Édition du
4 December 2016

22 juillet 1962 : le coup de force du groupe de Tlemcen.

Armée des frontières« Conscients de leurs responsabilités, ils évitaient ainsi d’ouvrir une crise politique grave qui aurait pu servir de prétexte souhaité dans divers milieux pour empêcher la proclamation de l’indépendance de l’Algérie », extrait de la proclamation du bureau politique (BP) du 22 juillet 1962, à Tlemcen.

Apparemment, ce qui retient le duo Ben Bella-Boumediene de passer à l’offensive est sa crainte de voir la France annuler le referendum de l’autodétermination du peuple algérien, prévu le 1er juillet 1962. Une fois cet obstacle est franchi, l’EMG (état-major général), commandé par Houari Boumediene, n’en ferait qu’une  bouchée des maquisards intérieurs. Partant, dès le 3 juillet, date de la proclamation de l’indépendance, l’armée des frontières, sous la houlette de Boumediene, se déploie en vue de conquérir le pouvoir. « C’était des troupes fraiches et bien armées, à la différence des junuds des maquis. Quelques escarmouches ne tardèrent pas à les opposer, qui firent les premières victimes de cette nouvelle guerre algéro-algérienne. Mais il s’en produisit relativement peu : les hommes voulaient la paix, surtout les junuds de l’Intérieur qui n’étaient pas vraiment prêts à mourir pour le GPRA», écrit Gilbert Meynier, dans « histoire intérieure du FLN ».

Toutefois, pour justifier leur passage en force, c’est-à-dire en proclamant, au mépris des statuts du FLN et des institutions provisoires de la République algérienne, la coalition Ben Bella-Boumediene s’appuie sur un procès-verbal, rédigé le 7 juin 1962, à Tripoli. Pour rappel, ce sont les insanités proférées par Ben Bella à l’encontre de Ben Khedda, président en exercice du GPRA, qui ont provoqué, le 5 juin 1962, la rupture des travaux de la cession du CNRA (conseil national de la révolution algérienne). L’atmosphère n’étant pas favorable à la reprise de la séance plénière, les congressistes se sont séparés.

Du coup, bien que le nouveau bureau politique transforme plus tard les intentions des congressistes en élection, force est de reconnaitre qu’aucun vote n’a été organisé. En fait, il existait bien une commission de sondage, dirigée par Mohammed Seddik Benyahia. Celle-ci avait pour mission de présenter, le jour du vote, une liste consensuelle. Est-ce que la commission a été au bout de sa mission ? Le lendemain de l’altercation entre Ben Bella et Ben Khedda, soit le 6 juin 1962, les rapporteurs de la commission de sondage ont noté ceci : « Nous avons le triste devoir de vous informer que nous avons échoué dans notre mission. »

Et pourtant, c’est en s’appuyant sur les résultats de la commission Benyahia que le BP de Tlemcen argue son intronisation, un mois et demi plus tard. « Les membres majoritaires du CNRA, conscients de la gravité du moment, décident de mettre en application la résolution concernant la désignation du Bureau Politique, telle qu’elle résulte du rapport du 6 juin 1962 de la commission désignée à cet effet », maquillent-ils le coup de force d’un vernis de la légalité. Pour y parvenir à ses fins, la coalition Ben Bella-Boumediene ne recule devant rien, y compris le mensonge. Pour elle, c’est le départ de « certains ministres du GPRA » qui a bloqué la poursuite des travaux du CNRA, d’autant plus que le quorum était largement atteint ce jour-là.

Or, comme le démontre Ali Haroun, dans « l’été de la discorde », le quorum étant atteint, « il appartenait à tout membre du CNRA –et tout spécialement aux signataires de cette résolution –de demander au bureau la poursuite des débats et, au besoin l’exiger. Le quorum atteint, toute décision régulièrement prise par l’assemblée plénière aurait été parfaitement opposable à tous, y compris aux absents qui n’auraient pas obtempéré pour réintégrer la session. »

Dans ces conditions, si le groupe de Tlemcen tenait à la légalité, pourquoi éviterait-il de convoquer ce fameux CNRA ? D’après les spécialistes de la question, le groupe de Tlemcen n’avait pas la majorité. Pour l’ancien responsable de la fédération de France du FLN, un simple décompte des voix prouve que le groupe de Tlemcen ne dispose même pas de majorité simple, loin des deux tiers exigés dans les statuts du FLN et des institutions de la révolution algérienne. « Les signataires du procès-verbal du 7 juin 1962 sont au nombre de 39 (parmi ces voix, on compte 5 de la wilaya III et 4 de la wilaya I. Sur le terrain, faut-il le rappeler, ces deux wilayas sont les plus opposées au coup de force.)», écrit-il.

Tout compte fait, à l’examen de ces éléments, il va de soi que la décision de créer un bureau politique –sans se soumettre aux statuts de la révolution algérienne –est d’une illégalité flagrante. À moins que, pour le groupe de Tlemcen, la légalité soit un costume que l’on ressort dans une occasion particulière et que l’on remise aussitôt au placard. Par conséquent, bien que l’on puisse reprocher au GPRA des défauts et des carences, la reconnaissance dont il jouit sur la scène internationale –le GPRA est reconnu par la plupart des gouvernements –lui donnerait plus de légitimité à gérer la période de transition si parmi les révolutionnaires il n’y avait pas des comploteurs. Hélas, cette malédiction va poursuivre, pour longtemps, le peuple algérien. C’est comme si ce peuple est condamné à vivre assujetti, d’abord sous la domination coloniale pendant 132 ans et ensuite sous celle des nationaux.

Aït Benali Boubekeur


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14 Commentaires sur cet article

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  • citoyen dz
    22 juillet 2015 at 20 h 49 min - Reply

    Que tous ceux qui ont trahis le sang des martyrs et les souffrances de notre peuple soient maudits à jamais.
    AMINE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  • tizi hibel
    23 juillet 2015 at 12 h 33 min - Reply

    La malédiction de ce coup d’état n’a pas encore fini de nous entrainer vers les abysses.
    De reniement en reniement,nous ne sommes plus rien et cherchons avec l’énergie du désespoir à nous accrocher à n’importe quel radeau même complétement délabré pourvu qu’il soit affublé du vocable « arabe » pour dire que nous existons.
    L’algérien et sa personnalité faite de tolérance, d’ouverture,de culture authentiquement originelle sont perdues pour la majorité d’entre nous ;le fanatisme,l’ignorance et le repli sur soi ont maintenant les seuls à avoir droit de cité.Au crépuscule de ma vie ,je pleure toutes les larmes de mon cœur car tant dans mon pays qu’a l’extérieur on me traite toujours d’étranger.

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  • Afif
    25 juillet 2015 at 18 h 25 min - Reply

    Si Boubekeur, vous avez tout faux ou presque.

    A supposer qu’après le départ de certains ministres, il y avait toujours le quorum pour prendre une décision, vous savez pertinemment que la majorité statutaire exigée était impossible à obtenir puisqu’elle était de deux tiers. Par conséquent, c’est cette majorité statutaire qui posait problème et non les majoritaires du CNRA.

    Fallait-il alors, faute de majorité statutaire, laisser le statu-quo, c’est-à-dire un GPRA minoritaire. Non, ce n’est pas logique et indigne de continuer à exercer le pouvoir tout en étant minoritaires (une tradition dans ce pays : Nahkem Ouella Nharram).

    En effet, il y avait bien une majorité qui n’était pas statutaire certes, mais qui l’était puisqu’elle dépassait la majorité absolue et en face, il y avait une minorité. Normalement, cette dernière aurait dû se plier à la majorité et éviter un bain de sang au peuple algérien et le désastre qui s’en est suivi.

    Par ailleurs, vous dites que formellement, il n’y a pas eu de vote et qu’il ne s’agissait que d’intentions. Mais, qu’avons-nous constaté lors de la crise de l’été 1962 sur le terrain : en juillet, 4 wilayas sur six, la W1sous la direction de Tahar Zbiri, la W2 avec Larbi Berredjem, la W5 avec Othamne et la W6 avec Chaâbani ont soutenu les majoritaires du CNRA, et une seule la W3 et le Comité directeur de la Fédé de France avec Mohand Ou El Hadj et Omar Boudaoud qui ont soutenu les minoritaires. La base de la Fédé de France était partagée, les benbellistes étant dirigés par Saâd Absi, futur Président de l’Amicale des Algériens en France. Par conséquent, sur le terrain, le Bureau Politique était nettement majoritaire.

    Après le compromis du 2 août entre le BP et le Groupe de Tizi, la W4 qui était neutre en juillet a mis le feu aux poudres en s’opposant seule au BP, et c’est à partir de cette rebellion que les affrontements ont eu lieu et des morts à déplorer alors qu’en juillet, il n’y avait eu que peu d’affrontement armés.

    En conclusion, la crise de l’eté 1962 est un coup de force de la minorité du CNRA qui a mal tourné pour eux, vu le rapport de forces interwilayas, et qui, surtout, a permis aux militaristes de s’entraîner pour les futurs coups de force, au grand malheur du peuple algérien. Ce n’est M° Ali Haroun, le juriste, qui va soutenir le contraire, Maâza Ou Law Tarat.

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  • Ait Benali Boubekeur
    25 juillet 2015 at 22 h 39 min - Reply

    @ Si Afif!
    Je ne crois pas que vous ayez compris le sens de ma contribution. Pour moi, tous les organismes étaient provisoires. Du coup, la lutte pour le pouvoir était injuste. Il fallait attendre l’élection de l’Assemblée nationale constituante pour que les Algériens puissent élire leurs réels représentants. Du coup, que ce soit le groupe de Tlemcen ou celui de Tizi Ouzou, le résultat reste, pour moi, inchangé. Cela dit,à la simple lecture des statuts de la révolution algérienne, il suffit que les membres majoritaires convoquent le CNRA pour que la séance soit provoquée. Celle-ci a été convoquée le 20 juillet au mépris des statuts. Le 22, le BP se déclare habilité à assumer le pouvoir en s’appuyant sur la majorité imaginaire. Cela s’appelle le coup de force constitutionnel. En plus, son rôle devait se limiter à gérer la période de transition. Or, les vainqueurs n’avaient pas l’intention de lâcher les rênes du pouvoir. Et c’est là où se situe l’usurpation du pouvoir. Si vous pouvez démontrer l’inverse, on aimerait bien que vous nous fassiez la démonstration.

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  • Afif
    26 juillet 2015 at 10 h 07 min - Reply

    Si Boubekeur, si nous deux on ne s’entend pas, ce serait la bonne démonstration de la crise de 1962, c’est-à-dire que chacun campe sur ses positions jusqu’à ce que la violence y mette un terme.

    Je ne vais revenir sur ma précédente démonstration à laquelle je n’ai rien à ajouter, sauf si vous voulez qu’on fasse le décompte des voix du CNRA de mai 1962 largement favorable à la composition du BP de Ben Bella.

    Si vous voulez, on peut imaginer d’autres hypothèses avec des « si » : et là, lorsque je pense que, si on avait intégré Krim au niveau du BP et c’est tout à fait légitime compte du critère de l’historicité admis par tous avec un BP composé des six historiques rescapés et de Ben Alla, la majorité des deux tiers aurait été largement acquise. Pour ce motif et pour moi, Ben Bella a voulu la confrontation en refusant Krim et il est grandement responsable de cette crise nationale. Et je n’ignore pas que derrière ce refus obstiné, il y avait Boumediene, car Ben Bella était de nature consensuelle.

    Par ailleurs, je vous livre un complément d’information que vous ignorez peut-être. D’abord une remarque : provisoires ou définitives, les instances de la Révolution devaient être légitimes, la légitimité ne pouvant provenir que du CNRA.

    Information : Ben Bella ne voulait absolument pas qu’un centraliste du PPA qui était à l’origine opposé au 1er Niovembre entre à Alger en champion de l’indépendance, encore moins un udémiste comme Ferhat Abbas. Pour lui, Ben Khedda et Ferhat n’étaient qu’une vitrine pour la Révolution à remiser au moment de l’indépendance, ce moment historique devant revenir à ses initiateurs véritables.

    Un autre « si » : l’Armée des frontières n’avait plus lieu d’être après l’indépendance. Normalement, elle aurait dû se fondre dans les wilayas d’origine. Or, c’est exactement le contraire qui a eu lieu. Et là Ben Bella n’est pas seul responsable, les autres dirigeants n’ayant pas exigé une telle refonte.

    En tout état de cause, la légitimité de Ben Bella au moment de la crise de l’été 1962, entraîne sa responsabilité écrasante dans le désastre du pays et de son mauvais départ. Sa légitimité n’a pas été utile pour un bon départ, bien au contraire.

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    • Dria
      27 juillet 2015 at 11 h 30 min - Reply

      @Mr Affif

      il y a une petite contradiction dans votre post qu’il faut expliquer . vous avez écris
       » Benbella était de nature consensuelle » et plus bas dans information vous écrivez
      – Benbella ne voulait absolument pas qu’un centraliste du PPA ……et n’en , voulait pas non plus d’un Udémiste comme Ferhat Abbas.

      Alors soit on n’a pas la même notion de consensus , soit vous voulez attribuer une qualité d’homme consensuel à Benbella alors qu’il ne l’étais point, d’ailleurs vous rajouter ce moment historique devant revenir à ses initiateurs véritables (les hommes du groupe d’ Oudjda l’ était-t -il) .

      Et puis à mon humble avis si en 1962 il y avait des hommes de nature consensuelle on aurait opté pour une assemblée constituante , d’ailleurs cette option étant toujours d’actualité et seule alternative pour une sortie de crise qui perdure depuis indépendance alors la question qui se pose , l’Algérie ne peut enfanté des hommes de nature consensuelle ou sont ils marginalisé dés qu’ils annoncent la couleur

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  • Salah Vespa
    26 juillet 2015 at 17 h 14 min - Reply

    Monsieur @Afif dit (les indiens disent) : « ugh , j’ai dit »

    « Ben Bella était de nature consensuelle. » ah ! ah ! ah à l’infini

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  • liza
    27 juillet 2015 at 0 h 07 min - Reply

    Je fais partie de ce que l’on appelle la génération d’après-guerre, je n’ai donc connu ni les affres et toutes les souffrances de la guerre de libération ni les acteurs. Tout ce que je sais et dont je suis sûre et fier à la fois, c’est que c’est grâce aux sacrifices de nos ainés que nous sommes aujourd’hui libres et indépendants, et ça personne ne peut me convaincre du contraire. Par contre ce que nous ne pouvons pas accepter nous les « jeunes », c’est toutes ces contrevérités colportées ici et là sur notre révolution et ce depuis l962 à ce jour. On nous a menti durant toute notre jeunesse, on nous a enseigné une histoire partielle, pire une histoire partiale, partisane, leur histoire en fait, une histoire qui met en valeur un clan au détriment de l’autre ou des autres. En grandissant nous avons pu avoir accès à d’autres sources, « l’ouverture démocratique » aidant nous avons étanché notre soif de connaissance grâce au foisonnement d’écrits sur notre révolution. Certes, grâce à certains auteurs historiens ou non nous avons appris certaines vérités irréfutables, mais nous avons aussi été témoins d’un déballage ordurier et indigne de nos valeureux chouhadas.
    A tous ceux qui ont été témoins et/ou acteurs directs de notre révolution, nous vous demandons de nous dire – la vérité, rien que la vérité et toute la vérité – c’est tout. Ne nous dites pas que tel était un rembo ou tel autre était une mauviette. Nous n’avons pas besoin de mythes, le fait que la 4ème puissance militaire du monde ait été mise hors de notre pays, ça veut tout dire et ça nous suffit. Ils ne sont pas partis de leur plein grès, ils ont été contraints de se mettre à la table des négociations bla yamahoum. D’un autre coté nous savons qu’il y a eu des bavures des erreurs, des faiblesses, de la hogra, des assassinats politiques etc… Ne nous dites pas que tout baignait dans l’huile, non ce n’est pas vraie, il y avait des insuffisances, de l’incompétence, de la jalousie, du régionalisme etc… C’est en cachant ces maux qu’on les perpétue. Nous ne voulons pas d’une chasse aux sorcières, non, nos ainés étaient des êtres humains avec leurs forces et leurs faiblesses. Certains avaient beaucoup de courage, d’autres moins, il y en avait même des traitres, c’était comme ça. Mais pour autant l’histoire sans noms, sans dates et sans lieux ça n’existe pas. Il y a eu des précurseurs, ceux qui avaient décidé au prix de leur vie de sortir notre peuple de joug colonial. Il y a eu ceux qui ont pensé, organiser, planifier et diriger la révolution. Il y a eu ceux ou celles qui ont été torturés à mort ou guillotinés, ceux ou celles qui ont prix des risques mortels pour telle ou telle mission etc… Comment donc peut-on dire « Un seul héro le peuple » ou bien « A bas le culte de la personnalité ». Non, moi je ne mettrai jamais sur le même pied d’égalité les Ben boulaid, Krim, Boudiaf, Amirouche, Ben m’hidi, Abane Hassiba Ben bouali et la liste est grande et même très grande, avec le simple citoyen de l’époque qui s’acquittait des cotisations ou ceux qui ont participé aux manifestations de décembre 1960. Ceux qui nous disent que c’est le peuple qui a arraché la victoire sur le colonialisme, ce sont ceux-là même qui n’ont pas participé à cette victoire ou qui étaient de l’autre coté.
    Alors s’il vous plait, dites la Vérité et il n’y en a pas plusieurs, soulagez votre conscience, ne pensez pas à votre clan, votre petite personne, votre poste etc… Un jour viendra où on dira si flen qu’on croyait honnête n’a fait que mentir.

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  • Afif
    27 juillet 2015 at 15 h 18 min - Reply

    @ Dria :

    Laissons tomber la qualité consensuelle à Ben Bella : je n’ai fait que répéter ce que j’ai entendu.

    Limitons-nous aux faits : Ben Bella n’a pas voulu de Krim, un historique comme lui dans le BP, et de ce fait, il n’a pas pu recueillir la majorité statutaire des deux tiers. Cependant, le BP qu’il a composé sans Krim a obtenu la majorité absolue, plus de 50%. C’est cette majorité que tous les gouvernements du monde entier ont adoptée pour faire voter leurs lois ou composer un gouvernement. Par conséquent, la minorité du CNRA devait se plier à la majorité et non se révolter mettant le pays en grave danger de congolisation (anarchie). Si vous voulez la décomposition du vote du CNRA de mai 1962, on peut le publier avec l’autorisation de LQA.

    Pour ce qui concerne les initiateurs de Novembre, ce n’est pas le Groupe d’Oujda dont les membres jeunes pour la plupart ont rejoint la Révolution après 1954. Ben Bella visait le Comité des 9 dont il faisait partie et reconnu dans un PV du CNRA d’août 1957 (PV repris dans un livre de Youcef Benkhedda).

    @ liza : la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. La plus grosse falsification de l’histoire a été pondue noir sur blanc sur un livre d’histoire tiré à des millions d’exemplaires, conçue et rédigée par deux oulémas (Chibane et Foudala) sous la tutelle et l’accord du ministre de l’Éducation nationale Ahmed Taleb Ibrahimi sous Boumediene, faisant de l’Association des Oulémas la conceptrice et l’organisatrice de la Révolution du 1er Novembre alors qu’aucun dirigeant de la Révolution de 1954 à 1962 n’a été membre de cette association (livre de Benkhedda « Aux origines du 1er Novembre » page 283).

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  • Ait Benali Boubekeur
    27 juillet 2015 at 19 h 44 min - Reply

    @ Si Afif !
    C’est normal que nous ne soyons pas d’accord. Vous voulez transformer un coup de force militaire en acte démocratique. D’ailleurs, Ben Bella n’a-t-il pas déclaré, le 4 septembre 1962, que c’est grâce au peuple que le BP a triomphé.
    Et au risque de vous choquer, il n’y a aucune chance pour que vous puissiez me convaincre de la légalité de la proclamation du BP, le 22 juillet 1962. En plus, en ce qui me concerne, je me contente de constater les faits. Du coup, je ne vais pas chercher non plus à vous convaincre.
    À vrai dire, l’histoire a déterminé clairement les responsabilités des uns et des autres. On ne va pas refaire indéfiniment l’histoire. Les PV des réunions sont disponibles et consultables. Celui du 7 juin que j’ai entre les mains mentionne 39 noms, dont 9 pour les wilayas III et IV historiques.
    Si on dit que les voix des mandataires, à la réunion de Tripoli, ne reflètent pas leur choix réel –on dit que Said Yazourene s’est vengé contre Krim –, on peut dire que les signataires ne disposent même pas de majorité simple.
    Cependant, pour surmonter la crise, les représentants de la wilaya III ont fait une proposition à Ben Bella, le 17 juillet 1962. En contrepartie de l’acceptation du BP, ils ont demandé le remplacement de Mohammedi Said par Krim Belkacem.
    Ceci dit, à s’y intéresser de plus près à cette affaire, la proclamation du BP n’est que le résultat d’une machination remontant à 1961 lorsque Ben Bella a accepté d’être porté au pouvoir par l’armée et non par la volonté populaire.
    Hélas, bien que les faits soient indéniables, les partisans de Ben Bella refusent d’admettre cette vérité. Un de mes amis me dit souvent que Ben Bella voulait surtout sauver l’Algérie de la militarisation du système politique. Personnellement, je ne crois pas à cette approche. Pour moi, Ben Bella aimait, autant que Boumediene, le pouvoir.
    Tous les deux ont concentré entre leurs mains, lors de l’exercice de leur fonction, les mêmes pouvoirs. Mais, si vous estimez le contraire, vous y avez le droit de le penser. Bien que je puisse débattre avec vous, je vous le dis clairement : mon opinion sur la crise de l’été 1962 a été faite depuis des lustres. Donc, il n’y aucune chance pour que vous parveniez à me convaincre.

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  • SAID
    29 juillet 2015 at 23 h 58 min - Reply

    C’est un sujet très intéressant. Je crois que la suite des événements qu’a connu le pays explique les intentions des uns et des autres lors de la crise de 62 . Il ressort que benbella est porté pour le pouvoir personnel, ce qu’il lui a été reproché par ses pairs. Boukharouba lui aussi voulait gouverner comme un monarque, il a dégomme son allié du CNRA 3 ans après 62. Et l’illégitimité du pouvoir à continue avec le trucage des élections à toutes les échéances.

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  • Afif
    30 juillet 2015 at 13 h 21 min - Reply

    Si Boubekeur :

    Nous sommes d’accord au moins sur un point : Krim aurait dû être à la place de Mohammedi dans le BP. C’est légitime. Ce qui n’est pas légitime, c’est le choix de Ben Bella. Avec Krim au niveau du BP, il n’y aurait pas eu de crise.

    Sur ce, vous avez parlé d’une majorité qui n’est même pas absolue (+ 50%). C’est ce fait qui est intéressant. Je vais consulter les PV et je vais donner tous les noms pour qu’il n’y ait pas malentendu : ou Ben Bella avait la majorité et le BP est légitime même s’il n’est pas statutaire, ou bien il n’avait pas la majorité et dans ce cas, c’est lui le responsable du coup de force et non le groupe de Tizi-Ouzou. Ce n’est pas la mer à boire, bon sang, il faut trancher après 53 années d’indépendance.

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  • Omar
    23 août 2015 at 23 h 17 min - Reply

    Salam
    Pendant que nos moujahidines sincères faisaient la guerre à la France, Boukharouba envoya Tab Jnanou en France pour rendre visite à Ben bella et cie et tâter le pouls des « prisonniers » sur leur éventuel choix après l’indépendance, selon certaines indiscrétions Tab Jnanou voyagea avec un passeport Marocain, mais il était attendu officiellement par les services Français, ce qui ne laisse aucun doute sur l’amitié et la coopération entre l’armée des frontières, le clan de Oujda, le MALG, les DAF de Boukharouba et la France, ils étaient copains comme cochons et la suite nous l’a confirmé.
    La haine et la raipidité avec laquelle furent tués les quelques récalcitrants anti-wled frança, et hizb frança et sincères patriotes ne laissent aucun doute sur les desseins de cette bande de charognards l’histoire de Chabani est le parfait exemple de l’épuration des nationalistes et islamistes, place au rouge Kremlin, et malheur à ceux qui barrent le chemin
    Au lendemain de l’indépendance Boukharouba marcha sur Alger avec ses blindés neufs, et sema la mort sur son chemin, sans aucune pitié, aucun remords il massacra tout sur son passage
    A LIRE TRES INSTRUCTIF
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_l%27%C3%A9t%C3%A9_1962

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  • ca21dz
    27 août 2015 at 10 h 25 min - Reply

    Bonjour,

    Si Afif vous etes entrains de justifier l’injustifiable, pour quoi optons par la force du moment que le GPRA a amener la france vers des négociations?

    Pourquoi tel ou tel a choisi de créer tel clan de Tlemcen ou de tizi ouzou alors qu’on a deja un gouvernement temporaire qui devrait assurer et accompagne l’a jeune Algérie vers une démocratie qui aura épargner

    Le groupe de tlemecen avait un rancair historique qui remonte aux règne des Zianides en vers la kabylie on particulier et qui a trouver en la personne de boum boum le personne idéal de comploter contre la révolution, nous payons tous les frais juqu’a nos jours et pour d’autres génération encore
    continuer a soutenir l’insoutenable et l’Algérie sombrera encore.

    PS : ne pas s’etaler a justifier n’importe quoi ni le groupe de tlemcen et saint ni de tizi seul le GPRA avait la possibilite de construire un Algerie rêvés

    Merci

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