Édition du
5 December 2016

Colères hivernales pour un printemps clément

BaouhaSalim METREF

Le pays part-il vraiment en vrille ? Certains le prétendent et la question mérite d’être posée tant les dissonances politiques semblent se multiplier et surgir de partout et peuvent laisser penser qu’il n’y a plus de cap, que le bateau est ivre et qu’il navigue de Charybde en Scylla. Et que nous qui rêvons encore de liberté et d’indépendance continuerons de rester sidérés que soit oublié l’essentiel, protéger ce pays arraché par la guerre aux convoitises des puissants et qui aujourd’hui se retrouve soumis aux pressions externes souvent inhérentes à une recomposition géopolitique et géostratégique en cours, décidée par ces nouveaux prédateurs qui ne cachent plus leur sinistres desseins surtout en terre d’Islam. Cette recomposition qui ne dit pas son nom et dont l’Algérie serait selon certains, mais pour combien de temps encore, l’un des chainons manquants se met insidieusement en place et aboutirait si nous n’apprenions pas à nous méfier de ces éloges flatteurs que l’on vient continuellement nous prodiguer. Mais ce pays qui a connu dans son histoire bien des remous et tant de déboires dispose encore de ressources insoupçonnées et insoupçonnables qui lui font tôt ou tard relever la tête.

Pourquoi partirons-nous donc tous en vrille ? Tout simplement parce que l’ivresse du pouvoir peut parfois rendre aveugle tout comme celle de l’opposition, celle dont  on parle beaucoup, qui a le droit de s’exprimer et qui peut être soit une partie détachée de cet iceberg qui gouverne le pays depuis l’indépendance ou encore l’émanation de la véritable opposition, celle qui a payé le prix fort. Mais cette dernière semble ne s’être pas encore exprimé pour l’instant tout comme ces algériens, très nombreux,  qui travaillent en silence, portent le pays et qui ruminent en sourdine leur colère. Qui peut prétendre détenir à lui seul la clé de sortie de crise qui ne peut être que l’œuvre d’un effort collectif. Les menaces et risques sont multiples et sont à prendre très au sérieux.  Et aux soubresauts politiques et sociaux internes viennent se greffer de graves turbulences régionales et un voisinage en ébullition. L’équilibre deviendra intenable et se romprait si venait à se tarir l’afflux de  ressources financières qui nous permet encore de tenir la tête au-dessus de l’eau.

 

Mais que faut-il faire, dire et écrire pour éviter que nous n’allions tous droit dans le mur ? Quelle recette faut-il solliciter pour que tout le monde comprenne enfin que le sursaut est nécessaire, que la gouvernance autoritaire est révolue et que partout dans le monde la transparence, le dialogue et le débat forgent le nouveau vivre-ensemble.

En lisant récemment un extrait d’un projet de livre dédié à la guerre de libération nationale dans laquelle l’auteur narrait les péripéties des pourparlers d’Evian et démontrait combien la question du Sahara devint non seulement épineuse mais déterminante pour l’issue du processus de discussions, la partie algérienne soupçonnant, à juste titre, la France de vouloir à l’époque conférer un destin particulier à cette région du pays afin de jouir des immenses richesses naturelles qu’elle recèle et d’y mener sans doute sereinement son programme d’essais nucléaires, la question suivante me vint à l’esprit. Serait-il possible aujourd’hui de démontrer une fois pour toutes que l’exploitation du gaz de schiste en Algérie est incontournable et indispensable pour notre survie, notre devenir et notre sécurité énergétique ? Ou de démontrer son contraire.

 

Un pays voisin comme le Maroc qui ne dispose pourtant pas de ressources pétrolières s’investit pleinement dans le solaire qui pourrait à l’avenir constituer en partie un substitut propre à son importation de pétrole ?

Et avons-nous réellement évalué l’ampleur de nos richesses de pétrole et de gaz conventionnels dans un immense territoire encore inexploré ?

L’Etat est certes souverain dans ses décisions mais nul ne peut prétendre que le débat et le dialogue ne sont pas une vertu salutaire et salvatrice qu’il serait  vital d’enraciner dans toutes les strates de notre société afin qu’il soit une alternative à la violence qui s’exerce sous toutes ses formes.

Les cartels pétroliers qui s’érigent actuellement en nouvelles forces dominatrices de la planète grâce à l’argent dont ils disposent et au lobbying politique qu’ils exercent imposent-ils à des pays souverains les décisions stratégiques à prendre et les conduites à tenir en termes de choix énergétiques à effectuer notamment ceux alternatifs aux énergies fossiles ?

Ces cartels réussiront-ils à faire en Algérie ce que les négociations d’Evian ont empêché de faire ?

Que dieu nous en préserve car l’effet pervers que pourrait induire la contestation par les populations du sud de l’Algérie de l’exploitation du gaz de schiste et la répression que certains pourraient malheureusement décider d’exercer à leur encontre est de créer un point de fixation dans notre pays après celui induit par les tragiques événements de Ghardaïa et de donner une amorce à la cristallisation des colères que ne manqueront pas d’exploiter les nombreux ennemies que compte notre pays.

La partie est donc sensible et la prudence dans la gestion du désarroi qu’expriment les populations du sud de l’Algérie qui subit comme toutes les autres parties du territoire les aberrations d’un développement économique et social mal réparti doit être de mise.

L’Algérie ne peut se permettre de revivre d’autres tragédies qui lui seront fatales et les ruptures avec une époque révolue doivent impérativement se faire et le plus tôt serait le mieux.


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UN COMMENTAIRE

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  • ASNARAF
    12 mars 2015 at 23 h 12 min - Reply

    Un pays qui s’est construit sur du faux,donc sur des bases fragiles qui ne résisteront pas longtemps.Dès l’indépendance on a commencé à falsifier l’histoire et instaurer le parti unique,une langue unique,un journal unique,un syndicat unique… et sans aucun contre pouvoir. Dès l’indépendance on a commencé avec du faux et usage de faux:1 5OO OOO martyrs ,joli chiffre rond, mais affreusement exagéré,même si on ne met en doute les crimes de guerre commis par le colonialisme français.Ce chiffre mythique est devenu un TABOU Même des pseudo-historiens (ex Korso) n’osent pas le remettre en cause.Et nous sommes devenus complices d’un énorme mensonge d’Etat. Jusqu’à quand? Ar melmi ?

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