Édition du
5 December 2016

L’école algérienne doit être extirpée des luttes politiques.

ecoleÀ quelques jours de la rentrée scolaire, le débat enfle sur la réforme de madame Benghebrit. Dans la réalité, cette réforme n’est que de la poudre aux yeux. En effet, bien que le secteur éducatif soit important, c’est toute l’Algérie qui doit être reformée. Du coup, cette histoire d’introduction de la « darja », une panacée selon certains, n’est qu’une nouvelle diversion maladroite.

En fait, s’il y a un constat que l’opinion admet volontiers, c’est immanquablement l’échec de l’école algérienne. D’ailleurs, comment cela peut-être autrement quand on sait qu’aucun secteur ne marche ? À vrai dire, la gestion de l’école algérienne est à l’image de la gestion des affaires du pays.

Cependant, bien que l’école doive être un sujet de préoccupation permanent, une réformette à la hâte –et qui plus est, sans remettre en cause l’idéologisation de l’école –ne peut sauver le système éducatif. Et ce n’est sans doute pas l’introduction de la « darja » qui va changer quoi que ce soit.

De la même manière, ce n’est pas le retour du soutien critique –une période sombre de l’histoire de l’extrême gauche algérienne – de certains communistes qui va rendre crédible le projet de la ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit. Car, dans le fond, le problème de l’école est avant tout politique.

Alors que dans les pays modernes l’enseignement consiste à transmettre le savoir, en Algérie, les concepteurs des programmes ont pour soucis de satisfaire les dirigeants en vendant leurs pseudos exploits. Il y a quelques années, le coup d’État du 19 juin 1965 était encore célébré en grande pompe. Pire encore, il était une journée fériée.

Ainsi, pendant des décennies, l’école algérienne est uniment prise en otage par des idéologues, et ce, au détriment de la formation de qualité. Évidemment, cette idéologisation de l’école à des effets néfastes sur la société de façon générale.

Cependant, s’il y a une catégorie qui ne croit pas à l’école algérienne, c’est bien la classe dirigeante. Pour étayer cet argument, il suffit de réaliser un sondage pour savoir combien sont les hauts responsables qui scolarisent leurs enfants dans l’école publique, et ce,  du primaire à l’université. Le résultat va indubitablement étonner les derniers crédules qui accordent encore leur confiance au régime actuel pour qu’il conduise le pays vers des lendemains enchanteurs.

Cela étant dit, bien que la dérive du système éducatif soit imputable au régime, les Algériens ne sont pas pour autant exempts de reproches. En effet, un peuple qui a démissionné depuis des lustres peut-il bâtir des institutions justes et, par ricochet, une école de savoir ? Il va de soi que par son silence irresponsable, on peut dire que le peuple algérien doit en assumer une partie de cet échec.

Pour conclure, il va de soi que la principale réforme de l’école est celle qui consiste à l’extirper de l’influence politique. En d’autres termes, les concepteurs des programmes ne doivent pas être soumis à une tutelle politique. Cela dit, l’acharnement des conservateurs –force est de reconnaître qu’ils ne se battent pas pour les mêmes objectifs –révèle la complexité de la tâche. Pour y arriver, il faudrait que l’intérêt général prime sur l’intérêt individuel ou sur celui du groupe.

Aït Benali Boubekeur


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4 Commentaires sur cet article

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  • malika
    22 août 2015 at 1 h 31 min - Reply

    très bon article ! c’est de la diversion et benghabrit le sait. elle fait publier des articles sur commande, c’est pas bien!

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  • Abdelkader Dehbi
    25 août 2015 at 18 h 52 min - Reply

    Je relève deux affirmations contradictoire :

    «  » »L’école algérienne doit être extirpée des luttes politiques. » » »

    «  » »Car, dans le fond, le problème de l’école est avant tout politique. » » »

    Commentaire : Y a comme un problème…., M. Aït Benali Boubekeur…

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  • Ait Benali Boubekeur
    27 août 2015 at 18 h 28 min - Reply

    Bonsoir Monsieur Dehbi.
    En effet, cette façon de voir les choses peut prêter à confusion. Je relève juste que le titre dénonce justement cette immixtion des politiques dans la gestion de l’école. Et si on veut que l’école marche bien, il faudra qu’il soit soustraite de l’emprise politique. Et si jusque-là celle-ci est l’otage des politique, je souhaite qu’il ne le soit plus à l’avenir. C’est le titre du texte qui résume ma pensée. Mais, vous avez raison de soulever la contradiction entre le titre du texte, qui reflète ma pensée, et une phrase dans le texte qui fait le constat de la pratique actuelle.

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  • Myriam Bakema
    29 août 2015 at 20 h 49 min - Reply

    Vous racontez n’importe quoi.
    Sous quel régime social sommes-nous pour pouvoir mener la mission éducative ?
    L’enseignement sous le féodalisme éduque les gens dans le respect de l’ordre féodal et de servir d’instrument de défense du régime féodal.
    L’enseignement dans une société capitaliste est inculqué aux étudiants pour développer un égoïsme individuel, à les rendre dociles à l’exploitation de l’homme par l’homme et aux oppressions impérialistes.
    Théoriquement, sous un régime socialiste, l’enseignement a une mission où ne règne pas l’exploitation. Il est révolutionnaire et communiste. Il établit une démarcation entre la classe ouvrière et la classe capitaliste, entre le communisme et le capitalisme.
    Le communisme a échoué dans presque toute la planète, cet idéal de l’humanité.
    Selon Montesquieu [Montesquieu (1689-1755). DE L’ESPRIT DES LOIS. PREMIÈRE PARTIE. (Livres I à VIII), 1748.], le régime despotique a pour principe la crainte: mais a des peuples timides, ignorants, et abattus.
    Notre éducation ne suit aucune idéologie, c’est le pays de TAG ALLA MEN TAG, signature de l’ancien billettiste SAS, Sid Ahmed Semiane.
    Notre éducation n’est même pas hybride. Elle n’est ni socialiste ni capitaliste.

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