Édition du
5 December 2016

Fausse note de conjoncture

Algerie pays stableSalim METREF

Note de l’auteur : Cette note est comme son nom l’indique fausse. Elle est le scénario du pire que le sursaut, l’effort et le repentir permettront d’éviter.

L’Algérie s’installe désormais dans la crise. Elle sera multidimensionnelle, complexe, aux ramifications inextricables et dure à vivre. Elle sera économique, financière et sociale. Elle aura inéluctablement sa transcription politique.

Le mois de Ramadan sera la période qui servira d’amortissement au premier choc qui ne dévoilera toute son amplitude et toute sa résonnance qu’à la rentrée de septembre.

Economique, d’abord. Les clignotants ne sont déjà plus au vert et les indicateurs qui nous servent de boussole s’essoufflent. Le pari à gagner est immense. Il s’agira de réussir dans la crise la plus dure que nous aurons à vivre depuis l’indépendance après avoir lamentablement échoué dans la gestion des nombreuses phases d’opulence et de richesse que nous avons connues et vécues.

Financière ensuite. Nos réserves de change s’épuiseront beaucoup plus rapidement que prévu. La facture endiablée de l’importation sera certes endiguée mais comme une digue qui  finit par céder sous la pression du déferlement de l’eau elle ne sera d’aucun secours pour continuer de financer des programmes sociaux qui ont également profité aux plus riches. Les ressorts existants ne pourront pas amortir les effets dévastateurs de la crise économique et des millions de personnes connaitront pour la première fois de leur vie la pauvreté et la précarité.

La crise sera nécessairement politique puisque d’essence sociale et comme dans tout processus révolutionnaire, la pauvreté et le sentiment d’injustice qu’elle provoque tracera le sillon de la contestation et de la révolte

L’Algérie s’installera dans un désordre provoqué non pas par l’effet de crises du voisinage, contenu tant bien que mal, mais par des facteurs éminemment endogènes. L’inexistence de la société civile et de la classe politique, laminées toutes les deux par l’effet conjugué de la répression et de la bureaucratie, sera extrêmement préjudiciable à l’effort de maintien de la cohésion sociale et pire, de la cohésion territoriale.

Les luttes pour le pouvoir seront elles aussi féroces. Elles ne seront pas générationnelles, ni régionales. Elles seront d’essence éminemment économique et financière et articuleront en tant que puissance compradore leurs articulations répressives.

Des poches de contestation sociale parfois armées se développeront dans de nombreuses régions du pays. Les turbulences seront aussi présentes dans les zones urbaines et péri urbaines et seront l’œuvre de franges importantes d’une jeunesse désespérée, désemparée et qui veut en découdre.

Bien sûr, tous ces aspects d’une crise terrible à venir et à vivre se déploieront dans un contexte de prévisions extrêmement pessimistes du fonds monétaire international qui table sur une prochaine crise financière mondiale encore plus grave que celle des subprimes. Elle est déjà dans l’agenda des limiers de la conjoncture financière mondiale.

Et nous serons cette fois-ci extrêmement démunis pour espérer en contenir les effets. Cette crise nous portera sans aucun doute le coup de grâce.

 

Le Ramadan est déjà à nos portes et viendra nous rappeler comme chaque année que tout est éphémère et que le jeûne est non seulement un excellent exercice pour le corps mais aussi et surtout pour l’esprit. En tous les cas une invite certaine à une vie simple et frugale. Et une incitation aussi à l’effort et à la patience.

Oui, les caisses se vident et les prix du pétrole s’entêtent à rester bien bas. Le bateau prend l’eau de toute part. Il n’est plus ivre. Il coule. Mais comme pour le Titanic qui fonce droit dans l’iceberg, à bord, il faut surtout cesser de continuer de causer. Et faire preuve vite d’imagination !


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2 Commentaires sur cet article

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  • Ouas Ziani
    11 juin 2015 at 23 h 11 min - Reply

    L’imagination, ce n’est pas ce qui manque à de nombreux algériens -et de tout temps, en plus- ce sont les moyens d’action qui font défaut.

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  • Dria
    12 juin 2015 at 0 h 53 min - Reply

    il n y a aucune fausse note à ma connaissance, moi qui a fait un peu de solfège, je peux vous assurer que la partition est nette, quand on a pour chef d’orchestre un percussionniste , pour être plus claire un drabki , et quand on a comme parolier le chef des armées qui ose même composer des lettres de soutien , et comme la chanson sera interpréter par un aphasique alors peu importe les notes , les croches et les fausses notes…

    la chanson fera un carton pour ne pas dire le tube de l’été 2015, un succès mondial, le titre « Perdre ma chaise c’est Pére-lachaise » avec des gammes musicales à la hauteur du peuple qui suit de près ces répétitions à la Titanic seule bémol tout le monde se prend pour Dicaprio alors que l’acteur principale dans notre cas c’est l’iceberg…SAHA RAMDANKUM

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