Édition du
10 December 2016

Pour le cap de bonne espérance

FrançalgérieSalim METREF

Selon un quotidien  algérien, l’ambassadeur de France en Algérie a annoncé au cours d’une réception organisée à l’occasion de la fête nationale française le retour de son pays à la tête du top 10 des plus importants fournisseurs de l’Algérie.

Devancé dans ce classement pendant une période conséquente par la Chine, le lobbying français en Algérie a fini par payer du fait du « partenariat d’exception entre les deux pays » voulu semble-t-il des deux cotés de la  Méditerranée,  ce partenariat étant devenu par ailleurs et depuis quelques années  le « leitmotiv » de notre coopération internationale.

Cette information qui ne constitue pas en soi un scoop mérite cependant d’être examinée à la lumière des sombres perspectives économiques de notre pays qui se profilent à l’horizon et des exigences qu’elles induisent à court terme pour redresser la barre et éviter au navire Algérie de se fracasser sur les rivages impitoyables des institutions financières internationales et de  retomber sous leurs fourches caudines. Sursaut patriotique et imagination devront être ainsi les premiers comportements qui permettront de réduire l’impact des chocs à venir. Et ces perspectives si elles n’étaient pas contenues pourraient affaiblir notre économie et réduire en même temps notre marge de manoeuvre tant sur le plan régional qu’international.

Cette performance du résultat du commerce extérieur français obtenu dans son segment  algérien s’est réalisée, selon de nombreux analystes économiques, sans qu’il n’y ait de contre partie réelle pour notre pays. Les quelques projets d’investissement français réalisés en Algérie, tout à fait  symboliques par ailleurs et souvent mis en œuvre dans la précipitation car il faut selon l’aveu même de certains « observateurs français »,  ménager « la susceptibilité algérienne », ne sont pas du tout à la hauteur de ce qui devrait être consenti  en contre partie surtout lorsque l’on sait par exemple que les meilleurs investissements  français à l’étranger se font dans d’autres pays et  que des pans entiers de la Recherche et Développement de grands groupes français, qui recèlent du savoir-faire et des opportunités de transfert de compétence,  se délocalisent ailleurs. S’il est vrai que les pouvoirs politiques peuvent parfais n’avoir aucune influence sur les stratégies de développement à l’international des grandes entreprises, il est utile de rappeler aussi qu’il fut un temps, révolu sans doute, ou des partenaires français critiquaient ouvertement le prix consenti dans le cadre de grands  accords économiques entre l’Algérie et la France en  y dénonçant un « prix politique ».

S’agissant de nous-mêmes et de notre devenir, il serait utile aujourd’hui de remettre en selle l’investissement privé algérien.  Les avoirs détenus par nos compatriotes dans de nombreux pays dans le monde pourraient compenser l’inéluctable compression à court terme de nos ressources financières et soutenir nos projets de développement économique et social.

L’appel au patriotisme de notre diaspora, de nos milliers d’entrepreneurs établis à l’étranger dont certains dans les technologies les plus sensibles et de tous ces compatriotes détenteurs de capitaux est salutaire. Il s’agit d’éviter à l’Algérie la banqueroute économique et le chaos social avec toutes les turbulences et conséquences dangereuses qu’ils induisent.

Il s’agit pour ces algériens détenteurs de capitaux de venir contribuer dans un cadre réglementaire sécurisant et sans risque à la réalisation des grands projets structurants indispensables à notre émergence économique et qu’aucun investisseur étranger n’acceptera de financer ni de prendre en charge.

Le patriotisme économique toujours invoqué en Europe par de nombreux économistes mais aussi de nombreux politiques devrait nous inspirer. Nous devrions à court terme pour nous libérer de cette dépendance maligne à l’égard des hydrocarbures qui a métastasé tout notre corps social et ankylosé toute notre imagination compter non seulement sur ce que nous devrions  produire nous-mêmes mais aussi sur les colossales ressources financières détenues par des algériens à l’étranger que ces derniers devraient  investir en Algérie avec  toutes les garanties nécessaires, dans la sérénité et sans crainte et ni peur du lendemain.

S’il est enfin de bonne guerre et légitime qu’un pays se réjouisse des  performances de son commerce extérieur (notamment dans ses segments symboliques), il est aussi opportun d’exiger en retour que l’échange soit équitable et juste et rendre hommage dans ce contexte et de ce coté-ci de la Méditerranée à un pays qui caracole loin des feux de la rampe et des unes des journaux en tête du top 10 des meilleurs clients de l’Algérie. Alors s’il s’agit toujours et encore de l’Espagne, chapeau bien bas à ce royaume!


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4 Commentaires sur cet article

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  • fahim
    16 juillet 2015 at 21 h 58 min - Reply

    Pour être franc avec vous ces Francais m’énerve! il a fallait les menacer par les chinois afin qu’ils agissent, j’ai bonne intentionque le peuple de chine nous aimes mieux et nous rends service sans aucune arrière pensée contrairement a ses Patrons du MEDEF Francais arrogants et surtout empêchant l’autre de construire son pays et faire du bien a son peuple, depuis toujours la france nous a privé des tramway tgv ligne électrique on a trop souffert durant les années 80 90 2000, je me souviens de la phrase de sarko en direct sur TF1 avait dit le développement de l’algérie ne se fera pas sans le France; la france est jalouse de la réussite de l’algérie avec les chinois c’est pour cette raison qu’ils agi mais trop tard, aussi j’aime pas font trop de politique.

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  • ca21dz
    17 juillet 2015 at 6 h 02 min - Reply

    Bonjour, Article interessant merci à l(auteur

    L’algerie a besoin des ces enfants bon ou mediocre, l’afection des chinois n’est pas prouvé pour autant par contre l’affection des lobyistes algerien au benefice de la france laissera l’algerie au main des francais pour des ciecles et c’est prové depuis 92

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  • Ali sbih
    18 juillet 2015 at 18 h 41 min - Reply

    Saha Idkoum,

    L’échange n’est jamais équitable ,il est toujours « inégal » sauf si les « décideurs » ont un arc à plusieurs cordes ! sinon cela donne ces éternelles compromissions et ces hits parades !
    Avec un potentiel de 100 millions de touristes chinois ,faudrait voir combien ,y vont à Taghit ou au hoggar.

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  • A.Hocine
    19 juillet 2015 at 20 h 05 min - Reply

    Les touristes francais,comme les touristes chinois ne sont pas legion dans ce pays qui est l`Algerie.Les preferences de nos dirigeants ne sont pas formulees en terme d`echanges commerciaux mais,plutot du point de vue politique.
    Les chinois comme nous le voyons sur place beneficident de nombreux projets dans les divers Metiers et l`algerie n`exige pas de transfert de savoir faire,
    Les francais parlent de transfert de savoir,mais en pratique nos decideurs dans les differents domaines n`en demandent pas,on aime achete des ensembles prets a entrer en production.
    Le cas de l`usine de montage de Symbol est un exemple qui en dit long.Je me souviens encore de la premiere R4 sortie des chaines de montage de renault situees a 5 maisons -El Harrach et des camions berliet dans les ateliers de Sonacome.
    Les Algeriens doivent accepter les choix de leurs responsables qui ,actuellement ,ne sont nullement interesses par la production mais interesse seulement par le pret a porter et le pret a consommer.

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