Édition du
9 December 2016

LA RURALISATION DE NOS VILLES

gare routière de la ville des rosesLes clefs de l’urbanisme sont dans les quatre fonctions : habiter, travailler, se recréer (dans les heures libres), circuler: citation

Une panoplie de lois, de  règles et de  théories réglementaires  se rapportant au domaine urbanistique de la cité existent réellement dans les bas fonds des tiroirs de nos institutions exécutives, mais aussi  au fond  du grenier de notre Etat que les responsables méconnaissent par leur déficience, d’incapacité et d’ignorance sinon tout cool ! D’incompétence. Devant cet état de fait d’altitudinaire et du  permissif. La tricherie et la resquille, l’incivisme et la défectuosité, le gain facile et enfin le laxisme, le gaspillage tous ce mode d’actes inappropriés et d’agissements impunis   se sont enracinés sinon endiguer dans nos petits  esprits en tant qu’algérien pour enfin  se transformer en une culture  fatale, funeste, et mauvaise..

De par tous les pays  du monde,  des déviations aux règles de l’urbanisme existent certainement. Seulement dans les pays ou l’Etat de droit prime révérencieusement et  les responsables intègres se fassent valoir par leur savoir avant la mise en œuvre de leur pouvoir dans la transparence ; ces infractions ne sont pas tolérés, elles  sont sanctionnées surement pour que l’ordre, la rigueur, la discipline, la révérence, l’organisation, le respect de la règle, le respect de la chose, la notion du temps et la culture embellissent le cadre de vie du citoyen dans la cité.

Dans nos villes algériennes  en générale et à Benisaf en particulier (illustration d’exemple type) pour mieux mettre en avant le désordre, le laxisme , l’ indiscipline, et  l’ impunité pour tout ce qui a attrait avec l’urbanisme en l’absence du suivi, de la régulation et du contrôle.

La police d’urbanisme est une structure réglementaire  apathique et amorphe( non prise au sérieux par les responsables inconscients de la matière), elle est faite  plus pour la figuration, sa fonction principale est de veiller par principe réglementaire , moral  et sa conformité  avec  l’art de la règle, elle se trouve dépasser et piétiner  par un environnement  administratif, social, économique  ou la loi et la règle de l’art  n’ont plus de sens, ni de valeur, ni de respect d’où l’impunité  est érigée en vice( nouvelle culture).
Les lois et règlements sont  éludées par  des  « épaulés » et ceux qui ont les « bras long » , les « beni aamistes »  ou « si  Flen et feltane », le  « Monsieur quelqu’un », « khanez be drahem », les affairistes, les   « quelqu’un » qui est sur de lui : « takal ala nafsah » .
Cette situation (attitude, comportements ; nouveau mode a amène forcement une usurpation à grande échelle de biens (terrains) communaux ou domaniaux.

Ce constat patent se produit  à l’échelle de tous  territoires des quartiers distincts de la ville de Benisaf toujours illustration  à titre d’exemple, l’ailleurs des autres villes  ne font certainement  point d’exception sinon encore pire. Certes, l’exode rural pendant  la décennie noire, est pour quelque chose de trop plein humain  dans l’ordre de  la cité, mais se n’est pas une raison pour chambarder les règles de la discipline du jeu urbanistique.

« Les rues doivent être différenciée selon leurs destinations: rues d’habitation, rues de promenade, rues de transit, voies maitresses ». citation

Des constructions illicites, anarchiques , déstructurées, inorganisées, non programmées et imprévues poussent comme des champignons occupant même de vastes espaces, d’autres s’accaparent dans leur voisinage au détriment de toutes règles de l’ art et du respect d’une parcelle encore  plus vaste que celle dont il possède au départ  pour étendre sans aucune autorisation  sa nouvelle propriété , le titre de propriété serait  ensuite revendiquer et prit en charge  par les « dits » les « épaulés »  sus- cités qui se chargeront  de  la régularisation suivant  la nouvelle  procédure  de la loi 15/08 tout en  faisant l’objet ou autres astuces informelles. La géographie de Benisaf.

a  été squattée pour un nouvel urbanisme informel ou une bidonvilisation naissante  qui  s’est précarisé par l’absence du suivi et du contrôle du foncier de la ville, le fichier foncier de la ville n’a jamais été constitué.

Il faut voir sinon il suffit de jeter un coup d’œil sur les constructions de  « made in  people»  chez nous qui sont hideuses, affreuses, désolantes et dégradables, elles reflètent l’image sincère des médiocres occupants, des institutions concernées qui érigent le laxisme en règle ( el bled machya hakada !)  .

C’est certain, chacun se permet d’être  libre à sa façon ;  d’évaluer l’état des lieux et d’établir le résultat qui lui semble le plus approprié, mais qui ne sont point conformes aux normes urbanistiques sinon aux règles de la cité.

Dans des bâtiments surtout sociaux, chaque locataire ou propriétaire met son empreinte hideuse et modificatrice  par interposition de  grillages pour singes, de parpaings en vrac, briques réfractaires, d’aluminium selon le  moindres cout de ‘l’œuvre, mais tant pis pour la norme, l’esthétique  et la règle de l’art,  « la beauté ne se mange pas en salade », je fais ce que bon me semble à moi et au détriment de cette société muette, immorale  et passive.

Ces modifications de façades ne nécessitent dans l’état actuel point d’autorisations réglementaires, l’autorité locale est  quasiment absente, celle (autorité) d’un degré plus haut dira cachez-moi cela que je ne saurais voir), celle d’encore plus haut  avancera    ce n’est pas de ma faute, c’est la faute à la base et ainsi va la vie, de la ville, de la cité qui se transformera petit à petit  à une « Dachra ».
D’autre part, une fenêtre de façade sur une avenue, rue,  boulevard ou même ruelle, par  un jour béni, cette fenêtre  redevient un garage  qui ensuite, enfante ’un commerce, c’est une aubaine mais  aussi un fond  générateur de rente au détriment de l’urbanisme et du cadre de vie. Hier on insultait la planification du système socialiste aujourd’hui on béni le désordre du système de la « bazardisation », car la loi est représentée par Monsieur si « Flen » qui autorise tout ce qui est mal sain.

C’est devenu un mythe de la culture urbaine  en Algérie (DACHRA)ou plus exactement la ruralisation de la cité semblable à un bocager.  Le concept de la culture urbaine  est une nouvelle théorie sociologique   qui est chargée de les étudier.

Par culture urbaine on entend tout un système

de normes et de valeurs, de comportements urbains, d’opinions, d’attitudes citadines que nos cités sont en train de les perdre une à une à une vitesse vertigineuse, la moralisation de nos villes se déprécie de jour en jour et la cité douar  ou  cite rurale implantée pour chasser la ville et sa culture.

L’histoire de l‘humanité fait suite à un passage des sociétés rurales aux sociétés urbaines sous l’impulsion des transformations, de sa pensée, de sa culture, au niveau de  sa densité,  de son homogénéité  du groupe et dans sa dimension ou l’urbanisation  se confond aujourd’hui  avec la modernisation progrès oblige!. Nos cités prennent la tangente inverse.

A Benisaf plus particulièrement avec un  constat effectif. Le passage se fait dans le contre sens (de la ville vers E’Dachra !) ; la ville a perdu tout repère, la pensée de la vie en groupe, en société et celle du voisin  est quasiment  absente du lexique cérébral « alge-rien » et le particulier devient sujet libre  pour  toute  modification non réglementaire lassant la place aux mouvements anarchiques, laissant en place une dégradation sociale (nouveaux mœurs), patrimoniale (dégradation du patrimoine public), environnementale (saleté et pollution)  et urbanistique (tag ala nane tag !) qui n’est ni digne, ni louable d’ une ville oh ! Pardon du  douar ou plus exactement d’un bocager. On fait encore pipi sur les murs ou  plus encore  dans des bouteilles en plastique, le sachet bleu peut contenir les besoins en excréments humains à défaut de toilettes publiques, les gens de la plage du puits vous diront  ce qu’ils ressentent comme désagrément de ces tares je parle d’odeurs nauséabondes.

Depuis l’année  fin 1970 ,on a eu de dizaines de ministres s’occupant  de l’ habitat  ,qui se sont alternés, ils avaient un seul et unique programme  ,celui de  combien de logements devrions nous construire sans jamais penser  à la qualité de vie  et surtout à la culture de la cité et ce dans le sens de l’ urbanisation . Des villes dortoirs à la merci des occupants, sans aucun contrôle de la part de la police de l’urbanisme et de la protection de l’environnement pour veiller  au contexte  du site, ni cadre sain de vie. Conséquence, naissance de la « bidonvilisation » concernant la périphérie de la grande ville telle qu’Oran, Alger et  Constantine.

Certes, l’état possède parmi les  meilleures lois (du copier- coller certainement) qui puissent exister de part le monde, mais les mauvais hommes (incompétents) qui ne sont pas à leur place, ne savent  même pas que ces lois existent, et comment devront elles  être mises en œuvre utilement ou en  application féconde dans toute leurs rigueurs et sévérités. Tout est fait à contre sens, c’est après la réalisation des projets d’habitations que l’on pense à l’étude de faisabilité dans le sens le plus large y compris environnemental et culturel.
Les plans  commodo et incommodo » servant après enquête  de faire la part des choses entre les avantages et les inconvénients de la culture du projet ; ne sont pas pris en considération. Ces plans  permettront  de constituer un plan d’occupation suivit d’un cahier des charge définissant bien les droits et obligations.

Nous remarquons selon le constat à titre d’exemple toujours à Benisaf, un kiosque informel, mitoyen à l’entrée et  sortie  d’une école primaire. Ce kiosque s’est transformé par son occupant en une construction de deux niveaux supplantant l’école. Et les mauvais exemples sont nombreux pour ne citer que la rue ou l’avenue qui fait cohabiter le médecin, le gargotier occupant le trottoir, le cabinet d’avocat, le tôlier, le vulcanisateur  et le marchand ambulant fixe !! Les gargotiers cuisinent sur les trottoirs publics. Devant l’école Ibn Rochd en plein centre ville des marchands   ambulants de légumes,  perturbant l’entrée-sortie des écoliers  !!! Ou tracteurs qui se baladent sur l’avenue principale de la ville, en l’absence d’un plan de circulation digne de la cité. La poste du centre ville de Benisaf est cernée par de vendeurs ambulants, des vendeurs informels de fruits et légumes, de vaisselles et quincaillerie, des taxis clandestins froissent le contexte géographique de la poste et de son distributeur de billets de banque…..

On a l’impression de vivre le jour d’après independance62, le squattage les logements, maisons et villas  des français ainsi que des terrains  sans aucune inquiétude, ni organisation   venant de la puissance publique sinon de l ‘état .A Benisaf  également le   squattage de certains  centres de santés, les locaux commerciaux du président, les ex. bureaux de la commune sans parler des terrains et même des évents du boulevard de la plage du puits.

Nos responsables de la  commune et de l’APC ne connaissent à ce jour  même pas le patrimoine immobilier communal, ni  même mobilier bien que la loi, les décrets, les arrêtés, et les circulaires existent dans le sens de faire une obligation de leurs inventaires,  de leurs gestions  et leurs entretiens. Au fait, ce patrimoine ne sont pas mises ou ne savent les mettre  en exécution. La multiplication des contraintes au niveau de la mauvaise gestion et gouvernance  de la ville en tant que telle   font que la ville plonge dans la déliquescence  et se rapproche plus d’une  Dachra-Douar  ou le carnaval d’inculture est permissif.

La sociologie urbaine  concernant la réalité d’aujourd’hui, la manière dont la société  en générale fonctionne, la gestion de la ville par les pouvoirs locaux, comment ils façonnent le destin des individus si on pourrait ainsi dire n’est pas prise en considération, pouvoir de l’argent mal acquis  oblige !!Les responsables locaux élus et administratifs sont pleinement responsables de cet état de fait décadent et humiliant à la fois.

BENALLAL MOHAMED


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6 Commentaires sur cet article

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  • sliman
    25 septembre 2015 at 17 h 27 min - Reply

    et les carcasses de bus de camions abondoner et cela a oran ville par exemple dans la peripherique de gombetta courbet sedikiya carteaux hlm usto je defi les autorite sil ya des poubelles pour jeter sont clinex ou les epluche de bananes rien rien clochardisation des villes dalgerie

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  • rochdi
    25 septembre 2015 at 20 h 57 min - Reply

    Ya Akhi,
    Pour parachever votre réflexion IBN KHALDOUN le Maître de la sociologie avec sa sentence : « Ida o3ribate khoribate. Je l’ai dit dans d’autres occasions, pour rebâtir la ville en Algérie, il faut un bombardement massif, tout raser, et amener des gens civilisés associés à nos architectes et les laisser reconstruire un cadre d’habitat digne de nom.

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  • rachid dahmani
    27 septembre 2015 at 14 h 47 min - Reply

    Bonjour Mr Benallal et saha aidkoum,

    Votre récit a bien détaillé le formatage du peuple par la marabounta qui nous gouverne depuis l’indépendance. Et puis, sous un certain angle on pourra voir que dans les actes machiavéliques nos mafieux sont des champions et pour cause… Pour pouvoir sucer tranquillement les richesses du pays il faut bien donner du fil à retordre au peuple. Déstructurer les choses pour occuper le peuple d’en bas et donner en même temps des sujets de blabla à tout le monde sans conséquences aucune sur l’ensemble du pays et sa politique destructrice. Voila en fait l’effet Marabounta depuis l’indépendance à ce jour. Tromper sans arrêt le peuple, à chaque seconde qui passe le peuple est berné encore…et on continue d’assister impassible à tous ces événements destructeur sans sourciller d’aucune façon. Car enfin, et en reprenant votre récit en bonhommes civilisés que nous sommes, on devrait sortir de nos gonds… un massacre de ce genre ne se voit nulle part ailleurs, des mascarades de la sorte c’est à faire hérisser les cheveux des plus paisibles citoyens, une telle gestion de nos patrimoines devrait nous pousser à la révolte…mais il n’en sera rien… hada makane..that’s all folks.

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  • titiche
    30 septembre 2015 at 11 h 52 min - Reply

    Toujours la même chose, les mêmes écrits, les mêmes critiques, les mêmes personnes qui commentent…..le résultat rien. Quand on a des gens qui débarquent de la compagne pour habiter la ville (dont beaucoup de responsables) c’est irrémédiablement le seul résultat logique auquel on peut aboutir. De plus l’exode (vers d’autres cieux) de beaucoup de « civilises » a laissée place aux sauvages (le qualificatif n’est pas assez fort). Seuls ceux qui n’ont pas pu partir souffrent….mais ça c’est une autre histoire.
    Ce n’est que du chaos que naîtra l’ordre.

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  • Mouloud
    1 octobre 2015 at 10 h 58 min - Reply

    Que dire de plus, vous avez fait le tour de la question , juste un point la ruralisation des villes algériennes a commencer en 1962 avec le retour des réfugiés algériens, elle a continuée avec la distribution de la farine US et, la suppression du statut de Khamés ( qui en arabe, en Amazigh signifie la personne qui perçoit le 5 ième de la récolte en contre partie de son travail, ce qui en soit n’a rien de déshonorant ni d’avilissant).Ensuite à la faveur de la nationalisation des terres bien vacant a fait apparaître d’autres pratique comme le Présidane du Domaine qui préfère prendre le tracteur pour aller se taper une rounda plutôt que labourer la terre. Ceci résume en partie les causes de ce mal.
    *
    Enfin, l’intelligence algérienne a supprimé les services techniques compétents – même peu nombreux- des municipalités ( pour les remplacer par des tocards), ce qui a supprimé les Plans d’occupation des sols avec la définition cadastrale des zones constructibles. Cette aberrations a atteint son summum avec la disparition même des éboueurs et, quand il y en avait, ils n’étaient pas payés les malheureux.
    La clochardisation des villes: saleté, construction anarchique et ubuesque , absence de sécurité, démographie galopante, manque d’éducation soit en final la perte des valeurs algériennes remplacés par la HAMADJIA dans tous les domaines.
    De plus, avec ces nouveaux riches ex trabendistes, ex porteurs de couffins, corrompus etc, il y a eu ouverture d’une course à l’absurdité: j’ai vu de mes propres yeux des balcons qui ressemblent plus à la bouteille d’ORANGINA qu’au balcon ou a la loggia, j’ai vu des baraque construites sur le modèle -externe- des pays froids !!!! Allez voir au Hamiz ou les terres agricoles ont été remplacées par ces cubes bétonnés qui sont une offense aux yeux et au bon sens !!!

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  • nouri019
    2 octobre 2015 at 13 h 23 min - Reply

    le peuple n’a aucun exemple surement pas la faute au peuple qui doit se battre du matin au soir pour gagner sa maigre pitance,nos gouvernants quel bonne image donnent ils? aucune se ne sont que de vulgaires voyous pire des hyènes sanguinaires qui ne sont attirés que par le pouvoir et l’argent et vous voulez qu’ils installent des poubelles dans les villes ou village d’Algérie il faut pas rêver!!!……dans un autre monde peut être?.

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