Édition du
4 December 2016

L’université algérienne ce malade qui s’ignore … et qu’on ignore

IntellectuelsL’université algérienne vit aujourd’hui des moments difficiles et décisifs qui sont en fait la conséquence directe d’une surpopulation estudiantine croissante (galopante) et incontrôlable mais aussi d’une monopolisation de sa gestion par une poignée d’individus qui pensent être délégués pour faire la pluie et le beau temps en son sein, non pas pour sa bonne gestion sur la base de critères (normes) universels de modernité et de progrés faisant le succès des autres universités dans le reste du monde. Les résultats néfastes d’une pareille gestion centralisée et stérile a complètement marginalisé l’enseignant dans sa propre université le léguant au dernier plan (rang), sa voix n’est pas écoutée, sa présence est ignorée, sa dignité n’est pas respectée et même sa vie est quelques fois menacée (de nombreux enseignants ayant fait l’objet de menaces et d’agressions physiques à l’intérieur même de l’enceinte de leur université). Cette gestion néfaste des affaires de la communauté a généré des dérives personnelles et des excès gravissimes (abus de confiance et de pouvoir, conflits d’intéret dans les offres d’appel, contraintes sur des enseignants lors des délibérations, excès de zèle administratif, détournement de quotas de logements, décisions arbitraires et sans nécessité de justification, isolement et « bounkérisation » des gestionnaires dans leur citadelle, leur totale déconnexion de la réalité du terrain qu’ils essayent toujours d’embellir, accaparement de matériels, de locaux et d’équipements de laboratoires, …).

Ajoutons à cela, la bureaucratisation résultant de la multiplication des strates administratives et la diversification des comités, des commissions et des conseils de toute sorte ont réussi a avorté toute ambition et tout esprit d’initiative chez un grand nombre d’universitaires, convertis en salariés carriéristes courant derrière des promotions, des grades et des petits privilèges qui en découlent (H’chicha talba M’aicha !!!). La sous-traitance des travaux d’autrui qu’à généré le recours excessif aux co-tutelles (qui a l’image de l’opération de jumelage des villes qui n’a eu comme seul résultat que les séjours touristiques offerts aux familles des signataires, au frais de la princesse trésor publique) a fait des universitaires locaux des « Khemass » travaillant pour faire aboutir les projets de l’étranger (n’ayant pour la plupart aucun impact sur l’économie du pays) et en plus au frais du trésor publique, en contre partie de quelques séjours touristiques en période de soldes, de fin d’année ou de réveillon !!!

Si le diplôme tue le savoir… le carriérisme l’enterre !!!

k. Louzazna (universitaire).

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8 Commentaires sur cet article

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  • Dria
    7 septembre 2015 at 13 h 34 min - Reply

    Ajoutant à cela que nous avons formé une génération qui ne fait qu’écrire et décrire ce qu’e le peuple endure, la description et la classification du mal qui se propage dans toute la société et qui n’épargne aucun secteur, ni aucune institution.

    Ce système nous a éduquer à obéir, et nous a instruit en nous permettant de lire, d’écrire et entre autre de décrire notre situation et sans plus, il ne faut surtout pas que ça change, sinon ca ira mal pour tout le monde ou ca risque de dégénérer.

    Ainsi nous autres algériens sommes devenu les champions de la critique , des expertises, des diagnostics, des constats, des audites…

    Dire qu’il existe des remèdes à tous les maux , hélas on n’arrive pas à en trouver ni par nos universités ni par le reste de la société , possible que dans notre subconscient on s’attend à s’infliger un autre Barberousse…..

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    • rachid dahmani
      23 septembre 2015 at 14 h 24 min - Reply

      Bonjour Dria,

      Il y a une seule cause à tous nos maux, et tout le monde le sait et feint de ne pas le savoir. La solution à tous nos maux est le renversement de notre système qui nous gouverne depuis l’indépendance. la mise hors d’état de nuire de la mafia au pouvoir qui a mis main basse sur toutes les richesses du pays. Et la solution ne viendra ni de l’université, ni de l’élite, ni de décideurs ni de quiconque qui sois disant réfléchis. La solution ne pourra venir que du peuple et de personne d’autres. Seul le peuple pourra éjecter la vermine au pouvoir et espérer un réel changement. la question qui se posera alors, aura t’on une véritable démocratie à l’instar des autres pays du genre?

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  • Ali Derbala
    7 septembre 2015 at 20 h 36 min - Reply

    Dire que : L’université algérienne … ce malade qui s’ignore… et qu’on ignore !!! est faux. Le titre doit être: L’université algérienne … ce malade qu’on ignore !!!

    Depuis 2007, je n’ai cessé d’interpeller les décideurs et les responsables du MESRS par des écrits dans ou par 63 articles parus dans les quotidiens nationaux.
    ils n’ont pas daigné répondre positivement. Allah Ghalab!

    Lire à : http://www.djazairess.com/fr/author/Ali+Derbala.

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  • k.louzazna
    8 septembre 2015 at 8 h 35 min - Reply

    Bonjour.

    Je sais très bien que des collègues (malheuresement pas si nombreux que celà, à l’exemple de votre honorable personne, des Pr rouadjia, Pr Chelghoum … ) ont fait ce constat amère et ont sans cesse demandé à leur tutelle de cesser les réfomes de « forme » et s’orienter vers des réformes de « fonds » car c’est le destin de l’université publique qui est en jeu

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  • MALIK1000
    8 septembre 2015 at 14 h 13 min - Reply

    cher Ali Derbala, comme le mal ne triomphe jamais du bien, je pense qu’aujourd’hui tout est fait pour accélérer la chute libre de l’université, concept bien justifié, de Rouadjia. Lorsqu’on tombera totalement, on ne pourra ensuite que nous relever : c’est dialectique. La justice divine les dépasse tous et, ne t’inquiètes pas, tous ceux qui ont détruit ce que nous avons construit, sont en train de payer et ceux qui n’ont pas encore payé, paieront. Ils s’éclatent dans leurs beaux bureaux, ignorant l’existence de quelques enseignants qui travaillent, mais ils ont très mauvaise conscience, ils ont peur, se culpabilisent et ils nous envient notre sérénité. Rabbe koun mâana.

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  • Sam
    10 septembre 2015 at 22 h 50 min - Reply

    Félicitations à  »Dria » pour sa précision, sa concision et sa lucidité.
    Le remède c’est le travail et pour ce qui est de l’université c’est le travail créatif, innovant.
    Dans le domaine forestier par exemple il s’agirait d’aménager les peuplements, de les traiter, de les enrichir. Dans les territoires steppiques on pourrait reprendre le Barrage vert tel qu’il a été défini à l’origine…
    Les doctrines, les techniques, existent; elles ont été mises au point, décrites et appliquées en Algérie-même…alors?

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  • no name
    17 septembre 2015 at 20 h 03 min - Reply
  • klouzazna
    18 septembre 2015 at 8 h 37 min - Reply

    Avec tous ces constats, ceratains carriéristes administrateurs-enseignants (un enseignant ayant exercé l’administration pendant plus de vingt ans ne peut se prétendre ni enseignant ni chercheur) font seblant de s’étonner des classements internationaux refoulant nos universités aux derniers rangs… il est plus qu’urgent de limiter les mandats des aministrateurs locaux à 03 années,(pas plus) et imposer la mutation des recteurs une fois cette période achevée.

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