Édition du
6 December 2016

Conversation de taxi à Tunis

 

Tunisie HarimnaYoucef L’asnami

Centre de Tunis. Lundi. Conversation entièrement en arabe

– Bonjour Madame. Pourriez- vous m’emmener au quatier Elmenzah

– Pas de problème. Montez !

– C’est rare de voir une femme chauffeur de taxi non ?

– Non ! Du tout. A Tunis on est plus de 350 femmes chauffeurs de taxi.

– Pas de crainte particulière ?

– Non. Même si la sécurité des citoyen n’est plus la même que du temps de BENALI. Les encombrements et la chaleur de Tunis me poussent à essayer de meubler le temps.

– SVP madame, je peux vous poser une question à laquelle vous n’êtes pas obligée de répondre ?

– Allez-y !

– Aujourd’hui, c’est leilat el Kadr (la nuit du destin). Si elle « tombe » sur vous , qu’allez vous demander à Dieu ?

Après un long moment d’hésitation…

– Pardon Monsieur Leilat El kadr ce sont les 10 derniers jours de Ramdhane. Pas que ce soir. Je demanderai à Dieu d’abord la santé, puis le fric (el-mal ), puis la paix dans le monde et enfin d’exterminer de terre les « Khouandjis » (les extrémistes musulmans) qui nous pourrissent la vie !

– Heuuuuuuuuuu… pas l’amour ?

– L’amour vient quand on a du fric et la santé ! Cet état d’esprit en dit long sur la situation en Tunisie.

 

Beaucoup ont le sentiment que la Révolution n’a pas eu que des effets bénéfiques sur la population. Si elle a permis la liberté d’expression, elle n’a cependant pas répondu aux espoirs des citoyens quant aux problèmes qu’ils vivent notamment en matière de chômage, d’éducation mais aussi l’incapacité du pouvoir à régler les problèmes sécuritaires devenus un enjeu décisif pour les classes moyennes. Ce désarroi se manifeste tout particulièrement par les taux de suicide des jeunes qui a atteint un degré alarmant. Selon la presse tunisienne « Quarante-deux suicides et tentatives de suicide ont été enregistrés au mois de juin 2015 contre 52 au mois de mai de la même année, selon Abdessatar Sahbani, responsable de l’observatoire social tunisien (OST). ». Ces chiffres, rapportés à la population du pays devraient alerter surtout que la plupart des tentatives ou de suicide sont le fait de jeunes de moins de 35 ans. Le rappel des occidentaux de leurs ressortissants suite aux événements de Sousse laisse un pays, dont la dépendance du tourisme est connue, dans une situation difficile. La promesse faite par les algériens de se rendre « en masse » en Tunisie après Ramdhane a été entendue. La Tunisie traverse actuellement une situation comparable à ce qu’a vécue notre pays. Même si l’Algérie reste encore confrontée au terrorisme « résiduel », il y va de son intérêt à contribuer à la paix et à la démocratie dans ce pays.


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UN COMMENTAIRE

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  • raba
    14 juillet 2015 at 11 h 51 min - Reply

    bonjour,
    désolé j’aime bien la Tunisie , mais quand l’Algérie était dans le cac..dans les années rouges, qui avons nous trouver pour nous sortir de ce cac……..

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