Édition du
6 December 2016

Grandeur et Décadence de la Pensée Musulmane.

 

1888563_10203211588081369_1042900511_nAu moment ou Damas d’Abu Alla Al Maari et Baghdâd d’Al Mansour traversent encore une fois des temps funestes du à la cécité des musulmans, je ne peux que prendre ma plume pour exprimer d’abord une immense douleur à cette destruction, violence et surtout despotisme d’abord intellectuel.

Ce despotisme intellectuel qui trouve ses racines d’abord dans la prise en otage du débat rational au profit de dogmes religieux par une caste de pseudo- musulmans qui s’abreuvent de la mamelle technologique de la civilisation occidentale, en même temps dénigrant même les fondements rationnelles de cette civilisation.

Pour rappel, il existe heureusement des contre exemples qui prouvent la brillance et la rationalité de pensée musulmane.

Personne, même les plus dogmatiques d’entre-nous ne peut dénigrer l’apport intellectuel et scientifique d’Abu Ali al-Husayn ibn Sina (ابن سينا), mieux connu en Europe sous le nom latinisé « Avicenne. »

Il est connu comme un esprit universel, et comme un médecin dont le travail le Canon (القانون في الطب), œuvre médicale majeure qui fut un manuel médical fondamental en Europe et dans le monde islamique jusqu’à l’ère moderne.

Il fut parmi les philosophes les plus importants dans la tradition islamique et sans doute le philosophe le plus influent de l’ère pré-moderne.

Son œuvre philosophique Le Livre de la Cure ( كتاب الشفاء) a eu un impact décisif sur la scolastique européenne (Thomas d’Aquin).

Avicenne fut principalement un philosophe métaphysique, il était préoccupé par la compréhension de l’existence de soi dans ce monde par rapport à sa contingence.

La philosophie d’Ibn Sina est une tentative de construire un système cohérent et complet qui est conforme aux exigences religieuses de la culture musulmane, loin du tout dogmatisme.

Son espace philosophique dans lequel Dieu évolue, et le concept de l’existence nécessaire jetèrent les bases des théories de l’âme, l’intellect et le cosmos.

Son entreprise philosophique repose sur des assertions rationnelles, loin des préoccupations apologétiques et surtout dogmatiques ; est construite pour établir la relation entre la religion et la philosophie dans une tentative de donner un sens universel aux doctrines religieuses clés.

Dans ce qui suit et d’une façon très succincte, je rappelle sa plus grande contribution philosophique : La preuve de l’existence de Dieu, connue en arabique sous le nom de : برهان الصديقين

Avicenne définit en premier lieu deux concepts : Essence et existence.

L’essence est, ce qui est intrinsèque dans l’être. L’existence est le domaine du contingent (possible) et de l’accidentel.

Dans une relation de cause à effet, une essence peut devenir une existence, il faut que cette existence soit rendue nécessaire par l’essence elle-même.
L’essence, est non-contingente.

Toujours parce que l’essence n’est pas contingente, est inhérente à l’essence elle-même. Ainsi il doit exister une essence nécessaire en elle-même pour que l’existence puisse être possible: l’Être nécessaire, ou encore Dieu.

Cet Être crée la Première Intelligence par émanation.

Le monde émane alors de Dieu par surabondance de Son Intelligence par nécessité. (1)

Cette démonstration date du 11eme siècle et fut un tournant dans la pensée musulmane du fait de son universalité. Elle fut reprise dans toutes les philosophies jusqu’à aujourd’hui.

Par sa simplicité, elle transcende toute dialectique, et repose uniquement a ce qui trivial chez l’être.

Je pense la question suivante : A quand un prêche du Vendredi intitulée

: برهان الصديقين dans une de nos mosquées de quartier ou sur ces nombreuse télé-prêches. ?

Khaled Boulaziz


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