Édition du
9 December 2016

Où sont nos grands hommes politiques ?

Issabat el mounafiquinespar Sadek Abdelkrim
« La politique devrait être la forme la plus élaborée des activités humaines » comme le soulignait un spécialiste.
Ce postulat peut il se vérifier dans notre contexte social et nous rassurer pour que demain le citoyen soit en attache et confiant vis-à-vis de ses représentants politiques.

Face à une floraison de partis dont chacun se targue de vouloir assurer le bonheur du Peuple, le citoyen, quant à lui, se trouve en dehors de la trajectoire de l’activité politique proprement dite. Hier il était concassé, après avoir été balloté de courte durée, le revoilà concassé de nouveau dans un contexte de semblant « démocratique » avec un système GPS ligne droite.

Le bas politicien, l’indu politicien qui a envahi le lieu publique (propriété du Peuple) celui qui a forcé la ligne rouge à l’aube de l’indépendance, pour se maintenir au pouvoir par la violence en usant de la ruse et du mensonge et qui a ruiné moralement la Nation Algérienne, celui-là continue à s’ériger en sauveur du Peuple et à promettre un avenir meilleur en distribuant comme preuve exclusive des horizons lointains, tel le mirage du film « les déserts des tartares. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La trame de sauvetage est prometteuse et elle est appelée réformes, selon le cycle évertué, et pour lesquelles aucune consultation populaire n’a eu lieu. Les protagonistes qui sont ceux d’hier, puisque le pouvoir politique n’a pas changé de main depuis 1962 (toujours le même clan en première ligne) nous rassurent ces réformes déjà qualifiées d’anti-populaires, sont les seules bénéfiques pour l’ensemble de la Nation.

En attendant, comme premiers résultats depuis les années 90 (les années noires de la terreur) les disparités sont criardes et se sont accélérées. Les pauvres de plus en plus pauvres, et les riches (au gain facile, défiant toutes les lois économiques rationnelles) de plus en plus riches et pratiquant la fuite de capitaux à la moindre occasion grâce à un univers de corruption généralisé où des affaires jugées épisodiquement nous font tuer, bassement, le temps comme le ferait un feuilleton télévisuel. Les gros bonnets ne payent jamais leurs méfaits en Algérie.

Les autres formations politiques Vs fln/rnd n’ont pas encore montré leur vrai sens de la politique. Bien qu’elles soient toutes en butte à des difficultés matérielles et financières et surtout médiatiques, elles n’ont pas témoigné, jusqu’à présent du moins, d’une activité  politique efficace, sinon d’un contrepoids politique nonobstant les entraves du pouvoir en place qui ne tolère pas une véritable opposition pouvant le contrebalancer.

Chacun de ces partis d’opposition en lice est centré sur lui-même et a tendance à considérer les autres formations comme délabrées. Cet égocentrisme politique découle, tout naturellement, du fait que le jeu politique est mal compris et se trouve réduit à un « je » politique. La manière dont certains s’entredéchirent cycliquement, nous laisse penser qu’ils sont une sorte de démembrements de l’ancien parti unique qui n’a pas remisé au placard son tournis datant du paléocéphale.

Les apprentissages culturels machiavéliques, les motivations pulsionnelles et les désirs de dominance inassouvis, sont à proscrire de la vie politique si on veut réellement avancer vers la démocratie. Il faut reconstruire l’homme politique algérien, car celui qui est en scène actuellement ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il défend avant tout, son propre statut social, son propre intérêt, sa place hiérarchique dans la « sauciété ».

C’est cela, dans notre pays contrarié, le bas politicien qui s’abandonne à l’opportunisme.

Quand on arrive à saisir l’intensité du mal, dans le temps et dans l’espace, que peuvent engendrer les actes du « bas politicien » sur le destin d’un Peuple, on comprend mieux pourquoi la politique est la forme la plus importante, et qu’elle devrait être la forme la plus élaborée de nos activités.

Le grand politicien en a saisi le sens, quand il se sait responsable de la liberté des gens qu’il incarne. En lieu et place de la violence, il lui substitue la raison qui exige franchise, respect des engagements, et sens moral élevé de l’Etat. En même temps, il s’anoblit en trouvant l’action juste qui lui permet l’affirmation de soi et en agissant il éduque politiquement du même coup ses concitoyens. De plus, il ne reste pas à tout prix au pouvoir qu’il convoite que pour le temps de son mandat où il aura la confiance du Peuple, la confiance des citoyens et non pas la méfiance des sujets.

Celui qui prend la peine de comprendre ses comportements anciens parviendra à la conscience pour mieux comprendre et contrôler ses comportements présents.

Puisque nous sommes condamnés à cohabiter durant notre courte existence, faisons en sorte de redonner à ce pays sa dignité pour qu’enfin le citoyen algérien n’ait plus le complexe de se sentir un démuni face aux citoyens des autres pays qu’il essaye d’imiter seulement dans son accoutrement, dans son paraître (avec l’illusion d’être dans la roue de l’HISTOIRE).

Il y a cette pression des temps présents qui s’exerce sur nous actuellement avant que la rue ne gronde pour dénoncer son cauchemar. Alors définissons ensemble la meilleure stratégie pour parvenir dans la Synergie à surmonter notre déchéance.

Ce mouvement est vital, pour les générations futures, et n’arrive pas encore à être mis sur sa rampe de lancement. Il est vrai que seuls les grands hommes peuvent entrainer dans leur sillage le Peuple pour Conquérir les sommets de la vie. Ces grands hommes apparaissent toutes les 2 ou 3 générations. L’Algérie a perdu ses grands hommes à la fin de la guerre de libération, mais l’armée nationale peut booster le processus en organisant une transition dans les meilleures conditions et favoriser une vie politique saine et désaffectée de toutes les scories qui ont prévalu jusque là.

L’HISTOIRE des autres pays à travers le monde nous livre des exemples qui peuvent servir de benmarking.


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