Édition du
4 December 2016

Bab El Hadid revisité

Salim METREF

Egypte Sissi HimarLe Président MORSI a été élu au suffrage universel. Son élection a été saluée par l’ensemble de la communauté internationale comme le symbole du retour de la liberté en Egypte. Cependant, les puissances occidentales hypocrites qui refusent tout modèle politique et économique qui s’inspire de l’Islam surtout lorsqu’il se  met en place par le biais du suffrage universel et qu’il peut constituer une alternative politique qui permet au monde musulman de réémerger ont articulé leur influence pour saborder la jeune expérience égyptienne et créer les conditions de la destitution du  Président MORSI qui a été arrêté, emprisonné puis jugé et aujourd’hui condamné à mort. Tout cela dans le silence des consciences !

 

 

Les balles ont sifflé sur la place Ramsès. Ce lieu mythique du Caire se confond avec la gare centrale, anciennement Bab El Hadid qui depuis que les grilles en fer qui l’entouraient ont été enlevées s’est métamorphosée en gare centrale de la capitale égyptienne. Et la présence de la mosquée Al-Feth dont l’enceinte a été profanée en cette matinée du 17 août 2013 par des soldats en armes. Les morts se comptent désormais par milliers. Il faut bien liquider une partie de l’élite égyptienne. Comme cela plus personne ne pourra réfléchir à l’avenir. Ni pour l’avenir. Bab El Hadid n’est plus cette quête de Quénawi  pour une bouchée de pain quotidienne dans une gare à la vie trépidante,  ni son amour fou pour la belle Hanouma. Ni encore cette eau limpide qui coulait dans le bassin situé au pied de la statue de Ramsès. Non Bab El Hadid n’est plus le souvenir de ce film de Youcef Chahine qui en 1958 signait l’une de ses plus importantes œuvres cinématographiques. Bab El Hadid où se rencontrent chaque jour des dizaines de milliers de voyageurs en partance où en provenance du Delta et de la haute Egypte affiche ses couleurs, exhibe sa profonde chaleur humaine et grouille de ses  vendeurs ambulants et de ses taxis collectifs qui proposent leurs produits et services. Bab El Hadid a d’abord été le terminus  de cette première ligne de  chemin de fer d’Egypte, mise en service en 1856,  qui a permis de relier Alexandrie au Caire. Mais Bab El Hadid, c’est aussi les cris hirsutes de ces personnes en délire qui ont crié vengeance. Vengeance ? De qui ? De ceux qui ont eu la naïveté de croire que l’on pouvait accéder au pouvoir par des moyens pacifiques. Démocratiques. De ceux qui ont remporté les élections. De ce Président légitime mis aux arrêts.

 

Non, il aura fallu remettre les compteurs à zéro. Remonter l’histoire. Revenir au passé. Illusions, chimères ! Mais le  sang a coulé sur la place Bâb El Hadid. L’Egypte pleure et enterre ses morts. Et l’occident fait semblant de compatir. Mais l’on n’est jamais mieux trahi que par ses proches, par ceux que l’on protège et que l’on investit de sa confiance. L’ombre de Quénawi n’hantera plus cette place célèbre, ni son amour fou pour la belle Hanouma. Et ces personnages connus qui ont perdu leur honneur, se sont compromis, ont apporté leur soutien puis se sont rétractés et ont fui face au carnage et à la répression sanglante. L’Egypte ne méritait pas ce gâchis. Et ces morts, ces blessés et ces personnes arrêtées souvent, à l’aube venue, affaiblies par leurs blessures, vidées de leur sang, le visage tuméfié, la peau tatouée par la marque de leurs geôliers, le visage livide et la gorge nouée par les sanglots. Ces personnes trébucheront mais sauront toujours qu’une petite lumière blanche sera toujours là pour veiller sur eux.

Oui l’Egypte ne méritait pas ce gâchis. Et l’ombre de MORSI planera toujours sur Bab El Hadid !


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UN COMMENTAIRE

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  • Dria
    20 mai 2015 at 17 h 00 min - Reply

    Tous ce gâchis n’aurait jamais eu lieu s’il y avait une réelle mobilisation de leur ghachis, les traitres sont blanchit, les moubarek affranchit et les innocents sacrifier sur l’autel des muftis, l’occident ne changera pas … ce qui manque au décor c’est la « yad min haddid » une main de fer que le peuple doit se réapproprier afin d’arracher son droit à une vie décente et juste, cette main qui avait jadis forgé « bab el haddid »

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