Édition du
5 December 2016

Raison et De-raison de la Pensée Islamique.

 

exploitants de la religionLe rôle réel et de la place de la raison et de la rationalité au sein de l’Islam est l’une des questions des plus pressante dans notre monde d’aujourd’hui.

Ceci est d’autant plus vrai que les sociétés islamiques cherchent à acquérir les méthodologies, la technologie et les sciences modernes et plus particulierement la «culture-du-savoir», dans une course au développement qu’ ils sont du mal a gagner.

Cette question n’est pas du tout un dossier chaud dans le sillage de l’aprés Septembre 2001 qui a suscité une guerre mondiale contre le terrorisme et la projection de l’hégémonie américaine comme un super-Etat voyou, avec I’Islam et les musulmans dépeints comme fanatiques et irrationnels.

Mais l’urgence et la gravité de la question reside dans la compréhension authentiquement islamique de la raison. Urgence qui a atteint la masse critique d’une question centrale et vitale pour les musulmans eux-mêmes fomulée sous la forme d’un grand dilemme interne.

La raison de ce dilemme reside dans une tendance forte répandue d’aujourd’hui au sein de nombreuses sociétés islamiques qui en rejetet les méthodes critiques d’analyse, la pensée contextuelle, et les modes de discours rationnels .

Cette tendance favorise un minimalisme anti-intellectuel, et est souvent désignée par le label salafiste. Le terme correcte devrait etre wahabiste.

Le terme salafiste devrait être réservé afin de désigner les musulmans prônant la réforme sociale et intellectuelle et le renouveau, pas la stagnation intellectuelle et l’imitation réactionnaire. (Mohamed Abdou)

La réponse des wahabistes sur le sort des musulmans modernes est réactive et politisée, plutôt que rationnelle et critique.

Cette réponse sous forme de discours religieux reçoit un soutien financier et idéologique de plusieurs régimes islamiques.

Cette réponse privilège aussi la conformité doctrinale et l’uniformité de la pensée. Sa vision du monde est enracinée dans un passé très traditionaliste étroitement défini.

Elle est intransigeante et condamne la diversité des points de vue, le large éventail de la pensée et les niveaux de discours rationnels formulés dans la grande variété des disciplines intellectuelles islamiques a travers son histoire.

L’intention des wahabistes est de monopoliser et de contrôler la pensée islamique à travers une tyrannie dogmatique qui est en réalité un grave abus d’autorité.

La caractéristique la plus distinctive de cet état d’esprit est leur ignorance de la connaissance islamique essentielle enseignée par le Koran relative à la grille hiérarchique des connaissances qui varient en degré de certitude et de compréhension de la vérité.

Correspondant à cette échelle verticale de la connaissance est la hiérarchie des savants différenciés par leur capacité croissante de réalisation et de l’intensité de leur compréhension.

Au lieu de cela, les wahabistes travaillent activement à saper l’autorité légitime du patrimoine intellectuel islamique et à banaliser son potentiel à fournir des orientations pour les musulmans dans un monde sans echelle de valeurs.

Ils appauvrissent la pensée islamique en la dépouillant d’une arme puissante pour lutter contre les valeurs inversées du matérialisme libertin et des effets profonds d’une mondialisation de la culture.

Il est comme si ces minimalistes intellectuels nous disent: L’esprit musulman n’a pas besoin de rationalisme critique!

Cette attitude dans la pensée et le geste est le facteur le plus important. Couplée avec la passivité et l’insouciance de la plupart des musulmans, il nous impose la question de la notion et le rôle de la raison et de la rationalité dans l’Islam au premier rang de nos préoccupations.

En effet, la question de l’islam et de la rationalité a la plus grande importance pour re-construire et réformer la pensée islamique, afin d’assurer sa pertinence et sa viabilité future en tant que force mondiale pour la paix, contribuant a sa stabilité et a sa croissance matérielle et spirituelle pour le grand bonheur de toute l’Humanite.

Khaled Boulaziz


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2 Commentaires sur cet article

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  • zemouli
    26 juin 2015 at 0 h 46 min - Reply

    Bonjour a tous
    quand a des esprits sagaces comme ceux de nos enfants on leur apprend
    que le dessin ; la peinture la sculpture de figures humaines est haram que la musique l est aussi que leur reste t il
    les maths ; la physique les sciences mais pour aller ou s ils n ont pas le droit de penser et d agir. J ai ose dire a mes enfants une fois qu il y a quelqu un qui a dit  » que c est l homme qui a cree Dieu » ils ont failli sauter au plafond . Dans notre societe il n y a pas iun projet de societe qui allie la foi et la raison. Pour faire bien il faut renter dans le moule et ne pas se poser de question et pourtant c est mortel pour une nation.

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  • BENDRIS Djamel
    26 juin 2015 at 15 h 11 min - Reply

    Il est effectivement temps qu’en évoque le plus souvent possible , dans la presse, dans les émissions télé, les programmes scolaires, des intellectuels musulmans de l’envergure :

    – d’un Sayyid Jamāl Al-Dīn Al Afghani (1838-1897) intellectuel réformiste musulman originaire d’Afghanistan..

    – d’un Abdelhamid Ben Badis (1889-1940) un Constantinois qui était une figure emblématique du mouvement réformiste musulman en Algérie. Il était le fils aîné d’une famille de vieille bourgeoisie citadine, dont il revendiquait les origines berbères remontant aux Zinides et qui signait ses articles dans les journaux « Abdul Hamid Ibnou Badis Essanhadji », c’est-à-dire de la confédération berbère Sanhadja.

    – d’un Malek Bennabi (1905- 1973) algérien de Tébessa ingénieur, penseur , sociologue, et qui a la double culture arabo-musulmane et occidentale (d’ailleurs sa première femme était française). On lui doit un concept sur la « colonisabilité » dont les pays arabes qui sont les premiers concernées (réf son livre Les conditions de la renaissance).

    – d’un Mohammed Arkoun, (1928-2010) fils du village Taourirt-Mimoun de Beni Yenni, en Kabylie. C’est un intellectuel algérien musulman (historien, philosophe) qui s’inscrit dans une vision progressiste et moderne de l’islam. Il fut, entre autres, professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris III) et a fait plusieurs conférence même aux Etats-Unis. C’était un militant actif du dialogue entre les religions, les peuples et les hommes.

    – d’un Ghaleb Bencheikh, franco-algérien né à Djeddah en Arabie saoudite en 1960 . C’est un docteur en sciences et physicien. Il est le fils du Cheikh Abbas Bencheikh el Hocine. Ghaleb a aussi une formation philosophique et théologique pointue.

    – d’un Malek Chebel (né en 1953 à Skikda). C’est un anthropologue des religions et philosophe. Il a également étudié la psychanalyse et a enseigné dans de nombreuses universités à travers le monde. Ses thèses s’appuient sur « l’islam des Lumières » dont il attend l’éruption dans le monde arabo-islamique.

    Et bien d’autres encore , libéraux et réformistes de l’islam, qui ont vécu ou qui sont originaires duu Soudan, d’Afghanistan, d’Indonésie, d’Iran, d’Egypte, de Tunisie etc….etc… mais qui ne sont , comme par hasard pas bien vu, des chefs de guerre, des dictateurs, des monarques et des theologiens de bas étages !

    On peut évidemmment ne pas être d’accord avec l’un ou l’autre pour leur façon de penser ou leurs thèses mais ce serait bien que nos enfants, nos écoliers, nos etudiants cherchent à connaître ses penseurs un peu plus que les Hammadache ou les Ali Belhadj ou les Antar Zouabri ou Mohamed Yusuf … de boco Haram, n’est-ce pas, même si il est établi ce ces derriers ont beaucoup de fans et qu’ils ont aussi le droit d’exister, …. mais sans toutefois attenter à la vie, à l’intégrité et à liberté des autres hommes qui ne sont pas ou qui ne pensent pas comme eux !

    Bonne chorba à tous !

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