Édition du
11 December 2018

Réflexions sur le Congrès de la Soummam

Abane BenmehidiRéflexions sur le Congrès de la Soummam
par Benyoucef Benkhedda

Rappel historique

On sait que l’insurrection algérienne a été déclenchée par les éléments du CRUA (Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action) tous issus de l’OS (Organisation Spéciale) branche armée du PPA-MTLD, à la suite de l’éclatement de la direction de ce parti en deux factions: Comité central et Messali.

La direction de la Révolution passe alors aux «6» du  CRUA qui sort au grand jour le 1er Novembre 1954 sous l’appellation du FLN (Front de libération nationale).

Le partage des responsabilités entre eux, après leur réunion du 23 octobre 1954 à Bologhine (ex-Saint-Eugène), s’était fait ainsi:

  • Zone 1, Aurès-Némencha, Mustapha Ben Boulaïd,
  • Zone 2, Nord-Constantinois, Mourad Didouche,
  • Zone 3, Kabylie, Belkacem Krim,
  • Zone 4, Algérois, Rabah Bitat,
  • Zone 5, Oranie, Mohammed Larbi Ben M’hidi.

(Les zones seront remplacées par les wilayate après le Congrès de la Soummam).

Quant à Boudiaf, désigné par ses pairs «coordonnateur», il s’envole pour le Caire porteur de la Proclamation du 1er Novembre 1954 qui sera lue sur les ondes de Sawt-El-Arab, la Radio du Caire, dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 1954 par Ben Bella.

Ben Bella, Aït Ahmed et Khider, établis dans la capitale égyptienne où ils représentaient la délégation extérieure du PPA-MTLD avaient entre-temps opté pour le CRUA et avec les «6» ils constituaient à «9» la première direction du FLN.

Avant de se séparer à Bologhine, les premiers s’étaient donnés rendez-vous au 12 janvier 1955 pour faire le point de la situation, malheureusement les événements surgis de la guerre ne leur ont pas permis de se rencontrer.

Didouche meurt le 12 janvier dans un combat face à l’ennemi.

Ben Boulaïd est arrêté le 12 février 1955 à la frontière tuniso-libyenne, en se rendant au Caire afin d’activer l’entrée des armes promises.

Boudiaf et Ben M’hidi se déplacent entre le Maroc et l’Egypte en vue de prospecter les armes et organiser leur acheminement en Algérie.

Abbane libéré le…janvier 1955, après 6 ans de détention, regagne son village natal, où il est rejoint par Krim et Ouamrane.

Bitat est arrêté le…mars 1955. Ouamrane lui succède à la tête de la zone 4 et confie, en accord avec Krim, la responsabilité d’Alger à Abbane.

Le PCA (Parti communiste algérien) a éclaté, à cause de sa composition mixte formée d’Européens et de Musulmans et de sa sujétion au PCF (Parti communiste français) allié au parti socialiste de la SFIO au sein du Front républicain qui votera la loi sur «les pouvoirs spéciaux» destinés à renforcer l’armée de répression en Algérie. Le PCA sortira discrédité aux yeux des masses algériennes.

Les messalistes sont majoritaires en France où une lutte sanglante et meurtrière est engagée entre leur parti: le MNA et le FLN, dont l’enjeu est l’émigration algérienne forte de 300 000 et d’où ils envoient fonds et instructions à leurs maquis, actifs en Kabylie, au Sud et à Alger-ville.

Mais le gros problème demeure la minorité européenne, forte d’un million d’habitants (sur 10) qui ont fait de l’Algérie une colonie de peuplement et où ils tiennent les leviers de commande. La Révolution grandissante inquiète ce bloc raciste et colonialiste qui commence à se fissurer. Des individus et des groupuscules appartenant aux trois confessions catholique, protestante et juive (catholique surtout), émus par les massacres des civils musulmans prennent position contre la répression. Cependant, la grande majorité fait confiance à l’armée et au gouvernement de Paris.

Sur le plan politique

En dehors des tracts et des communiqués paraissant occasionnellement, le FLN n’avait pas de journal pour s’affirmer sur le plan public, faire connaître ses positions politiques, relater les exploits de l’ALN, les massacres et tortures de la police et de l’armée françaises.

Il y avait un vide syndical dû à la faillite de la CGT (Confédération générale des travailleurs) d’obédience communiste.

Les étudiants et les quelques intellectuels qui avaient adhéré au Front posaient déjà des questions d’ordre idéologique: nature de l’Etat algérien indépendant, réforme agraire, problèmes sociaux, etc.

Abbane créa alors une commission dont le résultat se traduira dans le Projet de la «Plate-forme de la Soummam». Parallèlement se poursuivait grâce à un noyau de militants d’Alger l’encadrement de la population, dans une infrastructure spécifique: la zone autonome d’Alger avec deux volets politique et militaire.

Sur le plan militaire

Les maquis avaient fini par faire leur jonction. Cependant des conflits frontaliers éclataient à l’exemple de la zone 2 s’opposant à la base de l’Est pour le contrôle de la bande frontalière.

Dépassements, encadrement déficient, structures différentes d’une zone à l’autre caractérisaient l’ALN. Son extension dépendait étroitement de l’armement et les promesses faites à l’extérieur ne se réalisaient pas. Les armes manquaient terriblement. Ce fut la cause principale de l’arrestation de Ben Boulaid, et c’est pour armer les djounoud que Zighoud Youcef lança sa fameuse opération du 20 août 1955.

En France

En France l’Algérie est devenue la première préoccupation du gouvernement et de l’opinion publique.

En mars 1956, le Front républicain socialo-communiste a remporté les élections législatives et Guy Mollet, chef de la SFIO, est porté au pouvoir. Grâce aux «pouvoirs spéciaux» qui lui furent votés par la nouvelle assemblée, le gouvernement de gauche augmente le potentiel de son armée. De 200 000 hommes en 1956, l’effectif de cette dernière va s’élever à 400 000. En même temps, Guy Mollet lance son triptyque: cessez-le-feu, élections, négociations. Son idée était d’obtenir la reddition de l’ALN. Après quoi, il organiserait des élections en vue de dégager des «élus» avec lesquels il «négocierait». Un moyen d’imposer une solution militaire.

Pour le FLN, il n’y avait pas d’autres perspectives que la guerre.

Sur le plan international

A l’ONU, lors de la 10e session, les délégués arabes ont tenté d’inscrire la «question algérienne» à l’ordre du jour. Elle a été repoussée par la majorité acquise à la France et ses alliés.

L’attitude des gouvernements arabes, bien que favorable à l’Algérie, particulièrement de l’Egypte, est sujette à des fluctuations sous la pression de la France qui monnaie l’aide économique et financière. Le porte-parole du FLN à la radio Sawt el Arab, libre jusque là, est censuré. Le danger est grand de voir la Révolution algérienne instrumentalisée par Djamel Abd-Ennasser qui jouit d’un immense prestige auprès des masses arabes du Golfe à l’Atlantique.

Le colonel Fethi Dhib, chef des services spéciaux égyptiens, manœuvre dans ses rapports avec les membres de la délégation extérieure où il privilégie Ben Bella s’ingérant directement dans les affaires du groupe, créant animosité et disputes entre eux.

Un gros problème se posait à la direction du FLN partagée entre Alger et le Caire, celui des positions officielles devant tel ou tel événement, telle ou telle question pesant sur le cours de la Révolution: ainsi l’ouverture des négociations qui pouvaient ébranler la cohésion politique du FLN et semer la division, cette maladie mortelle des révolutions. Jusqu’ici, l’identité de formation des dirigeants issus tous du même parti: le PPA-MTLD, avait empêché l’éclatement. Mais le danger pouvait survenir devant les initiatives de la France.

Déjà des dissonances apparaissaient entre Abbane  qui affirmait: «Pas de négociations sans la reconnaissance préalable par la France de l’indépendance algérienne», pendant que de son côté Khider au Caire parlait d’«Assemblée nationale constituante».

La France ne se privait pas d’exploiter ces contradictions. Et quand les journalistes posaient aux officiels français la question des «négociations», ceux-ci répondaient invariablement «Avec qui?», et parlaient de «fait national algérien», de «table ronde» destinée en réalité à noyer le FLN dans un magma de partis sans représentativité: MNA, PCA et autres formations et personnalités musulmans et européens.

S’il existait des commandements à l’échelle zonale, si au Caire la délégation extérieure assurait avec plus ou mois de bonheur la représentation du FLN, par contre il n’existait pas une direction centrale coordonnant les activités du FLN, politiques et militaires, nationales et internationales constituant une autorité en mesure de se poser en interlocuteur valable vis à vis de l’adversaire, porte-parole de la Révolution et du peuple algérien.

A un moment donné il fut question d’une direction de «12» membres: six de l’intérieur (Ben Boulaïd, Zighoud, Krim, Bitat, Abbane, Ouamrane) et six de l’extérieur (Ben M’hidi, Ben Bella, Aït Ahmed, Khider, Debbaghine, Boudiaf).

Un des sujets de discorde qui ne cessait de tendre les rapports entre Alger et Le Caire, c’était les éléments envoyés d’Alger pour représenter le FLN sur la scène internationale et qui étaient contestés par ceux du Caire:  Ferhat Abbas, Tewfik El Madani, Kiouane.

Dans chaque lettre adressée au Caire, Abbane revient à la charge sur la question des armes où il parle de «carence». C’est pour tenter de régler tous ces problèmes politiques, militaires et autres et désigner la direction officielle du FLN absente de la scène politique depuis 2 ans qu’Abbane finit par prendre l’initiative de s’adresser aux chefs de maquis en vue d’une rencontre. Il avait déjà l’accord de Krim (Kabylie), Ouamrane (Algérois); il n’arrive pas à joindre Ben Boulaïd évadé de la prison de Constantine depuis novembre 1955. A Youcef  Zighoud (Nord –Constantinois) il délègue Saâd Dahlab; et c’est ainsi que le futur négociateur d’Evian inaugure son activité diplomatique au FLN. Zighoud adhère pleinement à l’idée. Les éléments qui étaient à l’extérieur sont également touchés. Seul Ben M’hidi rentrera à Alger en mai 1956. Je ne connais pas exactement les motifs pour lesquels les membres de la délégation extérieure n’ont pas suivi l’exemple de Ben M’hidi. Ceux d’entre eux qui sont encore ne vie peuvent nous éclairer.

Le Congrès et ses décisions

Le Congrès se réunit, comme chacun sait, dans la maison forestière d’Ighbal, à Ifri, non loin d’Ighzer Amokrane, sur la rive gauche de la Soummam, à quelques kilomètres d’Akbou, le 20 août 1956.

Le procès-verbal de la première séance donne la liste des membres présents.

Les membres présents étaient:

  • BEN M’HIDI, représentant de l’Oranie (président de Séance),
  • ABBANE, représentant le F.L.N. (secrétaire de séance),
  • OUAMRANE, représentant de l’Algérois,
  • KRIM, représentant de la Kabylie,
  • ZIROUT, représentant le Nord-Constantinois,
  • BENTOBBAL, adjoint de Zirout.

Membres absents:

  • BEN BOULAID, représentant des Aurès-Nemenchas,
  • SI CHERIF, représentant le Sud (excusé après avoir adressé son rapport à la réunion).»

Les congressistes n’avaient pas la certitude absolue de la mort de Ben Boulaid, qui remontait à cinq mois, ce qui explique que son nom figure dans cette liste.

Comme on le voit, le Congrès se réduit à six membres. En dehors des séances, ceux-ci se retrouvaient chacun avec d’autres membres de sa zone: Ali Kafi et Mostefa Ben Aouda avec Zirout et Ben Tobbal, Saïd Mohammedi et Aït Hamouda Amirouche avec Krim (zone 3), Déhilès, Si M’hammed Bouguerra et Ali Mellah avec Ouamrane (zone 4). Chaque chef de zone présenta un état de la situation: effectif des moudjahidine, armement, état d’esprit des combattants et de la population.

Les décisions organiques

Les zones furent remplacées par six wilayate découpée chacune en zone (mintaka), secteurs (nahia), région (kisma), chacune d’entre elles dirigée par quatre membres selon le principe de la direction collective.

Le Conseil de wilaya comprenait un colonel politico-militaire assisté de trois commandants: militaire, politique, liaisons et renseignements. Le secteur sanitaire était rattaché au Conseil de wilaya.

Pour les unités, elles allaient depuis le demi-groupe composé de 4 hommes commandés par un caporal jusqu’au bataillon de 350 hommes commandés par un colonel. Allergiques au culte de la personnalité qu’ils venaient de vivre récemment dans le conflit Messali-Comité central, les congressistes décidèrent qu’il n’y aura pas de grade de «général» jusqu’à la libération.

A la tête de chaque douar fut désignée l’assemblée du peuple de 4 membres avec un Président s’occupant de l’état-civil, de la justice, des finances, du ravitaillement et de la police. En réalité cette infrastructure subira des transformations au cours de la guerre mais le cadre général sera maintenu.

Le problème crucial de l’armement revenait sans cesse dans les débats, et le bilan de la délégation extérieure à ce sujet fut jugé négatif. Le congrès se résolut à la seule décision révolutionnaire: prendre les armes là où elles sont, c’est à dire chez l’ennemi.

CNRA et CCE

Le Congrès procéda à la désignation des organes de direction: CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) et le CCE (Comité de coordination et d’exécution). Le CNRA, parlement du FLN, joue le rôle de direction suprême du mouvement. Il prend des décisions d’orientation politique, militaire, économique et sociale, en même temps que celle d’une assemblée législative, symbole de la souveraineté nationale. Il désigne l’exécutif: CCE. Il engage des négociations avec l’adversaire, se prononce sur la guerre et la paix.

Le CNRA, désigné par le Congrès de la Soummam se composait de 34 membres: 17 titulaires et 17 suppléants:

Membres titulaires Membres suppléants:

1 –  Mostefa  Ben Boulaïd – L’adjoint de Ben Boulaïd
2 – Youcef Zirout – Lakhdar Ben Tobbal
3 –  Belkacem Krim –  Saïd Mohammedi
4 – Amar Ouamrane – Slimane Dhiles
5 –  Med Larbi Ben M’hidi – Abdelhafid Boussouf
6 – Rabah Bitat – Ali Mellah
7 – Mohammed Boudiaf – Saâd Dahlab
8 – Ramdane Abbane – Salah Louanchi
9 – Ahmed Ben Bella -Mohammed Ben Yahia
10 – Mohammed Khider – Abdelhamid Mehri
11 – Hocine Aït Ahmed – Tayeb Thaalibi
12 – Med Lamine Debbaghine – Mohammed Lebdjaoui
13 – Idir Aïssat – Ahmed Francis
14 – Ferhat Abbas – UGTA à désigner par le CCE
15 – M’hamed Yazid – Aïssa …
16 – Benyoucef Ben Khedda
17 – Ahmed Tewfik El Madani

Si l’on examine la liste du CNRA, titulaires et suppléants, 34 membres, elle est composée des:

  • 6 chefs de wilaya et leurs adjoints sauf la wilaya 6 sans adjoint (11),
  • Abbane: représentant du «FLN» (cf. le PV),
  • Les membres de la délégation extérieure: Aït Ahmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider (4),
  • Les «centralistes»: Ben Khedda, Dahlab, Aïssat, Yazid, Louanchi, Mehri (6),
  • L’UDMA: Abbas, Francis (2),
  • L’association des oulama: Tewfik El Madani, Mezhoudi (2).

Les éléments du PPA-MTLD sont nettement majoritaires. Les membres appartiennent à différents milieux: paysans, intellectuels, étudiants, syndicalistes, islamistes, image de l’Union nationale réalisée en pleine guerre. Le parti communiste algérien a été écarté ayant refusé de se dissoudre comme les autres partis.

L’ALN fut uniformisée dans sa structure et sa hiérarchie. Sur le plan de la justice, aucun officier, quel que soit son grade, n’a le droit de prononcer une condamnation à mort. Des tribunaux furent crées à l’échelle secteur et zone pour juger civils et militaires. L’accusé avait le droit de choisir sa défense. Egorgement et mutilation de cadavres étaient formellement interdits, de même que l’exécution de prisonniers de guerre (précautions de principes qui malheureusement seront souvent violées).

La plate-forme de la Soummam

La plate-forme de la Soummam analyse la situation politique 20 mois après le déclenchement de l’insurrection, fixe les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir. En outre, elle pose le problème des négociations et les conditions de cessez-le-feu qui serviront de base, cinq ans plus tard, aux négociations d’Evian:

  1. Reconnaissance de la Nation Algérienne une et indivisible (opposée à la fiction coloniale de «l’Algérie française» et à toute idée de partage ethnique ou confessionnel).
  2. Reconnaissance de l’Indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté pleine et entière, dans tous les domaines, y compris la Défense nationale et la diplomatie (contre le principe de l’autonomie interne concédé par la France à la Tunisie et au Maroc).
  3. Libération de tous les Algériens et Algériennes emprisonnés, internés ou exilés pour activité politique ou armée.
  4. Reconnaissance du FLN comme seul représentant du peuple algérien et seul habilité à toute négociation. En contrepartie le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien.
    «Seul le CNRA est habilité à ordonner le cessez-le-feu dans le cadre fixé par la Plate-forme». Proclame la Plate-forme de la Soummam.
    L’étude d’un «gouvernement provisoire» et sa proclamation fut laissée à l’initiative du CCE.

Face à la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la Plate-forme de la Soummam définit ainsi la Révolution: «La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni a Washington». L’allusion au «Caire» déplut fortement à Abd-Ennasser qui voulait se faire passer pour le «tuteur de la Révolution algérienne».

Certes il n’y a pas eu de doctrine mais un effort pour combler le vide idéologique et politique existant: ce n’était qu’une plate-forme: Elle ne pouvait que fixer les objectifs stratégiques de la guerre et les moyens d’y parvenir, notamment les conditions du cessez-le-feu. Son mérite aura été d’avoir fourni aux militants et aux cadres du FLN, à l’extérieur comme à l’intérieur, des repères d’orientation clairs et fermes pour la poursuite du combat.

Le principe de la nation algérienne, partie intégrante du Maghreb arabe, fut solennellement proclamé.

Vis à vis de la minorité européenne et juive le droit d’opter pour la nationalité algérienne est reconnu à titre individuel et sur demande de l’intéressé.

Ce qui a honoré la Révolution algérienne, c’est qu’il n’y a jamais eu de pogrom anti juif. Le boycott des commerçants juifs fomenté par des provocations fur étouffé dans l’œuf par le FLN dès 1956. Pas de profanation de synagogues, ni d’églises au cours des 7 années et demi de guerre, malgré la participation active d’éléments juifs et chrétiens à la répression.

La Plate-forme de la Soummam a fait connaître au monde le visage d’une Algérie luttant pour une cause juste, dépourvue de chauvinisme et de haine raciale, ouverte à tous ses habitants, y compris aux non-musulmans, tournée vers l’avenir.

On a reproché au Congrès de la Soummam de n’avoir pas approfondi l’idéologie de la Plate-Forme, notamment son côté social. Le problème qui se posait alors n’était pas d’ordre idéologique mais une question de survie pour le peuple algérien; le problème était: «colonialisme» ou «indépendance».

On a reproché aussi au Congrès de ne pas s’être prononcé pour le «socialisme». Le problème n’était pas dans l’alternative «colonialisme» ou «socialisme» mais encore une fois dans l’alternative «colonialisme» ou «indépendance».

Des islamistes, aujourd’hui, ont reproché de leur côté au Congrès de ne pas s’être prononcé pour «Etat islamique». S’il en avait été ainsi, le Congrès se serait séparé entre pro-islamiques et anti-islamiques, entraînant l’éclatement du FLN, pour la plus grande joie du colonialisme, les armes se seraient retournées entre frères ennemis.

Les insuffisances du Congrès

Il y a eu d’abord les absences: celle de la wilaya des Aurès-Némencha et celle du chef de la base de l’Est, Amar Bouglez. Le conflit opposant ce dernier à la wilaya 2 pour le contrôle de cette route des armes va s’en trouver aggravé.

Boussouf, l’adjoint de Ben M’hidi à la tête de la wilaya 5 et pratiquement le chef, contesta les décisions du Congrès et reproche à Ben M’hidi d’avoir engagé la wilaya pour des questions «engageant l’avenir du pays», alors qu’il aurait été délégué pour «des questions d’ordre organique et de coordination».

Pour Boudiaf, le Congrès de la Soummam fut un véritable «magma». Ben Bella contestera la présence de «certaines personnalités» au CNRA («centralistes», UDMA, les oulama), la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et la primauté du politique sur le militaire. Cet avis fut partagé par Mahsas.

Le point de la situation militaire ne fut pas fait. L’on se contenta de dresser le bilan de chaque wilaya en armes, hommes, finances sans tenter d’évaluer l’ensemble des forces en présence, algérienne et françaises, d’étudier le problème de la guérilla et son évolution. Certes, la force de l’ALN c’était la connaissance du terrain, les unités légères, la mobilité, l’appui de la population, mais il n’y avait pas une stratégie pour la simple raison qu’il n’y avait pas encore de commandement militaire unifié. La grande préoccupation des maquisards et du Congrès était de se procurer des armes et d’étendre le conflit à tout le territoire. On était à la veille d’une guerre d’extermination. L’élaboration d’une stratégie militaire dans ces conditions était une impossibilité; les congressistes n’avaient pas une claire vision des étapes à parcourir.

On ne pouvait exiger de ces maquisards poursuivis à mort par l’armada française et la multitude de ses services de renseignement et d’espionnage, d’accomplir des prouesses. Leur mérite a été de se réunir en pleine guerre, au milieu de mille dangers, et d’avoir fondé une légalité révolutionnaire qui durera jusqu’à l’indépendance. Le Congrès a doté la Révolution d’une autorité nationale: le CNRA et d’un organe d’exécution: le CCE; il a tranché le conflit intérieur-extérieur par deux décisions capitales:

  • Primauté de l’intérieur sur l’extérieur,
  • Primauté du politique sur le militaire,

Deux décisions qui furent reprochées par les membres de la délégation extérieure au Congrès et à Abbane et qui continuent, jusqu’à maintenant à alimenter les polémiques chez les moudjahidine et dans la classe politique.

Et là, il nous faut nous étendre un peu plus sur la personnalité de Abbane et l’œuvre qu’il a accomplie dans la Révolution. En plus du rôle d’architecte du Congrès de la Soummam, il a été le coordinateur du CCE et le bâtisseur de la zone autonome d’Alger, véritable maquis urbain, qui a été entre 1956 et 1957 la capitale de l’Algérie en guerre.

Le personnage de Abbane

Comme tous les grands personnages de l’histoire Abbane a eu ses détracteurs, traité tantôt de «régionaliste», tantôt d’ennemi de l’arabo-islamisme, d’ «autoritariste», voire par certains d’ «agent de l’ «ennemi», de «traître».

Régionaliste Abbane?

Au cours de son itinéraire de militant, que cela soit au PPA-MTLD où il a été membre du Comité central après avoir été chef de wilaya, que cela soit au FLN dont il a dirigé les destinées, il a toujours fait preuve de nationalisme et de patriotisme, condamnant sévèrement toute tentative de division ethnique ou régionale, défendant la ligne officielle arabo-islamique de ces deux formations d’un même parti.

Abbane était laïc et n’éprouvait aucun complexe devant qui que ce soit, très respectueux envers les croyances de ses frères connus pour leur piété musulmane. Ce qui lui importait avant tout, c’était l’unité de tous les Algériens sans distinction, qui seule pouvait libérer l’Algérie de la domination coloniale. Si la victoire de l’indépendance a été possible c’est grâce précisément à cette unité du peuple qui a opposé un front uni à l’adversaire.

S’il a insisté avec vigueur, lui et le Congrès sur le principe de la primauté de l’intérieur sur l’extérieur, c’était par crainte de voir la Révolution algérienne instrumentalisée par des puissances étrangères, même frères.

Autoritarisme?

Quel chef, en pleine guerre, ne s’est pas comporté, plus ou moins, en autoritaire?  Mais Abbane savait écouter, discuter, réfuter, lorsqu’il n’était pas convaincu. Il était très perméable aux idées et ouvert aux suggestions et aux propositions qui lui étaient faites.

Quant à ceux qui l’ont traité d’ «agent de l’ennemi», voire de «traître», et lorsque ces accusations viennent d’un haut responsable de la Révolution, qui a eu à gérer les charges de l’Etat, cela est grave. C’est toute la confiance dans la Révolution qui est ébranlée, le discrédit auprès des jeunes qui risquent de s’en détourner, surtout que ce personnage dans son livre, en dehors d’une conversation rapportée par lui, Abbane lui aurait proposé de faire partie d’un complot contre la direction du FL N; à l’appui de ce qu’il avance, aucun témoin n’est cité, aucun écrit n’est produit, seule une lettre d’un chef de wilaya mettant en cause Abbane et l’accusant d’avoir semé la division entre combattants.

Est-ce faire preuve de «division» que de défendre des idées qui n’emportent pas l’assentiment de tous?

Les idées de Abbane sur la primauté du politique sur le militaire sont connues. L’histoire ne lui a-t-elle pas donné raison pour la période antérieure à 1962 comme pour celle qui  lui a succédé?

Cependant, quelles que soient ses qualités, Abbane ne doit pas faire l’objet d’un culte lorsqu’on voit ses admirateurs lui ériger une statue, on risque là de tomber dans le culte de la personnalité contraire à nos traditions et à nos valeurs islamiques.


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20 Commentaires sur cet article

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  • ARBOUCHE Kamel
    19 août 2014 at 17 h 27 min - Reply

    Vraiment, je remercie infiniment cette personne qui a décidé de nous faire une synthèse claire et nette (en s’inspirant apparemment de Monsieur Benyoucef Benkhedda, qu’il repose en paix) sur le congrès de la Soummam !

    C’est d’une grande clarté et j’espère aussi d’un grand enseignement pour les générations actuelles et futures qui ne connaissent pas les tenants et les aboutissants du congrès de la Soummam ! Ce résumé sert aussi pour que tous les algériens ne considèrent plus Abbane comme un ennemi de l’Algérie, un régionaliste, un ennemi de l’islam , un vendu ou un agent de la France coloniale ! Les malhonnètes historiquement parlant qui ont fait courrir ce genre de bruits sur Abbane , se reconnaîtront sans doute même si parmi eux ils sont déjà sous terre ! Que Dieu leur pardonne !

    Merci une nouvelle fois à celui qui a fait l’effort de nous faire cette synthèse et à LQA, bien sûr !




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    • AZROU
      19 août 2014 at 21 h 10 min - Reply

      Azul, @ Kamael,
      Je m’associe avec un grand honneur à tes remerciements, pour saluer bien bas cette synthèse sur le congrés de la soumam qui a fait l’une des plus belle pages écrites durant la révolution de 1954.
      Je suis natif de la région et j’avais à peine 5 ans en ce moment et c’est bien aprés que mes parents nous parlaient de cet événement et de tous ces icones de notres révolutions qui se sont donnés rendez-vous à Ighzer-Amokrane. Aprés cet acte de grand apport psychologique pour nos moudjahidines, l’armée Française a serré l’étau sur nos villages avec des constructions de mûrs d’isolement surmontés de barbelé, interdiction de sortir de la région sans laisser passer. Plusieurs enfants et personnes agées en sont mort des suites des maladies non soignées et de la malnutrition.
      Ce qui est dramatique c’est que prés de 60 ans aprés ce congrés et 52 ans aprés l’indépendance acquise grâce à toutes les personnes cités plus haut, auxquels s’ajoutent tous les anonymes qui ont pris les armes pour libérer notre pays, l’état de notre région n’a pas ou presque pas changé. Aucun projet de grande envergure, des prorogés sociaux insignifiant en somme nous sommes restés avec le même isolement ou presque que celui que l’armée Française nous a imposé.
      Pendant ce temps certaines régions dont la participation à la libération du pays n’est intervenue que tard, ou pas du tout, se pavanent dans des développements sociaux et structuraux ne serait se que dans leurs infrastructures routières. Parfois je me pause la question si les responsables aux commandes de notre pays depuis 1962 ne sont pas au fait que le prolongement de ceux qu’il y’avait avant 1962?

      Mille gratitudes à notre compatriote B.Benkhedda pour nous avoir évoqué ce grand événement de notre histoire contemporaine.




      0
      • Sadek
        20 août 2014 at 17 h 52 min - Reply

        En guise de punition Boukharrouba a envoyé de gros bulldozers Caterpillar de l’ANP pour saccager les terres, les oliviers et autres arbres vitaux à la survie des paysans de la région sous le fallacieux prétexte de projet des banquettes (des pistes parallèles sillonnant les flans des montagnes). Un projet qui s’est soldé par l’abattage de milliers d’arbres dont des oliviers centenaires et des séquelles indélébiles sur les terrains agricoles. Tout cela s’est déroulé sous les yeux des paysans impuissants et parfois sous escorte de la gendarmerie pour les plus résistants parmi eux.




        0
  • LAMARI Youcef
    19 août 2014 at 18 h 04 min - Reply

    Merci infiniment à LQA d’avoir publié cette synthèse pour réhabilité Abbane et aussi pour la connaissance de l’historie de notre révolution pour la voir le plus objectivement possible !

    Merci donc d’avoir donné des précisions sur les hommes historiques et les héros qui ont accompagné l’organisation de cet important congrès dans un moment d’insécurité et de danger permanents !

    Mais, je ne vais pas m’empêcher de dire que je suis vraiment déçu par le dernier paragraphe qui dit :

     » Cependant, quelles que soient ses qualités, Abbane ne doit pas faire l’objet d’un culte lorsqu’on voit ses admirateurs lui ériger une statue, on risque là de tomber dans le culte de la personnalité contraire à nos traditions et à nos valeurs islamiques. »

    Je suis déçu non pas parce je veux ou que je suis d’accord sur le fait qu’une statue soit érigée pour Abbane, je n’aime pas trop çà de toute façon! Mais, je suis déçu car l’auteur de la synthèse ne fait aucune allusion à la statue de l’Emir Abdelkader ( ou n’a pas le courage d’évoquer l’existence de la statue de l’Emir ) ! En effet, lui l’Emir, a le droit de « tomber » dans le culte de la personnalité et de « marcher » sur nos traditions et nos valeurs islamiques » sans problème !

    Deux poids, deux mesures insupportables pour moi et tout à fait normal pour les Boumediene, Bouteflika et ….consorts etc…etc… !! L’Emir est intouchable, chez nous, à ce que je vois !!!

    Dommage de finir avec cette « chute » comme on le dit dans une pièce de théâtre, alors que cette synthèse est si intéressante !




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  • Saoudi.A
    19 août 2014 at 19 h 01 min - Reply

    On lit dans le texte de Benkhedda: « Le PCA (Parti communiste algérien) a éclaté, à cause de sa composition mixte formée d’Européens et de Musulmans et de sa sujétion au PCF (Parti communiste français) allié au parti socialiste de la SFIO au sein du Front républicain qui votera la loi sur «les pouvoirs spéciaux» destinés à renforcer l’armée de répression en Algérie. Le PCA sortira discrédité aux yeux des masses algérienne ».
    Je voudrait juste signaler une confusion de date chez Benkhedda. Les « Pouvoirs spéciaux » ont été votés en France le 12 mars 1956, après l’interdiction du PCA en septembre 1955. En mai 1955, un accord PCA-FLN avait été conclu entre Abane Ramdane d’un côté, Bachir Hadj-Ali et Sadek Hadjerès de l’autre, pour l’intégration des communistes dans l’ALN à titre individuel. Pourquoi le PCA sortirait-il « discrédité aux yeux des masses algériennes » à cause des pouvoirs spéciaux? Ces « masses » savaient-elles les vérités historiques dissimulées après l’assassinat de Abane Ramdane, et l’avénement de la pensée unique qui suivra.




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  • Ourida
    19 août 2014 at 19 h 35 min - Reply
  • rachid dahmani
    20 août 2014 at 7 h 41 min - Reply

    Bonjour,

    Il y a indéniablement à reconnaître la grandeur de la personnalité de Abane Ramdane. Sous tous les angles qu’on va décortiquer ce personnage on ne trouve que du grandiose…il y a à inscrire un grand dommage dans la révolution Algérienne, même si l’indépendance à été recouvrée en partie grâce à ce personnage.




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  • rachid dahmani
    20 août 2014 at 7 h 51 min - Reply

    Je rejoins @lamari youcef, à propos du paragraphe en question et le fait de la statue de l’émir Abdelkader. Le deux poids deux mesures est effectivement flagrant. Encore un dommage à inscrire sur le registre des doléances.




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  • laid baiid
    20 août 2014 at 10 h 01 min - Reply

    C’est avec des Algériens aussi sincères et patriotiques que l’on peut chasser les opportunistes,fils de harki,agent de la France etc…
    Notre peuple doit connaitre l’histoire réelle de son pays..parlez en à vos enfants au moins!
    Je sais qu’il est difficile d’écrire notre histoire tant que ces larbins sont au pouvoir..
    N’oublions pas de soutenir les combats comme celui de Mr Benyoucef Mellouk contre les faussaires..
    Je dirais par la même occasion,aux patriotes de l’ombre, déballez vos secrets au moins sur internet,en usant de pseudos si vous avez encore peur de dire les vérités,et de perdre vos privilèges!..




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  • khaled
    20 août 2014 at 10 h 06 min - Reply

    Merci a LQA pour ce résumé des moments forts du congres de la Soummam.

    Dans la vidéo ci-dessous (26.40), la fille de Messali El Hadj clame qu’une des résolutions du même congres était l’élimination des cadres du MNA.

    Quelqu’un peut il élaborer sur ce point?

    Amicalement
    Khaled Boulaziz

    https://www.youtube.com/watch?v=AW6rxHgiBc4




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  • fateh
    20 août 2014 at 11 h 38 min - Reply

    Je ne vois pas ou est le mal d’eriger une statue pour un hero de la revolution. Depuis que le boukharoubisme a essaye de noyer la revolution dans l’anonymat du concept-peuple- deniant toute reconnaissance a ceux qui l’ont declenche. En fait boukharouba le bandit politique est absent de tous les mouvements nationalistes et n’existe dans une aucune liste de militants nationalistes. En somme ce que je veux dire, c’est ce deni de memoire que l’on cherche a tout prix a imposer au people Algerien. C’est simple a comprendre. Il suffit de se promener dans n’importe quelle ville du pays et jamais vous ne trouverez une inscription expliquant tres brievement le nom du personage que porte la rue ou le boulevard ou l’avenue…n’est-ce pas une facon de faire apprendre a nos enfants l’histoire nationale.
    A mon avis chaque region a le droit d’eriger une statue a ses heros. Il ne s’agit pas de faire dans l’amalgame mais juste de rappeler que le sacrifice de nos ailleux pour les generations futures qui ignorant Presque tout de l’histoire de la revolution.
    La Fitna est dans le mensonge, jamais dans la verite. Il est de notre devoirs de parler du sacrifice des compagnons du prophete-SAW- pour que la lumiere de son message nous parvienne. Comme il est de notre devoirs de reconnaitre les sacrifices de ceux qui nous ont mene vers l’independance par le sacrifice du sang. Il est clairement etabli que le mensonge sur les heros de la revolution est l’oeuvre de ceux qui depuis 1962 detiennent le pouvoir par l’arbitraire et le crime. crime




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    • Sadek
      21 août 2014 at 16 h 50 min - Reply

      Il était absent de tous les mouvements politiques nationalistes car il se trouvait à l’académie militaire de Aïn Chams en Egypte où Nacer le préparait à la prise du pouvoir par les armes.




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  • IDIR
    20 août 2014 at 19 h 48 min - Reply

    Des Femmes et des Hommes d’honneur ont donné leur vie pour la patrie et notre liberté, en Algérie, contre l’Empire colonial français, à l’instar des Palestiniens, aujourd’hui, contre l’Empire sioniste. Notre propre histoire nous rattrape et nous ouvre les yeux, via le génocide de Ghaza
    .
    L’histoire de la France et de l’Algérie post-indépendance est devenue une fable ; elle a pour but de distraire le lecteur tout en l’instruisant : c’est pourquoi, elle se conclut sur une leçon que l’on appelle la morale. Les personnages d’une fable sont en général des animaux qui incarnent des types humains (le puissant, le cruel, l’avare, le faible, l’opportuniste, etc.)

    Précisément, dans le Quotidien algérien El Watan (06.08.14), j’ai cru lire cette fable, encore d’actualité, l’Algérie et la France engageront un « dialogue stratégique » bilatéral en automne prochain, a indiqué le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius, dans sa réponse à une question écrite à l’Assemblée nationale française…Pendant ce temps, les enfants palestiniens – appelés cafards par les sionistes – sont massacrés par « l’armée héroïque Tsahal » !

    Selon Médiapart (10 AOUT 2014)
    Le gouvernement (français) tétanisé par le scénario noir de la rentrée

    « François Hollande semble avoir découvert la rupture profonde causée par la crise de 2008. Il vient de comprendre que tous ses schémas économiques appris il y a quarante ans n’étaient plus de mise », résume un témoin qui s’est fait raconter la scène.

    « François Hollande sait très bien que tout a changé », réfute un autre proche du pouvoir. « Mais il a triché avec la vérité. Maintenant, il est rattrapé par son mensonge. Il ne peut plus esquiver, faire miroiter un retour de la croissance, une reprise de l’emploi qui ne viennent jamais. Il est au pied du mur », dit-il.

    « Si Manuel Valls n’obtient pas un changement de politique à la rentrée, il n’a plus qu’à démissionner. Sinon, il est mort politiquement », dit un observateur proche du Premier ministre. Celui-ci dit lui avoir donné ce conseil, ces derniers jours, par SMS.

    Où est, donc, la morale de cette fable ou de ce « dialogue stratégique » ? Nous y sommes ! Nous – citoyens algériens – exprimons de manière précise, au ministre des Affaires étrangères de la France – ami des tueurs d’enfants – d’arrêter de tricher avec les Citoyens libres de la Méditerranée, de stopper l’imposture socialiste et de revoir sa copie avec les – Grands Serfs de l’État Hébreux – concernant la Palestine.

    J’ai écrit dans un poste précédent que l’offre égyptienne de trêve n’est que trahison. Quoi qu’il en soit, nous n’oublierons pas le génocide des enfants palestiniens – inscrit dans l’histoire – commis par l’Empire sioniste, cet été 2014.

    Après Dominique de Villepin (ex-ministre des Affaires étrangères), dans une lettre ouverte, Alain Juppé – ex-ministre des Affaires étrangères et futur candidat en vue de l’élection présidentielle de 2017 – a exhorté Hollande à intervenir pour éviter « le déshonneur » de la France.

    Je lance un Appel dans cet espace de liberté :

    Les décideurs français ont choisi, publiquement, d’êtres les alliés de l’État sioniste. Les citoyens algériens doivent boycotter les marques automobiles françaises. Faites tourner cet appel dans les médias et les réseaux sociaux ! Ce sont les opinions publiques qui vont, désormais, reprendre le flambeau pour isoler, définitivement, l’État d’apartheid au Proche-Orient.

    L’esprit de la Summam continue à Ghaza, Israël et « les Suppôts de Sitoire » se sont tiré une balle dans le pied ou le phénomène connu des canards à qui on a coupé la tête et qui continuent de marcher.




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  • sadek
    21 août 2014 at 17 h 23 min - Reply

    D’après une dernière parution de Mr Benkhedda slimane Dehiles n’a jamais participé au congrès, il a fait juste une escorte à mi-chemin. Tous les participants au congrès ont été désignés par leur véritable nom. Et Sadek, d’après Mr. Ben Khedda n’a jamais pu être identifié. En fait il s’agit de Sadek Rabah, responsable dans la ZAA, appréhendé lors de la grève des 8 jours le 1er février 1957 et torturé à mort, son corps n’a jamais été retrouvé. A la veille du déroulement du congrès, Sadek Rabah confia la responsabilité de surveiller la maison familiale à son fils aîné Mohamed qui a été tortué devant lui alors qu’il était âgé à peine de 16 Ans. Il lui confié qu’il devait se rendre du côté de Bordj Bouarreridj pour affaire. Il avait son son contact à Dellys et pour compagnos Messieurs Mohamed Khider et Asselah Hocine. En sa qualité de membre des Oulémas algériens ( ancien élève de Cheikh Ben Badis et de la zitouna) il ne peut témoigner puisqu’il n’est plus là, et a toujours milité dans la voie de Dieu et de son prophète. Ce qui est quand même frustrant c’est qu’un congrès de cette grandeur n’a pu établir la liste complète des participants authentiques. Dieu Seul Sait.




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  • Latifa
    21 août 2014 at 21 h 31 min - Reply

    @khaled

    Puisque que la fille de Messali El Hadj est « très bien » informée sur les résolutions « cachée » du Congrès de la Soumma et qu’elle est au courant de résolutions ou recommandations non publiées dans la plate forme de la Soummam, il faudrait qu’elle nous dise de quelle tendance du MNA elle parle ou quelle tendance a été apparemment ciblée par les congressistes de la Soummam ????!

    Puisqu’elle semble être sûre d’elle-même comme si elle y avait participé, elle n’a qu’à nous dire quelle tendance précise a visée le Congrès puisqu’il existe plusieurs tendance dans le MNA ! Elle oublie que le mouvement national algérien né au début du XXe siècle pendant la colonisation française de l’Algérie et qui a existé jusque durant la guerre de libération nationale, comprenait deux principales tendances politiques (sans compter les tendances annexes) : les réformistes d’une part et les indépendantistes d’autre part.
    Le mouvement réformisme était constitué de notables et d’intellectuels musulmans. Son aile assimilationniste évolue en une organisation politique représentée par les élus musulmans qui ont organisé leur premier congrès en 1927.
    Le courant indépendantiste englobe l’Étoile nord-africaine (ENA), le Parti du peuple algérien (PPA) et le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), dirigés principalement par Messali Hadj. L’Étoile nord-africaine fondée à Paris en 1926 milite dès sa création pour l’indépendance de l’Algérie. Après sa dissolution est né le Parti du peuple algérien (vers 1936-1937)puis arrive le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques ( juste après la fin de la seconde guerre mondiale ! D’autres mouvements , encore plus modérés, arrive avec l’Association des oulémas musulmans algériens (début des années 30) prônant un réformisme religieux et culturel, il ya eu aussi le Parti communiste algérien (né vers le milieu des années 30) après tous ses mouvement on voit apparaître l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, fondée en 1947.

    C’est compliqué tout çà, non ??? ! Alors de qui parle la fille de Messali Hadj , on veut bien comprendre ????




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    • Ouas Ziani
      23 août 2014 at 13 h 33 min - Reply

      Elle parle du MNA, pas du MNA. Fouillez dans la scission du MTLD et vous verrez clair.




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  • Dudesert
    23 août 2014 at 11 h 39 min - Reply

    Bonjour

    Ce qui serait un bon projet de recherche est la dimension managériale de l’organisation issue des résolutions du congrès : CCE,……
    Cette dimension a été omise sauf que j’ai eu a participer a une conférence donnée par Tayeb Hafsi a sonatrach en s’inspirant de la révolution algérienne pour expliquer certains aspects manageriaux : définition des objectifs, mise en place de structures et exécution des plans et actions.
    Le génie de Abane est aussi dans cet aspect. Son volontarisme , ses actions et devisions sont autant d’actes comptables aux actes manageria pour qu’une entreprise atteigne ses objectifs.




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  • Afif
    24 août 2014 at 21 h 38 min - Reply

    En ce qui concerne les statues, Si Benkhedda a raison et c’est valable pour l’Emir Abdelkader ou toute autre personnalité. Cette année, quand j’ai appris qu’une stèle a érigée pour représenter le Colonel Amirouche, j’ai été terriblement déçu car, lui de son vivant, il aurait refusé qu’après sa mort, on lui construise une statue. L’Emir Abdelkader aurait opposé le même refus. La raison, tous les deux sont très croyants et de ce fait n’admettent pas la représentation et le culte des personnes.

    @ Fateh :

    Tout à fait d’accord avec vous, sauf que les statues ne sont pas indispensables pour connaître la vraie histoire et ses véritables acteurs.

    @ Sadek :

    Vous vous trompez sur Nasser et Boumediène : l’un était la bête noire de l’autre et vice-versa. Si Boumediene était une créature de Nasser, il n’aurait jamais organisé le coup d’état contre Ben Bella. Au contraire, Nasser a toujours mis en garde Ben Bella au sujet de Boumediène et son flair ne l’a pas démenti.




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    • Sadek
      26 août 2014 at 18 h 42 min - Reply

      Je me trompe? C’est possible, mais une chose est sûre: C’est l’Egypte de Nacer qui nous a propulsé ces imposteurs au sommet de l’état Algérien.




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  • A.Benmostefa
    27 août 2014 at 7 h 12 min - Reply

    @ Afif, salam. le musulman ne doit pas garder des statuts, il ne doit non plus garder des photos a l’exception de celle de la carte d’identité ou de papiers officiels (l’Algérie comme un domicile) parce que les anges ne fréquentent pas un domicile qui comprend des statuts et des photographies. Quand les anges sortent d’une maison, les diables s’y font le nid et ils y fixent la demeure habituelle; Aïcha, que dieu lui accorde la. grâce, a acheté un coussin sur lequel on avait figuré des portraits quand le prophète Muhammed al Mustapha (S B sur lui) a vu le coussin, a refusé d’entrer a la chambre et il avait l’air contracté. messager de Dieu, dit-elle,que Dieu me pardonne! Quel était mon peche ? pour ce coussin? Pour toi! les auteurs de ces. figures se tourmenter ont le jour de la rasurrection et on leur demandera : rendez la vie a ce que vous avez crée.




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  • Congrès du Changement Démocratique