Édition du
6 December 2016

De Piaget à l’école algérienne de 2015.

 DardjaTlemsani Fatima.

 1- De quels experts, quels spécialistes et quelles sciences s’agit-il ?

Il y a une quinzaine de jours, à la fin de juillet, on apprenait que dès septembre 2015 l’arabe classique comme langue d’apprentissage allait laisser la place aux langues maternelles dans les écoles élémentaires. A un second moment, selon ce qu’on pouvait lire dans certains journaux et sur les réseaux sociaux, on pouvait croire qu’il s’agit de la décision la plus salutaire et la plus courageuse que le ministère de l’éducation nationale ait pu prendre depuis l’indépendance du pays. Une révolution dans l’école algérienne qui allait enfin sortir de son marasme. A un troisième moment, et en réponse peut-être à une réaction plus nombreuse et plus diversifiée qu’on ne l’imaginait, on annonce que la décision a été prise sur la base d’un travail fait avec des spécialistes et des experts, avec des porte-paroles de la science donc. On complète ceci par des références à des organisations internationales aussi importantes que l’ONU et l’UNESCO.

Ceci signifie implicitement que défendre la réforme revient à défendre l’esprit scientifique. Quatrième moment, trois syndicats de l’éducation nationale expriment leur soutien à cette introduction des dialectes dans les écoles. Deux des trois sont des syndicats d’enseignants et ce soutien qui est des moins attendus, et qu’on doit regretter à mon humble avis, me parait témoigner de la pression médiatique avec laquelle on a annoncé que la réforme est celle que recommandent la science et les experts d’ici et de partout dans le monde, dont ceux de l’Unesco et de l’Onu.

Une 1ère question : De quelle science et de quels spécialistes parle-t-on ? Le problème relève de domaines comme la psycholinguistique, la psychopédagogie, la didactique des disciplines, la psychologie de l’enfant ou la  psychologie cognitive. Ceci étant, il ne suffit pas d’être diplômé dans l’une ou l’autre de ces sciences pour que notre avis puisse fonder une aussi importante décision. Il faut avoir été reconnu comme expert dans le domaine et ceci ne peut être fait si on n’a pas réalisé un minimum de publications dans le cœur du sujet. D’autre part on peut posséder des compétences de spécialiste sans avoir nul diplôme dans les disciplines citées. Dans ce cadre un instituteur qui parallèlement à une certaine expérience, ou à la fin de celle-ci, s’est mis à réfléchir et à lire sur la question peut finir par mériter d’être reconnu comme expert.

Le principal problème est qu’on parle d’experts sans qu’on ne cite aucun nom.  Affirmer qu’on s’appuie sur des compétences certaines et reconnues mais dont les noms restent secrets, est encore plus étrange quand on discute d’un sujet qui peut et doit intéresser au plus haut point l’immense majorité des citoyens. Il est regrettable que ceux qui soutiennent la réforme n’aient vu aucun mal dans ce silence. Pour prendre les décisions les plus inattendues dans les secteurs les plus centraux de la vie d’un pays, suffirait-il désormais que le décideur déclare « ma décision est fondée sur les avis des scientifiques » ? N’est-il même plus tenu de nommer (d’identifier)  ses experts ? Ceci est d’autant plus grave que l’Algérie n’en a entendu parler qu’en fin juillet alors que la réforme est censée s’appliquer dès le 1er septembre prochain, et il est probable que ce silence aurait continué si des opposants au projet n’avaient pas exprimé leur désaccord. L’Algérie comprend ici aussi les premiers concernés par la réforme, les instituteurs eux-mêmes.

A-t-on à ce point oublié qu’on discute d’un changement qui engage l’avenir de millions d’enfants et de tout un pays ? Ignore-t-on à ce point l’importance qu’occupe l’école dans la vie et le développement d’une société ? Il y a absence totale de ce que signifie la problématique des partenaires. En vérité, tout se passe comme si la question relevait de ce type d’expériences qu’on réalise sur des souris de laboratoire.

Pour une décision aussi importante, aussi radicale et aussi inattendue, je crois qu’il aurait été nécessaire, voire indispensable, qu’on annonce l’idée de longs mois (au minimum) avant de passer à la prise de décision. De la sorte les enseignants du secteur, et en particulier ceux des écoles primaires et des maternelles, auraient eu l’occasion d’exprimer des avis et d’en discuter entre eux, ce qui aurait permis des avis plus élaborés mais surtout des avis de praticiens. De même, des chercheurs et des universitaires se seraient exprimés aussi et certains auraient pu se concentrer pour produire des articles qui auraient été publiés dans la grande presse, sans parler des revues académiques. Tout ceci n’aurait certainement pas manqué d’alimenter d’instructifs débats. Des parents s’y seraient mis et on fait preuve de peu de science, à mon modeste avis, si on ignore qu’il s’agit d’un thème sur lequel beaucoup d’entre eux ont probablement des choses pertinentes à dire. Pensons aux lumières qu’un tel débat aurait pu apporter aux décideurs et à la décision finale.

Prenons un petit peu de recul. Dans combien d’autres pays la transformation de langues parlées en langues d’apprentissage scolaire aurait pu être décidée avant qu’on puisse écouter sur tous les plateaux de télévision et pendant des mois, des professionnels et des chercheurs en débattre ? Dans combien de pays aurait-on finalisé sans que les 1ers responsables de l’éducation nationale aient été obligés de défendre leur projet sur ces mêmes plateaux et face à des interlocuteurs qui défendent la position opposée ?

Quand au contraire on a fait un absolu silence sur le projet et aggravé ce silence par une  référence à des experts qui ressemblent plutôt à une organisation secrète, on ne peut pas rassurer le citoyen qui veut réfléchir et comprendre ; le citoyen dont le souci est très loin du choix qui consiste à être pour ou contre un Ministre. Enfin, je crois sincèrement que la meilleure façon de prouver que l’unique souci de la réforme est l’école et l’état dans lequel elle se trouve depuis des années, était, avant tout, que les décideurs prennent le temps nécessaire à une décision aussi lourde et ouvrent un débat.

  1. Piaget et le langage de l’enfant.

Puisque ce sont les partisans eux-mêmes de la réforme qui demandent à laisser parler la science et les spécialistes, affirmation pour laquelle on doit les soutenir, je vais me référer au plus célèbre des grands maitres de la psychologie de l’enfant et de son développement cognitif, donc à Jean Piaget. Rappelons que le 2ème ouvrage du savant genevois, qui est aussi le 1er qu’il a écrit en tant que psychologue, s’intitule déjà Le langage et la pensée chez l’enfant (1923).

De façon plus directement liée au débat dans lequel s’inscrit cette petite intervention, Piaget nous apprend que quand il atteint approximativement l’âge de 24 mois l’enfant a déjà terminé une 1ère découverte du monde et s’est construit une 1ère représentation de ce dernier. Après cette première étape il reste trois autres stades à traverser pour que de la petite enfance on passe à l’âge cognitif de l’adulte et près d’une quinzaine d’années, mais le premier des trois suffit amplement à l’acquisition du langage. On peut souligner d’ailleurs que cette acquisition en est une des principales caractéristiques.

Ce stade en question est celui de « l’intelligence préopératoire » qui commence à l’âge de 2 ans pour se terminer à 6 ou 7 ans, avec cette précision que dans leur exposé de la pensée de Piaget beaucoup d’auteurs citent la limite de 6 ans plutôt que celle de 7 ans. Par conséquent, on peut affirmer qu’en entrant à l’école élémentaire, ce qui se fait à 6 ans dans la majeure partie des pays et à 7 ans dans quelques-uns, l’enfant possède une maitrise de la communication orale. Pour le lecteur qui pourra se sentir gêné par le fait que le célèbre spécialiste de l’enfant pensait lui-même que la 2ème période peut se prolonger  jusqu’à 7 ans, il suffit de préciser un peu plus le contenu de la 2° étape pour se rendre compte que bien avant de finir sa 6° année l’enfant acquiert les compétences essentielles en matière de langue orale. Comme on le verra ci-dessous, cette précision suffit aussi pour rassurer le lecteur qui pourra être préoccupé par le cas des enfants qui rentrent en cours préparatoire avant d’atteindre 6 ans ; ceci est important d’autant plus qu’on sait qu’en Algérie, qui est le seul pays concerné par notre discussion, cette pratique est devenue pleinement légale et sans compter les cas où une demande de dérogation est exigée.

Il suffit qu’on fasse l’effort de le faire pour qu’on puisse observer des enfants d’environ 12 mois se débattre avec quelques mots, le plus souvent près de 5 et très rarement 10 selon de nombreuses études de terrain, pour s’exprimer et pour communiquer avec les adultes qui les entourent. On pourra si l’occasion se présente, sourire en remarquant l’immense difficulté qu’ils ont à trouver l’ordre des mots, l’ordre par lequel ces derniers se suivent pour constituer des phrases. Si on les retrouve à 24 mois, on peut être émerveillé par les énormes pas qu’ils ont accomplis depuis leurs 12 mois. Il ne devrait pas être exceptionnel que le vocabulaire de tel ou tel d’entre eux approche la quantité de 300 mots, ce qui représente un exploit en termes de chemin parcouru.  D’autre part, ils s’expriment avec des phrases contenant 2 à 3 mots même si certainement il ne faut pas s’attendre à les voir respecter les règles de la grammaire ; ils peuvent même réussir à se faire comprendre par des personnes extérieures à la petite famille.

Le plus intéressant maintenant est de remarquer que ceci peut paraitre n’avoir rien d’extraordinaire si on le compare à la maitrise linguistique qu’ils auront à l’âge de 4 ans. Cette étape qui va de 2 à 4 ans correspond précisément, chez Piaget, à la 1ère phase du 2° stade du développement cognitif de l’enfant, celle qu’il qualifie de « phase de développement préconceptuel » (ou « symbolique »). C’est durant ces deux années que les pas les plus gigantesques sont faits dans l’apprentissage de la parole. On assiste alors à une véritable explosion langagière.  On passe assez vite aux phrases contenant un sujet, un verbe et un complément, et à partir de 3 ans on commence à construire des phrases pouvant contenir jusqu’à six mots. En l’espace de 2 ans et en moyenne, le répertoire lexical peut se multiplier par 10 en passant d’environ 200 mots à près de 2000, après avoir pu dépasser le nombre de 1000 dès la fin de la 3° année ; les principales règles de la grammaire sont respectées.

En résumé, l’enfant de 4 ans peut tellement suivre une conversation et en être acteur que les spécialistes reconnaissent que celui de 5 ans parle presque aussi correctement qu’un adulte. C’est ceci qui fait que de 5 à 6 ans, on peut observer beaucoup plus des améliorations et des perfectionnements que des acquisitions de base.

Une 2ème question : Que penserait Piaget si, en supposant qu’il est encore vivant, on lui apprenait que des experts viennent de découvrir que l’enfant algérien de 6 ans n’est pas encore en âge de commencer à apprendre une langue, en l’occurrence l’arabe classique, dont sa propre langue maternelle n’est qu’une des multiples expressions en termes de langues parlées ?

  1. Vers la découverte d’un déficit intellectuel chez l’enfant algérien ?

L’enfant universel est celui dont parlait le savant suisse avant 1980 et qui demeure celui dont continuent à parler tous les spécialistes à travers le monde en 2015. Cet enfant augmente de façon vertigineuse sa compétence lexicale en grandissant de 1 à 4 ans. En passant d’avant 2 ans à 4 ans il évolue des mots-phrases et du langage télégraphique à une maitrise des principales règles grammaticales de la langue maternelle. Ses exploits langagiers durant la phase piagétienne de 2 à 4 ans sont si extraordinaires que les spécialistes ont utilisé l’expression de « génie linguistique » pour le caractériser, et ce ne sont certainement pas les psycholinguistes qui pourraient s’y opposer. Etant donné tout ceci, il s’en suit que dans les pays où l’enseignement élémentaire est précédé par le système des écoles maternelles, qu’importe que l’inscription dans celles-ci soit obligataire ou non, l’enfant est poussé dès avant 6 ans vers l’utilisation de la langue classique qui est celle de l’écrit. Ainsi c’est avant même d’entrer en cours préparatoire (CP), et souvent dès 3 ou 4 ans, que chaque année des millions d’enfants dans le monde font leurs 1ers pas vers une langue plus structurée, plus précise, celle qu’on qualifie parfois (surtout pour le cas de la langue arabe) de « langue littéraire ».

Alors que la science nous apprend que l’enfant universel acquiert ce que la langue a de plus fondamental en 2 ans approximativement, est-il vraisemblable que des experts nous apprennent que l’enfant algérien nécessite 4 années (c’est-à-dire le double) pour tout simplement être prêt à passer de la pure et simple expression orale aux règles les plus élémentaires de la langue écrite ? Si on répond par l’affirmatif, alors il faudra qu’on accepte de reconnaitre ce qui suit : Alors que dès 3 ans l’enfant universel prouve qu’il est un prodige linguistique, l’enfant algérien doit atteindre 8 ans pour s’engager dans les 1ers rudiments d’une langue qui, avant tout, n’est qu’une expression plus précise et plus structurée de cette langue maternelle qu’il est censé (selon la science universelle) plus ou moins maitriser depuis l’âge de 4 ans.

Une 3ème et dernière question : L’enfant algérien serait-il à ce point plus lent que la norme universelle ? Ses aptitudes intellectuelles seraient-elles moindres ? En termes plus clairs, est-il possible qu’on défende la thèse selon laquelle il ne serait prêt à une initiation à la langue de l’écrit qu’à partir de 8 ans (ou plus tard en cas de retard scolaire) sans être amené à sous-entendre qu’il souffrirait d’une certaine déficience mentale ? Je ne dis pas que les partisans de la réforme épousent la thèse selon laquelle les petits algériens nos enfants seraient des attardés mentaux ; je dis simplement qu’il serait très difficile de trouver des raisons à la 1ère (la réforme) qui réussissent à ne pas déboucher sur la seconde (la thèse du retard). Le plus caractéristique dans cette 3ème question est que le risque est très fort qu’on aboutisse à un débat en termes de génétique.

Je crois que c’est dans de pareils termes qu’on devrait discuter de la nécessité ou non de modifier la langue adressée à l’élève des deux 1ères classes du primaire. Dans ce cadre il serait louable que les défenseurs de la réforme présentent des arguments qui se fondent sur une analyse des capacités de l’enfant et qu’ils cessent de regarder la langue arabe, dans ce problème exclusivement scolaire, autrement que comme une langue scolaire. Il serait tout aussi louable qu’on cesse d’en débattre en se répartissant entre partisans de Madame la Ministre de l’éducation et ses opposants.

Enfin, dans cette contribution j’ai fait abstraction des enfants nés dans des familles berbérophones et j’ai agi de la sorte car cette situation est totalement spécifique. Pour ces enfants, contrairement à tous les autres, l’arabe est une 2ème langue et leur problème est tout autre qu’une simple évolution entre les règles de l’oral et celles de l’écrit.

Tlemsani Fatima.

Psychopédagogue. Enseignante à l’Université Djilali Lyabès.

1- En tant que citoyenne et psychopédagogue, j’ai été troublée par cette réforme dès le 1er jour. Mais craignant les débats où on se positionne plus par rapport à une personne que par rapport à une thèse, je me suis imposée le silence. Après le soutien émanant des syndicats, j’ai fini par me dire qu’une responsabilité incombe à tous ceux qui sont liés à l’école.


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13 Commentaires sur cet article

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  • tristpays
    27 août 2015 at 22 h 43 min - Reply

    Merci Madame pour cette analyse. Merci de demander qu’on nous indique qui sont ces pseudo experts qui auraient découvert que l’enfant de 6 ans n’est pas encore prêt à passer à l’apprentissage de la langue de l’écrit !
    Merci d’etre revenue au grand Piaget pour montrer combien ces réformateurs improvisés (de l’école) soient expriment leur mépris pour le petit peuple soit expriment par eux-mêmes leur incompétence!

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  • Abdelkader Dehbi
    28 août 2015 at 12 h 48 min - Reply

    Ce qui fait plaisir à constater – au-delà du fond de cette décision, dans son contenu comme dans son bien-fondé – c’est cette unanimité citoyenne qui s’est dégagée pour condamner la démarche autoritaire de la Benghabrit et de ses pseudo « experts », qui ont cherché à imposer leur choix – j’allais dire leur crime – sur une question pédagogique vitale, engageant une Ecole algérienne, déjà sinistrée. Au mépris de l’opinion du Corps enseignant, des Parents d’élèves et de l’opinion publique en général.
    Une telle démarche – frisant la clandestinité – porte en elle-même les stigmates d’une suspicion légitime et des multiples interrogations, non moins légitimes, qu’elle suscite….

    Fitzhugh Dodson

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  • hlima20
    29 août 2015 at 0 h 01 min - Reply

    dommage que vous ne structurez pas assez. Des articles ont précédé le vôtre en terme de cognitivisme et de psychologie du développement, il eut été honnête de les citer et de vous y référer. Mais dans le fond, tout le monde s’accorde à dire que la ministre elle-même ne croit pas à cette blague de la langue maternelle à l’école, elle est emportée par le vent, boulitik creuse tâ le profit, mais un jour où l’autre ceux qui luttent contre le développement de ce pays, rendront compte. tôt ou tard, même après leur disparition, l’histoire ne les lâchera pas. c’est la sérénité du peuple qui souffre..

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  • SASSI Farid
    31 août 2015 at 1 h 27 min - Reply

    Bonjour Mme ou Melle Tlemsani,

    Je dois vous dire, chère soeur, qu’autant votre contribution du 26/08 parue sur le site algeriepatriotique m’a énormément plu, car étant personnellement en phase avec votre position et entièrement d’accord avec votre analyse, qui, de mon point de vue, a su, d’une part cerner la problématique de notre réalité linguistique avec beaucoup de discernement et de lucidité, et d’autre part, apporter des réponses pertinentes, justes et très bien ciblées au Pr. Bentolila, autant cet article me laisse un peu perplexe quant à son bien-fondé.
    Je m’explique: est-ce qu’il est question dans la recommandation (et non la décision) faite par la conférence sur la réforme scolaire, de remplacer l’arabe classique par la darija durant les deux premières années du primaire, ou bien, comme je l’ai compris (mais je peux me tromper), il s’agit d’accompagner, « d’acclimater » les élèves, arabophones et berbérophones, d’une manière progressive, à l’univers scolaire qui leur est nouveau, et ce tout en leur inculquant les premiers savoirs qui leurs sont programmés en arabe classique ? Ce qui est très différent.
    De mon point de vue, ceux qui ont rapporté et commenté la dite recommandation, et ici je parle de certains média (notamment le journal echourouk), soit en ont fait une lecture erronée, soit sont de mauvaise foi car dénaturant substantiellement le propos de la recommandation, ils se sont surtout attelés à attaquer la personne de la ministre au lieu de se concentrer sur le fond et d’argumenter objectivement leur opposition.
    Quoi qu’il en soit, permettez-moi, Mme ou Melle, de vous exprimer toute mon estime pour la qualité de vos contributions, ainsi que tout mon respect et ma sincère admiration pour le courage avec lequel vous avez publié votre témoignage dans le Quotidien d’Oran en Septembre 2014 (que je n’ai lu qu’aujourd’hui seulement). Ceci vous honore.
    Respectueuses salutations.

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  • tristpays
    31 août 2015 at 15 h 33 min - Reply

    SASSI Farid,
    J’ai été aussi admiratif que vous face à la réponse cinglante qu’elle a opposée à Aalin Bentolila dont l’article me parait avoir été commandé par certaines forces qui ne comptent parmi les plus patriotiques dans notre pays.
    Bonne journée

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    • SASSI Farid
      31 août 2015 at 20 h 25 min - Reply

      Tristpays,

      J’ai moi aussi eu cette impression que M.Bentolila était en service commandé. Bien à vous.

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  • samir
    2 septembre 2015 at 14 h 02 min - Reply

    Si le peuple et l’ètat adhère au système scolaire actuel qui ne produit que des chomeurs sans rèelle aptitudes professionnelles
    .alors pourquoi tout le monde veux fuir notre système et cherchent á envoyer nos enfants aux univrsitês europèenne. Arretez d’être ègoistes et de mentir au peuple. Merci

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    • OmarA
      4 septembre 2015 at 0 h 13 min - Reply

      Enfin un commentaire sensé et loin de l’hypocrisie !!! L’image qui illustre l’article en dit long sur l’état de l’école algérienne. une image qui vaut….milfay !!!

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      • yacine
        4 septembre 2015 at 11 h 49 min - Reply

        @Samir et @OmarA
        Salam et bon vendredi.
        Si vous dites que l’école algérienne se porte très mal, je suis entièrement d’accord avec vous et l’article à mon avis ne dit absolument pas le contraire. Beaucoup d’algériens pensent la meme chose.

        Ce qui est grave c’est de dire ou de croire que c’est la darija qui va sauver notre école et nos enfants.

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  • Anissa
    8 septembre 2015 at 19 h 18 min - Reply

    Avec l’aimable autorisation de notre honorable frère Salah Eddine SIDHOUM, je souhaite la reproduction d’un article de très haute tenue écrit par Monsieur Rachid CHEKRI sur Algérie360, aujourd’hui . Un article sublime à faire partager aux lecteurs d’Algérie info. Merci.

    « L’ALGÉRIE OU L’AUTOPSIE D’UNE FAILLITE BOUTEFLIKIENNE »

    En revoyant curieusement le parcours des récents événements qu’a vécus l’Algérie en général, j’ai éprouvé un sentiment scindé entre l’espoir d’assister à une révolution multidimensionnelle, où la démocratie sera mûrement fructueuse, et la déception de voir une dictature s’imposer avec le retour confirmé de ceux qui ont juré de réduire ce pauvre peuple à un simple cheptel humain dont l’asservissement n’en sera qu’éternel.
    Le changement souhaité demeure un rêve impossible devant la montée funeste des idéologies rétrogrades. La fuite juvénile vers les cieux d’outre-mer en quête de considération accroît la conviction de chaque citoyen que la guérison du pays ne réside nullement dans le traitement de Bouteflika à travers sa politique de division qui continue d’avantager les naufrageurs de la République au détriment des milliers de victimes dont le seul crime est de vouloir hisser l’Algérie au firmament de l’épanouissement.Les subtilisations ostensibles de l’argent du peuple qui s’effectuent journellement au su de ceux qui sont censés préserver les richesses nationales prouvent qu’une impunité absolue pousse dangereusement l’anarchie à s’installer solidement dans ce pauvre pays, le temps où des scandales financiers éclatent en pleine lumière du jour découvrant la connivence et la complicité de hauts responsables, à savoir des ministres, des militaires et autres commis de l’Etat, chose qui sème la méfiance au sein de la société, Toues les élections auxquelles le peuple n’ pas pris part ont démontré d’ailleurs une démission quasi totale de l’Algérien quant aux décisions dérivant de ces gouvernants parachutés aux postes si sensibles de responsabilités par le moyen du trucage électoral et de la corruption.
    Ces récentes élections ont fait montre d’un ras-le-bol populaire qui a divulgué ouvertement l’absence entière de confiance vis-à-vis de l’Etat, une moralité que ces adeptes du pouvoir par la force et l’imposture ne veulent point assimiler tant la soif et la boulimie du règnent leur sont une doctrine inéluctable.

    Notre pays franchit une phase des plus scabreuses, conséquence d’une gérance sans repère, infligée par ceux que le peuple ne cesse de vomir depuis l’Indépendance. Les oiseuses réformes qu’ont endossées les institutions sur tous les plans se sont avérées poudre aux yeux comme pour berner ce crédule peuple qui continue d’essuyer un pouvoir unique en matière d’absolutisme. Les précédents mandats de tous ceux qui ont manié l’infaillible machine de la fraude pour s’étendre perpétuellement sur le strapontin de la royauté indiquent clairement que l’appétit de régner sans partage prime sur tous les intérêts nationaux.

    Ceux qui ont coudoyé les misères qu’a endurées le pauvre Algérien savent indubitablement qu’une révolte spontanée va engloutir ce riche pays avec tous ces paradoxes qui divisent cette terre en deux lieux plutôt communautés différemment conçues, l’une à l’antipode de l’autre : il y a cette arrogante oligarchie qui assujettit tout un peuple, dont les milliards du pétrole leur sont un butin impartageable, avec l’assurance d’être entièrement à l’abri de tout éventuel besoin, en s’obstinant dans leur talent d’étouffer toute voix d’opposition, chasser tous les journalistes soucieux du devenir tragique de leur pays, puis il y a cette classe qui vit sous le seuil de l’indigence et qui demeure passive par le coup de la coercition devant le destin que lui a réservé une Indépendance déviée.

    La fonction dite publique, où les milliers d’employés subissent l’humiliation et l’avanie par la dérisoire rémunération que lui édicte la sphère dominante dans l’Algérie pétrolifère au début du troisième millénaire, où la majeure partie des travailleurs affichent une situation de mendicité sans précédent.

    Une politique spectacle émaille le monde du travail, où des enseignants pendus par le manque et la privation affrontent péniblement leur morose quotidien en se voyant accepter l’ordre d’arracher des résultats qui honoreront l’éducation nationale avec une certaine insolence indicible, une manière d’exiger une impossible mission à ces instituteurs, plutôt à ces mendiants, qui n’arrivent même pas à se permettre un livre chaque mois vu la situation catastrophique de l’injuste politique des salaires, chose qui influe désastreusement sur le minable budget mensuel de chaque éducateur.

    Tandis que nos messieurs les députés, les ministres et autres cadres, affiliés à la dynastie privilégiée de l’autocratie fournissent un excédent effort en démagogie et mensonge, se plaisent dans l’art de se pavaner dans les livings régaliens avec l’appui du grand chef. En leur distribuant dédaigneusement la rente du pays par millions sans respecter même l’ordre de mérite, pour la simple malsaine visée qui est de taire la vérité sur l’état social incontestablement avili du citoyen, c’est-à-dire une façon machiavélique de troquer leur silence contre un enrichissement juridiquement illégal. La vraie réforme ne consiste

    pas à changer des programmes, la réelle panne de l’école algérienne ne réside en aucun cas dans la nature de la connaissance présentée à l’enfant, la problématique séjourne dans la non mise-à-l’aise du réacteur de l’éducation qu’est ce même enseignant, ce phare de toutes les nations, le temps où nos proches voisins tunisiens et marocain s accusent des avancées spectaculaires dans ce même secteur et ce, grâce à l’état d’opulence pécuniaire dont jouit chaque maître dans ces pays frères. Offenser cette vérité, signifie faire germer un malaise pour gangrener beaucoup plus les cervelles enfantines des générations innocentes.

    La fuite en avant choisie par le pouvoir pour faire omettre le fond de la crise au peuple renfonce plus encore le mal aux confins de l’amputation de l’identité algérienne en délaissant, voire en s’attaquant ainsi à l’école de la République, cette garante de la substance spirituelle de la patrie. Des phénomènes graves de reniement historique se manifestent chez nos étudiants, résultat de la fausse conception didactique des programmes combinés pour la seule intentionnelle fin qu’est l’abrutissement de nos chérubins.

    La décadence du niveau intellectuel qui accompagne cette haine patriotique condamne cette grande masse sortante de nos universités à la déviation.

    Des exemples flagrants d’indifférences administratives surprennent à travers les injonctions de la direction adressées à toutes les écoles pour favoriser la bêtise, doper la médiocrité, en imposant aux enseignants des systèmes d’évaluation insolites, pour interdire ainsi le redoublement des faibles élèves assurant ainsi une façade plus éblouissante de l’école nationale afin de plaire aux gens du sérail, d’une part, et faire l’apologie de la personne du président, d’autre part.

    Un syndrome singulier de faillite sème le doute au sein des connaisseurs, en l’occurrence les pédagogues, les enseignants avertis et autres, en remarquant la préoccupante facilité qui revêt les épreuves des différents examens, de la sixième au fameux baccalauréat, recette qui fait hausser le taux de réussite pour s’enorgueillir et se justifier vis-à-vis de l’opinion nationale pour avoir atteint le fallacieux objectif de la fameuse réforme éducative impulsée par le clan présidentiel.

    En se ruant impétueusement sur le système du fondamental qui est, certes, la tumeur de l’intelligence algérienne, nos planificateurs adoptent un changement qui porte toujours les stigmates d’une pérennité, en éreintant l’enfant avec une masse de livres esthétiquement impeccables.

    Nos enfants affrontent un surmenage précoce qui agit dangereusement sur leur productivité scolaire, ce qui accule d’ailleurs les enseignants à l’épuisement et à l’asthénie. Une erreur de diagnostic montre visiblement les fausses études hâtivement élaborées à l’insu du principal acteur dans cette délicate opération de refonte du système éducatif du pays, l’exclusion voulue de l’instituteur lors de ce chantier si efficient, aura sûrement des incidences sinistres sur l’avenir déjà hypothéqué du monde de l’éducation par l’entêtement et le pédantisme des représentants de la tutelle en question.

    L’actualité nationale est sujette à des questions qui démontrent plus encore la fragilité du régime algérien, la distance qui sépare le peuple de ses gouvernants dévoile bien cette criante méconnaissance de ces derniers des réalités sociales du pays. Notre pays n’a guère connu de conjoncture pareille depuis l’Indépendance, la surdité que feint le président par rapport aux plaintes émanant du peuple qui crie famine n’augure rien d’optimiste. Le remaniement gouvernemental non effectué laisse des doutes s’infiltrer au sein de toute la société qui assiste muette au naufrage du bateau Algérie.

    Rachid Chekri

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  • yagar
    9 septembre 2015 at 22 h 03 min - Reply

    Très belle analyse Lqui débouche sur:  »
    ‘ L’’enfant algérien serait-il à ce point plus lent que la norme universelle ? Ses aptitudes intellectuelles seraient-elles moindres ? En termes plus clairs, est-il possible qu’on défende la thèse selon laquelle il ne serait prêt à une initiation à la langue de l’écrit qu’à partir de 8 ans (ou plus tard en cas de retard scolaire) sans être amené à sous-entendre qu’il souffrirait d’une certaine déficience mentale ? Je ne dis pas que les partisans de la réforme épousent la thèse selon laquelle les petits algériens nos enfants seraient des attardés mentaux ; je dis simplement qu’il serait très difficile de trouver des raisons à la 1ère (la réforme) qui réussissent à ne pas déboucher sur la seconde (la thèse du retard). Le plus caractéristique dans cette 3ème question est que le risque est très fort qu’on aboutisse à un débat en termes de génétique. »

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  • Asma
    14 septembre 2015 at 11 h 55 min - Reply

    @ Yagar
    bonjour
    Il faudrait que la ministre nous dise ce qu’elle sait sur Piaget. ensuite elle pourra répondre aux questions que pose Mme Tlemçani:  » L’’enfant algérien serait-il à ce point plus lent que la norme universelle ? Ses aptitudes intellectuelles seraient-elles moindres ? En termes plus clairs, est-il possible qu’on défende la thèse selon laquelle il ne serait prêt à une initiation à la langue de l’écrit qu’à partir de 8 ans (ou plus tard en cas de retard scolaire) sans être amené à sous-entendre qu’il souffrirait d’une certaine déficience mentale ? ».

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  • k Seddiki
    28 octobre 2015 at 16 h 59 min - Reply

    Bonsoir,
    décidément le bâathisme a encore des soutiens -mêmes psychopédagogues-psychologues et tutti quant i en Algérie alors qu’il a failli engloutir le pays et même Benmomhammed refuse la réalité,à l’écouter joindre sa voix à El Djaziraa pour tenter de torpiller une petite tentative de remise en cause initiée par Mme Benghebrit -qui, ne l’oublions pas, a fait partie de la commission Benzaghou,appelée par l’actuel président pour faire l’inventaire d’une école suicidaire.
    Mais chacun de nous sait qui est véritablement visé par cette initiative.Une seule réponse: donner la parole au peuple,le laisser libre de dire ce qu’il veut pour ses enfants!!
    KS

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