Édition du
5 December 2016

Le printemps démocratique algérien doit être pacifique.

Printemps AlgérienÀ chaque commémoration des événements du 5 octobre 1988, deux sentiments ambivalents se mêlent : l’espoir de voir se concrétiser le projet d’une réelle démocratie –avec une séparation effective des pouvoirs –et l’inquiétude de voir les dirigeants s’accrocher vaille que vaille au pouvoir. Jusque-là, force est de reconnaître que c’est cette volonté de se pérenniser au pouvoir qui a renvoyé aux calendes grecques le projet démocratique.

Par ailleurs, pour parvenir à un changement pacifique, les Algériens doivent se servir des expériences antérieures. Celles-ci nous ont enseigné que le recours à la violence était le pire choix. Bien que les organisations soient débordées par certains excités, il faudrait rappeler qu’à chaque épreuve de force, le régime rétrécissait davantage le champ des libertés.

Le meilleur exemple est la suppression sine die de toute manifestation à Alger après la marche du 14 juin 2001 où des excités –on dirait même qu’ils étaient en mission commandée –ont mis en péril la vie des milliers de manifestants pacifiques.

Après cette parenthèse sur les pièges à éviter, il va de soi que les éléments qui ont provoqué l’explosion d’octobre 1988 sont d’actualité. À titre de comparaison, la chute des recettes fiscales, tirées essentiellement des hydrocarbures, est semblable à celles de 1987, c’est à dire une baisse de 50% du prix du baril.

L’autre élément qui étaie cette comparaison est l’instabilité au sommet de l’État : en 1988, il y avait une lutte entre les réformateurs et les conservateurs et, en 2015, on assiste au bras de fer entre le clan présidentiel et celui des services.

Toutefois, tant que le régime continue à distribuer, il parvient à contenir le mécontentement social. Or, comme en 1988, les mesures d’austérité sont entérinées à un haut niveau. Et c’est justement la concomitance de l’autoritarisme politique et de l’austérité économique qui font déborder le vase.

Mais quel est le scénario idéal pour l’Algérie ? Pour qu’il n’y ait aucun risque d’effusion de sang, il existe une seule voie : le dialogue. Pour cela, le régime doit renoncer à sa prééminence sur la société et celle-ci doit s’en saisir du débat politique.

Quoi qu’il en soit, bien qu’une telle transition soit chimérique, il n’en demeure pas moins qu’il existe bel et bien. D’ailleurs, puisque tout le monde parle de bon sens et de l’amour de l’Algérie, pourquoi les acteurs ne font pas en sorte à ce que le mirage devienne la réalité ?

En tout cas, la balle est désormais dans le camp des décideurs. Enfin, après avoir hypothéqué les chances de l’Algérie de se développer suite à la conjoncture financière favorable des années 2000, le chef de l’État peut sortir par la grande porte en œuvrant à concrétiser une transition démocratique qui permettra la restitution effective des rênes du pouvoir au peuple.

Aït Benali Boubekeur


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3 Commentaires sur cet article

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  • Dria
    5 octobre 2015 at 23 h 17 min - Reply

    @ Mr Ait Benali

    Avec tous mes respects vous me rappeler Martin Luther King et son fameux « I have a dream » car si vous vous attendez à ce que les décideurs renonce au pouvoir et a ce qu’ils optent pour un dialogue réel et que Bouteflika sort par la grande porte … vous me rappeler ce conte kabyle ou les animaux décident de faire la paix, imagine le lion et la poule sur le même siège , le loup et l’agneau marchant cote à cote il faut se rendre à l’évidence que c’est un peu UTOPIQUE.

    Vous qui écrivez souvent sur la révolution algérienne , citez nous un exemple ou le DIALOGUE s’est imposé dans l’histoire des tenants du pouvoir algérien…la TRANSITION s’impose par ceux qui s’opposent au pouvoir et n’est jamais servi par le pouvoir en place.

    En tant qu’algérien et en se servant des expériences précédentes, à mon humble avis le seul moyen pacifique qui aura l’effet escompter et je m’époumone à le répéter sur ce site, au risque de se taper une apnée, c’est une JOURNÉE DE PROTESTATION PACIFIQUE c’est à dire un BOYCOTT ACTIF en d’autre terme QUE CHACUN RESTE CHEZ LUI on peut parler d’une journée de GRÉVE GÉNÉRALE, évitant les marches, les rassemblements les meetings var il ya un risque d’ INFILTRATIONS du DRS des manipulations ne sont pas à écarter, utilisations de casseurs , des boucs émissaires , des armes blanches ou a feu, et d’autres tours chers à nos services…

    On doit être solidaire, si on veut qu’ils dégagent. A mon humble avis il n’y a que ce moyen pacifique qui peut les mettre devant le fait accompli , celui d’une réponse collective de tout un peuple, baptisons la l’appel de l’ ALGÉRIEN ANONYME, travaillez le texte , choisissez la date , impliquer tous les ALGERIENS du simple citoyens, des partis politiques , les syndicats, les associations.
    Ils nous appartient à nous tous de s’approprier une elle initiative , ouvrant dans ce sens et notre message sera claire , aux décideurs , à leurs serviteurs et aux étrangers qui en profite de la situation.

    Mais de la a espérer une abdication morale de ceux d’en haut , c’est pareil de croire au père noël…c’est du hbel

    Promis c’est la dernière fois que je parle de cet APPEL, mais personne ne m’a répondu pour cette proposition , elle vous fait peur? ça sent la manipulation ? ou c’est bidon et puéril comme initiative ? répondez moi sincèrement qu’en pensez vous?.

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  • Ait Benali Boubekeur
    6 octobre 2015 at 7 h 17 min - Reply

    Bonjour Monsieur Dria!
    Par le printemps démocratique, je voulais parler d’une mobilisation citoyenne pacifique. J’ai précisé, dans le texte, que cette issue relèverait du miracle. Or, l’histoire nous a enseigné qu’à chaque emploi de la force, les régimes autoritaires se renforçaient.En plus, dans les épreuves de force, la politique cède généralement le pas à la violence. De la même manière, pour reprendre les travaux d’Ibn Khaldoun, le tombeur du dictateur est généralement plus violent que lui. En tout cas, au moment de vérité, toutes ces options devront être mises sur la table. A l’ère d’internet et des réseaux sociaux, ne faut-il pas en faire de ces atouts en vue d’une mobilisation citoyenne la plus large possible?

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  • AMAR
    10 octobre 2015 at 13 h 37 min - Reply

    VOILA UNE ENIEME OPPORTUNITE QUI S OFFRE A NOUS: la prochaine constitution!!!
    TOUT EST PRET! ON A MIS DES HOMMES DE CONFIANCES DANS TOUTES LES WILAYAS( chefs de daira ..walis…magistrats…)la consultation serait tres bien (encadree ou encerclee c est selon)
    que fait notre societe pour eviter un muselage en bonne et due forme! le chantier a demarre il ne manque que le coup de sifflet officiel! l histoire retiendra si nous serons capables de propulser le pays vers la liberte la justice et le developpement en rejetant toutes formes de constitution qui preserve l hegemonie d un clan sur tout un peuple!!!

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