lettre de Mme Vve Boubnider, épouse du colonel Salah Boubnider Azzeddine

J ’ai été victime d’une escroquerie qui m’a dépouillée de tous mes biens.

L’auteur de ce forfait n’est autre que Rabah Zerari, alias commandant Azzedine, qui a profité de son amitié pour mon défunt mari, le colonel de l’ALN Salah Boubnider dit Sawt Al Arab, pour abuser de ma confiance et me soutirer d’importantes sommes d’argent destinées à la construction d’une maison familiale. Avec la complicité de sa fille Chellali Fifi (Lamia) et de son gendre Hadjouti Hamza, Rabah Zerari avait sollicité, en 2011, mon aide financière pour créer une société de transport d’eau pour alimenter le complexe Tonic Industrie de Bou Ismaïl, louer des domaines agricoles (des centaines d’hectares) dans la wilaya de Tipasa, ainsi que des terrains à bâtir dans une coopérative immobilière à Birkhadem.

A ma grande surprise, j’apprendrais quelques mois plus tard que la société de transport d’eau, la coopérative immobilière ainsi que les terrains agricoles étaient fictifs. Je ne pouvais donc que me rendre à l’évidence que j’avais été escroquée par celui que mon défunt mari considérait comme son «frère». J’apprendrais également que Rabah Zerari a escroqué plusieurs personnes de son entourage, parmi ses relations et ses amis.

Lorsque j’ai demandé le remboursement de mon argent, la fille Chellali Fifi (Lamia) et le gendre Hadjouti Hamza de Rabah Zerari m’ont remis deux chèques qui s’avèreront faux. Pour corriger ce qu’il a appelé une «erreur de jeunesse» de sa fille et de son gendre, Rabah Zerari me remit deux autres chèques, sans provision. Mes différentes tentatives pour régler le problème à l’amiable et les médiations amicales de tierces personnes ayant échoué, j’ai décidé, le 14 octobre 2013, de déposer une plainte au parquet de Chéraga pour «escroquerie, faux et usage de faux et émission de chèques sans provision». Après une enquête minutieuse de la Gendarmerie nationale, qui a établi les faits, j’ai confirmé ma plainte auprès du juge d’instruction du tribunal de Chéraga qui a inculpé les mis en cause. Malgré la gravité des faits et les différentes convocations de la justice, Rabah Zerari a préféré quitter le pays plutôt que de faire face à ses responsabilités.

Quant à son gendre Hadjouti Hamza, il habite toujours la villa de Rabah Zerari à Club des Pins et continue de défier la justice. Malgré son refus de répondre aux convocations aussi bien de la gendarmerie que des juges, il n’a pas été arrêté.


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24 Commentaires sur cet article

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  • Mohand Chérif
    7 juillet 2014 at 15 h 54 min - Reply

    Bonjour Mme Vve Boubnider

    Je ne vois pas pourquoi vous vous plaigniez ! L’Algérie vous a permis de posséder une banque privée familiale « Boubnider and Co » pour financer des projets d’envergure (d’amis ou autres) , qu’est-ce qu’il vous faut donc de plus !

    Il se trouve que vos clients sont des amis à votre mari et donc vous n’avez pas su gérer vos investissements et vos crédits à l’économie sur certains projets d’une manière sûre, il ne faut donc n’en vouloir qu’à vous-même !

    Etre banquier est une profession. Gérer des grosses sommes d’argent Madame, (…bien acquis ou mal acquis… là n’est pas la question !!!), peut provoquer des surprises ! Il faut assumer les risques !

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    • Ouas Ziani
      8 juillet 2014 at 0 h 14 min - Reply

      J’ajouterai un aspect que Mohand Chérif a omis de signaler. Le commandant Azzedine et le colonel Boubnider étaient des références morales et politiques de la presse la plus libre du monde arabe.
      On est donc autorisé à penser que les journalistes censés lutter pour la démocratie et officiers qui ont lutté pour la liberté appartiennent aux espèces sonnantes. Le temps, cet incomparable trébuchet, fini toujours par entrechoquer les désirs des hommes, des femmes et, bien sûr, des pièces.
      Quel dommage que dans les tribunaux ceux qui détiennent le glaive tripotent constamment la bascule. Il parait que la famille, au sens italien du terme, juge la réparation de cet instrument comme un acte subversif.

  • Nordine
    7 juillet 2014 at 19 h 10 min - Reply

    la nomenklatura et les apparatchiks du pouvoir et de la « revolution »
    egal à un nid de hyènes enragées

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  • Si Tchad
    7 juillet 2014 at 20 h 18 min - Reply

    Avec Fifi, pouvait-on s’attendre à autre chose que du Rififi?

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  • bourourou
    7 juillet 2014 at 20 h 38 min - Reply

    Triste fin de nos anciens combattants…
    il est vrai que Azdine et Feu Boubnider furent de vrais combattants. Et maintenant qu’il n y a plus d’ennemi à combattre ils se battent pour les sous…Il faut dire que ces bandits qui nous gouvernent sont forts en réussissant à corrompre même les vrais maquisards.
    Un peu de pudeur quand même, il y a des gens qui peinent à trouver à manger. N’étalez pas vos richesses mal acquises, épargnez-nous ce supplice.

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  • louizette
    8 juillet 2014 at 0 h 04 min - Reply

    Madame boubebider a herite de ses parents un lot de terrain situé à poirson. Elle l a vendu pour permettre à ses enfants de se construire un toit. Voilà toute l histoire. Elle EST VICTIME. L ami de son mari apprenant la vente du terrain l a sollicité pour un pret. AU NOM DE L AMITIE elle lui a avancé de l argent.
    ça c est le commandant azzedine que je connais bien parce que depuis 6 ans ils tentent tous de nous spolier de la villa familiale dans laquelle vit ma mère une autre veuve..de moudjahed.
    les veuves attirent la convoitise du preux commandant. Et certains magistrats ne rechignent pas à lui donner un coup de pousse le cas échéant.

  • Djamel M
    8 juillet 2014 at 0 h 08 min - Reply

    Les querelles de famille sont les pires. Comme chacun sait, il y a immunité pour les atteintes contre les biens commises au sein d’une famille.

  • fateh
    8 juillet 2014 at 0 h 35 min - Reply

    INCHALLAH , je ne suis pas dans l’erreur, il se trouve que ce si azzeddine est le proprietaire de la boite de nuit -el koutoubia- sise a cote du cinema Algeria ,rue didouche mourad.
    Nous savons tous ce que ce genre de personne vaut en terme de moralite.

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  • rachid dahmani
    8 juillet 2014 at 3 h 17 min - Reply

    On se battait déjà pour les sous durant la guerre de libération. On a éliminé Abane dans cette perspective de s’enrichir par prise du pouvoir interposée. Les calculs se faisaient déjà bien avant l’indépendance…triste sort pour certains, mais surtout triste sort pour le pays.

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  • popoy
    8 juillet 2014 at 12 h 30 min - Reply

    c’est drôle de voir maintenant ,et à ce moment la; c’est meme très drôle des loups qui commencent a rompre le contrat naturel , c’est un bon signe
    les loups commencent a se dévorer entre eux
    l Algérie « d’el mo aajizat »
    le temps de rendre des comptes viendra
    notre BON DIEU ne vous laisse pas faire d’ici la et d’ici la bas

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  • Nordine
    8 juillet 2014 at 18 h 29 min - Reply

    si azzedine ce natif de belcourt doit son belle avenir au général massu apres sa capture par le colonel bigeard commandant du 3eme rpima dans la region de palestro en 1958.
    collaborateur hors normes !!!

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  • Toofeek
    8 juillet 2014 at 20 h 50 min - Reply

    On dit que le linge sale se lave en famille.Faut croire que les temps et les mœurs ont drôlement changé.
    Pour autant; attendons de lire la version du Commandant pour se prononcer sur cette autre affaire de gros sous;
    L’ALGERIE est décidément un pays riche , voir trés riche pour certains.
    ouane tou thré ….

  • Toofeek
    8 juillet 2014 at 21 h 20 min - Reply

    Une note de fraicheur pour rappeler aux lecteurs que tout n’est pas permis au  » Royaume d’Algerie »
    Aussi jenai pas pu resister de faire partager aux lecteurs cet hommage d’une autre veuve d’un illustre Colonel .

    Bonne lecture

    Voici un hommage rendu par la DIGNE VEUVE DE SON DEFUNT MARI La Veuve du Colonel LOTFI au Moudjahid MMOHAMED Mechati paix à son ame que j’ai repris en copié collé du journal El Wattan

    En ce 5 juillet, jour anniversaire de l’indépendance de notre pays, nous avons une pensée toute particulière pour Si Mohamed Mechati qui nous a quittés.

    Cet homme, ce combattant de la première heure qui avait fait partie du groupe des «22» et qui est toujours resté dans l’ombre, n’a eu de cesse de servir son pays corps et âme. Il n’a jamais dérogé à ses principes. Toute sa vie durant, il a honoré et est demeuré fidèle au serment du 1er Novembre, aux fondements de la Révolution, telle qu’elle avait été pensée et organisée.

    Ce militant infatigable ne souhaitait rien de plus que de voir triompher les valeurs de ceux et celles qui se sont sacrifiés pour elles. Cet esprit libre et intègre vivra à jamais dans nos mémoires et continuera à résonner dans nos esprits et dans nos cœurs.
    Un grand homme nous a quittés et c’est tout un peuple qui le pleure aujourd’hui. La famille Lotfi-Khemisti est triste de voir partir un homme de grande valeur. Un patriote, un militant convaincu et prie toute sa famille de bien vouloir accepter ses sincères condoléances.
    Fatima Méchiche, veuve du colonel Lotfi

    Appreciez la hauteur et la noblesse du propos ; Il faut dire aussi que cet hommage est d’autant plus heureux que la Famiglia ( n’est ce pas Ziani)s’est murée dans un silence assourdissant car le defunt avait denoncé il y’a quelque mois le 4éme mandat ;
    Enfin à chacun sa famille et Dieu reconnaitra les siens ;

    Merci Mme Lotfi de nous rappeler qu’il n’ya pas que la course aux honneurs et aux previleges qui regissent la vie;

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  • Ouas Ziani
    9 juillet 2014 at 1 h 42 min - Reply

    L’hommage rendu par Fatima Mechiche au défunt Mohammed Mechati est dans l’ordre naturel des choses. Le silence des officiels sur la disparition de cet homme est également dans l’ordre naturel des choses. Contrairement à ce qu’on pense, le mutisme officiel est un hommage digne, un témoignage considérable, à la ligne de conduite respectable reconnue à Mechati par ceux qui l’ont côtoyé. De ce fait, et en toute logique, ses proches, amis et compagnons de route doivent s’en féliciter. Je ne te cache pas que si j’étais membre de sa famille, je n’hésiterais pas à publier un placard publicitaire pour les remercier d’avoir perdu la parole.
    Ceci dit, de mon point de vue, le 4ème mandat n’est pas un gros problème mais un tracas trivial. Mohammed Mechati et tous ses semblables auraient aimé l’éviter juste pour obtenir une rémission, un répit, ce qui n’est pas la solution que les algériens attendent. Les sursis, cher ami, on en a ras-le-bol.

    Il faut espérer que ces familles déploient toute leur expertise, tout leur professionnalisme, dans la dévastation du pays et qu’elles trouvent en échange l’engouement auquel elles se sont habituées à piller le patrimoine matériel et symbolique d’un état adjugé aux plus offrants.
    Mohammed Mechati a sûrement sauvé son honneur d’homme mais comme acteur du mouvement national et vis-à-vis des causes pour lesquelles il avait pris les armes, il a failli. Allah yarhmou.

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  • louizette
    10 juillet 2014 at 11 h 22 min - Reply

    certains internautes se sont précipités à accabler Mme veuve boubnider, oubliant que c’est d’abord une victime. Elle est victime de ce qu’ayant hérité d’un terrain à Poirson de ses parents, elle a décidé de le vendre pour permettre à ses enfants d’être plus à l’aise. Quoi de plus naturel que de vouloir, de son vivant, aider ses enfacommandant Azzedi

  • louizette
    10 juillet 2014 at 11 h 28 min - Reply

    Quoi de plus naturel que vouloir aider ses enfants. Mais le Commandant ami de longue ayant appris que le compte de mme Boubnider était alimenté est allé lui demander un prêt. La proximité du Commandant Azzedine avec son défunt mari a fait qu’elle n’a pas pu refuser.
    c’est une victime.
    de même que Madame Serraî, une autre veuve habitant la ville 12 à la Cité DNC, hydra est entrain de subir le martyr du fait du harcèlement par ce même Commandant Azzedine qui a jeté son dévolu sur sa villa. ça , c’est le Commandant Azzedine.
    Alors s’il vous plait ne vous trompez pas de cible. Ce n’est ni la veuve, ni l’orphelin et je sais de quoi je parle.
    malheureusement la presse fait honteusement l’impasse sur les « activités » du Commandant Azzedine pour une raison encore inconnue.

    • chellali fifi
      30 juillet 2014 at 23 h 17 min - Reply

      Bonsoir « Louizette »,
      En 2003, je louais le local de Mme Serrai, une cave de 236 mètres carrés. J’entrepris de grosses rénovations, qui durèrent plus de 4 ans à l’aide d’un crédit octroyé par l’Ansej. Mon objectif étant d’en faire un institut de beauté. Une fois les travaux finis, le local entièrement rénové, Mme Serrai et ses filles, conscientes du potentiel de l’affaire, décidèrent de récupérer le local afin d’y travailler.
      Ayant constaté ce cirque et voulant a tout prix éviter les problèmes, j’accepte de quitter le local contre le remboursement de la totalité de l’investissement.
      Ce qu’elles refusèrent. Puis elles entamèrent une procédure en justice afin de m’expulser. Ce qui se solda par un échec.
      Je ne comprends pas, « Mme Louizette », pourquoi vous mêlez mon père a cette histoire. Le seul soutien que j’ai eu de mon père, est un soutien moral. Comment osez vous Madame, proférer des insultes a l’égard de mon père, le traiter de voleur et de corrompu, un homme au passé glorieux ? Si mon père est tel que vous le décrivez, un voleur, je ne serai pas locataire chez Mme Serrai mais plutôt propriétaire.

      • louizette
        4 août 2014 at 20 h 10 min - Reply

        bonsoir Fifi
        je reconnais en vous une grande communicatrice. Vous avez occulté sciemment l’essence même de l’article, à savoir l’escroquerie dont a été victime la veuve d’un grand monsieur, en l’occurrence Salah Boubnider, pour dévier sur le parcours de votre père d’avant l’indépendance.
        Or quel qu’ait été ce parcours il n’excuse pas l’escroquerie que dénonce Mme Boubnider et autres victimes.
        Par ailleurs, c’est vrai que l’ansej vous a octroyé un prêt de 4 millions de DA, que vous avez procédé à de menus travaux dans la « cave » de la veuve Serraï et qu’une fois le contrat de location arrivé à terme vous avez exigé d’une veuve vivant avec une minable pension de vous donner une indemnité d’éviction d’un montant de 4 milliard, 600 et des poussières et ce, sans avoir eu de fonds de commerce( pour la simple raison que vous viviez à paris où sont scolarisées vos filles).
        Alors cessez de transfigurer les faits parce que les écrits sont là , têtus.
        Alors quand on a de la dignité et qu’on pense être de la race des seigneurs quand la table est débarrassée on la quitte. Quand la propriétaire d’un bien vous réclame de le restituer, vous le faites. Point à la ligne.
        Alors ayez pitié des veuves et rendez leur leur bien.

        • hadji
          27 décembre 2014 at 22 h 02 min - Reply

          azzedine et boubnider ont cautionner la plus grande tricherie ..les elections 1996 en tant que vice et presedent de la commession d.observation des elections

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      • ejaar
        20 octobre 2014 at 11 h 53 min - Reply

        Bonjour Fifi,
        Enfin on s’est retrouvées!
        Ce n’est pas sympa de ne pas répondre…
        Alors…?
        Vous faites toujours le manucure?
        Cordialement

  • Salmi
    11 juillet 2014 at 19 h 13 min - Reply

    Cmt azdine le premier signataire pour Khald nezar …. ils ont Vendu leur Ame au diable

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  • jijeli
    14 juillet 2014 at 18 h 32 min - Reply

    Tellement ils ont de l’ argent ils l’ettalent devans nous , et sans aucunes pudeurs..!Un zawali..

  • Chellali Fifi
    30 juillet 2014 at 23 h 29 min - Reply

    Commandant Azzedine

    Rabah Zerrari, qui fera beaucoup parler de lui par la suite sous le nom d’Azzedine, un bon chef de guerre : du coup d’œil sur le terrain, du courage, de l’autorité, il jouit d’un réel ascendant sur ses hommes et auprès de ses chefs, d’une bonne audience. Il deviendra la bête noire de Bigeard, et son histoire mérite d’être évoquée.

    Né le 8 août 1934 à Béjaia en basse Kabylie, d’un père originaire de Kabylie qui le laisse orphelin à trois ans, il est élevé par son frère aîné, Saïd, militant du PPA (Parti du peuple algérien). Sa foi dans la patrie algérienne est fortifiée par les violences du 8 mai 1945 à Bône dont il est témoin. Livreur, puis garçon de café. En 1954, Rabah Zerrari a vingt deux ans et une seule passion, le football. Ouvrier soudeur autogène et à l’arc chez Caterpillar, à Alger, pour un salaire mensuel de 18 000 francs, il ne se trouve pas « malheureux » et ne s’est jamais intéressé à la politique. Comme tout le monde, il a entendu parler des événements du 1er novembre et, sans bien en comprendre la signification profonde, il suit les récits des attentats et accrochages de l’Aurès que font les journaux algérois. Le 25 février 1955, il est contacté par un militant du Clos-Salembier, Abderrahmane Lahla, qui lui demande de participer à la révolution. Rêvant de maquis, de sabotage de routes, Zerrari accepte. Mais comme, dans un premier temps, on ne lui demande que de cotiser pour 5 000 francs par mois, il est un peu déçu et insiste pour passer à l’action. Sans attendre les ordres, il décide de son propre chef d’attaquer au chalumeau le coffre-fort de l’usine Caterpillar où il travaille. Interrompu par des Français armés de fusils de chasse, il prend la fuite mais il est atteint d’une balle à un mollet, il se réfugie au Clos-Salembier, il rejoint en suite le maquis en wilaya IV, il change d’identité et est formé par le colonel Amar Ouamrane.

    Dès l’été 1955, Rabah Zerrari change de nom en Si Azzedine est nommé responsable politique du secteur de Zbarbar, près de Palestro, et se fait remarquer par son esprit d’initiative pour faire payer les cotisations du FLN et monter des coups de main. Arrêté le 14 juillet 1956 à l’issue d’un combat désespéré où son unité est encerclée, blessé grièvement, il connaît de rudes conditions de détention à la prison de Tablat d’où il s’évade en octobre en emportant un Mat 49, suivi de 13 détenus1 . Nommé responsable militaire à la tête de 8 000 hommes de la région de Aïn Bessem, il monte avec succès une série de grandes embuscades qui le font reconnaître comme un des maîtres de la guérilla2 . Habillant ses « djounoud », tous volontaires, d’uniformes seyants, établissant avec eux un lien féodal, devenu capitaine, Azzedine hérite, début 1957, de la compagnie zonale dite  » Commando ali Khodja  » en wilaya IV créée par Ali Khodja. Cette force spéciale, forte de 120 hommes triés sur le volet, bien armés, bien entrainés, aguerris, parfois mesurés avec les forces de l’armée française, sous son commandement le nombre d’hommes de ce commando fut atteint le chiffre de 1 200. Azzedine mène tout d’abord un combat pied à pied contre les commandos noirs du général de Bollardière, d’autant plus dangereux pour l’ALN qu’ils ne torturaient pas et gagnaient des sympathies parmi la population. Économe du sang de ses hommes qui l’admirent et qu’il entraîne comme des marathoniens aptes au combat en montagne, spécialiste des actions rapides et hardis. Menant une guerre de seigneur, refusant les exactions, il libère un prisonnier et respecte ses adversaires, dont les capitaines de spahis Lebel2 , père et fils, tués respectivement les armes à la main en avril et mai 1957. Sa réputation est telle après le combat victorieux d’Oued Melah, qu’une grande opération est déclenchée contre lui ayant à sa tête le colonel Bigeard et le 3e RPC. Le 23 mai 1957, au combat d’encerclement d’Agounnenda qui va jusqu’au corps à corps, il laisse sur le terrain une partie de ses hommes qui se sacrifient pour couvrir le repli. De nouveau blessé début 1958, Azzedine se voit confier par le colonel Si M’Hammed, remarquable chef de guérilla, le commandement militaire de la wilaya IV. Ce qui lui permet de conclure au bénéfice de l’ALN l’affaire de la « Force K » par ralliement avec armes, de centaines de membres de cette tentative de contre-maquis. Très critique envers les « stratèges en chambre » qui négligent, depuis la Tunisie, la logistique des katibas de l’intérieur, méfiant envers les purges du colonel Amirouche, le 17 novembre 1958, à nouveau blessé (13 blessures en tout), il est fait prisonnier et est salué par des officiers du 3e RPIMA2.

    Feignant d’accepter les principes de la « paix des braves », reçu en soldat par le général Massu1 , bien qu’ayant donné sa parole, il regagne le maquis. Après une odyssée de deux mois et demi de marche, il est porteur à Tunis d’un appel au secours des wilayas. Membre de la délégation algérienne en Chine en mai 1959, participant actif du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne) de 1959 à 1962, adjoint au chef d’État-Major Général de l’ALN en 1960, il recrée, début 1962, la ZAA (Zone autonome d’Alger) afin de tenir en échec l’OAS. Il aura des contacts fréquents avec le préfet d’Alger, Vitalis Cros et Michel Hacq responsables de la « Mission C » pour la lutte conte l’OAS. Le 5 juillet, il déclare Alger ville ouverte, il est à la tete de 12 bataillons avec un arsenal de 18 000 armes. Peiné par les affrontements fratricides qui ensanglantent les premiers mois de l’indépendante durant la Crise de l’été 1962, il décide de son plein gré de quitter définitivement l’armée de libération et la vie politique. À 28 ans il commence une nouvelle vie, se marie et fonde une famille.

    • jeha
      10 mai 2015 at 14 h 30 min - Reply

      Un drôle de brave votre azzedine, après avoir livré à la boucherie des centaines d’hommes valeureux ( de la chaire à canon). Il fête l’indépendance en croquant la vie à pleine dent et en venant se pavaner sur les plateaux de télévision en france et recevant des compliments qui le feront rougir de la part de son soit disant ancien ennemi le général bigeard.

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    Congrès du Changement Démocratique