Édition du
6 December 2016

Bourses d’études/ Londres et Paris pour les enfants des dirigeants, Soumaa et Kharrouba pour les zawalis

université Blidahttp://www.algerie-focus.com/
Par | mai 31, 2015 2:07
Londres université

Ils promettent des lendemains enchanteurs aux jeunes pour les convaincre de rester en Algérie, mais ils aident leurs enfants à étudier dans les plus prestigieuses universités internationales. Et avec quel argent ? Les bourses du ministère de l’Enseignement Supérieur, de Sonatrach et du ministère des Affaires Etrangères, accordées dans l’opacité la plus totale. Pour les “zawalis”, il s’agit d’un rêve quasi-inaccessible. Pour les fils et filles des dirigeants, une bourse à Londres ou Paris relève de la formalité. Pour s’en convaincre, Algérie-Focus révèle une short-list de hauts responsables algériens dont les enfants ont bénéficié de bourses d’études de l’Etat en Angleterre et en France.

Et cette liste, même si elle paraît longue, ne représente qu’une infime partie de la réalité. Et pour cause, l’Etat algérien accorde depuis des années un nombre conséquent de bourses d’études à l’étranger. Aucun contrôle crédible n’est effectué pour vérifier si ces bourses sont accordées selon des critères académiques bien déterminés.

– Ahmed Ouyahia : les deux fils de l’ex-Premier ministre, actuellement, chef de cabinet de la Présidence de la République, ont bénéficié de bourses pour suivre un cursus à Londres en Angleterre.

Bouguera Soltani : le fils de l’ex-ministre et leader du parti islamiste le MSP a obtenu une bourse d’Etat en Angleterre, ce pays occidental où les femmes s’habillent de “manière provocante”, selon la perception de nos dirigeants.

Abdelamalek Sellal :  les deux filles de l’actuel Premier ministre ont obtenu des bourses pour étudier en Angleterre. Ceci dit, Sellal en sa qualité d’ancien diplomate et ambassadeur en Hongrie, ses filles avaient, selon nos informations, bénéficié de bourses et financements du ministère des Affaires Etrangères.

– Boubekeur Benbouzid : l’ex-ministre de l’Education nationale n’a, lui-même, pas fait confiance à notre université. Preuve en est, il n’a pas empêché son fils d’obtenir une bourse de l’Etat pour étudier en Angleterre.

– Le général Abderrahim: longtemps chef de région militaire, il a permis à son fils de bénéficier d’une bourse de l’Etat pour étudier en Angleterre.

– Le général-major Mohamed Ghenim: le fils de l’ex secrétaire général du ministère de la Défense a étudié grâce à une bourse de l’Etat en Angleterre.

Le général major Mohamed Zenakhri, chef de région militaire et secrétaire général du ministère de la Défense : il a lui aussi usé de ses relations pour aider son fils a étudier en Angleterre grâce à une bourse étatique.

– Kamel Rezzag Bara, conseiller à la Présidence de la République : ses deux fils ont obtenu une bourse pour poursuivre leurs études en Angleterre.

Ahmed Benbitour, ex-chef de gouvernement:  sa fille a bénéficié d’une bourse de l’Etat pour étudier à Tunis ensuite en France.

Tahar Hadjar,  ancien recteur de l’université d’Alger et actuel ministre de l’Enseignement Supérieur : son fils et sa fille ont étudié grâce à une bourse à Nice dans le sud de la France.

– Hocine Djoudi, ancien ambassadeur d’Algérie en Espagne et ancien représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU: son fils, Karim Djoudi, qui deviendra plus tard ministre des Finances, a étudié à Paris grâce une bourse de l’Etat.

– Abdelhamid Temmar, ancien ministre de l’Investissement et ancien ministre de prospective et des statistiques : deux de ses enfants ont étudié en France grâce à des bourses de l’Etat algérien.

Amar Saïdani, secrétaire général du FLN et ancien vice-président de l’APN : sa fille a étudié en Angleterre après avoir obtenu une bourse étatique.

Chérif Rahmani, ancien gouverneur d’Alger, ministre de l’environnement et aussi de l’Industrie : ses deux filles ont bénéficié de deux bourses pour étudier à Paris et Nice.

– Rachid Haraoubia, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : son fils a bénéficié d’une bourse pour étudier en Angleterre.

“La Chine, la Jordanie, La France et l’Angleterre” 

Par souci d’objectivité, nous avons contacté la Direction de la coopération et des échanges inter-universitaires, organisme du ministère de l’Enseignement supérieur, qui gère l’attribution des bourses pour la poursuite des études à l’étranger, mais une responsable de cet organisme a refusé de commenter notre liste et les privilèges dont jouissent les enfants des dirigeants politiques. Notre interlocutrice s’est contentée de nous rappeler qu’un “concours annuel est organisé à Alger, Oran et Constantine” pour sélectionner les étudiants devant aller étudier à l’étranger. Cette année, les concours se sont déroulés au cours du mois de mars dernier. Entre 50 et 60 bourses ont été octroyées. A noter que le nombre a beaucoup baissé comparativement aux années 70 et 80. Les étudiants sélectionnés s’envoleront pour “la Jordanie, la Chine, la France et l’Angleterre”, affirme la même responsable, selon laquelle  “il faut être major de promotion dans son université et sa filière pour candidater à une bourse d’étude et les filières techniques et scientifiques sont les plus privilégiées”.

Ainsi, si l’on comprend bien, les fils et filles d’Ouyahia, Bouguerra Soltani, Sellal, Chérif Rahmani, Amar Saïdani, Temmar et les généraux Abderrahim ou Mohamed Ghenim ont tous été des “majors de promo” dans leurs filières ou universités ? Si tous nos dirigeants avaient élevé des “majors de promos”, pourquoi notre pays demeure encore sous-développé ? Notre interlocutrice nous raccroche au nez et refuse de nous fournir la moindre indication. Il y a donc bel et bien anguille sous roche.

Il est à souligner qu’en Algérie, il n’y a pas que le ministère de l’Enseignement Supérieur qui accorde ses bourses d’études à l’étranger. Sonatrach en accorde aussi pour suivre des cursus à Nice, Aix-en-Provence et Paris en France ainsi que Londres en Angleterre. Mais qui a bénéficié de ces bourses et quels sont les critères de sélection ? A Sonatrach, personne n’a souhaité éclairer notre lanterne. L’opacité perdure depuis des années. Au ministère des Affaires Etrangères, un système de bourses existe aussi pour les enfants des diplomates en poste. Mais comment il fonctionne ? Là encore, motus et bouche cousue.

Les enfants de nos hauts responsables ont parfaitement le droit, au même titre, que les autres Algériens de bénéficier de bourses d’études, mais à condition qu’ils soient soumis aux mêmes critères que les Algériens lambda. Ces privilégiés de la République ont-ils répondu aux normes de l’excellence universitaire et du mérite académique ? Pas si sûr au regard de la banalisation du favoritisme dans les institutions. Les tristes témoignages de jeunes étudiants brillants, exclus de ces concours de bourses, sont légion.

De plus, pourquoi ces dirigeants, dont les enfants ont eu la chance d’étudier dans les meilleures universités françaises et anglaises, ne s’investissent pas pour l’édification d’une véritable université algérienne moderne et conforme aux standards internationaux ? Aujourd’hui encore, les enfants des citoyens ordinaires subissent la vétusté du matériel pédagogique et l’infecte nourriture dans des établissements qui n’ont d’universités que le nom, à l’instar de celles de Soumaâ à Blida, Kharrouba ou Bouzaréah à Alger.

Au Maroc, le Makhzen, tant diabolisé par nos décideurs, adopte depuis de nombreuses années un système transparent : un collège royal à Rabat où les enfants des dignitaires de la monarchie marocaine étudient dans les meilleures conditions. Mais dans ce collège, le monarque marocain choisit aussi les élèves les plus “méritants” du pays, souvent issus de couches défavorisées. Ces élèves suivent, au même titre que les enfants des dignitaires, une formation de qualité susceptible d’aboutir à une formation universitaire prestigieuse dans les meilleures écoles supérieures d’Europe ou des Etats-Unis. Les élèves ordinaires  sont formés avec le prince héritier. Ils débutent, par la suite, leur carrière avec lui. Ce système instauré par Hassan II a doté le Maroc d’une élite éclairée et compétente, alors qu’en Algérie, l’élite est laminée et la kyrielle d’enfants des dirigeants, ayant bénéficié de tous les privilèges, n’a absolument rien apporté au développement de notre pays.

Et les opposants ? 

Et pourtant, nos dirigeants qui ont font profiter leurs enfants des bienfaits de l’enseignement universitaire français et anglais ont pour devoir de bâtir, ici même, un système universitaire digne de ce nom. Ils ont pour devoir d’offrir la meilleure des éducations à leurs compatriotes. Pourquoi ne pas installer l’équivalent d’Oxford à Alger, Oran ou Constantine comme l’ont si bien fait les Emirats Arabes Unis ? Pourquoi ne pas encourager l’implantation d’une université américaine à Alger, Ouargla, Tlemcen ou Annaba pour permettre aux jeunes “zawalis” algériens de se frotter au meilleur enseignement dans le monde ? Des solutions existent bel et bien. Mais nos dirigeants ne s’en soucient guère, leurs enfants  jouissant de la qualité de l’enseignement londonienne et parisienne.

La question se pose également aux “opposants” fort nombreux à scolariser leurs enfants à l’étranger. Ainsi, Saïd Sadi, à titre d’exemple, avait des enfants scolarisés en France au moment du Printemps Noir de Kabylie. Idem pour Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de la Communication et aujourd’hui membre actif de la CNLTD, dont les enfants ont étudié en France. Certes, avec leur propre argent et sans l’aide de l’Etat. Toutefois, on ne les entend pas souvent défendre une université algérienne alternative et de qualité. Pourquoi ? Parce que nos opposants aussi n’ont pas connu les misères de Soumâa et Kharrouba…

– See more at: http://www.algerie-focus.com/blog/2015/05/bourses-universitaires-et-fils-de-hauts-dirigeants/#sthash.zbauU6FL.dpuf


Nombre de lectures : 9869
10 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Si Salah
    31 mai 2015 at 18 h 45 min - Reply

    Avec l’argent volé aux zawali, ces fistons de mafieux iront faire les grands magasins et les grands dancings de l’étranger, mais ils n’humeront ni l’air de Harvard, ni celui du MIT….Il y a heureusement dans ce monde des choses qu’on ne peut acheter avec l’argent sale.

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 21

    • tram
      2 juin 2015 at 16 h 09 min - Reply

      Vous avez tout-à-fait raison ya Si Salah, je me souviens durant mon séjours en étranger d’un gars assied toujours dans le même endroit jour et soir avec son costume cravate franchement mais quelle peste avec la mentalité d’ ici des gens qui foutent rien et qui passent leurs temps a regarder les autres, bon après je me suis renseigné sur ce type, il se trouve qu’ il travaille avec tel service tel ministère et c’est tous…
      devant moi ce type était un cafard…

      Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 5

  • El Hergmaa
    31 mai 2015 at 20 h 40 min - Reply

    Eh voilà, eh oui, c’est çà le destin de nos enfants de zaoualiya piégés dans notre pays !

    Comme le mentionnent maintes et maintes fois des intervenants sur LQA , nous, ezzaoualiya, on a seulement droit qu’à une université d’obédience arabo-islamique rétrograde (donc même pas celle de Malek Bennabi ou de Boukrouh) et à un enseignement archaïque rétrograde et attardé , alors pour la progéniture des hommes au pouvoir , eux, ils ont droit d’accéder à des universités d’excellence à l’Etranger… chez les Kofars !

    Et oui, pendant que nous ezzaoualiya on va se contenter d’attendre que Dieu rééquilibre en notre faveur la situation dans l’au-delà pas avant, eux (les enfants du pouvoir, des officiers supérieurs, des Ministres, du FLN, du RND, du TAJ, du MPA et de l’UGTA) ils ont la chance d’accéder, ici bas, à la science, la technologie, la connaissance scientifique et technique, au raisonnement, etc… etc…

    Yaa !!c’est el oukhdaa pour nos enfants yaa djemma. L’école et l’université pourries de chez nous, c’est pour nos enfants seulement !

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 17

  • ca21dz
    1 juin 2015 at 6 h 29 min - Reply

    Ce n’est pas londres ou Paris ou les USA qui formeront des bon cadre pour nous, c’est nous meme les meilleurs formateurs de nos enfant a chaccun son ecole
    ca fait mal qu »on sait que c’est l’argent du peuple qui finance ces rejetons. pas d’inquiétude ils n’irront pas tres loin

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 11

  • 02
    2 juin 2015 at 9 h 55 min - Reply
  • titiche
    2 juin 2015 at 12 h 50 min - Reply

    J’ai lu l’article, et j’ai tire un long soupir. Je me suis souvenu du coup qui m’a été fait en 1982, par le ministère de l’enseignement secondaire et de la recherche scientifique (j’ai la tremblote quand je note recherche scientifique). Je dis ministère, mais en fait ça doit être un des responsables du service des bourses. Allez! bon je vais vous raconter ma vie. En 1982, j’ai beneficie d’une bourse, qui ne m’est jamais parvenu. J’ai attendu, pendant l’été,et vers la fin août je me suis déplacé, après avoir cherche un contact sur (au ministère), qui pouvais m’éclairer. Résultat mon dossier avait un avis favorable avec pré-affectation vers une université proche de votre commune ou wilaya de naissance (les anciens, savent de quoi je parle) le jour de mon retour au pays. Depuis beaucoup d’eau a couler sous les ponts ( et beaucoup de sang aussi, hélas). J’ai été attache de recherche, enseignant universitaire ici et la bas, j’ai participe a des travaux sur des projets avec cachets top secrets (pour rien!…). Je n’ai jamais eu de logement gratuit (même pas une aide de favoritisme). Mes parents, sont des gens simples comme tout le monde. Mais je n’ai jamais pleurniche devant qui que ce soit. De nos jours les gens veulent tout avoir sans rien faire ( ah j’ai fait mon SN aussi). C’est la personne qui se forme, mais pas en pleurant tout le temps….Oh je n’ai pas eu de logement, Oh on ne m’a pas donne une aide financière, Oh on ne m’a pas donne……donne….donne…. Dans la vie il faut savoir donne pour recevoir. Je vous assure qu’il n’y a pas plus grandiose que la paix de l’âme que nous donne Allah, le miséricordieux. Je voulais juste transmettre ce message sans viser qui que ce soit et sans être ni hautain ni quoi que ce soit……Mes enfants aussi sont gradues licence LMD),sans fonction…pour vous dire. Il faut se battre (avec tout ce que ce mot peut signifier)……bientôt ces vautours disparaîtront avec votre hargne et férocité, a vous……..les jeunes….merci pour votre lecture.

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 9

  • Dihiya BERCHICHE
    6 juin 2015 at 9 h 31 min - Reply

    Votre liste ne cite pas les enfants de bouchouareb ou bouchareb, c’est du pareil au même, et surtout les frasques de sa fille aînée qui passent en boucle sur youtube et qui « étudie » à HEC…!? Hachakoum…. et que nos enfants et petits-enfants crèvent en enfer…..
    Voilà, c’est aussi simple que ça pour un système qui engendre toutes les injustices du monde.

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 3

  • Nordine
    6 juin 2015 at 16 h 45 min - Reply

    malgré les bourses et tout le tralala pour faire leurs études dans les prestigieuses universités occidental
    leurs enfants en sortent des Ânes bâtés et débiles
    argent jeté par la fenetres
    du gachis

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 7

  • FATMA
    23 juin 2015 at 23 h 13 min - Reply

    harroubia a aussi donné la bourse de 18 mois à sa fille lorsqu’il était ministre ainsi qu’à sa copine et toutes les deux ne remplissaient pas les critères.

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 0

  • silima
    24 juin 2015 at 0 h 00 min - Reply

    et Haouchine toujours DG au mesrs malgré le scandale de l’USTHB sur la bourse pour sa fifille qui a un si bon petit papa

    Ce commentaire vous plait ? : Thumb up 0

  • Congrès du Changement National

    Galeries photos