Édition du
4 December 2016

CCD. Bulletin des Droits de l’Homme. Mois de Mars 2015

مؤتمر التغيير الديمقراطي

Congrès du Changement Démocratique – (CCD) Bulletin des Droits de l’Homme. Mois de Mars 2015

Le régime persiste dans sa politique répressive avec son lot d’arrestations et de condamnations arbitraires ainsi que de son instrumentalisation scandaleuse de la justice pour s’attaquer à tous ceux qui osent réclamer leur droit à une vie juste et décente.

Pour ce mois de Mars, c’est encore les militants du Sud (chômeurs de Laghouat  et  d’El Oued)qui  subissent  les affres  de cette machine répressive.

aouine1er mars : Le citoyen Rachid Aouine, militant des Droits de l’Homme a été arrêté ce jour au commissariat d’El Biadha (El Oued). Son domicile a été perquisionné et son ordinateur saisi. Il est à noter que ce citoyen avait, il y a quelques années de cela, dénoncé la corruption au sein des douanes où il exerçait et avait participé à plusieurs rassemblements à In Salah pour dénoncer l’exploration du gaz de schiste. Il est accusé d’avoir posté sur sa page facebook un appel aux policiers pour rejoindre la manifestation du 24 février 2015 contre le gaz de schiste. En réalité l’interrogatoire policier a porté sur sa participation aux manifestations organisées par les populations du Sud contre le gaz de schiste. Un autre activiste de la coordination des chômeurs et compagnon de Rachid Aouine, le jeune Ali Brahimi est également arrêté.

03 mars 2015 : Rachid Aouine est présenté au Parquet d’El Oued.  Accusé d’incitation à la révolte, il est incarcéré à la prison d’El Oued.

09 mars 2015 : Procès de Rachid Aouine et d’Ali Brahimi au tribunal d’El Oued. Un important dispositif policier est mis en place autour du tribunal. Des citoyens venus de plusieurs régions d’Algérie sont arrêtés par la police. On note 55 arrestations. Plusieurs avocats du RADDH et de la LADDH II se sont constitués bénévolement pour défendre ces deux victimes de l’arbitraire.  Non seulement le public n’est pas autorisé à assister au procès, mais plus grave la famille de Rachid Aouine est empêchée d’assister au procès de leur fils. Très vive réaction du collectif d’avocats devant ce viol  de la loi. Le Parquet requiert une année de prison ferme. Après délibération, Rachid Aouine est condamné à 6 mois de prison ferme et à une amende de 50 000 DA. Son compagnon Ali Brahimi est acquitté.

Moulay Nakhou09 mars 2015 : Première victime du rassemblement populaire d’In Salah pour dénoncer l’exploration du gaz de schiste. Il s’agit du jeune Moulay Nakhou, 33 ans, victime de la répression lors de la tentative de dispersion du rassemblement du 28 février 2015.

Boughloussa Khoudir10 mars 2015. Tribunal de Ghardaïa. Procès du jeune blogueur Boughloussa Khoudir, 22 ans, originaire de Ghardaïa et exerçant comme technicien en informatique à Hassi Messaoud. Arrêté le mois passé et incarcéré, il est accusé « d’attroupement armé et de distribution de tracts portant atteinte à l’intérêt national ». Sur sa page facebook (Akhbar Taghardaït), il dénonçait les extrémistes chaambis qui agressaient ses compatriotes mozabites.

Un collectif de 10 avocats a assuré sa défense (8 du RADDH et 2 de la LADDH II). Le Parquet demande la peine maximale. L’affaire a été mise en délibéré pour le 17 mars 2015.

10 mars 2015 : Rachid Aouine condamné arbitrairement à 6 mois de prison ferme et incarcéré à la prison d’El Oued, entame une grève de la faim illimitée.

rachid

Abdelghani ALOUI11 mars 2015 : Tribunal d’Alger. 14h. Procès du jeune blogueur, Abdelghani ALOUI, de Tlemcen, avec comme chefs d’inculpation : « apologie du terrorisme » et « d’atteinte à corps constitué ». La défense a été assurée par un avocat du RADDH. Seule « l’atteinte à corps constitué » a été retenue contre lui. Il a été condamné à 6 mois de prison ferme. Cette peine a été couverte par sa détention provisoire qui avait duré 7 mois.

 khencha et compagnons11 mars 2015 : Laghouat. Procès en appel de Khencha Belkacem et de ses huit compagnons. Le tribunal est encerclé par un nombre impressionnant de policiers. Une trentaine de citoyens ont été arrêtés aux alentours du tribunal.

Selon des membres du collectif d’avocats (une douzaine du RADDH et de la LADDH II), les témoins ont été empêchés d’entrer à la salle d’audience, tout comme les familles des accusés. La salle est occupée pratiquement par des policiers en civil et en tenue.
Le collectif d’avocats devant ces conditions anormales de déroulement du procès  décident de se retirer. Le procès est alors reporté au 25 mars 2015.

11 mars 2015:  Ghardaïa : 47 jeunes citoyens de Guerrara et 4 autres de Ghardaïa, arbitrairement accusés de troubles à l’ordre public sont jugés et acquittés après plusieurs mois de poursuites judiciaires.

15 mars 2015 : Regue Mohamed, Khencha Belkacem, Brahimi Belelmi, Mazouzi Benallal, Azzouzi Boubakeur, Korini Belkacem, Benkouider Faouzi, Bensarkha Tahar et Djaballah Abdelkader, détenus arbitrairement à la prison de Laghouat  entament une grève de la faim illimitée, suite au renvoi de l’affaire Regue Mohamed à la date du 18/03 et celle des autres à la date du 25/03/2015.

17 mars 2015 : Le jeune  blogueur Boughloussa  Khoudir de Ghardaïa, jugé le 10 mars dernier a été condamné à 6 mois de prison ferme.

Regue Mohamed18 mars 2015 :  la cour de Laghouat  confirme le jugement de 18 mois ferme, du 11/03/2015 du jeune chômeur Regue Mohamed, handicapé moteur.

25 mars 2015 :  15e jour de grève de la faim de Rachid Aouine, à la prison d’El Oued.  La date de son procès en appel est fixée au 8 avril 2015.

25 mars 2015 :  Procès en appel de Khencha et de ses compagnons Brahimi Belelmi, Mazouzi Benallal, Azzouzi Boubakeur, Korini Belkacem, Benkouider Faouzi, Bensarkha Tahar et Djaballah Abdelkader.

La veille de leur procès, ils ont été approchés par des fonctionnaires de la justice et du pénitencier pour exercer un odieux chantage et des pressions sur eux, leur « expliquant » que leur présence en prison était dû à « l’agitation » des avocats du RADDH et de la LADDH II et que pour retrouver leur liberté ils devaient les déconstituer. Certains détenus, hélas ont joué le jeu, avant de se reprendre le jour du procès. Des méthodes staliniennes malsaines et éculées utilisées par  une justice aux ordres pour briser la volonté des jeunes militants. La cour confirme la condamnation en 1ere instance à 6 mois de prison ferme.

Afin de ne pas oublier nos autres compatriotes arbitrairement incarcérés et qui croupissent dans les geôles de l’injustice, rappelons que :

Abdessami Abdelhaï< notre compatriote Abdessami Abdelhaï, correspondant  de l’ex- journal Jaridati, croupit en prison depuis le 18 août 2013, sans jugement. Il est accusé d’avoir aidé le directeur de son journal à quitter clandestinement l’Algérie vers la Tunisie, accusation que refute Mr Abdessami.ould dadda

> notre compatriote Youcef Ould Dadda croupit en prison depuis le 27 mars 2014, après sa condamnation en appel à 2 ans de prison ferme, pour avoir diffusé une vidéo montrant des individus en tenue de policiers, dévalisant un local commercial.

Cellule des Droits Humains du CCD
Mars 2015

http://ccdalgerie.org


Nombre de lectures : 2701
UN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • IDIR
    6 avril 2015 at 20 h 52 min - Reply

    Pourquoi il ne faut pas désespérer. L’Algérie n’est pas inévitablement condamnée au pire. Une bonne raison d’y croire. Les Algériens mastiquent du noir depuis plusieurs décennies. Ils redoutent que le système continue ne mette en pièces leur cohésion nationale, que l’Algérie ne puisse jamais devenir autre chose qu’une machine à fabriquer la corruption.

    Il est vrai que nous avons une autorité institutionnelle sourde et une majorité de la population rendue aveugle dans un « système de boite noire. » Le contraire d’une boîte noire, dit boîte blanche, est un système dont les mécanismes sont visibles et permettent d’en comprendre le fonctionnement.

    Malgré les graves difficultés que rencontre aujourd’hui l’économie algérienne, il existe cependant cette bonne raison – l’amour de la patrie et la cohésion nationale – pour se relever et ne pas désespérer. Et, il est important de l’avoir en tête pour pouvoir saisir toutes les opportunités de sortir de la crise

    Dans ce cas, c’est possible, voyons loin, agissons ensemble à l’image de nos compatriotes de In Salah – identifier les nœuds et les maux de notre société actuelle dans son ensemble – pour une résolution durable, parce que, nous avons une réelle crise de la représentation au sein de nos institutions ; cette crise répond – peu ou prou – au grand « principe d’Archimède », plus un corps est plongé profondément dans la mousse ou la bêtise « politico-financière », plus il ressortira humilié qu’on le prenne pour un abruti.

    En conséquence, je ne désespère pas qu’en Algérie un jour de réécrire l’histoire de notre Assemblée nationale « à la vitesse d’une bicyclette » avec une boite dite blanche sur le modèle de nos amis tunisiens. La canonnière n’est pas le remède au conflit. Comme dirait A. Einstein : « On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l’a engendré. »

    Les politicards sont coincés entre continuer la corruption et la réécriture d’une nouvelle Constitution. Car, le monde bouge, la Tunisie a une nouvelle Constitution, en Islande les banquiers sont en prison, la Grèce se prépare à nationaliser son système bancaire et à introduire une monnaie parallèle, pour rester en mesure de payer ses dettes et, d’autres pays – demain – sans doute.

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 0

  • Congrès du Changement National

    Galeries photos