Édition du
8 December 2016

70 ans après Hiroshima : les mêmes menaces pèsent sur la planète.

HiroschimaIl ne suffit de se proclamer grand chantre de la paix mondiale pour le devenir réellement. En 1945, à peine le sang des victimes de la Seconde Guerre mondiale commence à sécher, la guerre froide –qui va opposer pendant 45 ans les deux blocs, impérialiste et communiste –reprend le relais. En effet, les deux largages de bombes atomiques sur Hiroshima (le 6 août 1945) et sur Nagasaki (le 9 août 1945) inaugurent la nouvelle guerre, dont l’action s’inscrit dans la logique d’acquisition de territoires stratégiques. Car, pour les deux superpuissances du moment, les USA et l’URSS, si un territoire n’est pas soumis par l’un, il le sera forcément par l’autre.

Ainsi, bien que le Japon soit une puissance non négligeable, dans ce monde bipolaire, il paie surtout son appartenance à l’axe germano-italien entre 1939 et 1945. Cela l’expose naturellement à des mesures de rétorsion. D’ailleurs, l’URSS n’a-t-elle pas envahi les régions de Mandchourie et de Sakhaline avant le largage des deux bombes nucléaires ? À vrai dire, la mise en œuvre du plan américain consiste à envoyer un signal fort à leur adversaire russe.

Dans ce cas, est-ce que le Japon est utilisé comme un bouc émissaire ? De toute évidence, à l’examen des forces antagonistes, les historiens sérieux s’accordent à dire que l’armée japonaise était à bout de souffle. Les bombardements américains de mars-avril 1945 ont réduit considérablement les capacités de l’armée japonaise. D’ailleurs, est-ce qu’il y avait des chefs militaires américains qui tablaient sur la victoire de l’armée japonaise ? En 1945, force est d’admettre que l’armée japonaise pouvait au mieux négocier une solution non humiliante.

Du coup, il semblerait que l’emploi de l’arme atomique ne vise pas à vaincre un ennemi fort. « Les objectifs de Truman –président des USA –étaient autres : tester in vito l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement », documentaire sur Hiroshima, diffusé sur la chaîne franco-allemande « ARTE », le 31 juillet 2015.  Ainsi, pour dissuader les Russes, les Américains étaient prêts à créer les conditions d’un enfer sur la terre japonaise pour impressionner son adversaire russe.

En tout état de cause, cet acte d’une rare barbarie –les Américains ne croient à la liberté et à la démocratie qu’à l’intérieur de leurs frontières – inaugure une phase dangereuse pour l’humanité. Néanmoins, au lieu de dissuader les autres pays, cette course à l’armement nucléaire crée des émules. Dans les années qui suivent les deux attaques nucléaires américaines, plusieurs pays se dotent de la bombe atomique.

Toutefois, pour pouvoir bénéficier d’un tel armement, il faudrait que le pays en question soit un allié indéfectible des USA. Sinon comment expliquer qu’Israël en possède alors que l’Iran doit se soumettre à des conditions draconiennes pour exploiter le nucléaire à des fins civiles ? En un mot, bien que les USA claironnent qu’ils veillent sur la paix mondiale, dans la réalité, ils ne servent que leurs intérêts et ceux de leurs alliés.

Pour conclure, il va de soi que les conséquences de l’emploi du nucléaire sont catastrophiques pour l’humanité. En effet, soixante-dix ans après, les habitants d’Hiroshima souffrent encore des séquelles du bombardement américain. Hélas, au lieu de remettre en question le développement de cet armement, on assiste à une prolifération à grande échelle. « Depuis soixante-dix ans, aucun progrès important n’a été réalisé vers leur interdiction et leur démantèlement », regrette l’éditorialiste du journal « Humanité », Patrick Le Hyaric.  « On ne peut pas continuer à disserter à perte de vue sur la paix tout en fabriquant dans les laboratoires et les ateliers les conditions de l’apocalypse », conclut-il.

Aït Benali Boubekeur


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