Édition du
9 December 2016

La ruée vers l’automobile

 

Accident LaghouatPar Sadek Abdelkrim

Le cheval, cet animal, a été le moyen de transport naturel (parmi d’autres) de l’homme pendant près de 5000 ans.

De nos jours, son utilisation est devenue rare, hormis son exhibition à l’occasion des jeux de cirque, ou dans les parcs d’attraction pour le petit tour de promenade des enfants, ou lors des jeux du hasard (tiercé pour la qamardjis) là où       les imbéciles pensent en tirer le gros lot après avoir laissé parfois une grosse somme et où les seuls gagnants sont les organisateurs futés.

Dans le milieu rural, et pour les besoins des agriculteurs, son utilisation se fait aussi rare face à l’intronisation de la mécanisation toutes formes confondues.

Ainsi l’homme a été assez ingénieux au point d’adopter la mécanisation (la fameuse société mécanicienne ou société tchebtchak) pour rendre sa vie plus facile et mettre au rencart le cheval. Il a fini par lui substituer l’automobile. Quelle prouesse ! Avec son avènement dès le XIXe siècle, l’homme s’est senti avoir accompli un miracle, une découverte qui le fait courir toujours plus vite, en améliorant sans cesse ses performances : qom hdida conjugué à qom rapide.

De nos jours, posséder une automobile c’est devenu un objectif individuel à l’échelle mondiale, et la globalisation aidant, tous les pays se ressemblent et adoptent le même style de rouler en voiture. Même les femmes, (dont le Prophète (QSSSL) avait prédit qu’elles deviendraient comme des hommes  à l’approche de l’heure), s’y mettent de la partie.

Tôt le matin, sans discontinuité, ces machines roulantes commencent leur rugissement pour déferler dans les chemins de la ville emmenant leurs convoyeurs vers leurs différents points de destination. Ces déplacements faciles évitant à l’homme de faire des efforts, lui font gagner des gains de temps pour ces différentes obligations familiales, sociales etc. De nos jours posséder une voiture devient un facteur clé de réussite et de distinction dans la société. Chez nous la possession d’un véhicule s’est banalisée. N’importe qui peut posséder un véhicule, il suffit d’en payer le prix, et peu importe la manière de se procurer la contrepartie monétaire (licite ou illicite). C’est la banalisation sans distinction des conditions sociales. La mondialisation aidant, un pays qui engorge de voitures individuelles, donne l’impression qu’il est au même niveau que les pays « développés ». Les plus gros consommateurs dans nos pays sous-développés, ce sont les administrations, surtout un pays comme l’Algérie où l’Etat n’a de compte à rendre qu’à lui-même. Ainsi la voiture, plus elle est grosse et de marque, donne un sentiment de puissance dans les différentes strates sociales.

Malheureusement ce maudit engin, créé par les mains de l’Homme, est devenu de nos jours la « malédiction du siècle » avec les nuisances qu’il entraîne.

  • Comme la voiture fonctionne à l’énergie, essence ou gasoil, elle dégage dans l’atmosphère des particules polluantes appelées rejets Co2. Faire une ballade à pied en ville vous rend exténué quand vous rentrez chez vous.
  • Cette consommation de l’énergie entraîne une dépendance pour se ravitailler quand cette énergie arrive à manquer au niveau local. Les occidentaux deviennent même colonisateurs pour maintenir leur source d’approvisionnement.
  • De nos jours marchez à pied (si ce n’était l’inconvénient de l’air vicié) devient paradoxalement plus rapide que de prendre sa voiture à cause des embouteillages qui rendent le conducteur frustré et font monter son taux d’adrénaline à cause du stress continu.
  • A titre d’exemple il faut deux heures pour faire 200 mètres en voiture à Sao Paulo.

Chez nous, dans les villes en Algérie, il en faut autant pour un parcours similaire, engendrant parfois des rixes fatales entre les conducteurs.

Sur certains tronçons, il est quasiment impossible d’enclencher sa deuxième pendant un certain temps.

Cette sorte de « thrombose circulatoire » des routes rend parfois très difficile l’évacuation des malades vers les hôpitaux.

  • Utiliser constamment sa voiture pousse à l’inaction et engendre des problèmes de santé à brève échéance.
  • Le nombre de voitures en circulation ne cesse de croitre chez nous. Tout le monde conduit. Les jeunes de plus en plus se mettent à avoir des voitures, ou du moins à emprunter celle de la mère ou de la sœur.
  • Depuis, ce que nos politicards appellent l’économie « libérale » (imposée par le FMI) c’est-à-dire les 15 dernières années, avec le crédit automobile entrainant l’engouement pour l’achat de cet engin, le parc automobile a connu une croissance vertigineuse.
  • En ville, les automobilistes ne savent plus se frayer un chemin, ni comment se garer.
  • Les infrastructures routières en Algérie sont connues pour être parmi les plus en retard dans le monde.
  • De nos jours, avec le bricolage de la politique des transports, c’est une expédition de se garer devant sa propre maison vu l’exigüité des ruelles et du nombre de voitures qui s’entassent en fin de soirée.
  • La notion sacrée d’El Houma où les enfants apprenaient les balbutiements et l’initiation à la vie, sous l’œil vigilant des adultes, a disparu avec le déferlement des voitures qui débordent sur toutes les ruelles. Nos enfants restent cloîtrés dans les maisons pour ne pas être emportés par un fou du volant.
  • Ces jeunes qui arrivent sans maturité (et sans effort) à tenir un volant peuvent croire détenir une arme s’ils arrivent à perdre leurs capacités.
  • Les accidents sont démultipliés en raison de plusieurs facteurs :
    • Non respect du code de la route
    • Manque de signalisation adéquate
    • Manque de feux tricolores
    • Manque de contrôle technique (ou contrôle déjoué)
    • Conduite en état d’ivresse, drogue, excès de vitesse
    • Pièces mécaniques de contrefaçon qui entrent au pays sans contrôle efficace
    • Développement inorganique de la conduite (la plupart des algériens sont passés de la conduite de l’âne à celle de la voiture) d’où un traumatisme de supériorité fatal engendrant des accidents qui relèvent du sensationnel. C’est la mort entre les mains.
  • Selon la revue de presse, « l’Algérie 3éme pays au monde où les routes sont les moins sûres ».
  • Un réseau routier réalisé dès 1952 juste après le commencement de la colonisation
  • A tous ces éléments s’ajoutent les déboires de conduire en ville et l’incontournable stationnement. Des malfrats (rejets de l’école sinistrée algérienne et déracinés de leurs douars) s’adjugent les aires de stationnement comme propriété privée et imposent aux conducteurs de débourser des « dourous » pour ne pas voir leurs voitures malmenées.
  • Devant l’engrenage du nombre de voiture en circulation, à toute heure de la journée, conjugué au squattage des trottoirs par les revendeurs informels, quand ces trottoirs ne sont pas déjà encombrés sur les deux côtés, le citoyen lambda qui marche à pied ne sait plus où poser ses pieds, devant l’indifférence des pouvoirs publics qui subissent le diktat de cette anarchie.

La liste est longue des nuisances causées par ce maléfique engin appelé voiture. Il temps de redresser la situation vu le nombre de morts et de blessés sur nos routes. Au 8 juillet 2015, Il a été recensé 72 morts et presque 2000 blessés en une semaine en Algérie durant la période de Ramadhan.(revue de presse).

On ne peut importer des modèles de consommation de l’occident sans avoir les moyens idoines de les gérer convenablement. Importer le contenu et son contenant, sinon s’abstenir pour éviter l’hécatombe.

L’algérien dès l’indépendance conduisait comme un homme civilisé. Ensuite l’ordre établi déstructurant a tout bouleversé, car le minimum « circuler ensemble » en respectant le code a été battu en brèche par la ruralisation de la ville.

La solution aujourd’hui, c’est de privilégier à outrance le transport collectif : métro, tramway, train et libérer la ville de la voiture individuelle. Chez nous ces moyens collectifs ont pris un retard de 50 ans. Seuls les services d’intérêts publics et d’urgence, doivent avoir le privilège de sillonner les ruelles de la ville. Pour l’individu la voiture doit être un moyen pour ses week-ends, et non un moyen d’user et d’abuser rendant la ville invivable.

 

Accidents de la route / 72 morts, presque 2.000 blessés en une semaine

Par La rédaction | juillet 8, 2015 4:43

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Un bus tue trois enfants à Koléa

Par La rédaction | février 9, 2015 5:57

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Revue de presse. L’Algérie, 3è pays au monde où les routes sont les moins sûres

Par La rédaction | août 23, 2014 9:53

 

 

 


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2 Commentaires sur cet article

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  • Bouarroudj
    12 juillet 2015 at 19 h 34 min - Reply

    Le pouvoir a trouve là un excellent moyen de reduire la population.Ne me dites surtout pas que c ‘est innocent car si l’ on observe l ‘etat catastrophique des routes, les travaux non signalés, les fous au volant des poids lourds non poursuivis , les conduites sous emprise de l ‘alcool, l’etrange passivité de la police et de la gendarmerie, le nombre toujours plus important de vehicule et l’ inaptitude de la majorité des chauffeurs,on se demande si tout n est pas planifié, allez savoir, ils sont capables du pire nos maitres.

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    • chapi-chapo
      14 juillet 2015 at 21 h 32 min - Reply

      Ce n’est plus de la circulation routière mais de la transhumance .

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