Édition du
5 December 2016

CLONAGE HISTORIQUE  DE ROOSEVELT / STALINE A  OBAMA / POUTINE

 

Roosvelt« Les philosophes  jusqu’à présent  n’ont fait  qu’interpréter le monde, il s’agit maintenant de le transformer » K.Marx

Juste après la seconde  guerre mondiale les deux superpuissances les USA et l’Union des républiques socialistes soviétiques(URSS)  se partagent selon leur appétit  le « gâteau  monde » en zone « d’influence »  de manière plus  directe  en des régimes communistes et des régimes capitalistes. Wilson avait échoué après la Première Guerre mondiale pour la mise en place de  la

Société des Nations,  par contre   Roosevelt a réussi   son  dossier

de Yalta,  celui de la future Organisation des Nations unies. La conférence de San Francisco  a enfanté  l’ONU. Cette déclaration  de Roosevelt et Staline, montre libéralement  les principes censés permettre l’établissement d’un ordre mondial régi par le droit. Les États-Unis et l’Union soviétique ont cependant chacun de son coté procédé de  se surpasser  en faisant fi du droit, en premier lieu par la  course aux armements nucléaires et l’équilibre de la terreur.

Delà la période de tensions et de confrontation idéologique, économique et politique  se manifestait  sous la forme de guerre froide ou la paix était devenu impossible, la guerre improbable et le droit infaisable, une confrontation qui proscrit carrément l’affrontement armé direct entre les deux  « grands ». La guerre froide prendra alors  toutes les formes qui puissent exister :

d’affrontements, de l’espionnage aux actions secrètes, en passant par la propagande, jusqu’à la compétition technologique dans le domaine de la  conquête de l’espace et même au niveau des compétitions sportives dans les stades.

Des conflits de par le monde  ont éclaté,   la  guerre en Corée,

d’Indochine, du Viêt-Nam, ou encore de l’Afghanistan, mais sans que jamais les armées  de l’URSS ou des USA ne s’affrontent directement .Dans un monde bipolaire où les belligérants évitaient l’affrontement direct.

Les pays de Nehru (inde), de Nasser (Egypte) de Tito (Yougoslavie) qui ont institué  le  mouvement des non-alignés, proclamant leur neutralité et  essayant en même temps de jouer sur la rivalité entre les deux  blocs antagonistes pour obtenir des concessions.

La  décolonisation a fourni à l’URSS et à la  Chine populaire  de multiples occasions d’accroître leur influence aux dépens des anciennes puissances coloniales. La guerre froide a débuté en  1947 et a pris fin  en 1990 année de la  chute des régimes communistes de l’Europe, suivit en 1991 de l’implosion de l’URSS et de la dissolution du  pacte de Varsovie. La suprématie politique, idéologique,

économique et culturelle de l’Amérique a   permis facilement de faire

le ménage via des guerres direct  (la Yougoslavie-Afghanistan-Irak- le soudan-printemps arabes…) C’est ainsi des guerres idéologiques furent planifiées et exécutées. DAECH,ENNOUSRA,BOUKO HARAM et d’autres

groupuscules religieux ainsi que des  nazis de Kiev en Ukraine   sont

intentionnellement crées par les USA en collaboration humaine et financière, avec certains services locaux pour discréditer l’ennemi que nous sommes tout en nous poussant à nous entre-tuer dans le cadre d’une guerre ou d’un printemps arabe par procuration faisant suite à une lutte idéologique par procuration orchestrée par des chercheurs de richesse et de vendeurs d’armes , ennemis de la liberté.

Aujourd’hui, les USA cette grande machine  qui semble nous dominer voire nous opprimer ou nous broyer par toute sa puissance, monopolisant  ce  centre de décision universel  et ce depuis 1991 à ce

jour. Actuellement, sa suprématie    est  peut être  en train de se

remettre en question, car  la géopolitique nous amène à penser que le monde se dirige vers un monde multipolaire.

Il s’agit de voir ce monde du point de vue économique et puis politique car  ne dit-on  pas que l’économie détermine le politique.

La multiplication des points de vue, la transformation de la structure  économique entraine forcement une multipolarité déjà dans l’esprit qui forcera de changer ce monde.

L’exemple le plus pertinent sur la suprématie  s’inscrit   à partir

de l’instrument qu’est « l’information et la nouvelle  Technique de l’Information et de la Communication –TIC-  » .Elle permet de  pétrir la réalité des faits, puisque la persévérance de l’empire US repose essentiellement sur leur apanage et monopole de la réalité appréhendée. Un épitomé issu  d’un proche de G.W.Bush disait :

«  Les USA sont une véritable  machine broyeuse

(influence-domination-suprématie) et non une civilisation (culture), agissent  en créant sa propre réalité à travers le monde. Ce monde doit forcement étudier, cette réalité sainement comme bon lui semble et en toute liberté surveillée. Cette liberté  sera aussi une base nouvelle pour créer une nouvelle réalité et ainsi de suite. C’est de la sorte que les choses vont et le monde est guidé de la façon que les USA veulent, car l’Amérique  est devenu  l’acteurs de l’histoire contemporaine ».

Cette domination se manifeste  par  un outil très magnétique  que  les peuples , les états, les gouvernements , les institutions, les entreprises et les  individus… se plient devant la volonté de la force de cette valeur d’échange , c’est une monnaie appelée Dollars-$- que chacun de ces segments qui régissent la population planétaire  rêve, se déploie, se manifeste…. Pour avoir  ce fameux -$- pécule. Le Dollar $ représente en terme économique la valeur  effective de la production  étalonné sur l’or.

Des contradictions financières, monétaires, économiques et politiques  ont  conduit le président Richard Nixon à décider, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité en or du dollar pour devenir une monnaie papier qui perd  sa valeur en contrepartie de la richesse matérielle (économie  en récession, croissance stagne, et profits financiers en hausses.. ?) .

Cette situation a permis de rendre une nouvelle force aux USA pour financer toutes les mesures économiques afin d’étendre  son influence et sauvegarder  sa domination unipolaire, les révolutions de couleurs et les opérations de diversions, les guerres pour de nouvelle soumission politiques et économiques et mettre sa main sur les pétrodollars de la petrocratie.

Un deuxième outil plus efficace encore est mis en branle, c’est cette

gigantesque machine de propagande, elle est   unique au monde  en

dehors du bien et du service, une pensée clé en main pour appréhender

la réalité .Ce modèle  d’esprit est   fabriqué déjà et avant dans les

labos des entreprises US , une  façon de pensée, de s’exprimer et de parler, façon de manger et de boire,  façon de voir, façon de marcher, façon de s’habiller…. Un mode de vie  américain exportable (américain way of live).  »L’American way of life » en français, mode de vie américain, c’est une expression désignant une  éthique nationale américaine : de  la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Elle peut aussi bien se référer plus généralement au  mode de vie du peuple des USA. Le sens de l’expression est souvent associé au rêve américain et à la notion de l’«  exceptionnalisme américain », conviction que la nation américaine a un destin unique et à part des autres nations du monde.

Cette manière empirique qui permet de conditionner  l’ intellection des faits physiques, que nous subissons  par une force magnétisante, la sacralisation des symboles fabriqués par les USA pour nous forcer d’adhérer et y croire  et défendre le  rêve virtuel  américain en tant que système d’abord.

Les USA ont la main mise( sérum financier) sur tous les medias qu’ils soient privés ou publics à travers tous les pays de la planète terre.

Central intelligence agency « CIA »  est présenté à travers tous les réseaux d’information, beaucoup de journalistes occidentaux  ont avoué leur appartenance à la « CIA », et sont  utilisés pour la manipulation de l’information. Cet outil est utilisé pour tout ce qui est blanc pour  être transformé en noir et vis versa  aux yeux de l’opinion locale, régionale, nationale et internationale. Il est clair de voir comment  les medias américains (CNN) européens  et arabes (aljazeera, al arabiya..) ont déformé la réalité pour diaboliser et  mettre a genoux l’Irak, la Syrie la Libye, l’Ukraine…… La machine médiatique  produisant des informations tendancieuses, ces informations sont généralement traité par des ordinateurs utilisant des systèmes d’exploitation  très avancés tel « Microsoft-Apple » avec des circuits contrôlables( d’E- mail, Google, skype, facebook

Gmail…..) ou des milliards et des milliards de données sont  explorées ,examinées, traitées, analyser et emmagasiner en un laps de temps très court, pour la recherche  , le contrôle et la surveillance  comme par exemple ,l’’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) a trouvé le moyen de dissimuler un logiciel espion dans les disques durs produits par Western Digital, Seagate, Toshiba et d’autres entreprises, ce qui a été rapporté par  les médias européens citant d’anciens agents du renseignement US. Ces révélations interviennent après la découverte par le Laboratoire Kaspersky, société russe de sécurité informatique, de la présence d’un ou plusieurs programmes d’espionnage sur des ordinateurs se trouvant dans une trentaine de pays, notamment l’Iran, la Russie, le Pakistan, l’Afghanistan, la Chine, le Mali, la Syrie, le Yémen et l’Algérie..

Ce monopole de l’information détenu par les USA  fait la différence sur le leader-chip  de la planète. Par conséquent, établir un monde multipolaire devrait avoir les moyens efficaces pour  rivaliser devant

ces  gigantesques outils que les USA détiennent et qui font sa force indiscutable.

Il est nécessaire  dans ce cas la  mettre la main sur le contrôle de l’outil d’échange de biens et services c’est a dire concurrencer le dollar -$- et enfin le détrôner par le biais économiques, ou la

production   de la richesse  devrait dépasser celle des USA

c’est-à-dire un PIB( produit intérieur brut)  largement supérieur à celui de l’Amérique, et que le  Dollar -$- ne soit plus utiliser comme monnaie unique  d’échange dans le commerce international. Cette situation  d’échange ou  le BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine et Afrique du Sud) est en train de constituer un bloc à  part, la quotte -part de son PIB,  donc sa richesse commence à concurrencer les USA. La Russie et l’Inde sont en train d’examiner les moyens susceptibles de supprimer le dollar des transactions bilatérales, ajouter la Chine, l’Iran, le Brésil, le Venezuela, et l’Afrique du Sud  cet ensemble représente déjà plus de 50% de la population de la planète .Le résultat serait probant avec une volonté solidarisant.

Les medias de ces pays su- cités   devront  sortir de l’anonymat ,

ainsi produire une information réelle et captivante  qui  ne soit pas aligner à celle des USA  pour permettre de  favoriser la multiplicité des centres de décision au niveau international, car l’ » American way

of live »   n’accepterait jamais  une information  non américaine

sinon ,il est étiqueté d’anti américanisme , car l’industrie de l’armement reste un autre pilier à revolvériser.

Enfin pour aboutir a un monde multipolaire  et  d’éliminer à tout jamais  ce dogme d’empire  à esprit de domination par la force  de l’argent et suprématie par  la manipulation de l’information  qui servent à amasser la richesse ,la force et le pouvoir  afin d’ imposer  un esprit soumis à la matière de son maitre.

La multiplicité des points de vue multipolaire, détruira forcement cet empire et changera le mode de vie et les rapports de société dans une optique plus juste, plus équitable et moins contraignante ou la chasse à l’ignorance, à la pauvreté et à l’injustice  serait le leitmotiv des gens heureux, mais  humains.

BENALLAL MOHAMED


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2 Commentaires sur cet article

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  • Larbi Anti-DRS
    28 février 2015 at 12 h 11 min - Reply

    je crois que ce n’est pas depuis 1991 que le systeme USA/Europe de l’ouest/ eglise romaine et l’autre evangelique ont commence’ leurs plan de domination du monde a travers premierement la destruction de l’URSS. Cela a commence’ avec Ronald Reagan et Tatcher avec Bush senior et Dick Cheney a la CIA.
    Le pape Polonais Jean Paul a jouer un role crucial dans le mouvement legitime a la base de Lech Walesa pour l’infiltre’ et le devier. La polone a ete’ le premier pays defie’ politiquement la dictature URSS. les Moudjahidines Afghan et Arabes et non Arabes ont joue’ un autre role militaire contre l’armee’ URSS. Bien sur dans la conception de domination des USA les moudjahidines sont un torchon des que leurs role est termine’ ils falaient les detruirent et pour cela ils ont obtenu la terminologie terroristes. Leurs utilisations, ses Moudjahidines est toujours actuel.

    D’apres moi, Poutine tiens bien la route dans le cas Ukrenien. Il a meme menace’ d’utiliser l’arme atomique, et a mis l’Otan sur la liste des ennemis principale de la Russie. Il a raison. Poutine aurai du aide’ les Irakien, Syrien et Libyens dans leurs reves democratique et non essayer de maintenir des dictateurs. La Russie a perdu entre autres des marches d’armes en Irak, Syrie et Libye ce qui est domageable pour eux et pour une contre poids contre les criminels aux USA avec leurs CIA et les leurs esclaves, boys et appendix Agences Europeenes.

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  • kiki
    12 mars 2015 at 19 h 41 min - Reply

    Je veux contribuer par cet article très inspirant qui concerne le renaissance de la Russie, en esperant qu’un jour ça sera la notre;

    La remarquable renaissance de la Russie

    Par F. William Engdahl – Le 9 mars 2015 – Source thesaker.is

    Il se passe quelque chose de remarquable en Russie, et c’est assez différent de ce à quoi nous pourrions nous attendre. Au lieu de se sentir humiliée et déprimée, la Russie est en train de vivre ce que j’appellerais une sorte de renaissance, sa renaissance en tant que nation. Cela malgré ou en raison du fait que l’Occident, dirigé par ceux qu’on appelle les néoconservateurs à Washington, fait tout, y compris la guerre à ses portes en Ukraine, pour provoquer l’effondrement de l’économie russe, humilier Poutine et dépeindre les Russes en général comme mauvais. Dans ce processus, la Russie découvre des aspects positifs à sa culture, son peuple, sa terre, qui ont été longtemps oubliés et niés.

    La première de mes nombreuses visites en Russie date de plus de vingt ans, c’était en mai 1994. J’étais invité par un cercle de réflexion sur l’économie moscovite pour y délivrer des remarques critiques sur le FMI. Mes impressions d’alors étaient qu’un peuple qui avait été grand était humilié jusqu’à la limite de ses forces vitales. Les gangsters de la mafia arpentaient les larges boulevards de Moscou dans leurs rutilantes Mercedes 600 aux vitres fumées et sans plaques d’immatriculation. L’anarchie régnait, depuis le Kremlin d’Eltsine soutenu par les États-Unis jusque dans les rues. Les gars d’Harvard, comme Jeffrey Sachs, le Suédois Anders Aaslund ou George Soros grouillaient dans la ville, propageant de nouvelles manière de violer et de piller la Russie sous le mot d’ordre de la thérapie du choc et de la réforme orientée vers le marché, un autre mot pour dire donnez-nous vos joyaux de la couronne.

    Le bilan humain causé par le traumatisme de l’effondrement total de la vie en Russie après novembre 1994 a été stupéfiant. J’ai pu le voir dans les yeux de Russes ordinaires dans les rues de Moscou, chauffeurs de taxi, mères faisant leurs courses. Des Russes normaux.

    Aujourd’hui, quelque deux décennies plus tard, la Russie est de nouveau confrontée à un ennemi occidental, l’Otan, qui ne cherche pas seulement à l’humilier, mais maintenant à la détruire comme État fonctionnel, parce que seule la Russie est capable de mettre les bâtons dans les roues des élites occidentales qui sont derrière les guerres en Ukraine, en Syrie, en Irak et bien au-delà de l’Afghanistan, en Afrique et en Amérique du Sud.

    Plutôt que de la dépression, j’ai senti, lors de mes récents séjours en Russie l’an passé ainsi que dans mes nombreuses discussions avec des relations russes très diverses, un nouveau sentiment de fierté, de détermination, une sorte de renaissance de quelque chose qui avait été longtemps enseveli.

    Des sanctions boomerang

    Prenez la guerre des sanctions à laquelle l’administration Obama a contraint l’Allemagne, la France et auxquelles d’autres pays de l’Union européenne ne voulaient pas se joindre. La machine de guerre du Trésor américain a visé le rouble. Les agences de crédit de Wall Street, moralement corrompues et sous l’influence de Washington, ont dégradé la dette russe jusqu’au rang de dette « pourrie ». Les Saoudiens, avec la complicité de Washington, ont provoqué une chute libre des prix du pétrole. Le chaos en Ukraine et le sabotage par l’UE de l’oléoduc russe South Stream, qui devait aller jusqu’en Europe, aurait pu mettre une Russie terrifiée à genoux. Elle ne l’a pas fait.

    Comme nous l’avons expliqué, Poutine et un nombre croissant d’industriels russes influents, parfois les mêmes qui, il y a quelques années, auraient fui dans leurs maisons chics de Londres, ont décidé de rester et de lutter pour l’avenir de la Russie comme État souverain. Oups! Ce n’était pas censé arriver dans le monde de la globalisation, de la dissolution de l’État-nation. La fierté nationale était censée être une relique, comme l’or. Mais pas en Russie aujourd’hui.

    Pour le premier anniversaire du coup d’état à Kiev, provoqué de manière flagrante par les États-Unis en Ukraine, qui y ont installé un régime trié sur le volet de nazis auto-proclamés, de criminels et d’un prétendu scientologue, le Premier ministre Andriy Iatseniouk, spécialement choisi par le Département d’État états-unien, une manifestation a eu lieu au centre de Moscou le 22 février 2014. Elle a rassemblé entre 35 000 et 50 000 personnes – étudiants, enseignants, retraités, et même des motards pro-Kremlin. Ils ne manifestaient pas contre Poutine pour avoir provoqué les sanctions économiques par son intransigeance à l’égard de Washington et des demandes de l’UE. Ils protestaient contre l’intervention criante des États-Unis et de l’Union européenne en Ukraine. Ils ont intitulé cette manifestation l’anti-Maïdan. Elle était organisée par l’une des nombreuses réactions citoyennes aux atrocités qu’ils voient à leurs frontières. Les blogs satiriques politiques sur internet se moquent de Jan Paski, la maladroite attachée de presse du Département d’État états-unien jusqu’à la semaine dernière.

    Même une tentative évidente de coup monté dans le London Financial Times et les médias contrôlés par l’Occident, accusant Poutine d’avoir créé le climat de paranoïa qui a provoqué le meurtre de Boris Nemtsov, n’a pas été prise au sérieux. Les trucs de l’Ouest ne marchent pas dans la Russie d’aujourd’hui.

    Voyez les sanctions états-uniennes et européennes. Au lieu d’affaiblir la popularité de Poutine, les sanctions ont incité les Russes ordinaires, auparavant apolitiques, à se rassembler autour du président, qui jouit encore de taux de popularité supérieurs à 80%. Une récente enquête menée par le centre indépendant Levada a constaté que 81% des Russes éprouvaient un sentiment négatif à l’égard des États-Unis, le chiffre le plus élevé depuis la thérapie du choc de l’ère Eltsine, au début des années 1990. Et 71% ont une opinion négative de l’Union européenne.

    La renaissance que je décèle est cependant évidente au-delà des manifestations ou des sondages. La guerre en Ukraine provoquée par les États-Unis depuis mars 2014 a entraîné une catastrophe humanitaire, que les médias allemands pilotés par les États-Unis et les autres médias occidentaux ont exclue des thèmes qu’ils couvrent. Plus d’un million de citoyens ukrainiens, qui avaient perdu leur logis ou craignaient d’être détruits dans le carnage insensé mené à l’instigation des États-Unis et qui se répand à travers toute l’Ukraine, ont cherché asile en Russie. Ils ont été accueillis comme des frères, selon tous les rapports. C’est une réponse humaine qui a des résonances innombrables chez les Russes ordinaires. Grâce aux vidéos de YouTube et aux téléphones portables, les Russes sont totalement conscients de la vérité sur la guerre états-unienne en Ukraine de l’est. Les Russes deviennent politiquement sensibles pour la première fois depuis des années lorsqu’ils réalisent que quelques cercles en Occident veulent tout simplement les détruire parce qu’ils renâclent à devenir le vassal d’un Washington devenu cinglé.

    Plutôt que de se plier à la guerre des devises du Trésor américain contre le rouble et à la menace que les banques russes soient exclues du système international de clearing interbancaire SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), ce qui s’assimile à un acte de guerre, le gouvernement russe a annoncé le 16 février qu’il avait complété son propre réseau de clearing bancaire, dans lequel environ 91 institutions de crédit internes ont été intégrées. Le système permet aux banques russes de communiquer de manière transparente à travers la Banque centrale de Russie.

    Ceci concerne des banques qui autrement étaient vulnérables même à l’échelle nationale au cas où l’accès à SWIFT serait coupé. La Russie a rejoint le système privé SWIFT, basé à Bruxelles, au moment de la chute du Mur de Berlin en 1989. Aujourd’hui, ses banques sont les deuxièmes plus grands utilisateurs de SWIFT. Le nouveau système est interne à la Russie. La prochaine étape en discussion est la création d’un clearing interbancaire russo-chinois, indépendant de SWIFT et de Washington. Ça vient aussi.

    Le lendemain du jour où la Russie a annoncé que son alternative à SWIFT était opérationnelle, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Cheng Guoping a déclaré que la Chine allait développer un partenariat stratégique avec la Russie en matière de finance, d’espace et d’aéronautique et «élever la coopération commerciale à un nouveau niveau». Il a ajouté que la Chine envisageait de coopérer davantage avec la Russie dans le domaine financier et, en janvier, le premier vice-Premier ministre russe Igor Shuvalov a dit que les paiements en monnaie nationale, la dédollarisation, avaient été négociées avec la Chine. La Chine se rend compte que si la Russie s’effondre, elle est la prochaine sur la liste. Les empires en défaut tentent des mesures désespérées pour survivre.

    Les Russes réalisent aussi que leurs dirigeants prennent des voies inédites pour construire une alternative à ce qu’ils voient comme un monde américain moralement décadent et en faillite. Pour la plupart des Russes, la désastreuse décennie de pauvreté, de chaos et de privations de l’époque Eltsine dans les années 1990 est un rappel suffisant de ce qui pourrait les attendre si les dirigeants de la Russie se prostituaient de nouveau aux banques américaines et aux sociétés de rachat, l’infâme remise à zéro des relations américano-russes qu’Hillary Clinton a tentée lorsque Medvedev était président. Les Russes voient ce que les États-Unis ont fait en Ukraine voisine, où même la ministre des Finances, Natalia Jaresko, est une Américaine, une ancienne membre du Département d’État.

    La Russie et ses dirigeants ne tremblent pas derrière les murs du Kremlin. Ils forgent l’architecture d’un nouvel ordre économique international doté du potentiel capable de transformer le monde actuel du système dollar en banqueroute. Moscou et Beijing ont récemment annoncé, comme je l’ai analysé dans mon précédent article, leur projet de créer une alternative commune au monopole américain du système de notation de Moody’s, S&P et Fitch. L’agenda de voyage du président Poutine l’année dernière a été époustouflant. Loin d’être le paria international que Washington et Victoria Nuland espéraient qu’il soit, la Russie émerge comme le pays qui a le courage de dire Non! à Washington.

    Le président russe s’est rendu à Chypre où la possibilité d’une base pour la marine russe a été discutée, en Égypte où le général al-Sisi a accueilli chaleureusement le dirigeant russe et a débattu avec lui d’une importante coopération économique et autres collaborations. A la fin de l’année dernière, la Russie et les états des BRICS ont accepté de créer une banque d’investissements dotée de 100 milliards de dollars, qui rendrait inutile la Banque mondiale contrôlée par les États-Unis. La liste s’allonge pratiquement tous les jours.

    La dimension humaine particulière

    Pour moi, toutefois, l’aspect le plus encourageant de cette renaissance russe est la génération qui atteint aujourd’hui la fin de la trentaine ou le début de la quarantaine – jeune, extrêmement intelligente et ayant fait l’expérience à la fois de la dépravation de la bureaucratie communiste et de la vacuité du monde dominé par les États-Unis, celui qu’on appelle le capitalisme du libre marché. Je donne quelques exemples de nombreux Russes que j’ai été amené à connaître ces dernières années.

    Ce qui est unique, à mon sens, à propos de cette génération est que c’est une génération hybride. L’éducation que ces jeunes gens ont reçue était encore largement dominée par la science russe classique. La science russe classique, je l’ai vérifié dans de nombreuses discussions avec des amis scientifiques russes au fil des années, était d’une qualité presque inconnue dans l’Occident pragmatique. Un Américain, professeur de physique au MIT [Massachussetts Institute of Technology], qui a enseigné dans des universités de Moscou au début des années 1990, m’a dit : «Quand un étudiant en sciences russe entre en première année à l’université, ils ont (ou elles ont) déjà derrière eux quatre ans de biologie, quatre ans de chimie, de physique, de calcul différentiel et intégral, de géométrie… Ils commencent leurs études universitaires à un niveau comparable à celui d’un étudiant américain au niveau post-doctorat.»

    Ils ont grandi dans une Russie où il était courant pour les jeunes filles de prendre des cours de ballet classique ou de danse, pour tous les enfants d’apprendre à jouer du piano ou d’un autre instrument de musique, de faire du sport, de peindre, comme dans l’éducation grecque classique à l’époque de Socrate ou en Allemagne dans les années 1800. Ces bases, qui existaient aussi dans les écoles américaines jusque dans les années 1950, ont été toutes abandonnées au cours des années 1980. L’industrie américaine voulait des travailleurs dociles et standardisés, qui ne posaient pas de questions.

    La biologie russe, la mathématique russe, la physique russe, l’astrophysique russe, la géophysique russe – toutes ces disciplines ont approché leur sujet avec une qualité qui avait depuis longtemps disparu de la science américaine. Je sais, lorsque j’ai grandi à la fin des années 1960, lors du choc du spoutnik, lorsqu’on nous a dit, à nous qui étions des élèves de l’école secondaire, que nous devions travailler deux fois plus dur pour rattraper les Russes. Il y avait un noyau de vérité, mais la différence n’était pas due à un manque d’étudiants américains travaillant dur. Ces jours-là, nous étudiions et travaillions assez dur. C’était la qualité de l’enseignement scientifique russe qui était si supérieur.

    L’enseignement des sciences en particulier, en Russie ou en Union soviétique, avait été fortement influencé par le système éducatif allemand des années 1800, ce qu’on appelle les réformes Humboldt et autres.

    Les liens solides, dans l’éducation russe, avec la culture et la science classique allemande du XIXe siècle, sont profonds, et remontent à l’époque du tsar Alexandre II, qui a aboli le servage en 1861, suivant l’exemple de son ami, Abraham Lincoln. Les liens se sont encore resserrés avec la culture classique allemande plus tard, sous le tsar Nicolas II, avant la guerre russo-japonaise de 1905, lorsque le brillant Sergei Witte était ministre des Transports, puis ministre des Finances et enfin Premier ministre avant que des intrigues occidentales le forcent à la démission. Witte a traduit en russe les œuvres de l’économiste allemand Friederich List, l’adversaire brillant de l’Anglais [en fait, il était Ecossais, NdT] Adam Smith. Avant que des intrigues étrangères et internes ne manipulent le tsar dans la désastreuse Entente anglo-russe de 1907 contre l’Allemagne, un pacte qui a permis à l’Angleterre d’entrer en guerre en 1914, l’État russe reconnaissait le système classique allemand comme supérieur à l’empirisme et au réductionnisme britannique.

    J’ai demandé à plusieurs reprises à des Russes de la génération des années 1980 pourquoi ils étaient revenus travailler en Russie après avoir vécu aux États-Unis. Ils ont toujours plus ou moins répondu : «L’enseignement américain était si ennuyeux, aucun défi… Les étudiants américains étaient si superficiels, sans aucune idée sur quoi que ce soit hors des États-Unis… En dépit de tous ses problèmes, j’ai décidé de rentrer chez moi et d’aider à construire une nouvelle Russie…»

    Certains exemples personnels illustrent ce que j’ai trouvé: Irina est partie pour l’Oregon avec ses parents au début des années 1990. Son père était une personnalité militaire haut gradée en URSS. Après l’effondrement, il a pris sa retraite et a voulu s’éloigner de la Russie, des souvenirs des guerres, et passer paisiblement ses dernières années dans l’Oregon. Sa fille a grandi là-bas, est allée au collège et finalement elle a réalisé qu’elle pourrait être beaucoup plus elle-même si elle retournait en Russie, où elle est devenue aujourd’hui une journaliste connue qui couvre les guerres provoquées par les États-Unis en Syrie et ailleurs, notamment en Ukraine. Elle apporte une contribution courageuse à la paix mondiale.

    Konstantin est allé aux États-Unis pour travailler comme jeune journaliste radio, il a obtenu une maîtrise de cinéma à New York et a décidé de retourner en Russie, où il réalise des documentaires utiles pour la télévision sur les dangers des OGM et d’autres sujets importants. Anton a séjourné en Russie, a travaillé dans l’édition scientifique et dans celle du monde des affaires, il a profité de ses compétences dans le domaine informatique pour fonder sa propre maison d’édition. Dmitry, qui enseignait la physique dans une université allemande respectée, est retourné chez lui à Saint-Pétersbourg pour devenir professeur; sa femme, physicienne elle aussi, traduit et gère un site internet en russe et a traduit en russe plusieurs de mes propres ouvrages.

    Ce que partagent toutes ces connaissances russes, aujourd’hui à la fin de la trentaine ou dans la quarantaine, c’est qu’elles sont nées quand les vestiges de l’ancienne Russie soviétique étaient encore très visibles, pour le meilleur et pour le pire, mais qu’ils sont arrivés à l’âge adulte après 1991. Cette génération a un sens du développement, du progrès, du changement dans leurs vies qui s’avère inestimable pour façonner l’avenir de la Russie. Ils sont aussi, par leurs familles et même leur petite enfance, enracinés dans la vieille Russie, comme Vladimir Poutine, et connaissent la réalité de l’ancien et du nouveau.

    Maintenant, à cause de la sauvagerie ouvertement éhontée de la politique de Washington à l’égard de la Russie, cette génération recherche ce qui était précieux. Ils réalisent que la bureaucratie mortifère et étouffante de l’héritage soviétique stalinien a été mortelle pendant les années de l’Union soviétique. Et ils réalisent qu’ils ont une chance unique de développer une nouvelle Russie dynamique, pour le XXIe siècle, qui n’est pas basée sur le modèle en faillite du siècle américain de Henry Luce [magnat de la presse américain, NdT] et de FD Roosevelt, qui est en train de mourir.

    C’est pour moi le cœur d’une renaissance de l’esprit qui surgit chez les Russes et qui me donne plus que de l’espoir pour l’avenir. Et, dernière remarque, cela a été une stratégie politique parmi ceux qu’on appelle les dieux de l’argent, les banquiers de Londres et de New York, au moins depuis l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, destinée à prévenir une alliance pacifique grandissante entre l’Allemagne et la Russie. Le premier but de la guerre de Victoria Nuland en Ukraine a été la rupture de cette coopération économique germano-russe croissante. Une question vitale pour l’avenir de l’Allemagne et de l’Europe sera de savoir si les politiciens allemands continueront à se prosterner devant le trône d’Obama ou de son successeur ou s’ils définiront leurs véritables intérêts en coopération plus étroite avec la renaissance économique eurasienne en train de naître, qui est développée par Poutine, le président de la Russie, et par Xi, le président de la Chine.

    Ironie du sort, la guerre non déclarée de Washington et maintenant, de facto, de l’Otan contre la Russie a suscité cette remarquable renaissance de l’esprit russe. Pour la première fois depuis de nombreuses années, les Russes commencent à se sentir fiers d’eux et à ressentir qu’ils sont bons dans un monde où vivent quelques très mauvaises personnes. Cela pourrait bien être le facteur qui sauvera notre monde d’une dictature mondiale de banquiers et de leurs armées.

    F. William Engdahl est consultant et conférencier en risques stratégiques, il est titulaire d’un diplôme en science politique de l’université de Princeton et est un auteur à succès sur des thèmes comme le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne “New Eastern Outlook”. Cet article est d’abord paru ici: Russia’s Remarkable Renaissance

    Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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