Édition du
9 December 2016

Rebrab subira-t-il le même sort qu’Al Khalifa?

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LE CLAN BOUTEFLIKA VEUT FAIRE LA PEAU DU “BERLUSCONI ALGÉRIEN”

Isaad Rebrab, l’homme le plus riche en Algérie, fait l’objet d’une enquête ordonnée par la Présidence de la République algérienne. En cause notamment, les fonds qui ont servi à renflouer l’usine Brandt en France

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Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

Isaad Rebrab, l’un des hommes d’affaires les plus prospères en Afrique et en Algérie, est clairement dans le collimateur de la Présidence de la République algérienne. Selon les sources de Mondafrique, le palais d’El-Mouradia a commandé au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, une enquête sur le groupe Cevital, notamment sur les fonds qui ont permis d’investir dans l’usine Brandt en France. Joint par Mondafrique, l’indutriel estime qu’il s’agit « de vieilles enquètes ». « J’ai toujours agi dans la transparence. Les autorités françaises ont été tenues informées de la nature des fonds investis et n’ont rien trouvé à redire ».

De l’art de se sucrer 
L’enquête demandée par la Présidence algérienne devrait également, soulignent les sources de Mondafrique, déterminer le niveau de complaisance dont aurait bénéficié Isaad Rebrab au sein de la Banque d’Algérie pour investir des dizaines de millions d’euros en France et à l’étranger. Ces transferts de devises ont-ils respecté la réglementation algérienne relative aux changes? Les conseillers du Président Abdelaziz Bouteflika ne semblent pas le penser.

Par ailleurs, les douanes algériennes devraient procéder, dans les semaines qui viennent, à l’analyse des prix des matières premières importées par Isaad Rebrab. Les services des douanes vont éplucher de près les cours déclarés par Rebrab et ceux pratiqués sur les marchés mondiaux. Son groupe contrôle notamment  80 % du marché algérien du sucre. « Notre part du marché reste confidentielle, explique Isaad Rebrab, nous sommes leaders pour le sucre, mais il existe trois autres raffineries dans le pays. Où est le problème? »

Au  ministère des Finances et de l’Industrie en Algérie, des cadres soupçonnent pourtant Isaad Rebrab de gonfler les prix de la matière première importée.  Au moment où les prix baissent sur les marchés mondiaux, les prix du sucre écoulé par le groupe d’Isaad Rebrab demeurent très élevés. Par ailleurs, la Cellule de Traitement du Renseignement Financier (CTRFI) a transmis un ancien rapport au Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Il y est question, indiquent nos sources, de plusieurs transferts de devises diligentés par Rebrab dans une certaine opacité.

Guéguerre Bouchouareb-Rebrab

Les instructions du pouvoir algérien interviennent au moment où le ministre de l’Industrie algérien, Abdessalem Bouchouareb est ouvertement en guerre contre Isaad Rebrab. Après l’avoir accusé de fausses déclarations et de transferts illicites de devises, Bouchouareb a adressé un rapport accablant sur Rebrab à Abdelmalek Sellal, a-t-on appris de plusieurs sources à Alger.

Bouchouareb reproche au groupe Cevital de développer un taux d’intégration très faible qui n’aide guère l’Algérie à se développer économiquement. « C’est un transformateur et non pas un industriel », a dénoncé Bouchouareb qui tente de pousser Sellal à convoquer Isaad Rebrab pour lui demander des explications sur les impacts des importations de Cevital sur la balance de paiement de l’Etat algérien.
« Rebrab et ses fils ne cessent pas de s’attaquer au projet de l’usine de montage de Renault en Algérie. Mais, ils oublient de reconnaître que Renault développe en Algérie un taux d’intégration de 17 %.  Hyundai, la marque sud-coréenne commercialisée par Rebrab en Algérie n’a même pas fabriqué un rétroviseur dans notre pays », confie un autre conseiller au ministère de l’Industrie algérien.

L’heure des comptes

Est le début d’une longue descente aux enfers pour Isaad Rebrab? « Depuis de longues années, le Président Bouteflika le considère comme le Berlusconi algérien. Il ne l’a jamais porté dans son coeur à cause de ses alliances avec les généraux des années 90 qui ont longtemps saboté le travail de la Présidence depuis 1999″, indique un proche de la famille Bouteflika. L’homme le plus riche d’Algérie passe en effet pour être très proche des généraux éradicateurs des années noires. » Je n’ai de liens avec aucun général », se défent Rebrab  N’a-til pas pourtant signé une pétition en faveur de l’ancien ministre de la Défense nationale, le général Khaled Nezzar, l’un des principaux acteurs de la guerre contre les islamistes? « C’était une pétition contre l’intégrisme, estime Rebrab, mon devoir était de soutenir une personnalité comme Nezzar qui fut à la tète de ce combat ».

Après le départ du général Toufik, le grand chef des services algériens, Isaad Rebrab apparait isolé, mais toujours entreprenant et bénéficiant de nombreux appuis en France, dont l’ancien ministre français de l’Industrie, Arnaud Montebourg. Le clan présidentiel parviendra-t-il à faire vaciller le « Berlusconi Algérien » ?


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3 Commentaires sur cet article

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  • Dria
    2 octobre 2015 at 11 h 50 min - Reply

    Ce n’est point une question d’économie ou de fonds, il s’agit tout simplement d’une questions du partage d’intérêts.

    Des décideurs exigent une Tchippa plus conséquente en ces temps de crise, vu la période de disette qui pointe à l’horizon avec la chute des prix de pétole.
    On les connait maintenant quand ils veulent accélérer le règlement d’une affaire ils usent des média et d’une certaine presse spécialisée.

    Ils vont finir par s’entendre c’est une question de taux à renégocier, pour preuve pourquoi Haddad n’est pas embêter pour le moment par le Bouchouareb, il parait que Said à toujours c’est 5% de côté dans toutes les transactions de son poulain introniser patron des patrons.

    Mais au fond ils utilisent tous les fonds du peuple, l’argent des contribuables, de la rente pétrolière …. et s’entendent à merveille entre eux ,en bon stratège ils ont mis de côté assez d’argent pour ne jamais atteindre le fond.

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  • liza
    2 octobre 2015 at 13 h 18 min - Reply

    On tente par tous les moyens d’occuper la plèbe, il faut à tout prix faire détourner le regard des citoyens vers autre chose que l’état réel pays. L’empereur est mourant, les prix du pétroles sont en chute libre, le peuple anesthésié par les miettes de la rente en veut plus et n’acceptera pas les mesures de restrictions à venir etc etc ….Apparemment le feu est aux abords de la maison et on panique, c’est normal. Alors, il faut trouver des boucs émissaires, des fusibles…. il faut leur coller tous les maux du pays et insister surtout sur le fait que ce dindon « a pillé l’argent du peuple ». Cette sentence géniale comme d’ailleurs celle de « la main de l’étranger » ont quelque chose de particulier : Elles ne se démodent pas, on peut les appliquer à n’importe qui et à n’importe quand.
    D’aucuns diront pourquoi donc ce Monsieur qui est présenté comme le meilleur homme d’affaires algérien, qui emploie prés de 15 000 personnes, qui le deuxième exportateur après Sonatrach, qui a de nombreux et gigantesques projets industriels bloqués par les autorités etc etc… est-il devenu subitement l’homme à abattre. Pourquoi précieusement aujourd’hui? Pourtant ses affaires ne datent pas d’hier. Où étaient les autorités qui sont censées assurer le contrôle de l’état depuis que ce monsieur exerce ses activités ? Pourtant celles-ci sont visibles et facilement contrôlables. Si ces affaires ne sont nettes pourquoi attendre 15 voire 20 ans pour nous le dire ? Et puis, que reproche-t-on au juste à cet homme d’affaires ? Est-ce d’avoir voler ‘l’argent du peuple’ ou bien d’avoir oser dire que ce gouvernement est incompétent. Si cet industriel a exporté ou tenté d’exporter frauduleusement des devises, il est condamnable et il y a en principe une justice qui doit trancher, ce n’est pas une affaire politique que je sache. On lui reproche en fait deux choses : La première est qu’il n’a pas et ne veut pas financer les campagnes de Bouteflika, la deuxième est que non seulement il fait de l’ombre à la politique économique du gouvernement qui n’est basée que sur la rente pétrolière, mais qu’en plus il ouvre sa grande gueule en ne cessant de dire qu’il est bloqué par des incompétents et de surcroîts régionalistes. L’affaire de Renault qui nous a fourgué le pire de sa gamme c’est à dire la « symbole » et pour seulement boulonner ses pièces et ses accessoires fait mal très mal, il ne faut pas le dire et il ne faut pas que la plèbe le sache alors que la pub dit qu’il s’agit d’un produit Algérien dont tout le peuple est fier.
    En conclusion je dirai encore une fois que nul n’est normalement au dessus de la loi, si Rebrab a fauté il doit payer, ceci n’est pas négociable, mais il faut aussi nous dire que sont devenus les 700 ou 800 milliards de dollars qui appartiennent aux Algériens et juger ceux qui les ont mal utilisés, détournés ou je ne sais quoi encore. Nous ne sommes dupes de rien, cette rengaine qui consiste à jeter quelqu’un en pâture est vieille nous la connaissons depuis longtemps ça ne marche plus.

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  • bounoua
    4 octobre 2015 at 13 h 11 min - Reply

    transformation=
    1-concept scientifique selon Lavoisier rien ne se crée rien ne se perd tout se transforme
    2-on ne crée pas on ne fait que transformer la création c est du divin
    3-tout produit finis n ‘est que suite à des transformations(ABB;SIEMENS;toyota etc;…
    4-en automatisme:input/boite de transfert(transformation)/out put
    5-en economie:valeur ajouteé est le resultat de la combinaison(transformation)des inputs pour arriver à un service ou produit pouvant etre consommé
    6-ignorance/formation/connaissance.
    à bon entendant salut

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