Édition du
5 December 2016

A la Recherche de la Moralité et de l’Éthique Perdues.

 

Inama el oumamouNotre société vit dans la contradiction la plus totale entre les supposés préceptes de la Religion, dont chacun prétends défendre et pratiquer, et les attitudes sociales au quotidien de nos citoyens.

Qui peut nier les comportements inciviques de nos compatriotes dans tous les domaines et à longueur d’année.

Nous remarquons toutes et tous l’islamisation rampante de notre société à tous les niveaux.

Mais nous constatons aussi que cette même islamisation de l’individu et de la société dans sa forme rituelle n’altère en rien les postures sociales dénudés de civilité de nos citoyens que ce soit en privé ou en public.

Comment peut-on expliquer un tel écart entre la pratique des préceptes religieux et les conduites presque antisociales observées ?

Cette question nous hante au quotidien. Elle est le sujet le plus discuté et commenté à longueur d’année et au-grès des saisons. Elle est présente dans tous les événements familiaux et nationaux.

Elle est l’une des questions des plus centrales autour de laquelle notre vie et société évoluent.

Le socle social de notre société est d’essence religieuse, plus précisément dérivant de l’interprétation que nous faisons de l’Islam. De ce fait, le comportement social dans la sphère du privé aussi bien qu’en public est régenté dans une large mesure par le fait religieux, et ceci de façon consciente ou inconsciente.

Nous connaissons toutes et tous les cinq préceptes de l’Islam que je cite pour rappel ci-dessous :

• L’attestation de foi de l’unicité de Dieu et de la prophétie.
• Les cinq prières quotidiennes.
• L’impôt annuel.
• Le jeûne du mois de Ramadan.
• Le pèlerinage à La Mecque.

Ces enseignements forment la partie rituelle de la pratique religieuse dans la vie de chaque de nous et définissent aux yeux du monde le fait d’être musulman.

Mais où sont les commandements qui incitent directement à la Moralité et à l’Éthique dans tout cela ?

On peut tenter d’y répondre en disant que l’attachement et la pratique de ces cinq préceptes induisent naturellement un comportement moral et éthique.

Mais hélas et triple hélas, les faits et observations au quotidien contredisent cette possibilité.

Ces enseignements sont pratiqués individuellement ou collectivement, mais n’incitent nullement sans la moindre équivoque à un engagement avec l’autre dans un rapport basé sur la Moralité et l’Éthique.

Ce sont ces rapports moraux et éthiques qui construisent et définissent une société harmonieuse ou les citoyens évoluent dans la paix et la quiétude.

Pour illustrer cela, il faut observer que dans notre société quand on veut qualifier quelqu’un de bien, on dit d’elle ou de lui, qu’il est issu ou qu’elle est issue d’une bonne famille, encore moins qu’il est bon musulman ou qu’elle est bonne musulmane, mais jamais de bon citoyen ou bonne citoyenne.

C’est comme les trois sphères qui sont la famille, la religion et la société dans lesquelles nous évoluons, n’ont rien de commun et n’influent que d’une façon partielle sur notre comportement.

Si les mosquées sont remplies et débordent parfois sur les rues et ruelles de nos villes et de nos villages, il n’est pas pernicieux de dire que cela ne contribue en rien à la civilité, à la moralité et à la quiétude de notre société.

C’est un constat terrible, mais il faut le faire avec humilité et courage. C’est notre responsabilité.

Ceci est nullement une attaque contre l’Islam, mais une tentative de comprendre en pratique l’interprétation que nous avons fait de l’Islam.

Une interprétation qu’il faut décortiquer et revoir sans pour autant offusquer les uns et les autres. Il y va de notre devenir et celui des générations futures.

Il est tout à fait clair que cette tache qui nous y dévolue aujourd’hui est immense. Et son immensité réside dans le fait que le débat que nous souhaitons est plus passionnel que passionnant.

La quête de ce débat ne sera jamais réalisée dans un consentement unanime. Et ceux d’entre nous qui sont éclairés avant les autres sont condamnés à poursuivre cette lumière en dépit des autres.

Khaled Boulaziz


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3 Commentaires sur cet article

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  • abderrahmane
    4 août 2015 at 10 h 36 min - Reply

    salem alaikoum, ce manque de moralitee nous vient en grande partie des (salafiS ilmi) d arabie saoudite, avec bien sur la benediction du pouvoir

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  • Kefrida
    4 août 2015 at 16 h 00 min - Reply

    Lorsque l’on observe le nombre de pratiquants de la religion, je suis persuadé que si des statistiques sont faîtes on trouverait un taux égal ou supérieur à 80%. Mais lorsque l’on regarde le quotidien en observant le comportement citoyen des Algériens on est abattu devant le nombre de fléaux aussi néfastes les uns que les autres: incivisme, manque de moralité, corruption, violence, fainéantise, … Je ne comprends pas comment que ça se fait, malgré cette religiosité galopante depuis la fin des années 80 a produit ce résultat. Je comprends que les dirigeants de ce pays ont une part de responsabilité maximale dans cette déchéance totale. Mais de là à dire que le peuple n’est pas responsable dans ce qui lui arrive je pense que c’est un leurre.
    Et si l’on compare la société Algérienne d’aujourd’hui à celle des années 60 et 70 elle était beaucoup moins religieuse mais par contre il y avait un sens de civisme assez prononcé, une moralité sans faille, corruption minimale, joie de vivre et j’en passe. Je ne veux nullement pas coller tout le drame de l’Algérie d’aujourd’hui à la Religion mais c’est juste une observation qui me choque. Car cette tendance forte vers la religion n’est observable qu’en Algérie.

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  • Arguèze
    4 août 2015 at 16 h 05 min - Reply

    @Khaled Boulaziz

    Merci pour cet implacable article clair, net et précis, sans insultes, ni fioritures et qui concerne le cœur du sujet sur la société algérienne et même au délà la société arabo-musulmane en générale ! Ce pénalty que vous venez de marquer , même le célèbre goal russe Lev Yachine n’aurait pas pu l’arrêtez, j’en suis sûr et je suis prêt à mettre ma main au feu !

    Merci , yaa laaziz , de nous réveiller de notre torpeur et de notre « douce » léthargie et de mettre le doigt là où çà nous fait mal !

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