Édition du
10 December 2016

La lente agonie d’un idéal entêté

Algerie pays stableSalim METREF

L’idéal de novembre 1954 s’est-il donc  à ce point délité ? Et avons-nous tout renié au point de tout permettre ?

La scène politico-médiatique algérienne s’emballe ces jours-ci et nous restitue  ce dont nous avons été capables de faire et ce dont nous sommes devenus. Un spectacle tragico-comique qui révèle une république sans défense livrée aux articulations perverses de la mondialisation notamment celles des multinationales capables de tout corrompre et même de faire et de défaire les régimes en place.

L’Algérie a aujourd’hui sans doute plus besoin de juges Falcone (Giovanni Salvatore Augusto et non Pierre-Joseph) et de généraux Dalla Chiesa que de toute autre chose. Le grand déballage jurico-médiatique qui se déclame devant nos yeux ébahis et qui nous coupe le souffle pourrait devenir le canal par lequel s’opérera cette cure de jouvence tant attendue, ce grand déballage et cette grande lessive qui redonneront à la politique ses lettres de noblesse et toute sa crédibilité.

 

Le 1er Mai 1993, un homme autodidacte, connu pour ses origines modestes et son intégrité a commis un geste d’une exceptionnelle gravité en se donnant la mort en se tirant une balle dans la tête le long du canal de la Nièvre en France. L’homme n’accepta jamais que son honnêteté soit mise en doute à l’occasion d’un prêt contracté pour l’achat d’un logement dont il défendit avec ardeur la régularité.

Pierre BEREGOVOY était de ces justes dont les noms brillent encore et qui ne renièrent jamais leurs origines,  œuvrèrent sans relâche au bien-être des plus humbles  et des plus modestes et  redonnèrent  à la politique son rôle d’outil incontournable de la transformation et du développement.

 

Mais une question se pose alors à nous avec acuité. Dans quelle république vivons-nous ?  Au point de voir des personnes importantes citées dans des procès en cours ou accusées, à tort peut-être,  par d’autres des pires délits sans que cela n’émeuve personne et sans que rien ne se produise.

 

Ailleurs sous d’autres cieux, des responsables politiques de premier plan,  intègres et d’une toute autre envergure, diplômés des plus grandes écoles de droit et d’économie dans le monde, auraient accompli le geste le plus évident et le plus normal qui soit et qui constitue le Smig de l’honneur et de la bonne gouvernance, présenté illico presto leurs démissions pour être libres et pouvoir, en tant que simples citoyens, se défendre.

 

Il est vrai qu’il y a le principe absolu de la présomption d’innocence (article 11 de la  Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948), la diffamation qui constitue un délit, l’obligation du respect de la vie privée d’autrui  et chez nous en plus la rumeur et les règlements de compte. Mais enfin il y a une question évidente qu’il faut peut-être se poser. Qu’allons-nous léguer aux générations futures et de quel modèle voulons-nous qu’elles s’inspirent  plus tard?  Voulons-nous que le crime impuni devienne la norme ou autre chose ? La question est d’une brulante actualité tant l’agonie de l’idéal de 1954 est lente et certaine. Mais son souffle est toujours là et continue de peser. Oui ce pays et plus que jamais  a besoin de juges Falcone et de généraux Dalla Chiesa !

 


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3 Commentaires sur cet article

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  • Dria
    1 mai 2015 at 21 h 41 min - Reply

    à défaut de juge Falcone ou du génèral Dalla Chiesa ; et devant les dilapidations de milliards de dinars avec des preuves qui ne laissent aucuns doute, je dis vivement Une « épée aiguisée » ….si une main se faisait coupée …. (je ne suis pas. islamiste pur et dure ni un prodaech , mais je vois dans cet acte fort. une JUSTICE pour les méfaits commis .

    Hélas sans Falcone et sans épée et ne voulant pas de manchots, on ne saura jamais l’ampleur du phénomène qu’on banalise a force de médiatiser.

    En 1954 on avait coupé des nez et des lévres pour moins que ca, parfois il faut taper fort pour atteindre l’idéale, le faire pacifiquement serait l’idéale ….

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    • HACENE
      5 juin 2015 at 7 h 46 min - Reply

      BONJOUR
      Si un petit responsable pique dans les caisse de l’etat 05 ou 06 milliards de centime
      et une fois juge’ ,il est condamne’ a 05 ou 06 ans , eh bien il aura bien fait !!!!
      calculez 01 milliars de centime par ans. la meilleur des petites entreprises en algerie ne ferais pas ce resultat net.
      c’est pour cela les gestionnaires ( pas tous ) n’hesitent pas a piocher dans les fond de leurs entreprises pour leurs besoins. et on parle de decriminaliser l’acte de gestion
      salut

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  • A.Hocine
    6 juin 2015 at 13 h 11 min - Reply

    Monsieur Metref vous ecrivez:sous d’autres cieux, des responsables politiques de premier plan, intègres et d’une toute autre envergure, diplômés des plus grandes écoles de droit et d’économie dans le monde, auraient accompli le geste le plus évident et le plus normal qui soit et qui constitue le Smig de l’honneur et de la bonne gouvernance, présenté illico presto leurs démissions pour être libres et pouvoir, en tant que simples citoyens, se défendre. Fin de citation.
    En Algerie : 1) des responsables qui ont commis des faux disent j`en assume la responsabilite et sortent blancs comme neige du tribunal
    2) des responsabilites qui ont pour roles d`agir pour eviter que de graves decisions ne viennent perturber le fonctionnement de l`economie et lui causer des degats disent on a manque d`intelligence pour comprendre le contenu des rapports signalant ces actes et sortent egalement blancs comme neige du Tribunal.
    Ce que je veux dire,Monsieur Metref,il n`y a pas comparaison.J`espere que dieu reconnaitra les siens.

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