Édition du
9 December 2016

Tant pis pour la modestie et la poésie.

cerveaux en prisonAbdelhamid Charif

 La première version de cette contribution remonte à 2009, année du démantèlement de l’Ecole Nationale Polytechnique. Au lieu de servir de repère et locomotive tirant vers le haut, ce fleuron de l’Université Algérienne a été disloqué par un nivellement et rasage par le bas. Il n’est pas exclu que derrière ce gâchis se cacherait un « Complexe de Polytechnique ». Tout comme d’autres desseins inaccomplis pourraient motiver des manipulations sur l’Ecole Algérienne.

Pour avoir souvent vécu en toute humilité,

On n’a pas cessé de m’asséner des coups bas,

Tirs croisés, torpilles et toutes sortes d’hostilités.

J’ai subi, encaissé et suffisamment bavé,

Tout cela mes amis à cause de ma passivité.

A quoi bon donc continuer avec tant de candeur,

Désormais finie, adieu à jamais la naïveté.

Je redresse ma tête, reprends toute ma hauteur,

Récupère mon pouvoir, exerce mon autorité.

Je remets mon uniforme et mes galons de major,

Je ne vais plus désormais taire ma supériorité.

Tant pis si je vais sans doute surprendre et choquer,

Tant pis pour la modestie et la crédibilité.

Il y a des personnes qui comprennent et qui approuvent,

Même s’il ne s’agit que d’une micro – minorité.

Mon nouveau crédo c’est l’arrogance et contre attaque,

A la limite du fairplay, tacles et agressivité.

Tireur d’élite, je vise, je tire et je fais mouche,

Mon seul et unique ennemi s’appelle la médiocrité.

De gauche, ou de centre, ou de droite, je m’en balance,

Islamiste, libéral, communiste, ou de laïcité.

Qui êtes vous donc pour oser toucher à mon Ecole,

Je suis poids lourd, y a pas photo, ni rivalité.

Vous perdez la raison et perdez la comparaison,

Réveillez vous, reprenez vos esprits et lucidité.

Et si vous n’avez vraiment rien d’utile à faire,

Alors un conseil, retour aux bancs de l’université.

Vous avez intérêt à saisir que la donne a changé,

Sauvez les meubles et ce qui vous reste de dignité.

Sinon, mon prochain poème sera codé en Fortran,

Processeurs parallèles, compilateur made in MIT.

Rien de personnel, vous êtes vous-même une victime,

D’un pur accident de l’histoire et d’une absurdité,

Où, sans scrupules, on confond monture et cavalier,

Et les abrutis osent définir l’intellectualité.

Les complexes humains ne sont ni innés ni acquis,

Et n’ont aucun lien avec les gènes et l’hérédité,

Mais sont provoqués par complaisance et parachutage,

Qui causent et nourrissent les complexes d’infériorité.

Un dernier de la classe catapulté, bonjour les dégâts,

Aux camarades de payer les frais de l’insanité.

On va certainement m’accuser d’opportunisme,

Autant saisir au vol et exploiter l’opportunité.

Offrir de la hauteur, aux bons entendeurs salut,

Aux mauvais élèves Salam, je garde ma tranquillité.

Major, carrière de professeur, et pourquoi pas un jour,

Donneur de leçons, moraliste, en toute légitimité.

J’ai choisi une voie difficile, ingérence en poésie,

Promets de ne plus toucher et vexer les es–qualité.

Sans compter les syllabes, ma plume se révolte anarchiste,

Ni quatrain ni huitain, souillant la rime et ses unités.

Mes torts restent toutefois en deçà des dérives et abus,

Au nom de la culture, au grand dam de la moralité.

Et des pensées débridées navigant à vue sans repères,

Vers la déroute, le naufrage, en panne de rationalité.

Mon souci est de briser avec tendresse des tabous,

Ménageant avec indulgence les susceptibilités.

Avec délicatesse, crever des abcès par caresse,

Dans l’intimité totale, respect des sensibilités.

D’où qu’elle sorte et rayonne, la sagesse est universelle,

A adopter et non taxer d’irrecevabilité.

Il en est de même des théorèmes, proses et poèmes,

Quelque en soit l’auteur, sa couleur ou sa nationalité.

Liberté, Egalité, Fraternité, même en désordre,

Est ma devise sans rancune, ni colonisabilité.

Il n’y a pas et il n’y aura jamais de droits d’auteur,

Sur les vertus, principes, et valeurs de l’humanité.

Si j’accepte cela de ceux qui ont tué mon père,

Et ont fait subir au pays les pires atrocités,

Comment Bon Dieu le refuser venant de la part,

D’un Abbassi Saâdi, Da l’Ho ou de Louisa Touati.

Réveillons nous, prenons notre courage à deux mains,

Jurons et divorçons la culture de l’animosité.

Les sujets délicats, l’incompétence ne doit pas toucher,

Sinon c’est de l’huile sur le feu, plus de complexité.

Si on ne l’a pas, on peut passer la vie tournant en rond,

Les nombres n’y peuvent rien, ni la solidarité.

Ne confondez pas expérience et cumul d’échecs,

Verdict d’écolier : Preuve par neuf de l’incapacité.

L’intelligence de la nation doit servir ses intérêts,

Et non la rente débauchant les responsabilités.

Promouvoir et brider des dirigeants par des faiblesses,

C’est trahir le pays, le priver de créativité.

Poète, artiste, ou rêveur d’un jour, je demeure cartésien,

Pessimiste et optimiste en toute objectivité.

Pas de quoi hélas se réjouir, les voyants sont au rouge,

De travers sont les indices, plein dans la négativité.

Volonté ravie par putsch curatif, bourrage préventif,

Du pareil au même, je n’y vois aucune disparité.

Mais qui espérait un jour voir les Georges Bush père et fils,

Assister impuissants à la fin de leur dynastie.

Victoire posthume de Luther King à travers Obama,

Compétence pure, proche de l’Islam et l’Africanité.

Essentielle est la pédagogie d’un donneur de leçons,

Bien davantage est l’éloquence de son exemplarité.

Seigneur votre pardon, aveugle, j’ai suivi la voie de Satan,

Symbole de l’orgueil, maudit à cause de sa vanité.

Las et repenti, je passe mes amis enfin aux aveux,

Criarde est ma faiblesse, aigue est ma fragilité.

Bourdes, défaillances, ratages d’examens et de virages,

Je peux disputer et gagner une ligue d’imbécillité.

Débutant, ténor, civil, militaire, sergent ou major,

Chacun sa mesure, édifions la vraie Algérianité.

Islam, Arabe, Amazigh, mais une seule religion,

Nos ancêtres n’ont légué aucune sorte de trinité.

En optant pour le Coran et son verbe, ils ont fait le choix,

D’une langue universelle, élue par La Divinité.

Des sacrifices, en toute conscience, ils ont en consentis,

En échange de richesses fondant le reste en futilité.

L’Amazigh est à réhabiliter avec mesure,

Sans surenchères, ni reniements de stupidité.

Modération, fidélité aux choix de nos ancêtres,

Nous permettront de prospérer en toute sérénité,

Intégrant en harmonie modernité et traditions,

Purgés des inconciliables avec la foi et probité

Nous unirons alors nos forces contre la seule nuisance,

Qui grimpe et grille les paliers, gagnant en intensité,

Illégitime, irresponsable, corruptible, non justiciable,

Perverse, sans scrupules, elle sévit en toute impunité.

Impersonnelle, mes amis, est cette paralysie,

Curable par l’alternance authentique et mobilité.

Vous aurez sans doute fini par saisir mon diagnostic,

Loin de braver, la forteresse nourrit la médiocrité.

 


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3 Commentaires sur cet article

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  • TR
    5 septembre 2015 at 13 h 05 min - Reply

    PLUS DE PEUR QUE DE MAL

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  • batni
    5 septembre 2015 at 23 h 54 min - Reply

    Un poème exaltant . C’est une avancé par rapport a la langue Amazigh. Connaissez-vous un arbre vigoureux sans racines?.

    Mes respects,

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  • Abdelhamid Charif
    6 septembre 2015 at 10 h 34 min - Reply

    @Batni :
    Content de votre appréciation d’avancée à mon égard. J’ai toujours dit qu’il faut persister à piocher afin de déterrer et réhabiliter les nombreux atomes crochus qui unissent les algériens, et ramener ainsi à leur dimension réduite réelle, les particules dissociantes. Et sincèrement, je pense que vous votre contribution dans ce rapprochement n’est pas moins siginificative. Et afin de consolider la vigueur de notre arbre millénaire, je me contente d’approuver l’importance des racines que vous avez à juste titre soulevée. Nous aurons d’autres occasions pour évoquer les qualités et les priorités de ces racines.

    @TR :
    Désolé, je n’arrive pas à décoder votre bref message, d’autant plus qu’il est associé à un nouveau pseudonyme encore plus bref. Ne seriez-vous pas en train de me surestimer ?

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