Édition du
10 December 2016

AUX ORIGINES DE L’ACTUELLE CRISE ALGERIENNE

Boutef oua el gazouzAbdelhak Serrab

Bien que multidimensionnelle, la crise algérienne est éminemment politique et demeure liée directement à la nature du régime politique algérien . Héritier des différentes crises ayant secouées le mouvement national,le régime politique algérien tel qu’il se perpétue et s’exprime depuis 1962 à nos jours,demeure le fruit d’un double échec ayant secoué le mouvement national bien avant l’indépendance . En effet,l’échec d’une solution politique négociée de la question de la colonisation de l’Algérie, lié à l’intransigeance de l’ancienne puissance coloniale et son entêtement à s’opposer par le mépris et la force aux attentes du peuple algérien qui n’a cessé de réclamer son droit à la liberté et à la dignité, a contribué à la radicalisation du mouvement national et la naissance du F.L.N . Mouvement radical ,le F.L.N s’est chargé en 1954 de libérer le territoire algérien afin d’émanciper le peuple algérien dans le cadre d’une république indépendante et sociale .
Mais rapidement et dés 1956,le F.L.N se retrouva en face à une véritable crise politique et idéologique dans la mesure où une partie de sa classe dirigeante s’est opposée aux déclarations du Congrès de la Soummam et particulièrement à deux de ses principes de base que sont : La primauté des politiques par rapport aux militaires et la primauté de l’intérieur par rapport à l’extérieur . Cette crise se termina par un coup de force qui coûta la vie en 1957 à Abane Ramdane qui fut un des initiateurs du Congrès de la Soummam aux côtés de Ben M’hidi,Zighoud Youcef,Krim Belkacem,Dahleb …
Cet assassinat , représente l’évènement fondateur de la crise algérienne actuelle . Mais en dehors de la symbolique que représente la perte d’un grand homme comme Abane,l’Algérie a dès 1957 emprunté la malheureuse voie de la primauté du militaire par rapport au politique et la primauté de l’extérieur par rapport à l’intérieur .

Aujourd’hui,l’avenir du pays, dépendra de notre capacité à résoudre cette équation à deux connus et non pas inconnus !


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3 Commentaires sur cet article

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  • Fred
    7 mai 2015 at 11 h 20 min - Reply

    Mais dites moi ! qui était contre cette primauté des civils sur les militaires ?
    Krim Belkacem, Amirouche, Mouhand oulhadj, et bien d’autres, le seul qui était pour était Abbane, et c’est pourçà que les 3 B l’ont mis à mort d’ailleurs, d’ailleurs d’après les mémoirs des historiens algériens, Krim et Abbane ne se sont jamais entendu pour une très simple raison, Abbane était un cerveau, ce qui n’était pas le cas pour Krim, Amirouche aussi qui fut recruté par Krim, traitait ce dernier et tous les dirigeants d’ailleurs de maquisards de salon ! et pour anecdote Amirouche demandait sans arrêt à être promu comme chef d’état major ! la Bleuite d’ailleurs a prouvé d’ailleurs le niveau trés bas de ces militaires, Amirouche a non seulement assassiné des civils mais pas mal de ses propres soldats comme pour donner raison au colonnel Godard initiateur de l’action psychologique, et finalement ils se sont entretué entre eux, d’ailleurs à l’encontre de ce que certains pensent Amirouche fut donné par certains de ses propres soldats qui en avaient marre de son dictat, Mouhand oulhadj a du le suplier pour qu’il renonce à ses liquidations.
    rares qui avaient le coeur pur tel que Benmhidi, ABBANE, Benkhadda, et bien d’autres civils, le reste ils voulaient tous le pouvoir !

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  • ca21dz
    8 mai 2015 at 7 h 02 min - Reply

    Malheureusement tout est vraie dans ce qui dit Fred, il manqué a laliste des trois un certain Ferhat Abbas, que lui est resté vivant apres l’indepondance, Le probleme Majeurs dans les pays arabes dite musilmane et en algerie il faut remonté a l’origine du mal et vous allez trouvé qu’il a un seul nom les Oumeade depuis qu’on a rendu la gouvernance heriditaire c’est la ou les caroutes sont cuites, l’algerie avait une chance de sortir de ce mode retrograde avec la revoultion, malheureusement les ambitions des unes et le manque de recule des autres a tous capoté a commencé par les assissinat de Abane et finisson pour le coup de force de benbella boukharouba et cellé par boukharouba, maintenant pleurons pleurons

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  • Abdelhak Serrab
    10 mai 2015 at 16 h 54 min - Reply

    Bonjour,

    En dehors des conflits qui opposaient les hommes hier et les opposent aujourd’hui,l’avenir de notre pays passe par notre capacité à résoudre cette équation à deux connues qui sont la primauté du politique sur le militaire et la primauté de l’intérieur par rapport à l’extérieure . Ses deux principes semblent évidents ,mais ils ont des portées que nous devons assimiler si nous voulons vraiment provoquer le changement .

    1° La portée de la question liée à la primauté du politique sur le militaire

    L’armée en sa qualité d’institution de défense nationale, doit rester en dehors des enjeux politiques non pas parce que les militaires sont moins intelligents ou moins courageux ou moins meilleurs gestionnaires que les politiques . L’interdiction de la pratique politique qui s’impose aux différentes armées au monde,a pour objectif de préserver l’unité de celles ci . En effet, dès qu’une armée se mêle de politique,elle se retrouve traverser par différents courants politiques et idéologiques et par ailleurs,on risque de se retrouver avec autant d’armées dans un seul pays que de courants politiques et idéologiques ,d’où les risques de divisions et de guerres civiles .

    2) La portée de la question liée à la primauté de l’intérieur sur l’extérieur

    Par intérieur,le congrès de la Soummam visait les valeurs algériennes aussi bien culturelles,idéologiques que politiques . En effet,un peuple a besoin d’une nation . Cette nation exige,un territoire,des lois ,un projet de société,une conscience commune et un sentiment de destin commun . Les algériennes et algériens,ne peuvent retrouver ces valeurs que dans le cadre d’un système culturel,idéologique et politique global et nécessairement algérien .

    Cette tendance algérianiste du Congrès de la Soummam a malheureusement choqué à l’époque des personnalités comme Benbella,Ali Kafi et Abdelhafid Boussouf tout en continuant à choquer aujourd’hui de nombreux compatriotes attachés non pas à la nation algérienne mais plutôt selon leurs idéologies soit à la nation islamique,soit à la nation arabe .

    Il est clair,que l’union fait la force . Cependant,le monde arabo-musulman souffre depuis de nombreuses générations de sous développement et d’anarchie . Durant cette longue traversée du désert,la pensée rationnelle fut renversée par la conception émotionnelle et les bons sentiments ont écarté chez nous les bons plans . Sachant qu’en arithmétique le zéro est un chiffre absorbant , l’accumulation de nullités ,ne créée pas forcément une force . Autrement dit,l’union entre pays arabo-musulmans en l’état des choses,n’est qu’une gesticulation populiste et émotionnelle . Pour qu’une telle union soit utile et significative,chaque pays de la région doit commencer par créer localement un minimum de force politique,culturelle,sociale et économique . Ce n’est qu’après l’éveil,l’existance et la mise en route de chaque pays que nous pouvons évoquer l’union pour annoncer le retour de la nation arabo-musulmane après cette longue période d’hibernation, .

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