Édition du
6 December 2016

Quand des acteurs de la « sale guerre » s’accusent mutuellement.

Nezzar ZiariKhaled Nezzar sort de son silence au sujet des événements d’octobre 1988, défend le général Toufik

TSA lundi 5 octobre 2015 | Par Yacine Babouche

Le général à la retraite, Khaled Nezzar, sort de son silence dans une lettre ouverte publiée ce lundi 5 septembre par le site Algérie Patriotique (propriété de son fils). L’ancien ministre de la Défense nationale répond à une « attaque » dont il a fait l’objet de la part de Khaled Ziari. Ce dernier, un ancien policier selon Nezzar, a écrit sur sa page Facebook : « Pour les tueries d’octobre 88 s’il y a bien quelqu’un qui devrait être jugé par un tribunal populaire, c’est bel et bien l’ex soldat de l’armée française le sinistre général Nezzar ».

Traitant Ziari de « pleutre », de « poule mouillée » et de « Lâche avec un grand L », le général Khaled Nezzar défend son propre parcours durant la guerre d’Indépendance d’Algérie, notamment les « connaissances » qu’il affirme avoir acquises avant de déserter l’armée française. Elles ont permis, selon lui, d’éviter de « pleurer des milliers de morts causés par la bêtise et l’ignorance de ces « coureurs de steppe » dont parlait le colonel Lotfi à Abane Ramdane, et qui ont pullulé en Algérie pendant fort longtemps », écrit Nezzar.

L’ex-ministre de la Défense de 1990 à 1993 poursuit en faisant une révélation sur les événements d’octobre
1988 : « Sachez qu’un grand nom que vous chérissez et que chérissent beaucoup de vos pairs – c’était mon responsable direct – s’est fait éjecter manu militari par moi-même parce qu’il voulait faire tirer les hélicoptères sur les manifestants », écrit Khaled Nezzar dans sa lettre, évoquant certainement le général Abdallah Belhouchet, chef d’état-major de l’ANP destitué à la même période. « Cet incident s’est déroulé dans la salle des opérations en présence de l’ensemble des officiers et des personnels qui en étaient témoins », précise-t-il.

« M’accuser d’avoir ‘’massacré les manifestants’’ en octobre 1988, c’est insulter ces jeunes conscrits que vous prenez, sans le dire, pour des machines à tuer pour peu qu’ils en eussent reçu l’ordre », poursuit Nezzar dans sa lettre. « Et alors même que je multipliais les consignes verbales et écrites pour éviter tout débordement, il s’en trouva qui, habitués à la manigance et la conspiration au sein de la hiérarchie militaire, allèrent jusqu’à fantasmer sur une présumée tentative de putsch, bien que l’action fût clairement ordonnée par le Président lui-même », ajoute le général Nezzar, qui fut par la suite le principal artisan du coup d’État de janvier 1992 interrompant le processus électoral.

Par ailleurs dans sa lettre, le général Nezzar prend la défense de l’ex-patron du DRS, le général Toufik, lui aussi cible d’une attaque de la part de Ziari. « Le général Toufik n’est pas une ‘’ambulance’’, il est d’une autre trempe ; celle que vous ne pouvez jamais espérer atteindre quoi que vous en pensiez ou écriviez », affirme Nezzar.

Khaled Nezzar conclut en rappelant qu’il a « affronté les magistrats de Paris et de Genève sur, justement, les événements de 1988 et 1992, et ils n’ont rien pu faire à ce jour ». Avant d’aviser Khaled Ziari qu’il « n’y a pas pire bassesse que de se cacher derrière Internet, ce lieu de rencontre des hyènes et des vautours », et de préciser qu’il ne lui répond « pas parce que j’aurais prêté quelque attention à vos récriminations, mais pour en finir une fois pour toutes avec ces forfanteries hypocrites qui altèrent la vérité et faussent le jugement ».

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Khaled Ziari répond à Khaled Nezzar

TSA lundi 5 octobre 2015 | Par Hadjer Guenanfa 

Le torchon brûle entre Khaled Nezzar et Khaled Ziari, un ex-haut cadre de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Ce lundi le général à la retraite a gravement mis en cause l’ancien responsable de la lutte antiterroriste pour la région centre-est. Khaled Ziari réagit.

« D’abord je n’ai pas été révoqué comme le prétend le sinistre Khaled Nezzar », affirme-t-il dans une déclaration à TSA. « Je n’ai pas accepté la vision criminelle de Ali Tounsi (ancien DGSN) quant à la lutte antiterroriste. Ali Tounsi m’avait alors mis à la retraite anticipée malgré mon refus. Ali Benflis qui était chef du gouvernement était au courant mon refus », souligne-t-il. « (Ali Tounsi) m’avait chargé de certaines affaires (dans le cadre de la lutte antiterroriste) que je ne pouvais pas exécuter car elles avaient un caractère criminel.», assure l’ancien cadre de la DGSN.

Pour lui, Khaled Nezzar et Ali Tounsi avaient beaucoup de points en commun. Lesquels ? « Des points que je préfère taire par rapport à nos martyrs, à notre institution militaire et à la morale publique », dit-il.
L’ancien cadre de la DGSN estime qu’il n’a pas à justifier « quoi que ce soit ». « Je confirme ce que j’ai dit sur ma page Facebook. C’est l’armée qui a tiré sur la foule. Je n’ai pas dit quelque chose qui n’existe pas », lâche-t-il. « Certes, la faute incombe au président de la République de l’époque, Chadli Bendjdid, qui avait confié la responsabilité de la sécurité de la capitale à un ancien soldat de l’armée française », poursuit notre interlocuteur. Mais la responsabilité du général à la retraite reste « totalement engagée même s’il n’avait fait qu’exécuter », selon lui.

Sur l’ex-patron du DRS et le fait que Khaled Nezzar prenne sa défense, M. Ziari affirme : « ça ne le regarde pas ! Il (le général Toufik, NDLR) est majeur et vacciné ! S’il était en activité et que j’avais dit ça (dans mes messages sur Facebook) il m’aurait liquidé moi et ma famille sans état d’âme. Je les connais ces gens. J’ai travaillé avec eux ! ».

Sur le passage de Khaled Nezzar dans l’armée française, l’ancien officier de la police persiste : « Nezzar a intégré l’armée française après le déclenchement de la Révolution ! ».


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19 Commentaires sur cet article

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  • wahid
    6 octobre 2015 at 1 h 45 min - Reply
  • wahid
    6 octobre 2015 at 2 h 13 min - Reply

    C’est long je le sais mais ça vaut la peine de lire

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    Belaid abdesselam, Nezar, sur les traces de la fortunes de Rab rab…….

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    http://www.belaidabdesselam.com/?page_id=76

    La réponse au Général NEZZAR

    Pour commencer, dois-je avouer en toute humilité, que c’est avec un réel déplaisir que je prends le stylo pour répondre au Général NEZZAR. Durant toute la période où il m’avait été donné de le côtoyer et de travailler avec lui comme Chef du Gouvernement, nos rapports étaient d’une affabilité de bon aloi. Il n’y eut jamais un mot de trop dans nos échanges de vues et une nette harmonie semblait exister entre nous dans les décisions arrêtées dans le cadre de l’action gouvernementale qui nous réunissait au service d’une même cause. Aussi, suis-je peiné, aujourd’hui, d’avoir à relever et à réfuter des allégations qu’il forme à mon encontre dans le texte qu’il a remis à certains organes de presse sous le titre d’une « mise au point » qu’il me destine à la suite de la diffusion de mon livre intitulé : « Pour rétablir certaines vérités sur treize mois à la tête du Gouvernement ».

    Ce titre n’a pas été choisi au hasard. Il correspond à une nécessité qui s’impose à moi. Car, le Général NEZZAR, qui connaît les effets de la calomnie et des attaques injustifiées et non fondées, ne peut ignorer que, de mon côté aussi, j’ai fait l’objet de multiples campagnes tendant à déprécier l’action de mon Gouvernement, à dénigrer ma personne et à rabaisser tout crédit attaché à ma qualité de militant et de responsable. Face au déversement d’insanités et de méfaits dont on voulait m’atteindre, j’ai essayé de faire le dos rond et de ne pas me placer au niveau, de mon point de vue, très bas de mes contempteurs successifs. Cependant, le jour où celui qui avait porté la qualité de porte parole de l’ANP, de Conseiller du Ministre de la Défense Nationale et auquel la rumeur publique, relayant des sources proches des milieux autorisés du pouvoir, attribue le rôle de « Mokh » de notre direction politique nationale, a cru pouvoir affirmer sous sa signature et dans un écrit public que mon Gouvernement avait été limogé en raison de l’échec de sa politique économique, il m’a paru de mon devoir de lui répondre de manière circonstanciée et par des arguments incontestés et vérifiables, en m’appuyant sur des documents publics que ne protège aucun secret d’Etat, mais que l’on dissimule délibérément à notre opinion, c’est-à-dire, aux Algériens, ces Algériens que l’on tente, ce faisant, de tromper. Telle est la raison d’être de mon livre avec les annexes qui y sont jointes, ainsi que de sa diffusion par le moyen susceptible d’atteindre le maximum d’Algériens désireux d’être informés aussi objectivement que possible sur la conduite des affaires de leur pays.

    Je sais qu’en choisissant cette façon de faire connaître mon point de vue, je m’expose à beaucoup de reproches, notamment, celui de recourir à l’écrit dans un pays que l’on dit attaché à la tradition orale, laquelle tradition orale, comme on le sait, favorise la rumeur incontrôlée. Mais, ne disposant pas de relais pour agir en concevant et en impulsant la rumeur, et aussi par une formation d’esprit accordant du prix à l’authenticité de l’information et à la solidité des témoignages qu’apportent les faits, j’ai opté pour l’écrit et pour la contre-attaque par des textes qui m’engagent autant que faire ce peut.

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    Je conçois parfaitement que le Général NEZZAR éprouve le besoin de manifester sa solidarité envers quelqu’un qui avait été l’un de ses collaborateurs les plus proches. Je n’éprouve aucune gêne à recevoir des critiques ou même à écoper des remontrances de la part d’un homme qui avait été mon supérieur hiérarchique et qui m’avait investi d’une haute responsabilité ; mais, il m’est extrêmement pénible de relever parmi les reproches qu’il m’adresse des faits qui n’ont jamais existé et qui relèvent de l’affabulation pure et simple. Compte tenu de la distance dans le temps par rapport à la période correspondant aux responsabilités qu’il m’avait été donné d’exercer sous l’autorité du Général NEZZAR, il n’est pas exclu que des lacunes apparaissent dans sa mémoire et que des esprits mal intentionnés profitent de ces lacunes pour encombrer la mémoire du Général NEZZAR d’éléments imaginaires dans le but d’amener ce dernier à épouser leur cause et leurs querelles. Aussi, ma réaction sera-t-elle de rétablir la vérité et d’apporter le démenti le plus catégorique aux manigances par lesquelles on tente de m’atteindre, en se cachant derrière la stature du Général NEZZAR.

    Le Général NEZZAR se lance, tout au long de son texte dit de « mise au point », dans un plaidoyer en faveur de la manière dont il avait exercé ses responsabilités et en faveur du HCE qu’il m’accuse d’avoir dévalorisé. Je n’ai rien à dire au sujet de ce qu’il affirme concernant son rôle ou de celui du HCE. Sans rien retirer, bien évidemment, de ce que j’ai écrit sur ces points dans mon livre. Pour ma part, il me revient de reprendre certaines de ses affirmations me concernant personnellement, traitant d’affaires auxquelles j’avais été mêlé ou bien encore critiquant des attitudes et des assertions qui me sont attribuées à tort par lui-même, sinon par ceux auxquels il a prêté l’oreille.

    1°/ Je n’ai jamais imputé à d’autres qu’à NEZZAR lui-même et à ses collègues « décideurs » ma fin de mission comme Chef du Gouvernement. Je défie quiconque de citer un de mes écrits où j’aurais prétendu que le Général TOUATI avait été le responsable direct de mon limogeage. Par contre, j’ai écrit et je continue de penser que ce dernier avait intrigué dans ce sens. Du reste, en se rapportant à son interview au quotidien El Watan daté du 27 septembre 2001, le Général TOUATI semble même ne pas s’en cacher, pour ne pas dire qu’il s’en prévaut. Je ne suis nullement comptable des propos colportés par des journalistes qui m’attribuent à tort des propos qui ne sont pas les miens afin d’animer la « une » de leurs journaux, de la même manière que le Général NEZZAR paraît ignorer les rumeurs courant à travers les cénacles de la capitale sur celui qui serait le réel instigateur de la cabale ayant obtenu « ma peau » en poussant à « la fin de ma mission ».

    2°/ En écrivant que notre « économie était moribonde, minée par les germes destructeurs des options des décennies 1960 et 1970 », le Général NEZZAR dévoile qu’elles étaient ses options, à lui, qui tout au long de son texte ignore le terme même de Révolution, sauf quand il le situe dans les idées ou dans la suite des affirmations qu’il m’attribue à tort ou qu’il reprend dans le cours de mon livre. Cependant, puisqu’à travers ses propos, le Général NEZZAR dévoile la haine sourde qu’il nourrit à l’égard de BOUMEDIENE, je voudrais simplement dire que celui-ci, au moment de sa mort aux causes non encore élucidées, avait laissé un pays debout. Son erreur réside essentiellement dans la double lacune de son action, double lacune par laquelle, d’une part, il avait laissé subsister après lui un système politique d’où ont émergé ceux qui s’étaient acharnés à détruire ses réalisations, à déprécier son œuvre …/…

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    …/… et à discréditer sa personne ; d’autre part, il n’avait pas préservé l’ANP des formes d’organisation et de commandement qui ont fini par amener celle-ci à avoir comme organe de conception de sa stratégie politique le « mokh » du Général TOUATI ; l’Algérie et l’ANP, l’héritière de l’ALN, méritaient vraiment mieux. Je préfère, sur tous ces points, m’abstenir de tout commentaire et laisser au public algérien le soin de porter sur eux l’opinion qui vient à l’esprit de chacun. Toutefois, pour moi la question se pose : le Général NEZZAR se considérerait-il comme étant vraiment fondé à critiquer BOUMEDIENE ?

    3°/ Le Général NEZZAR revendique pour son propre compte autant que pour celui de ses collègues du HCE le choix de la voie du rééchelonnement.

    Cette revendication me paraît, plutôt, devoir être présentée à tous les Algériens qui en connaissent les résultats mieux que quiconque. Elle est à présenter surtout à tous ceux auxquels on avait promis, en se prévalant du HCE, que le rééchelonnement apporterait le pactole financier qui permettrait d’ouvrir, à travers l’Algérie, des centaines, sinon des milliers de chantiers qui relanceraient l’économie, réduiraient notablement le chômage par la création de milliers d’emplois et, en fin de compte, dissuaderaient nos jeunes de rejoindre les maquis de la subversion. Tout le monde sait aujourd’hui qu’il avait fallu attendre la « Rahma » et la « concorde nationale », toutes deux intervenues après le HCE, pour commencer à voir s’amorcer le retour au bercail de beaucoup des jeunes qui étaient montés dans nos montagnes rejoindre ceux qui avaient espéré pouvoir détruire notre Etat.

    Pour ma part, je ne peux taire ma déception de voir celui qui reconnaît avoir assuré le rôle de principal responsable du pays en sa qualité de patron de l’ANP, le Général NEZZAR, revendiquer le recours au rééchelonnement et pratiquement s’en glorifier, au moment où le FMI se trouve en déclin à travers le monde et, en particulier, au sein même des pays occidentaux. Je regrette que le Général NEZZAR semble ignorer les nombreuses voix qui, de partout, se lèvent pour dénoncer la nocivité des politiques pratiquées par le FMI, notamment, à travers les fameux ajustements structurels dont l’Algérie avait été l’une des victimes à la suite du rééchelonnement réalisé après le renvoi de mon Gouvernement. A suivre le même Général NEZZAR, la décision de recourir à ce rééchelonnement lui incombe personnellement avec ses collègues du HCE, avec l’alibi technique que leur avait fourni le séminaire d’experts qu’ils avaient réunis pour les besoins de la cause, c’est-à-dire de leur cause, de la même manière que jadis, Ponce Pilate avait su se procurer le serveur idoine qui, selon la tradition chrétienne, lui avait apporté l’eau pour se laver les mains du sang du Christ crucifié.

    4°/ Ma rencontre avec le Président Ali KAFI et le Général NEZZAR à Dar El Afia le samedi 4 juillet 1992 à 17 heures

    La première rencontre, comme il le reconnaît, avait bien eu lieu à « Dar El Afia » villa relevant du Ministère de la Défense Nationale et se situant non loin de mon domicile. Comme je l’avais indiqué dans mon livre, cette rencontre eut lieu le samedi 4 juillet 1992 à 17 heures. Auparavant, vers la mi-journée de ce samedi, un haut fonctionnaire était venu de la part du Président Ali KAFI me faire savoir que ce dernier et le Général NEZZAR me fixaient rendez-vous à la villa et à l’heure sus-indiquées. Lui ayant dit que je m’y rendrais à pied, il m’avait répondu qu’il avait …/…

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    …/… instruction de venir lui-même me prendre dans sa voiture pour me conduire au lieu du rendez-vous. Quelques minutes avant dix-sept heures, le haut fonctionnaire envoyé par le Président Ali KAFI s’était présenté de nouveau chez moi et m’avait effectivement conduit dans la villa « Dar El Afia » où j’arrivais en même temps que le Président Ali KAFI et le Général Khaled NEZZAR. Nous étions donc, ce jour-là, réunis tous les trois dans la villa « Dar El Afia ». Pourquoi, alors, le Général NEZZAR conteste-t-il la présence du Président du HCE à la rencontre où nous nous trouvions à trois ?

    – S’agit-il d’un trou de mémoire dans l’esprit du Général NEZZAR ? Ce qui me paraît plausible, compte tenu du temps qui nous sépare aujourd’hui du samedi 4 juillet 1992, jour de notre rencontre et des multiples activités assumées par le Général NEZZAR depuis cette date ;

    – ou bien, pour le Général NEZZAR, le Président Ali KAFI serait-il devenu aujourd’hui une non-personne dont la présence ne serait que virtuelle, c’est-à-dire inexistante, pour ne pas dire insignifiante ?

    – en tout cas, quelle que soit l’autorité au nom de laquelle il déclare actuellement avoir parlé, c’était lui, le Général NEZZAR qui, effectivement, après les salutations et les présentations d’usage, – car c’était la première fois que je faisais personnellement sa connaissance, – prit l’initiative de la discussion, en me présentant un panorama de ce qu’était la situation dans le pays, notamment sur le plan sécuritaire. Je rappelle que l’objet que l’envoyé de la Présidence m’avait indiqué que la raison de ma convocation à cette rencontre, était une consultation concernant la situation en Algérie. A mon tour, j’avais donné ma vision des choses relativement au sujet de nos conversations. Le Président Ali KAFI, sans doute s’en tenant à la conception qu’il se faisait de son rôle de Président, se contentait de suivre la discussion sans y intervenir, sauf par quelques remarques formulées de temps en temps et brièvement au cours des échanges de vue entre le Général NEZZAR et moi. Dans mon exposé, j’avais rappelé les idées que j’avais exposées à quelqu’un d’autre qui, six mois auparavant, c’est-à-dire au moment où l’on discutait de l’arrêt du processus électoral, était venu me parler de ce qui se préparait. J’avais, en particulier, reprit l’idée de la proclamation de l’état d’exception. Je renvoie, sur ce sujet, à ce que j’écris dans mon livre.

    A l’issue de cette discussion, comme lors du jour où l’on m’avait notifié la fin de ma mission, le Président Ali KAFI prend la parole pour m’annoncer que lui-même et le Général NEZZAR étaient venus me demander de prendre la direction du Gouvernement. Pour le reste, se rapporter à mon livre. J’ajoute simplement que le Président Ali KAFI m’avait indiqué que le changement du Gouvernement avait été décidé par le Président BOUDIAF. Celui-ci devait l’effectuer le mois de juin précédent ; mais, il avait décidé de reporter cette opération à la rentrée suivante, afin de consacrer ses efforts pendant les mois de l’été à la préparation du lancement effectif du mouvement qu’il avait décidé de créer, le RPN. Après son décès, Ali KAFI avait dit qu’ils avaient décidé de procéder à ce changement immédiatement.

    Pourquoi le Général NEZZAR affirme-t-il maintenant que ce jour-là, je l’avais rencontré en tête-à-tête, sans la présence du Président Ali KAFI ? C’est là pour moi …/…

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    …/… une énigme que je ne m’explique pas. Sans doute, le portail de la villa « Dar El Afia » et les portes de cette villa à travers lesquels nous étions entrés tous les trois, les meubles de la salle dans laquelle nous étions assis à trois ne peuvent pas parler, ni se souvenir. Mais, les personnes qui avaient conduit les voitures dans lesquelles nous étions arrivées, les gardes du corps accompagnant le Président KAFI et le Général NEZZAR ainsi que le personnel de la villa qui nous avait servi des boissons doivent avoir gardé dans leur mémoire les images de notre triple présence dans les salons de la villa « Dar El Afia » ce samedi 4 juillet 1992 à partir de 17 heures. Toutes ces personnes ne manqueront pas de s’étonner de lire ce que le Général NEZZAR écrit dans sa mise au point.

    Après notre séparation, chacun partit de son côté et je gardais le contact uniquement avec le Président Ali KAFI jusqu’au mercredi suivant 8 juillet 1992, jour où nous nous étions retrouvés autour de la table de travail du HCE pour l’annonce officielle de ma nomination à la tête du Gouvernement.

    J’avais appris, par la suite, ce qui s’était passé au sein du HCE, quand le Président Ali KAFI et le Général KEZZAR annoncèrent à leurs collègues qu’ils m’avaient proposé de prendre la tête du Gouvernement. D’emblée, le regretté Docteur Tedjini HADDAM fit part de son approbation avec un certain enthousiasme. Ali HAROUN, lui, manifesta son opposition, en disant qu’avec moi à la tête du Gouvernement, ce serait le retour au passé, c’est-à-dire, à la période BOUMEDIENE pour lequel il manifeste toujours une certaine aversion, mais qu’il avait été heureux de servir à sa manière lorsqu’il était le maître du pouvoir. Rédha MALEK, après avoir manifesté sa moue habituelle, finit par donner son approbation et le soir du dimanche suivant 5 juillet, le Président Ali KAFI m’annonça par téléphone que le HCE avait approuvé ma nomination. Tels sont les faits tels qu’ils s’étaient déroulés. Quelles motivations poussent aujourd’hui le Général NEZZAR à en contester la réalité ? En tout cas, à postériori et bien malgré lui, il confirme que c’est bien l’armée qui m’avait choisi, comme prétendent que je l’aurais affirmé près d’une année plus tard, au cours de mon intervention devant les cadres de la Wilaya d’Alger, ceux qui veulent déformer mes propos. Si comme le dit à tort le Général NEZZAR, je m’étais trouvé ce jour-là en tête à tête avec lui, j’aurais eu bien des raisons de penser que la décision de ma nomination venait d’abord de l’armée, puisqu’en face de moi, ce jour-là, le Général NEZZAR, dans son uniforme ne pouvait pas ne pas m’apparaître comme étant d’abord et surtout le représentant mandaté de l’ANP. Même si comme il l’affirme, il aurait parlé au nom du HCE, quiconque se serait trouvé ce jour-là en face de lui seul, comme il le dit, sanglé dans son uniforme de Général, dans une villa relevant du Ministère de la Défense Nationale, n’aurait-il pas pensé avoir en face de lui l’ANP et non le HCE ? J’imagine mal le Général NEZZAR répétant à son interlocuteur, autrement dit à moi : « attention ! je parle au nom du HCE et non au nom de l’armée ». Cela aurait été, du reste, la meilleure façon de confirmer qu’il parlait au nom de l’armée. Mais, trêve de plaisanterie, ces facéties ridicules ne sont que le reflet de la tentative du Général NEZZAR de nier la réalité, celle d’une rencontre à trois, le HCE en tant que tel n’ayant été avisé de la proposition de me nommer à la direction du Gouvernement qu’au lendemain de la rencontre à la villa « Dar El Afia ».

    Le Général NEZZAR veut-il dissiper l’impression existant chez tous les observateurs que le HCE n’était pas le véritable centre de décision, pour les mesures capitales engageant la vie du pays ? Dans ce cas, pourquoi nie-t-il la présence du …/…

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    …/… Président Ali KAFI le jour où me fut proposée la direction du Gouvernement, alors que ce fut ce dernier qui m’en fit part ? Lui en veut-il encore à la suite de la parution de ses mémoires en tant que militant et chef de wilaya pendant notre guerre de libération nationale ? Je demeure à la fois stupéfait et perplexe au sujet de cette position inattendue et particulièrement bizarre du Général NEZZAR.

    En conclusion, tout le récit que fait le Général NEZZAR de notre prétendue rencontre en tête à tête dans la villa « Dar El Afia » n’est rien d’autre qu’une affabulation. A un aucun moment, je ne me souviens que le cours de la conversation que nous avions menée à trois, le Président Ali KAFI, le Général NEZZAR et moi, m’avait conduit à dire que « dans tous les cas de figure, je m’adapterais ». Cette phrase, du reste, dans l’hypothèse même où je l’aurais effectivement prononcée, telle que la rapporte l’ancien Ministre de la Défense Nationale et extraite de son contexte, n’a aucune signification. Au demeurant, un tel contexte ne pourrait même pas avoir un semblant d’existence, puisqu’il s’agit d’une conversation que le Général NEZZAR décrit dans le cadre d’un face à face qui aurait eu lieu à deux, alors que la rencontre de Dar El Afia s’était tenue à trois.

    Le Général NEZZAR écrit, donc, que je me serais engagé par ces « mots » : « Dans tous les cas de figure, je m’adapterais », quand il m’avait fait remarquer que le monde avait changé ». Comme il n’explique pas, dans son texte, ce qu’il entendait par ses mots : « le monde avait changé », pour moi, il ne pourrait s’agir, dans cette conversation imaginaire à deux puisqu’elle n’avait pas existé, que de l’évolution intervenue à travers le monde en ce qui concernait l’organisation et le fonctionnement des activités économiques. Si les préoccupations de Khaled NEZZAR étaient de tenir compte de cette évolution dans la mise en œuvre de l’action de mon Gouvernement, ce qu’avait énoncé mon programme en matière de réformes à promouvoir et ce que l’esquisse de bilan de mon action gouvernementale décrite dans mon livre suffisent à montrer que je m’étais largement « adapté » à l’évolution du monde par rapport aux conceptions que nous avions suivies dans le passé en matière de développement et de fonctionnement de notre économie. Cependant, tout semble indiquer que, pour Khaled NEZZAR, s’adapter au monde qui avait changé, c’était s’engager dans la voie grande ouverte à une libération débridée consistant essentiellement à prendre toutes les mesures donnant le libre cours le plus effréné à l’import export. Evidemment, inutile de souligner que si telle était l’adaptation que le Général NEZZAR attendait de moi, je m’y étais complètement opposé.

    Ou alors, cette phrase du Général NEZZAR sur le monde qui avait changé et sur ma supposée promesse de m’y adapter « dans tous les cas de figure », ne serait-elle qu’un simple montage imaginé pour les besoins de la cause du Général TOUATI ? Bien des gens ne seraient pas loin de le penser, quand on sait tous les machiavélismes qu’ils attribuent à certains hommes de notre système, quand ils sont pris de court dans leurs manigances. Je clos ainsi cet épisode de la mise au point du Général NEZZAR et je laisse celui-ci face à face avec sa conscience. Je rappelle que tout cela se serait déroulé dans le cadre d’une conversation qui se serait tenue à deux, ce qui est complètement faux.

    5°/ Continuant sur sa lancée, le Général NEZZAR indique le nombre de fois où nous eûmes l’occasion de nous rencontrer. Je n’ai pas gardé la comptabilité complète de …/…

    page 6

    …/… mes rencontres avec lui ; mais, il y a au moins quatre rencontres dont je me souviens parfaitement : l’une ce fut quand j’étais allé le voir pour lui témoigner ma solidarité et exprimer une prière à Dieu le jour où il fut victime de l’attentat qui l’avait visé sur le trajet le conduisant au siège de son Ministère ; une autre rencontre fut celle où il était venu me rendre visite dans ma villa « Djenane El Mefti » pour m’annoncer son remplacement au Ministère de la Défense Nationale, m’expliquant le sens qu’il donnait à ce remplacement, en m’informant que lui se réservait pour la transition lors de laquelle il garderait KAFI avec lui et que moi-même j’étais retenu pour être le candidat à la prochaine élection présidentielle. Ce fut à cette occasion que j’avais évoqué avec lui toutes les interprétations que certains organes de presse donnaient à mes propos, lors de mon intervention à l’Hôtel de Ville d’Alger disant que je m’étais engagé avec l’armée. « Cela nous gêne un peu », m’avait-il dit et je lui avais répondu que je ne pouvais tout de même pas affirmer aux gens que j’avais été amené par HAROUN à la tête du Gouvernement. La troisième rencontre dont je me souviens encore et que Rédha MALEK m’avait annoncée à l’avance, fut celle où nous nous étions de nouveau retrouvés à trois, cette fois dans le bureau du Président Ali KAFI à la Présidence. Au cours de cette rencontre, Rédha MALEK m’avait prévenu que j’allais recevoir des remontrances pour avoir publié, sans consulter au préalable le HCE, un communiqué au sujet du scandale révélé par la presse italienne sur le versement d’une commission concernant le contrat de vente de gaz naturel algérien à l’Italie. Parlant encore cette fois-ci seul, le Général NEZZAR m’avait indiqué que nous devions gouverner à trois et coordonner notre action à cet effet. Une autre rencontre dont je me souviens était celle qui avait eu lieu à l’occasion de la visite qu’il m’avait rendue dans la villa Djenane El Mefti avant son voyage en Arabie Séoudite. Nous avions parlé de l’objet de son voyage ainsi que d’autres questions liées à nos activités respectives.

    Pour ce qui est de l’une des rencontres que j’avais tenue avec lui au siège de son Ministère et au cours de laquelle il m’avait parlé du cas du journal « El Watan », son intervention n’avait concerné que la suspension de ce journal ; quant à l’incarcération du directeur de ce journal, il sait parfaitement bien que le responsable de cette incarcération était son collègue, le Général Abbès GHEZIEL et non moi, à moins que là aussi, un trou de sa mémoire l’ait amené à m’attribuer un acte dont je n’étais pas responsable et même à me croire doté d’un pouvoir dont il savait que je n’étais pas pourvu. La meilleure preuve que je n’avais pas ce pouvoir n’est-elle pas dans le fait que la procédure pénale ouverte contre le quotidien EL WATAN et ses journalistes s’était poursuivie bien au-delà de mon départ du Gouvernement et même largement après la fin du mandat du HCE et la mise à la retraite du Général NEZZAR ?

    6°/ Le problème de la dette tel que le présente le Général NEZZAR à travers le texte de sa « mise au point ».

    – Il dit se rappeler que « nous empruntions pour rembourser les services de la dette que nous devions honorer chaque trimestre ». Ayant fait partie de plusieurs gouvernements dont le mien, le Général NEZZAR ne dit pas ou bien s’abstient volontairement de préciser la période ou les périodes où nous devions emprunter chaque trimestre pour honorer les services de la dette. Il est vrai que durant le Gouvernement HAMROUCHE, il avait fallu procéder à des prouesses financières en vue d’éviter de tomber dans le cas de banqueroute qui nous aurait valu des désagréments sérieux sur le plan …/…

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    …/… international. Cette situation difficile s’était normalisée pendant la période du Gouvernement GHOZALI, grâce aux emprunts substantiels obtenus, en partie sous les Gouvernements MERBAH et HAMROUCHE, de l’Italie, de la Communauté Européenne et du Japon bien que les capitaux fournis par ce dernier ont été intégrés dans un consortium piloté par le Crédit Lyonnais Français. Durant mon Gouvernement, notre situation financière était serrée, mais était demeurée saine. Aucun suspens ne figurait dans les tableaux périodiques de notre Banque Centrale pendant la durée de mon Gouvernement. Les statistiques communiquées par la Banque d’Algérie à la fin de mon Gouvernement et même quelques jours après la passation des pouvoirs avec Rédha MALEK, établissaient bien que je laissais à mon successeur une réserve globale de deux milliards quarante cinq millions cinq cent mille dollars US à la date du 20 août 1993, correspondant au dernier jour ouvrable des places financières internationales avant le départ officiel de mon Gouvernement intervenu le lendemain 21 août. Cette somme se décomposait comme suit : un milliard deux cent soixante seize millions cinq cent mille dollars constituant le montant des devises déposées auprès de la Banque d’Algérie ; sept cent neuf millions cinq cent mille dollars US acquis par swaps sur l’or et, enfin, cinquante neuf millions cinq cent mille dollars représentant le produit d’un emprunt à court terme. Le Général NEZZAR suivi par le Général TOUATI affirment, sur la foi des indications que leur aurait communiqué le conseiller économique de la Présidence, que sur la somme de 1.276,5 millions de dollars US représentant le montant en devises détenu par la Banque d’Algérie, en dehors du montant résultant du swap sur l’or, une grande partie représentait les dépôts en devises appartenant à des privés et pouvant être retirés à tout moment et ouvrir un trou béant dans nos réserves de change. Cependant, quand on parle chiffres en matière de nos réserves en devises, on doit citer des chiffres précis, en donner l’origine et en situer la date exacte ; or, le 27 septembre 2001, le Général TOUATI indiquait que selon le conseiller de la Présidence, ces dépôts privés étaient de l’ordre de six cents millions de dollars US ; maintenant, dans le texte qu’il a livré récemment au journal « Le Soir d’Algérie » daté du 30 juillet 2007, il affirme que le montant de ces dépôts était d’un milliard de dollars US. Dans sa mise au point publiée dans le quotidien « El Watan » daté du 2 août courant, le Général NEZZAR écrit que le montant de ces mêmes dépôts privés oscillait entre six cent millions et neuf cents millions de dollars. Qui dit la vérité ? D’où proviennent ces divagations dans les chiffres ? Faut-il être amené à penser que ceux qui avaient concocté, fait conclure ou conclu l’accord de rééchelonnement sont pris de panique à la suite de l’effondrement de la casuistique politico-financière par laquelle ils avaient tenté de justifier le recours au FMI, alors que l’Algérie était en mesure de se passer des désastreuses « conditionnalités » de ce dernier ? Faut-il donc déduire que la panique qui se serait emparé d’eux les conduit à avancer n’importe quoi, en prenant la précaution de faire porter le chapeau de leurs divagations au pauvre BOUZIDI ? Je suis d’autant plus tenté de le penser, lorsque je lis ce passage de la mise au point du Général NEZZAR par lequel il affirme tout de go : « le milliard de dollars de plus que le Chef du Gouvernement dit avoir laissé dans les caisses, représentait en réalité des dettes non honorées à échéance selon des procédés techniques que seuls les financiers connaissent. Ils évitaient ainsi la déclaration d’insolvabilité ». D’où le Général NEZZAR …/…

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    …/… tire-t-il une telle assertion qui est un énorme mensonge ? Faut-il, donc, à le suivre, considérer comme des faux les tableaux statistiques fournis, à l’époque du départ de mon Gouvernement, par la Banque d’Algérie ? Ces statistiques montrent que ce que le Général NEZZAR appelle les « dettes non honorées à échéance selon des procédés techniques que seuls les financiers connaissent », et que ces financiers nomment des « suspens », avaient disparu des registres de la Banque d’Algérie depuis septembre 1992. Les tableaux fournis par notre Banque Centrale, couvrent tout le mois d’août et les trois premiers jours de septembre 1993 ; ils ne montrent aucune dette arrivée à échéance et non honorée. Ne serait-t-on donc pas en droit de s’interroger si l’allégation du Général NEZZAR rappelée ci-dessus ne résulte pas d’une modification, pour ne pas dire d’une falsification des chiffres fournis en septembre 1993 par la Banque d’Algérie, falsifications effectuées suivant des procédés dont seuls les informateurs ou les assistants du Général NEZZAR connaîtraient la nature et le secret ? La présence à la direction de la Banque d’Algérie d’un haut responsable lié par parenté au Général TOUATI ne constituerait-elle pas une raison de douter de la fiabilité des chiffres cités aussi bien par le Général NEZZAR que par celui qui fut l’un de ses collaborateurs immédiats au Ministère de la Défense Nationale ? En annexes de mon livre, j’ai fourni des copies de documents d’origine officielle. En contrepartie, Khaled NEZZAR et Mohamed TOUATI avancent des assertions ne reposant sur rien d’autre que des informations attribuées au conseiller de la Présidence que l’on m’avait proposé de prendre comme Ministre de l’Economie, afin d’en faire, un « fusible » en cas de besoin, selon un propos accompagnant cette proposition. Le pauvre Conseiller BOUZIDI est-il devenu maintenant le « fusible » grillé pour donner un semblant de crédibilité aux allégations du Général NEZZAR et de celui dont il avait fait le « mokh » de notre ANP ? Je préfère ne pas suivre plus avant le Général NEZZAR dans les divagations qu’il reprend à son compte et à mon grand regret, sur l’état de nos réserves en devises au moment de mon limogeage comme Chef du Gouvernement le 21 août 1993. Je lui dis seulement, s’il dispose de documents officiels à ce sujet, qu’il les exhibe et qu’il dise pour quelles raisons ils n’avaient pas été communiqués en leur temps et à temps au Chef du Gouvernement et au Ministre de l’Economie que j’étais jusqu’au 21 août 1993. Il serait également utile de se référer sur ce sujet, aux chiffres publiés annuellement par la Banque Mondiale dans son rapport sur la dette extérieure et les finances des pays en voie de développement.

    Il est cependant un fait sur lequel le Général NEZZAR demeure muet : c’est l’annonce faite au mois de janvier 1994 que l’Algérie n’honorait que partiellement le remboursement de sa dette extérieure. Est-ce, alors, autour de ce mois de janvier 1994 qu’il convient de situer la période où, selon le Général NEZZAR, nos financiers se livraient à ces « procédés techniques » qu’ils étaient les seuls à connaître ? On sait qu’au départ de mon Gouvernement, il n’était pas nécessaire de retarder le versement de nos dettes arrivées à échéance, puisque, selon les tableaux en provenance de la Banque d’Algérie et dont j’ai publiés des copies en annexe à mon livre, l’Algérie avait de quoi honorer ses dettes. Aucun « suspens » n’était signalé au niveau de notre Banque Centrale où les réserves se chiffraient à plus de deux milliards de dollars, sans compter la valeur représentée par le stock d’or …/…

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    …/… encore disponible et en possession de notre Banque Centrale. Notons au passage qu’un journal financier international signalait récemment que l’Algérie est le pays arabe qui détient le plus important stock d’or. Si donc en janvier 1994, l’Algérie avait suspendu le remboursement d’une partie de sa dette, il devient évident qu’elle avait largement entamé sinon épuisé totalement les deux milliards de dollars laissés en caisse à la date de la fin de ma mission comme Chef du Gouvernement. Qu’étaient devenus, par ailleurs en ce mois de janvier 1994, les dépôts en devises appartenant à des privés ? Aurait-on donc utilisé de l’argent appartenant à des « épargnants » privés pour honorer les échéances de l’Etat ? Cette fonte rapide de nos réserves en devises, comme le notait le journal « Le Monde » daté du 31 janvier 1994, n’aurait-elle pas été la conséquence de la renonciation, progressive ou totale, par le Gouvernement qui avait succédé au mien, au rôle joué par le comité « ad hoc » pour le contrôle et la limitation de nos importations ? N’est-on pas, alors, en droit de s’interroger si ce relâchement de la bride du comité « ad hoc » n’avait pas été effectuée sciemment afin d’arriver rapidement à une situation de crise suscitée de manière délibérée en vue de justifier aux yeux de notre opinion le recours au rééchelonnement ? Ne fût-ce donc pas, répétons-le, au début de l’année 1994 que nos financiers de la Banque d’Algérie parce qu’on les y avaient contraints, avaient utilisé les procédés que décrit Khaled NEZZAR pour éviter la déclaration d’insolvabilité ? En croyant décrire une situation accusant mon Gouvernement, le Général NEZZAR dévoile la manigance créant plutôt une situation qui l’accuse personnellement avec tous ceux qui avaient poussé l’Algérie sur la voie du rééchelonnement. Tel est pris qui croyait prendre dit le proverbe. Khaled NEZZAR aurait gagné à méditer ce proverbe avant d’écrire sa mise au point et de se lancer dans les diatribes dont il croit m’accuser.

    7°/ Le Général NEZZAR raconte à sa manière mes rencontres avec lui et le HCE en juillet 1993. De nouveau, il m’est pénible de relever, dans le putatif récit qu’il fait de ces rencontres, des affabulations caractérisées.

    – En premier lieu, la première de ces rencontres eut lieu le 18 juillet 1993 avec le HCE dans son ensemble pour un ordre du jour ne comportant aucunement l’examen d’une « situation de cessation de paiements imminente » comme il l’écrit. Les séances du HCE étant enregistrées sur bande magnétique, celle-ci pourrait être consultée à la Présidence de la République dans la mesure où les archives n’auront pas été falsifiées, afin de permettre à ceux qui avaient précipité l’Algérie sous les fourches caudines du FMI, d’effacer les traces de leurs actes ;

    – Ensuite, le surlendemain de cette réunion, nous nous étions retrouvé à trois, le Président Ali KAFI, le Général Khaled NEZZAR et moi-même à la résidence du Chef de l’Etat sur le bord de mer pour un déjeuner. Que le Président du HCE et le Général NEZZAR fussent venus à ce déjeuner comme mandatés par tout le HCE, je l’ignore, puisque personne ne m’avait parlé alors d’un tel mandat. Il n’avait été nullement question, ni au cours de nos conversations à trois, ni à l’occasion de nos apartés d’une quelconque menace d’une situation de cessation de paiements immédiate. Par contre, nous avions parlé essentiellement du remaniement du Gouvernement avec, comme arrière fond à nos discussions, le recours au FMI pour le rééchelonnement. Khaled NEZZAR semblait être le plus pressé d’arriver à un accord sur ce rééchelonnement.

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    Ce fut au cours de ce déjeuner que le Général NEZZAR parlant, évidemment, à la première personne du pluriel, me déclara d’abord que nous avions besoin d’un Gouvernement fort pour les jours qui allaient venir et il me proposa d’emblée de prendre un ministre de l’économie, en avançant pour ce poste le nom de BOUZIDI Conseiller à la Présidence et présenté par lui comme l’un des meilleurs défenseurs de ma politique. Ma réponse fut immédiate et négative, lui soulignant qu’il ne pouvait y avoir de meilleur défenseur de ma politique que moi-même. Et j’avais accompagné sur le champ mon refus de la remarque suivante : « si vous voulez changer de politique économique changez de Chef du Gouvernement ». « Qui vous parle de cela » me rétorqua-t-il ? Il ajouta alors que, dans l’exercice de ma fonction, je m’intéressais à des questions de détail et que je devais me détacher de ces questions, car, parlant toujours à la première personne du pluriel, on pensait à moi pour des responsabilités plus élevées, me disant explicitement : « vous devez nous rejoindre et nous pensons à vous pour une autre fonction plus élevée ». Il ajouta : « prenez un ministre de l’économie et, le cas échéant, faites-en un fusible ». Or, quand je prends des responsabilités je les assume pleinement. Il n’a jamais été dans mes habitudes de me décharger sur mes collaborateurs pour nier mes responsabilités. J’avais passé douze années comme Ministre dans les Gouvernements du Président BOUMEDIENE, personne ne peut citer même une seule fois où j’aurais cherché à charger mes collaborateurs de problèmes ou d’insuffisances m’incombant personnellement. Sous le régime de CHADLI BENDJEDID, j’avais été cité devant la Commission Centrale de Discipline du Comité Central du FLN et devant la Cour des Comptes. Dans les deux cas, j’avais revendiqué pleinement mes responsabilités et je n’avais jamais tenté d’accabler mes collaborateurs de fautes qui pouvaient m’être reprochées. Ce n’était pas en tant que Chef du Gouvernement responsable de la politique du pays que j’allais me servir d’un fusible pour fuir mes actes de dirigeant.

    J’avais compris que les détails dont le Général NEZZAR me recommandait de me détacher concernait surtout le contrôle central, auprès du Chef du Gouvernement, des importations. A aucun moment, je n’avais donné mon accord pour la désignation d’un ministre de l’économie pour me raviser le lendemain. Cela est complètement inexact. Puis le Général me dit : « pourquoi ne pas organiser un séminaire sur les questions économiques ? » Là aussi, je lui répondis immédiatement : « D’accord, mais avec la diffusion des débats en direct à la télévision ». Il se contenta de me répliquer tout de suite : « Pourquoi pas ? » J’en avais conclu que nous étions d’accord sur ce point. Comme lors des rencontres nous réunissant à trois, Ali KAFI, Khaled NEZZAR et moi, le Président du HCE intervenait peu dans les conversations, se contentant de marquer son accord sur un point, d’émettre une opinion sur un autre etc… Il semblait vouloir montrer que son rôle devait être celui d’un arbitre, se plaçant quelque peu au-dessus des débats. Par contre, c’était à lui qu’incombait chaque fois la mission d’annoncer les décisions arrêtées, ainsi que cela se passa lors de l’annonce de ma désignation à la direction …/…

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    …/… du Gouvernement et au moment où me fut notifiée ce que TOUATI appela pudiquement ma « fin de mission ».

    Pour le reste du déroulement de notre rencontre à l’occasion du déjeuner offert par Ali KAFI, je n’ai rien à ajouter au récit que j’en fait dans mon livre. Je récuse, en particulier, ce que rapporte Khaled NEZZAR comme propos échangés entre nous aussi bien au cours du déjeuner pris chez Ali KAFI que lors de l’inexistante et fictive journée après celle du déjeuner. Il m’arrive parfois de me déclarer comme non économiste comme une boutade lancée à ceux qui se gargarisent de leurs prétendues connaissances dans ce domaine. Mais à aucun moment, je ne me suis déclaré ignorant des données essentielles de l’économie. Après ce déjeuner, nous avions convenu d’une courte période de vacances se limitant à quinze jours au bout desquels nous devions nous retrouver. Il n’y eut jamais de nouveau rendez-vous au même endroit le lendemain de cette rencontre le 20 juillet autour du déjeuner offert par Ali KAFI. Nous nous séparâmes dans une atmosphère de grande cordialité et n’avait pesé sur nos discussions aucune éventualité pressante de cessation de paiements. Du reste, il ne pouvait pas y avoir de rendez-vous le lendemain, puisque nous nous étions séparés pour prendre des vacances. Khaled NEZZAR semblait même indiquer qu’il allait partir dès le lendemain de notre rencontre. Une vérification auprès des services aéroportuaires pourrait même permettre de savoir quand il avait quitté l’Algérie. Pourquoi donc le Général NEZZAR se croit obligé, aujourd’hui, d’affirmer qu’il y ait eu une deuxième journée de travail après le déjeuner pris à trois le 20 juillet ?

    Par contre, très peu de temps après ce 20 juillet, un des Généraux travaillant de manière très proche avec le Général NEZZAR, était venu me voir dans ma villa me disant : « Si Khaled, avant son départ (il y eut donc bien un départ) m’a chargé de vous voir pour rechercher avec vous un accord sur le litige qui vous a opposé ». « Quel litige nous a opposé ? » lui avais-je répliqué d’emblée ? « Certes, il y a quelques points sur lesquels, nos points de vue sont demeurés divergents, mais pour ma part, je ne leur donne pas le caractère d’un litige ». J’eus donc avec ce Général quelques séances de travail, pendant lesquelles nous avions surtout passé en revue les noms des nouveaux ministres à retenir pour le prochain remaniement du Gouvernement. Il avait soulevé, de nouveau, le problème concernant le Ministre à désigner pour l’économie, me suggérant de substituer un autre nom à celui de Abdelmadjid BOUZIDI. A lui, également, j’ai répété ce que j’avais dit au Général NEZZAR : « Vous voulez changer de politique économique, changez le Chef du Gouvernement ». Il me répéta la même réplique que Khaled NEZZAR : « qui vous parle de cela ? » Nous avions, aussi, parlé des avantages et des inconvénients pouvant résulter d’un éventuel accord avec le FMI. Nous avions évoqué également certaines questions relatives à la situation sécuritaire. Je demeure perplexe et, en même temps, peiné de relever, dans le récit publié récemment par le Général NEZZAR sous forme d’une mise au point, des assertions totalement inexactes. S’était-il produit, dans l’esprit de Khaled NEZZAR, une confusion entre les images et les souvenirs qu’il a gardés de notre rencontre chez le Président Ali KAFI le 20 juillet 1993 et les compte-rendus qu’a dû lui faire le collaborateur qu’il avait dépêché auprès de moi après son départ en vacances ? Je ne trouve aucune explication aux …/…

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    …/… inexactitudes relevées dans le récit que fait Khaled NEZZAR de ce qu’il présente comme mon interpellation par le HCE au sujet de l’état de notre situation financière avec l’extérieur. Je m’étonne d’autant plus du caractère erroné de ce récit et de la marque d’urgence qu’il donne à cette interpellation supposée qu’il n’y avait aucune raison impérative de s’inquiéter, en cette décade du mois de juillet 1993, de l’état de nos moyens de paiement extérieurs. Pour ma part, je serais curieux de connaître, par des documents officiels engageant leurs auteurs, le montant réel des dépôts en devises appartenant à des privés en juillet 1993. Le seul empressement et pour tout dire, la seule pression dont je sentais l’intensité au cours des derniers mois de l’exercice de mon Gouvernement, est la hâte manifestée par certains milieux d’aller au FMI pour y immoler l’Algérie et en ramener l’argent du rééchelonnement pour les besoins de l’import-export.

    Pour le reste, en particulier en ce qui concerne le fameux séminaire d’experts dont le Général NEZZAR fait l’alibi majeur pour couvrir la décision d’aller au rééchelonnement, je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai écrit, à ce sujet dans mon livre, notamment à propos de ma participation à la réunion du HCE le 18 juillet 1993, de la rencontre à trois avec le Général NEZZAR et le Président Ali KAFI à la résidence de ce dernier et, enfin, en ce qui concerne les séances tenues avec l’un des collaborateurs du Général NEZZAR après le départ de ce dernier pour de courtes vacances.

    8°/ Le Général NEZZAR rapporte que Monsieur Abdelwahab KERAMANE avait demandé audience au Président Ali KAFI, « pour nous dissuader d’aller au rééchelonnement de la dette » note le Général NEZZAR qui ajoute : « nous lui répondions que le séminaire prévu, à cet effet, avait toute compétence pour se prononcer ». Par de tels propos, Khaled NEZZAR ne peut mieux avouer que tout le scénario que l’on avait essayé de me faire endosser et dont on avait continué à dérouler les épisodes après mon limogeage, procédait d’une décision préétablie d’aller au rééchelonnement pour des motivations inavouables, que l’on avait couvertes par l’alibi du séminaire d’experts. Si réellement, il y avait péril en la demeure comme le soutient Khaled NEZZAR au sujet de nos moyens de paiement extérieurs, quelle meilleure occasion que celle de la visite du Gouverneur de la Banque d’Algérie pour s’informer de l’état de nos réserves, de la proportion revenant dans ces réserves à des «épargnants » privés, ainsi que de la situation des dettes arrivées à échéance et non honorées. Les termes mêmes employés par le Général NEZZAR pour évoquer la visite du Gouverneur de la Banque d’Algérie et l’accueil qui lui avait été réservé prouvent que les responsables, que Abdelwahab KERAMANE, dans sa bonne foi, croyait de son devoir d’éclairer sur la situation réelle de nos moyens de paiement extérieurs, ne voulaient entendre que ce qui allait dans le sens de leurs désirs cachés, c’est-à-dire leur volonté d’aller au rééchelonnement pour des motivations qui n’avaient aucun rapport avec notre capacité de faire face à nos engagements financiers avec l’extérieur. Prétendre être « inquiets de la situation que traversait notre économie » comme l’écrit Khaled NEZZAR et pratiquement rabrouer et congédier le Gouverneur de la Banque d’Algérie venu les éclairer sur cette situation, c’est reconnaître, on ne peut mieux ouvertement, que l’on est mus par des motivations autres que la recherche des moyens de …/…

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    …/… rembourser notre dette. La manière même qu’emploie le Général NEZZAR pour relater comment le Gouverneur de la Banque d’Algérie avait été accueilli par lui et par le Président du HCE constitue un aveu explicite et suffisant que le recours au FMI avait été décidé ailleurs que là où il tente de le situer.

    Cette partie de la « mise au point » du Général NEZZAR qui décidément n’en est pas une, mais plutôt un aveu par inadvertance, me donne l’heureuse occasion de rendre un hommage vibrant et appuyé à Abdelwahab KERAMANE qui assumait la charge de Gouverneur de la Banque d’Algérie en 1993. Je me réjouis d’autant plus de lui rendre cet hommage aujourd’hui qu’à l’époque il m’était arrivé parfois de douter qu’il s’était laissé quelque peu circonvenir par les partisans du rééchelonnement, qui prédominaient alors dans certains secteurs de nos services économiques et financiers. Au demeurant, à l’époque, j’avais fait part de mon doute à lui-même et à l’un de ses proches. Ancien Elève de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale des Mines de Paris, qui sont des institutions d’où est issue une large partie de la fine fleur de l’élite scientifique et technique française, Abdelwahab KERAMANE a fait preuve d’un courage émérite et exceptionnel ainsi que d’une force de conviction méritoire, malheureusement devenue rare chez beaucoup de nos cadres, en allant affronter ceux qu’il savait être les auteurs de mon limogeage et dont il connaissait la détermination d’aller au rééchelonnement pour les dissuader de recourir à ce rééchelonnement et les informer des données réelles de nos finances extérieures. Sa formation scientifique d’une solidité reconnue par tous et son honnêteté intellectuelle faisaient de lui, pour ceux auxquels il rendait visite, la meilleure source à saisir pour s’informer à la fois de l’état de nos moyens de paiement, des prétendues « dettes non honorées à échéance » ainsi que des « fameux procédés techniques que seuls les financiers connaissent » comme le dit Khaled NEZZAR.

    En sa double position d’un homme pourvu de qualifications scientifiques très rares dans notre pays et de premier responsable de la Banque Centrale de l’Algérie possédant et exerçant le monopole de la détention et de la gestion de nos avoirs en devises corrélativement avec la fonction de l’organisme national chargé du suivi de l’évolution de notre dette extérieure et de l’échéancier des déboursements découlant de cette dette, Abdelwahab KERAMANE était sans doute parmi les hauts fonctionnaires de l’Etat, l’homme le plus compétent et le plus autorisé pour fournir au Président du HCE et au membre de ce HCE considéré comme le détenteur du pouvoir réel dans le pays, les chiffres et les données qui leur étaient nécessaires en vue d’être vraiment au fait de l’état exact de nos moyens de paiement extérieurs et de nos relations financières avec l’étranger. Les chiffres et les données émanant de Monsieur Abdelwahab KERAMANE étaient certainement d’une fiabilité plus crédible et plus sûre que celle relative aux chiffres et aux faits cités par le Conseiller de la Présidence, que les Généraux TOUATI et NEZZAR se plaisent à invoquer comme la source miraculeuse des vérités qui auraient été à l’origine de leurs prétendues préoccupations et de leurs angoisses supposées. Le Président Ali KAFI et le Général NEZZAR auraient pu éventuellement confronter les données communiquées par Monsieur …/…

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    …/… Abdelwahab KERAMANE avec celles rapportées par le Conseiller de la Présidence et, le cas échéant, les faire confirmer ou contester par le parent du Général TOUATI travaillant comme Cadre de la Banque d’Algérie. A suivre les termes employés par Khaled NEZZAR dans sa mise au point, on est, pour le moins, quelque peu froissé de constater que le Gouverneur de la Banque d’Algérie fut écarté comme d’un revers de la main avec ses chiffres qu’il pouvait donner pour éclairer ceux qui, de par les responsabilités qu’ils assumaient, ne devaient négliger aucune source pour affiner leurs informations sur la situation du pays.

    En ces circonstances où Monsieur Abdelwahab KERAMANE connaît une phase difficile et pénible dans le cours de sa vie, la nature des termes utilisés par le Général NEZZAR pour évoquer la manière dont l’ancien Gouverneur de la Banque d’Algérie avait été éconduit à la suite de l’audience qu’il avait sollicitée du HCE pour aviser les dirigeants de l’Etat de la position réelle de l’Algérie sur le plan de ses moyens de paiement extérieurs, traduit, pour le moins, un manque d’égard désinvolte ainsi qu’une malveillance injuste et quelque peu déplacée envers un homme qui a servi honnêtement et loyalement son pays.

    Cet empressement du Général NEZZAR à montrer que lui et le HCE s’en remettaient uniquement au soi-disant séminaire d’experts, aréopage réuni selon toute probabilité pour les besoins de la cause, celle du rééchelonnement, pour décider de l’opportunité et du principe de ce rééchelonnement, me donne le droit de m’interroger si le retard apporté à la signature de l’accord convenu entre la SONATRACH et une société pétrolière américaine sur le gisement de Rhourde El Baguel, n’avait pas été le fait de ceux qui intriguaient en vue de faire apparaître le rééchelonnement comme la seule issue qui s’offrait, alors, à l’Algérie afin de surmonter ses difficultés en devises. Pour les partisans de la soumission aux conditionnalités du FMI, il fallait écarter et, éventuellement, saboter toute initiative susceptible de montrer que l’Algérie détenait des atouts sérieux et solides pour échapper à la férule du FMI.

    9°/ Sur ce que dit le Général NEZZAR au sujet de ma formule sur « l’économie de guerre », je m’en tiens à ce que j’ai écrit dans mon livre en réponse à l’ouvrage du Général NEZZAR où il reprend ma formule en termes condescendants, lesquels termes, du reste, concordent assez bien avec l’idée qu’il donne lui-même de son aptitude à traiter des problèmes économiques. Dans sa mise au point, il reproduit « mutatis mutandis » la phrase qu’il a déjà employée dans l’ouvrage évoqué ci-dessus, sans consentir le moindre effort pour la renouvellement de l’expression de sa pensée.

    Néanmoins, puisqu’il en vient à tourner en dérision mes idées sur la solution du problème de notre dette extérieure, pourquoi ne raconte-t-il pas son voyage en Arabie Séoudite, d’où il croyait revenir avec un chèque de milliards de dollars permettant à l’Algérie de se libérer de la contrainte de ses engagements financiers extérieurs ? Evidemment, il revint bredouille de sa visite en Terre sainte. Le Gouvernement Séoudien s’était contenté …/…

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    …/… de demander à son fonds créé pour financer des projets de développement dans les pays arabes ou islamiques, de prendre en charge quelques investissements en Algérie. La connaissance qu’il revendique sur les questions de stratégie, jointe aux prouesses intellectuelles de celui dont il avait fait le « mokh » de l’ANP n’auraient-elles pas dû suffire à lui faire pressentir qu’il ne pouvait espérer un concours aussi « stratégique »de la part d’un pays qui accordait son parrainage et toute sa bénédiction au groupe politique auquel lui-même, le Général NEZZAR, déclarait livrer une guerre sans merci en Algérie. N’y avait-il pas là au moins une forme de naïveté qui, comme il l’écrit à mon sujet sur « l’économie de guerre », « couvrait beaucoup de bonne volonté et de sincérité, mais rien de plus », de la part d’un haut gradé de notre ANP, « brave homme au demeurant et patriote sans doute » ?

    10°/ Une autre déformation à laquelle se livre le général NEZZAR dans sa mise au point : la manière dont il prétend rendre compte de ma proposition de proclamer l’état d’exception :

    – je n’avais à aucun moment demandé aux membres du HCE de commettre un « parjure impardonnable » à leur serment « sur le Saint Coran » de ne servir que pendant la période qui restait à courir du mandat du Président « démissionnaire ». Il suffit de se reporter au texte du programme de mon Gouvernement et au texte de la conclusion formulée en épilogue à ce programme pour mesurer l’abus de langage que commet le Général NEZZAR dans la rédaction du passage de sa mise au point qu’il consacre à cette question de l’état d’exception. En effet, à aucun moment, je n’avais revendiqué pour moi « une carte blanche » ;

    – Je lui rappelle simplement qu’au cours de la séance qui nous avait réunis de nouveau à trois : le Président Ali KAFI, lui-même et moi dans le bureau présidentiel au Palais du Golf pour me faire des observations d’avoir publié, sans avoir consulté au préalable le HCE, un communiqué donnant la réaction de mon Gouvernement à la révélation par la presse italienne et internationale de la commission versée pour la conclusion du contrat de vente du gaz naturel algérien à l’Italie, il m’avait suggéré de dire au Président Ali KAFI quelle idée il inclurait au sujet du Gouvernement dans l’allocution qu’il devait adresser au peuple algérien le 8 mai 1993 au soir, à l’occasion de l’anniversaire des massacres perpétrés dans le Constantinois le 8 mai 1945. J’avais répondu que je souhaiterais simplement que le Président annonçât qu’au terme de son mandat, le HCE ne manquerait pas de prévoir les dispositions à mettre en oeuvre afin d’assurer que la politique définie dans le programme de travail du Gouvernement et approuvée officiellement, serait poursuivie et sa continuité confirmée par delà l’expiration du mandat de ce HCE. C’est abuser volontairement de la foi du lecteur que de laisser soupçonner qu’à un moment quelconque de mes rapports avec le HCE, j’aurais songé à me faire délivrer une « carte blanche » pour gérer le pays.

    Je saisis cette occasion pour rappeler que le Général NEZZAR semble avoir oublié ou vouloir oublier la séance de travail qui nous avait réunis à trois dans le bureau présidentiel le 3 mai 1993, dans l’énumération qu’il donne de ses rencontres avec moi.

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    – Je lui rappelle, enfin, que le jour où il était venu dans la villa « Djenane El Mefti » pour m’annoncer les changements intervenus au niveau du Ministère de la Défense Nationale, il m’avait clairement déclaré qu’il se destinait à assumer la charge de la transition qui allait suivre l’expiration du mandat du HCE. Il est évident que, dans ce cas, il se serait agi seulement d’une autre mission, différente de l’éventuelle prolongation de la mission du HCE.

    Mais, au fait, le Général NEZZAR continuerait-il encore à soutenir que ce qui s’était passé, réellement, en janvier 1994 n’était pas, du point de vue constitutionnel, l’état d’exception et en différait véritablement sur le plan des faits ?

    11°/ Je laisse au lecteur et à tout observateur algérien le soin d’apprécier ce que dit le Général NEZZAR du rôle du HCE et ce que j’en dis moi-même dans mon livre. Je souligne simplement que je n’ai pas écrit que le Général TOUATI a été responsable du limogeage de mon Gouvernement. Au demeurant, il ne disposait d’aucun pouvoir à cet effet. Par contre, j’ai écrit et je continue à soutenir qu’il a intrigué en vue de parvenir à cet objectif. Je préfère n’émettre aucun commentaire sur ce que dit le Général NEZZAR des pensées qu’il m’attribue au sujet des choix découlant des options de notre Révolution, de ceux qui adhèrent ou n’adhèrent pas à ces choix. Je n’ai, dans aucun de mes écrits, prétendu être un « nationaliste pur et dur ». Ce ne sont que des propos dont m’affublent des gens qui, dans leur for intérieur, éprouve quelque remords chaque fois que retentit à leurs oreilles ou passe sous leurs yeux le terme nationalisme. Faut-il, pour ne pas irriter la sensibilité maladive de cette catégorie de gens et ne pas susciter leur malaise intérieur, taire soi-même ce qu’on a été afin de ne pas déclencher la litanie des gronderies du genre que l’on trouve dans la mise au point du Général NEZZAR ?

    12°/ Le Général NEZZAR estime « présomptueux » de prétendre que le MTLD avait inspiré, préparé et déclenché notre Révolution. Je regrette de lire de tels propos dans un texte portant la signature d’un homme qui a exercé des responsabilités nationales du niveau de celles qu’avait exercé notre ancien Ministre de la Défense Nationale. Certes, ni MESSALI qui a été le créateur, le Leader incontesté et le Président du PPA – MTLD et, en réalité, le fondateur du nationalisme populaire et révolutionnaire algérien, ni la dernière direction du PPA – MTLD incarnée dans son Comité Central n’avaient été partie prenante dans la décision qui a déclenché l’action armée le premier novembre 1954. Mais, à part le Général NEZZAR, qui pourrait considérer comme « présomptueux » d’affirmer que :

    – la déclaration même du premier novembre 1954 porte bien l’empreinte des idéaux et des choix du PPA – MTLD ;

    – le drapeau qui est aujourd’hui l’emblème national de l’Algérie était la bannière même arborée par ce Parti depuis sa création ;

    – tous les hommes qui étaient passés à l’action le 1er novembre 1954, sortaient des rangs du PPA – MTLD, y avaient effectué leur formation et y avaient puisé leurs idées directrices ;

    – l’O.S. qui a été le creuset du premier novembre 1954 avait bien été créée par le PPA – MTLD ;

    page 17

    – les faibles moyens réunis et mis en œuvre le 1er novembre 1954 proviennent des militants du PPA – MTLD ou bien des éléments récupérés sur les ressources de leur parti mises en réserve par ces militants en prévision justement du jour où ils devaient passer à l’action ;

    – les neuf chefs historiques du FLN et de l’ALN étaient bien des militants du PPA – MTLD ;

    – la majorité des chefs des Wilayas et en partie les premiers parmi eux durant la guerre de libération nationale avaient été des militants du PPA – MTLD ;

    – la majorité écrasante des membres du CNRA, du CCE et du GPRA avaient été des militants du PPA – MTLD ;

    – les dix Colonels qui avaient eu à régler en 1959 les problèmes posés au sein du FLN, de l’ALN et du GPRA avaient été des militants du PPA – MTLD ;

    – les négociateurs qui avaient eu à conclure avec la France les Accords d’Evian ayant conduit à l’indépendance de l’Algérie, avaient été des militants du PPA – MTLD ; la qualité de négociateur dans une négociation de cette importance, étant attachée, évidemment, à ceux qui détiennent le pouvoir ou prennent le courage de dire oui, quand il s’agit de céder quelque chose au partenaire-adversaire ;

    – BOUMEDIENE, l’architecte fondateur de notre ANP que le Général NEZZAR a eu l’honneur de commander, se définissait d’abord comme étant du PPA – MTLD.

    En fin de compte, tout le monde sait que le triomphe de notre Révolution et la libération nationale avait été l’œuvre de tous les patriotes algériens et le résultat des sacrifices consentis par tous les Algériens, hommes et femmes et cela, en application des principes et des conceptions politiques avancés et défendus par le PPA – MTLD, principes et conceptions que l’on n’a pas cessé de suivre à travers les actes et les pensées qui avaient toujours inspiré et guidé nos moudjahidines, n

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    • wahid
      7 octobre 2015 at 13 h 45 min - Reply

      Au cours de cette rencontre, Rédha MALEK m’avait prévenu que j’allais recevoir des remontrances pour avoir publié, sans consulter au préalable le HCE, un communiqué au sujet du scandale révélé par la presse italienne sur le versement d’une commission concernant le contrat de vente de gaz naturel algérien à l’Italie. Parlant encore cette fois-ci seul, le Général NEZZAR m’avait indiqué que nous devions gouverner à trois et coordonner notre action à cet effet. Une autre rencontre dont je me souviens était celle qui avait eu lieu à l’occasion de la visite qu’il m’avait rendue dans la villa Djenane El Mefti avant son voyage en Arabie Séoudite. Nous avions parlé de l’objet de son voyage ainsi que d’autres questions liées à nos activités respectives.

      Pour ce qui est de l’une des rencontres que j’avais tenue avec lui au siège de son Ministère et au cours de laquelle il m’avait parlé du cas du journal « El Watan », son intervention n’avait concerné que la suspension de ce journal ; quant à l’incarcération du directeur de ce journal, il sait parfaitement bien que le responsable de cette incarcération était son collègue, le Général Abbès GHEZIEL et non moi, à moins que là aussi, un trou de sa mémoire l’ait amené à m’attribuer un acte dont je n’étais pas responsable et même à me croire doté d’un pouvoir dont il savait que je n’étais pas pourvu. La meilleure preuve que je n’avais pas ce pouvoir n’est-elle pas dans le fait que la procédure pénale ouverte contre le quotidien EL WATAN et ses journalistes s’était poursuivie bien au-delà de mon départ du Gouvernement et même largement après la fin du mandat du HCE et la mise à la retraite du Général NEZZAR ?

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    • wahid
      7 octobre 2015 at 13 h 47 min - Reply

      Cet empressement du Général NEZZAR à montrer que lui et le HCE s’en remettaient uniquement au soi-disant séminaire d’experts, aréopage réuni selon toute probabilité pour les besoins de la cause, celle du rééchelonnement, pour décider de l’opportunité et du principe de ce rééchelonnement, me donne le droit de m’interroger si le retard apporté à la signature de l’accord convenu entre la SONATRACH et une société pétrolière américaine sur le gisement de Rhourde El Baguel, n’avait pas été le fait de ceux qui intriguaient en vue de faire apparaître le rééchelonnement comme la seule issue qui s’offrait, alors, à l’Algérie afin de surmonter ses difficultés en devises. Pour les partisans de la soumission aux conditionnalités du FMI, il fallait écarter et, éventuellement, saboter toute initiative susceptible de montrer que l’Algérie détenait des atouts sérieux et solides pour échapper à la férule du FMI.

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    • wahid
      7 octobre 2015 at 13 h 50 min - Reply

      Le seul empressement et pour tout dire, la seule pression dont je sentais l’intensité au cours des derniers mois de l’exercice de mon Gouvernement, est la hâte manifestée par certains milieux d’aller au FMI pour y immoler l’Algérie et en ramener l’argent du rééchelonnement pour les besoins de l’import-export.

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  • rachida
    6 octobre 2015 at 6 h 59 min - Reply

    le grand déballage, les langues vont se délier, toute histoire familiale porte en elle l’empreinte de ces « gens » là!

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  • lyes laribi
    6 octobre 2015 at 7 h 04 min - Reply

    Pardon, mais en parlant ainsi, je crois que ce monsieur est dans un délire total. heureusement que LQA existe toujours. Depuis quand ce monsieur s’est confronté à moi. Je lui rappelle simplement qu’il était à Genève (Berne)* au moment ou j’ai témoigné et il a bien refusé cette confrontation ainsi à Paris. Dans la première, il espérait les meilleure jours peut être ma disparition où une maladie grave tel que colporté par ses acolytes sur les réseaux sociaux où peut être un achat de mémoire comme à Paris. Il y a des témoins qui disent que s’est lui qui a voulu une seconde fois soudoyer Boukezouha à travers un ancien du DRS, journaliste pour certains. Tandis qu’à Paris tout le monde connait l’histoire et sa négociation avec le parquet, en créant une diversion avec l’affaire Souaidia. Monsieur le dafiste, vous n’avez et vous n’aurez pas le courage d’une confrontation dans l’honneur car tout simplement vous êtes tout simplement issu de l’école des traites.
    PS : communiqué publié par moi-même sur ce site après mon témoignage à Berne en octobre 2013.

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  • Madjid Kessasi
    6 octobre 2015 at 13 h 38 min - Reply

    Au haut gradé de l’armée …. en retraite!

    Je voudrais d’abord dire qu’heureusement pour une bonne partie du peuple algérien, qu’il y avait « des Khaled Nezar ou autres » … en 1991. Car dans le cas contraire on serait aujourd’hui gouverné par des fondamentalistes. Ce n’est pas que je suis contre l’islam et le Coran, mais les cadres du FIS et leurs militants voulaient à tout prix le Coran comme constitution et mode de gouvernance, alors que c’est tout simplement un livre religieux révélé au prophète Mohamed (que le salut soit sur lui), et pas plus ni moins, comme d’ailleurs le sont les autres livres révélés comme la Bible et les Evangiles au cours de l’histoire de la religion monothéiste.

    jes sais que certains vont me dire que je suis déjà hors sujet et que le problème n’est pas la religion, c’est l’arrêt du processus électoral et ses graves conséquences. Or tout la decennie appelée noire est venu dans une large mesure de là! Certains me diront aussi que le peuple a voté et qu’il faut respecter la légitimité populaire. Mais, pour le moment, je vais éviter de parler de cette histoire « d’élection libre et transarente » alors que rien n’a été respecter sur le plan de son organisation technique (problème de la gestion des bureaux de vote, problèmes des listes électorales, problèmes de la commission indépendante de contrôle des élections, problème des procurations, etc…etc..) Bref !je continue donc mon argumentation.

    Je sais très bien que pour certains le Coran n’est pas seulement un livre religieux mais une « encyclopédie » qui parle de tout … du social, du politique, du religieux, de l’économie, de la science, de la manière de gouverner les fidèles, de la manière de combattre les ennemis de Dieu et de l’islam etc… etc.. , et donc à lui seul il est mieux qu’une constitution ! Cà ne se passe pas comme çà à mon avis et je suppose que les intentions de Dieu ce sont rien d’autres que de dire aux hommes qu’il faut le respecter , l’aimer, l’évoquer et l’honorer pour pouvoir supporter toutes les souffrances et les maux de la société humaine, pour aspirer au bien et combattre le mal et qu’ils seront recompenser dans l’au- delà s’ils se comportent bien….etc. Les gens raisonnables et fondamentalement pieux ne croient pas que le Coran puisse régler toutes les misères du monde, tous les problèmes politiques du monde, tous les conflits du monde, tous les problèmes économiques du monde, tous les problème sociaux du monde et toutes les injustices du monde puisque même dans le pays des lieux saints de l’islam lui-même (et dans d’autres républiques islamique), on n’a rien constaté de tout çà ! Cà c’est un point !

    Le deuxième point, c’est que ce n’est pas tellement grave que de penser que le Coran c’est « tout » et que c’est la « meilleure religion » du monde etc.. etc. Aucun soucis la dessus. Mais , … le grand mais.., c’est que certains hommes politiques se proclament sans crainte et sans honte comme les représentants de Dieu sur terre et qu’ils se considèrent mandatés par Dieu pour gouverner des peuples. C’est horrible comme projet politique, je pense ! Or le FIS a utilisé le Coran, donc il s’est appuyé sur le Coran pour tenter de prendre le pouvoir! Et en plus, parmi ses militants et sa milice il y en avait beaucoup qui interprétaient à leur façon le Coran et le déformer pour imposer des choses qu’ils faisaient passées pour des «ordres» de Dieu (tenues vestimentaires, renoncement à la vie moderne, retour aux pratiques de l’époque du prophète, démocratie kofr etc… etc..). Sans parler des intimidations, des menaces et des pressions permanentes sur une catégorie d’algériens.

    Il était donc normal que beaucoup de citoyens aient refusé cette façon de faire de la politique et que sans les « Nezzar and Co », on aurait vécu dans une forme d’autoritarisme d’ordre religieux qui devait s’imposer à tout le monde et venir se substituer à la dictature militaire !

    Mais, et là aussi il ya un autre mais, il faut dire et répéter à « Khaled Nezar et ses potes » que la partie du peuple qui était solidaire avec l’armée pour l’arrêt du processus électoral espérait que le pouvoir et le gouvernement allaient s’atteler dès le lendemain de l’arrêt du processus électoral à mettre le pays sur les rails d’une vraie démocratie, l’alternance politique et la justice sociale!

    Or,25 ans après, c’est une vraie catastrophe qu’on a devant nos yeux. Çà fait une génération qu’une partie du peuple a refusé la «république islamique» mais tout s’est s’aggravé sur le plan de la gouvernance ! On a eu plus de hogra, plus de détournements, plus de corruptions, plus de malversations, plus de mépris envers le peuple et toujours un régime autocratique, militaire et despotique ! On a utilisé aussi la déportation, la disparition, l’assassinat, les enlèvements, l’intimidation etc… etc… c’est-à-dire plusieurs méthodes que le FIS utilisait lui-même. Donc ya s’hab les « Nezzar and Co » vous avez trompé et trahi l’Algérie gravement deux fois : en 1962 et en 1991.

    C’est pour çà que le peuple commence à se dire : « finalement avec le FIS, on aurait pu être dans un moindre mal et que quelque part ce FIS avait raison de chercher à chasser les vautours, les hyènes, les dinosaures, les troglodytes, les voyous, les mafieux, les voleurs qui gravitent toujours au sein du pouvoir et du gouvernement avec un turn-over qui ne sort jamais du même groupe de personnels politiques.

    Finalement aucun changement. Finalement aucun effort pour démocratiser le pays ! Finalement aucun effort pour changer de gouvernance! C’est devenu catastrophique l’Algérie ya « Khaled Nezar and Co » surtout avec ce règne de Bouteflika avec les Gaid, Saidani, Sidi Said, Ghoul, Ouyahia, Sellal et tous ses ministres successifs et d’autres encore parmi les plus hauts gradés de l’armée! C’est une honte et vous avez échoué et donc dégagez tous comme vous êtes. « Ya Nezar and Co »,vous avez trompé gravement une bonne partie du peuple qui voulait vivre librement et qui ne voulait plus ni de la dictature militaire ni de la dictature religieuse.

    Mais malheureusement, au rythme où vont les choses … avec aggravation, tout le monde est convaincu que rien ne changera même après la mort de l’homme au fauteuil roulant et il n’est pas exclu que le peuple choisise de descendre dans la rue mais cette fois-ci j’esprère que çà sera pour vous déloger des Tagarins, des Ministères et du siège du « FLN and Co » !

    Dernière remarque en direction de Khaled Ziari qui était un des leurs durant la decennie noire !Il répond à la question :  » Khaled Nezzar et Ali Tounsi avaient beaucoup de points en commun. Lesquels ? » ceci :

    « Des points que je préfère taire par rapport à nos martyrs, à notre institution militaire et à la morale publique ». Eh ben moi, je lui répond où il parle et dit tout ou il ferme sa gueule ! Nos martyrs sont morts pour un pays libre, un pays de liberté, un pays de dignité, un pays de justice sociale donc laisson nos martyrs en paix et d’une manière définitive! Lui-même à fait partie du pouvoir durant de longues années, donc pour moi il est à la même enseigne que « Nezzar and Co » !

    Un grand salut à tous mes frères algériens qui cherchent la liberté et la dignité! Pardon pour la longueur de mon intervention et merci à ceux qui ont bien voulu me lire jusqu’au bout !

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  • Nordine’
    6 octobre 2015 at 14 h 56 min - Reply

    les ex-serpillières-torchons de l’armée française osent encore ouvrir leur bec
    à saletés, saletés et demi ….

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  • Dria
    6 octobre 2015 at 15 h 48 min - Reply

    @ Madjid Kessassi

    Vous commencez par « heureusement qu’il y avait khaled Nezzar …sinon c’était les islamistes… » ce raisonnement faux, fait penser certains egyptiens comme vous, en acceptant le Gommage voir l’exécution propable d’un MORSI élu au suffrage universel au détriment d’un militaire sanguinaire qu’est SISSI …je vous laisse le soin de faire l’analogie, je plains vraiment vos clones egyptiens qui raisonnent et pensent comme vous avec tous mes respects cher Madjid, ils finiront par se rendre compte, mais au prix de combien de victime….

    Je ne suis pas un islamiste, mais sincérement croyais vous que les islamistes algériens ou les fréres musulmans en egypte aurais fait autant de victimes que ces prédateurs de militaires que l’occident soutient juste pour contrecarrer et diaboliser l’islam, pour freiner l’émancipation de ces peuples peuples , et en faire des islamistes qu’on pousse a devenir terroristes par des exactions, des depassements et des injustices qui tranforme tout humain en monstre.

    Dite vous qu’un viol est un viol qu’il soit commis par un militaire, un islamiste, ou un laic. Oú l’ on accepte les régles de la démocratie et on s’y prette a accépter la sentence des urnes, oú alors il faut reconnaitre dés le départ qu’on est un faux démocrate et pour moi c’est pire qu’un islamiste au pouvoir .
    A part votre premiére mise au point , je partage le reste de votre intervention et le constat du régne de la médiocrité visible a des années lumiéres, n’est pas percu par nos haut gradés non pas par cécité mais par sénilité au pouvoir…

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    • Leghouati Lyes
      6 octobre 2015 at 18 h 44 min - Reply

      Cher Dria

      Je suis quelque part d’accord avec vous sur certains aspects mais vous n’avez pas répondu à la bonne problématique sous-jacente suggérée dans l’intervention de @Madjid Kessasi :

      Est-ce que c’est normal que le Coran puisse jouer le rôle de constitution, même dans un pays arabe en 2015 (n’oublions pas qu’en n’est plus en 632) ? Est-ce que c’est normal que des hommes politiques utilisent le Coran pour prendre le pouvoir politique et pour vouloir gouverner un pays ? Est-ce que les frères musulmans ne peuvent pas utiliser autre chose que le Coran et la religion comme base de leur programme politique pour convaincre leurs électeurs ?

      GRANDES ,(et je dirais même), TRES GRANDE QUESTION A LAQUELLE IL N’Y A EU JAMAIS DE REPONSE DANS LES PAYS ARABO-MUSULMANS, hélas !

      Il est même sûr que ce n’est pas demain (ou dans 100 ans je pense), qu’il y aura une réponse à cette question clé !!!

      Pour le reste, je suis d’accord avec vous et je pense qu’il est urgent de montrer de manière vigoureuse et forte que le peuple algérien dans sa majorité n’a plus envie de voir ces gueules de voyous et ces criminels qui nous gouvernent, mais qu’aussi on n’a pas envie aussi de revoir «d’autres gueules criminels» d’un autre type, venir au pouvoir ! Je me suis fais comprendre, j’espère !

      Ceci étant, bien à vous cher ami et j’aime bien vos interventions !

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  • as
    6 octobre 2015 at 17 h 22 min - Reply

    les chikours de France n’ont plus la cote. l’armee francaise opere sur le sol algerien… sans les bouteflika, la france n’aura plus de reconciliation nationale et sera exposee aux poursuites internationales… on l’a vu en syrie ou la france et les europeens, israeliens, americains financent et entrainent les daesh et autres…

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  • Dria
    6 octobre 2015 at 23 h 20 min - Reply

    cher Lyes
    promis je réponderais volontier a votre question , mais ce soir je n’ai ni l’énergie ni lle temps de le faire …
    mais grosso modo pourquoi le Coran et l islam fait si peur alors que le dernier crime a Kandouz qu ‘on qualifie d’erreur collateralle , un hopital et son personnels décimé par un pays chrétien dont les soldats ont des matricules avec une croix et une monnaie ou on lit « we trust on God » pourquoi ca n a rien de biblique et pourquoi on n’incrimine, ni saint paul ni saint joseph quand on largue des bombes sur des innocents …

    Qui a dit qu on a régner avec le coran qu’ en 632 les dynasties musulmanes du 9ème au 11ème siécle, l andalousie la dynastie ottoman .quand on costruisait des synagogues et des églises de l argent de « beit el mal » des musulmans , le coran en tant que constitution ne posait pas probléme en ces temps la, mais il faut dire que cela n’a jamais empeché les intrigues de palais et les assassinats politiques de tout temps alors ne pas confondre le Coran avec la politique des musulmans, l’islam ce n’est ni les Zouabri and co ni Ordogan et surtout pas les Aboudjerra soltani ou Ghoul .. a bon entendeur Salam

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    • Mesbah
      7 octobre 2015 at 12 h 14 min - Reply

      Bonjour Dria

      Le problème n’est pas qu’on a peur du Coran et de l’islam, loin de là . D’ailleurs, nous vivons pour la majorité d’entre nous dans la culture musulmane, on est pour la majorité d’entre nous des musulmans et on pratique l’islam comme d’ailleurs les américains pratiquent la religion chrétienne et que que tous leurs présidents respectifs jurent sur la Bible et se réfèrent souvent dans leur discours à la puissance de Dieu (et du dollar, bien sûr). Mais, ces présidents américains n’ont jamais dit que la Bible sera notre constitution ou que la religion sera au dessus de leur Constitution pluri centenaire.

      Donc, à mon avis, le problème que soulèvent les internautes @Leghouati Lyes et aussi @Madjid Kessasi, c’est celui relatif à l’utilisation de la religion et du Coran dans la politique, à l’utilisation de la religion pour prendre le pouvoir politique, pour gouverner et pour imposer le Coran comme une sorte de constitution qui s’imposerait à tous les citoyens car, comme le prétendent les islamistes fondamentalistes wanabistes ou autres, c’est Dieu qui le préconise. Voilà la problématique, sinon on n’a pas peur du Coran et du vrai islam, bien au contraire!

      Bon courage.

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  • Tassadit Ait Meddour
    7 octobre 2015 at 14 h 51 min - Reply

    @wahid, @rachida,@ Madjid Kessasi, @lyes laribi, @Nordine Mesbah, @Dria, @as, @Leghouati Lyes et tous les lecteurs de ce merveilleux forum de LQA, au risque de vous ennuyer, je vous propose une contribution de Zinedine Sekfali publiée dans le quotidien du Soir d’aujourd’hui 7 octobre 2015. Merci à LQA de la publier car, à mon humble avis,elle en vaut le détour, vraiment. Peut-être que cette contibution elle ne va pas plaire à certains et que d’autres ne seront pas d’accord avec certaines références historiques, mais il faut faire l’effort d’en rester d’abord au fond de l’article lui-même.

    Les algériens et la démocratie : une longue histoire de rendz-vous manqués!
    (Par Zineddine Sekfali)

    Dans une récente interview accordée à un quotidien national, l’écrivain Boualem Sansal a déclaré, entre autres choses, que les Algériens sont vaccinés par le pouvoir contre la démocratie. Il est vrai que pour la majeure partie des politiciens nourris à l’idéologie de l’ex-parti unique ou de ses satellites, la démocratie est perçue comme une menace et le régime qui conduit au chaos général. Pour la plupart de ceux qui se revendiquent de l’islamisme, elle est l’hérésie même et mène à l’enfer. L’islamisme une idéologie politique qui utilise l’islam à des fins politiques. Une fois de plus, il nous faut clarifier les concepts utilisés.

    Quand les islamistes et les islamophobes sont d’accord

    L’islam et l’islamisme sont deux choses différentes et distinctes. Il n’y a que les islamistes et les islamophobes qui les confondent, et prennent l’un pour l’autre. L’islam est une religion qui a donné naissance à une culture et une civilisation des plus brillantes de l’humanité. Si cette culture et cette civilisation ont régressé, c’est de notre faute en tant qu’individus et peuples. Le mal n’est pas dans l’islam, il est en nous. Nous avons lutté contre le terrorisme, mais on a battu en retraite devant l’intégrisme. Aujourd’hui, on ploie devant l’obscurantisme. Ne cherchons pas ailleurs le secret de nos maux, dirais-je en reprenant presque mot à mot cette phrase tirée des Confessions d’un enfant du siècle, d’Alfred de Musset.
    L’islamisme est une idéologie politique autoritaire et totalitaire. Dès que les islamistes arrivent au pouvoir quelque part, les premières mesures qu’ils prennent sont autoritaires, comme par exemple créer une police de la foi, limiter les libertés publiques et individuelles, brider davantage les droits et les libertés déjà toutes relatives de la femme parce qu’elle est femme, remettre en vigueur, en tant que sanctions pénales, les flagellations et les amputations des membres, instaurer des modes vestimentaires importés d’ailleurs, censurer la presse et la télévision, se débarrasser des œuvres littéraires et artistiques qui seraient décadentes, allonger la liste des interdits, faire du prosélytisme à tout vent, etc. L’islamisme remet en cause tous les acquis des grands réformateurs tels que le réformateur algérien Abdelhamid Ben Badis, en encourageant le retour au tribalisme, aux sectes, au maraboutisme, à la superstition et aux pratiques irrationnelles d’un autre âge.

    L’islamisme et ses appels au meurtre

    L’islamisme a même osé élever au rang d’acte de piété et de foi, récompensé par Dieu, l’assassinat ! Tirer au fusil-mitrailleur, comme l’a fait un jeune Tunisien à Sousse au début de l’été dernier, sur des touristes pacifiques, assis ou allongés sur une plage, est un acte lâche. Rien ne le justifie ni l’excuse. Son auteur ne peut en aucune manière être considéré comme un moudjahid ou un chahid. L’islam condamne cet acte et son auteur, sans appel ni aucune circonstance atténuante. Au passage, je saisis cette occasion pour remercier les Tunisiens d’avoir diffusé, comme ils l’ont déjà fait pour l’attaque perpétrée peu de mois avant au musée du Bardo, les images, notamment celles de la poursuite de l’auteur de l’agression criminelle et de sa mort sur la chaussée, dans un caniveau. Ces images contiennent un message à l’intention de ceux qui seraient tentés d’imiter le tueur. La dissuasion et l’exemplarité, que les pénalistes attribuent à la peine de mort ne sont pas que de vains mots.

    En quoi Sansal se trompe

    Mais pour en revenir à ce qu’a dit Boualem Sansal à El Watan, j’estime, en toute modestie, qu’il se trompe doublement. D’abord en laissant entendre que la démocratie est une pathologie, il avance quelque chose de totalement inexact. Il n’y a que dans le cerveau de Pol Pot ou l’un de ses semblables, que peut naître une pareille idée ! Non, la démocratie n’est pas une pathologie mortelle ! Ce sont ses antonymes, c’est-à-dire la tyrannie, la dictature, l’absolutisme et le despotisme qui sont des maladies fatales pour les libertés individuelles et collectives des citoyens. L’enfer est là où ces systèmes totalitaires dominent. Sansal fait fausse route aussi, en suggérant que les Algériens, certes déjà profondément formatés par des décennies de propagande officielle et de bourrage de crâne religieux, préféreraient vivre sous un régime despotique plutôt qu’en démocratie. C’est une affirmation tout à fait contestable. Ce qui est par contre incontestable, c’est que le peuple algérien est l’un des rares peuples encore sevrés du droit légitime de vivre en démocratie.

    Qui n’aime pas la démocratie ?

    Ce ne sont pas, en effet, les Algériens qui sont hostiles à la démocratie, mais bien tous les dirigeants de l’Algérie qui se sont succédé depuis 1962, à l’exception toutefois du Président Boudiaf. Celui-ci fut non seulement un «watani», comme tout le monde le reconnaît aujourd’hui, y compris ceux-là mêmes qui l’ont traîné dans la boue de 1962 à 1992, parce qu’il rejetait le monopartisme, revendiquait le pluralisme politique et avait créé un parti, le PRS, vite déclaré illégal et poussé à la clandestinité. Boudiaf fut aussi et de manière particulièrement engagée un fervent démocrate. A cause de cela, il a dû fuir son pays pour se réfugier à l’étranger jusqu’au début de l’année 1992, date à laquelle on l’a appelé à l’aide pour participer au sauvetage de l’Algérie qui était alors gravement menacée dans son unité et son identité. Il a répondu à l’appel, sincèrement convaincu que l’heure était venue de démocratiser l’Algérie et ses institutions. Cela lui a coûté la vie, tout le monde le sait, puisqu’il a été exécuté en live, par un tueur d’une précision professionnelle, qui a tué sa victime et seulement elle, dans une salle archicomble ! En effet comme en 1988, ni ceux qui étaient au pouvoir ni les islamistes qui se préparaient à prendre coûte que coûte le pouvoir ne voulaient entendre parler de démocratie.
    Néanmoins, il est totalement injuste à mon sens, de dire que la démocratie n’est pas dans la culture du peuple algérien. Dire que la démocratie nous répugne, c’est dire quelque part que nous sommes un peuple composé d’individus taillables et corvéables à merci, et d’hommes nés pour la servitude. C’est insultant, diffamatoire et calomnieux. Par contre, ce qui n’est pas dans la culture et les traditions ancestrales des Algériens c’est, si on veut bien se donner la peine de consulter les livres d’histoire, l’idolâtrie du chef, le besoin d’un guide, d’un führer, d’un duce, d’un caudillo, d’un petit père du peuple, le culte de la personnalité, la soumission aux nababs et aux satrapes. L’Algérien n’a jamais aimé ni les totems primitifs ni les statues modernes dressées de leur vivant ou après leur trépas, en hommage à tel despote ou tel potentat. Il est injuste de faire grief au peuple d’être antidémocratique, quand ce sont ses dirigeants qui, de toute évidence, le sont non point par je ne sais quelle inculture démocratique, mais par goût de l’autoritarisme. Pour tous les régimes totalitaires d’hier comme d’aujourd’hui, la démocratie est une idée subversive, elle est la subversion même. N’enflamme-t-elle pas les esclaves, et ne soulève-t-elle pas les peuples dominés et les masses soumises ? Ceci est un constat que n’importe quel citoyen lambda peut faire de lui-même : la démocratie libère l’individu, tandis que le totalitarisme le soumet. Ce qui fait la noblesse de l’esclave, c’est sa révolte, a dit, sans doute dans un moment de totale lucidité, un célèbre philosophe allemand. La démocratie n’est une menace que pour les intérêts personnels des hommes de pouvoir, de leur parentèle, de leur clientèle et de la myriade de nababs et satrapes qui siphonnent impunément les finances publiques et pillent le patrimoine national.

    La démocratie aux yeux des islamistes

    Chez les «passéistes» et tous ceux pour qui la religion impose l’immobilisme, la stagnation et le retour en marche-arrière aux temps anciens les plus reculés, la démocratie est carrément une hérésie : kufr, fitna ou bidaâ, au choix ! Tous ces termes, on l’aura remarqué, font partie du vocabulaire religieux et ne sont pas des mots des sciences politiques. Tel est, hélas, la lexicographie et l’horizon intellectuel de nos religieux qui ramènent automatiquement tout à la religion ! Les idéologues des régimes autoritaristes tels que le nazisme, le fascisme et le bolchévisme n’utilisent jamais les termes religieux. Ils rejettent et condamnent la démocratie parce qu’à leurs yeux, elle est l’incarnation de la décadence, du déclin, du désordre et du chaos. Mais les islamistes ont, par formation et par profession, une conception théocratique et théologique du pouvoir politique.
    Certes, étant iconoclastes par conviction religieuse, ils rejettent les «totems», répugnent au culte de la personnalité et refusent de s’incliner devant des statues. Mais comme atteints de schizophrénie, ils se prosternent, sans honte, devant le «wali el amr» et exhortent les croyants à en faire de même dans leurs prêches et sermons hebdomadaires, leurs écrits dont une presse complaisante fait ses choux gras, et leurs «dourous et fatwas» télévisés. Pour eux, le pouvoir politique est quasiment de droit divin et se transmet naturellement par voie successorale. Il y a dans tout Etat musulman, dans les républiques comme dans les monarchies, un héritier putatif ou simplement présomptif à qui la plus haute charge de l’Etat doit échoir tout naturellement. Dans ces pays, on ne demande pas, à proprement parler, l’avis du peuple dont on se moque du reste royalement. Dans les régimes politiques autoritaires, le peuple se doit d’accorder au candidat déjà choisi en conclave par la très haute hiérarchie la «tezkiya», et la «moubayaâ», terme qu’on traduit généralement par l’allégeance. La «choura», bien qu’expressément écrite dans le Coran, est très largement fictive et factice dans tous les pays musulmans. Et quand par extraordinaire on daigne y recourir, elle est en vérité réservée à une minorité triée sur le volet, réunie dans une sorte d’assemblée de soi-disant notables et de prétendus sages. L’injonction divine «wa chawarhoum fi amrihim», contenue dans le Coran, est donc ouvertement violée ou tout au moins méconnue, depuis quinze siècles ! Il en est ainsi en tout cas, depuis que Muawiya, fondateur de la dynastie des Omeyyades, a fait du khalifa d’essence élective à l’origine une dignité purement et simplement héréditaire. Il y a aussi longtemps que les théologiens et les fouqaha, fonctionnaires organiques et dignitaires dans les cours royales et les palais présidentiels, sont passés au service exclusif des «walis el amr». La question du pouvoir politique et de sa transmission sont donc en fait, comme en droit, des questions réglées depuis le premier khalife omeyyade de Damas. Pourquoi dans ces conditions s’embarrasser du formalisme démocratique ? Et surtout, étant déjà au pouvoir, pourquoi se mettre soi-même en danger en organisant des élections plurielles, libres et honnêtes, mais à l’issue toujours aléatoire ? On n’organise pas des élections pour les perdre, aurait confessé l’un des despotes ! Les peuples arabes n’ont pas voix au chapitre, parce qu’ils ne sont, aux yeux des «princes – souvent sans noblesse – qui les gouvernent», qu’un servum pecus, troupeau servile, disait le poète romain Horace (Ier siècle avant J.-C.), ou un «ghachi», comme ne cesse de le déplorer N. Boukrouh.

    La démocratie : une aspiration populaire

    Depuis le Ve siècle avant l’ère chrétienne, et donc douze siècles avant l’islam, la démocratie est née en Grèce et a été définie par l’Athénien Périclès comme étant «le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple». Elle a connu beaucoup de déboires du fait des tyrans, et autres dictateurs. Il fut un temps où les Etats démocratiques étaient minoritaires et les Etats despotiques majoritaires. Mais beaucoup de têtes de dictateurs sont tombées, ces dernières cinquante à soixante années. La liste des Etats totalitaires a rétréci et celle des Etats démocratiques a largement progressé à travers le monde, même si on doit reconnaître que l’autoritarisme persiste et résiste dans certains bastions isolés de notre monde et dans les régions ravagées par des guerres, notamment au Moyen-Orient arabe par exemple, où les populations sont maintenues dans un état d’arriération scandaleux. Je parlerai ici que de deux dictatures européennes, l’une a sévi en Espagne, l’autre en Grèce. S’agissant de l’Espagne qui a subi quarante-cinq ans de franquisme, je me souviens des images diffusées les 23 et 24 février 1981 par toutes les télévisions du monde, qui montraient une poignée de militaires espagnols commandée par un officier qui, pistolet au poing, tirait à l’intérieur du Parlement d’Espagne : c’était une tentative de putsch militaire fomentée contre la toute nouvelle démocratie espagnole, alors en train de se débarrasser des dernières séquelles du fascisme et de l’emprise de l’Opus Dei, néfaste camarilla politico-religieuse. Chose tout à fait remarquable, n’était la résistance du roi Juan Carlos – preuve vivante de ce que l’on peut être roi et démocrate — et de son Premier ministre Adolfo Suarez, pourtant issu de la mouvance franquiste, la transition démocratique en Espagne aurait été tuée dans l’œuf dès février1981, par une poignée de militaires nostalgiques de la dictature.

    S’agissant de la Grèce, qui fut pourtant le berceau de la démocratie comme rappelé ci-dessus, a elle aussi connu la dictature militaire de 1967 à 1974. Les colonels qui avaient pris le pouvoir en 1967 furent chassés sept années après, laissant la place à un pouvoir civil. Rapidement, la «classe politique» traditionnelle se mua en une véritable oligarchie, à l’intérieur de laquelle les apparatchiks des partis et du système mis en place se partageaient entre, «alternativement», le pouvoir politique, économique et financier. Le peuple (démos en grec) était de nouveau mis «out» en Grèce. Mais en 2015, un autre Athénien, en l’occurrence le Premier ministre Alexis Tsipras, vainqueur des élections générales qui ont mis «out» les anciens dirigeants dont la gouvernance a ruiné la Grèce, rétablit la démocratie et la plaça au cœur de la vie politique dans son pays d’origine. Par la même occasion, Tsipras démasquait, comme jamais personne n’a osé le faire auparavant, la fausseté des leaders européens prétendument démocrates, l’oligarchie technocratique qui tient jalousement les rênes de l’Union européenne, ainsi que le rôle envahissant et asphyxiant des banquiers et des financiers dans la vie économique des pays. Revenu devant le peuple en septembre, Tsipras a été réélu avec un confortable score qui a laissé cois tous les Cassandre qui prédisaient non seulement sa défaite électorale mais aussi sa fin politique. C’est que l’attachement à la démocratie est instinctif chez les peuples opprimés, humiliés, laissés pour compte ou abandonnés au sous-développement et à la misère, pendant qu’une minorité jouit de tous les privilèges. La conclusion qui découle de tout ce qui précède est que l’on peut fort bien se passer de la dictature, mais on ne se passe jamais, de son propre gré, de la démocratie.

    Les principes essentiels de la démocratie

    Mais que convient-il d’entendre par démocratie ? On peut disserter longtemps et longuement sur cette question. Je me limiterai ici à faire deux remarques qui me paraissent fondées et opportunes. La première est qu’il n’y a pas qu’un modèle «unique» de démocratie, mais qu’il en existe plusieurs variables d’une époque à l’autre et d’un peuple à l’autre. La seconde remarque est qu’on retrouve dans les différents modèles de démocratie connus les mêmes principes fondamentaux. Ceux-ci me paraissent essentiels :

    1- la séparation et l’équilibre des trois pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire ;
    2- l’alternance au pouvoir ;
    3- des élections propres et honnêtes ;
    4- le pluralisme politique, qui implique l’existence d’une opposition dotée d’un statut et qui lui permet de se structurer d’elle-même, sans interférence de l’administration ou de quelque service que ce soit ;
    5- l’Etat de droit, c’est-à-dire un système de gouvernement et d’administration fondé sur des lois et des règlements qui s’imposent à tous, y compris aux gouvernants ;
    6- la garantie par la loi et la protection par l’Etat des libertés publiques : libertés d’expression, de réunion, de la presse, d’association, de croyance, de conscience, d’aller et venir, de se réunir…
    7- l’indépendance de la justice, qui doit agir sans ingérence et dans les limites fixées par les lois de procédure, ne se prononcer que dans le strict respect des lois et des principes fondamentaux, et veiller scrupuleusement au respect du droit de la défense. Si l’un de ces «invariants» vient à manquer, on peut affirmer que l’on est en présence d’une démocratie amputée, incomplète ou inachevée, voire tronquée.

    La vraie et la fausse alternative

    Les Arabes n’auraient-ils pas d’autre alternative que celle-là : soit continuer à subir l’ancien système autoritaire aux apparences civiles et laïques soit opter pour un régime islamiste et s’attendre à passer sous le joug de Daech ou d’Al Qaïda ou d’une tendance islamiste concurrente à ces deux dernières ?
    Or, l’ancien système n’est plus viable ni fiable. Il a lamentablement échoué ; il est totalement grippé et ne tient que parce que les hommes politiques qui l’ont créé et construit, génération après génération, le maintiennent car il leur permet de se maintenir au pouvoir. Mais il est absolument illusoire d’attendre d’un régime totalitaire arabe, qu’il accepte de s’en aller de lui-même en laissant s’installer en ses lieu et place un régime démocratique ! Au contraire, tous les pouvoirs arabes, ébranlés et tétanisés par ce que l’on a nommé ici et là «le printemps arabe», agitent la menace islamiste pour écarter la démocratie qu’ils perçoivent ainsi qu’on l’a dit ci-dessus comme «la» menace. L’autoritarisme ne peut s’accommoder de la démocratie. Par contre, il peut pactiser et cohabiter avec un régime autoritaire, quitte au bout d’un certain temps à ce que l’un chasse l’autre et récupère la totalité du pouvoir. N’est-ce pas ce qui s’est passé en Egypte, entre les Frères musulmans avec à leur tête l’ex-président Mohamed Morsi, et l’ancien régime soutenu par l’armée avec à sa tête le maréchal Sissi? Le totalitarisme est un cercle vicieux qui se reproduit continuellement en s’efforçant de donner l’impression du changement. Il ne peut être stoppé dans son processus de renouvellement, que par l’instauration de la démocratie.

    Conclusion

    Pour les Arabes, le choix n’est pas entre un régime totalitaire et un autre régime totalitaire. La seule alternative qui leur est ouverte est : soit un régime autoritaire habillé en civil, en militaire ou en religieux, peu importe, soit la démocratie. L’avenir des pays du monde arabe est dans la démocratie. La page des dictatures doit être tournée le plus tôt possible. Etant bien compris que les Arabes ne revendiquent pas la démocratie contre l’islam, mais conte le totalitarisme islamiste ou autre.

    Z. S.

    (Zineddine Sekfali a exercé depuis 1963 différentes fonctions dans la magistrature. Il a été nommé à de hautes fonctions au sein du Ministère de la Justice, au Ministère de l’Intérieur puis au Premier Ministère ; enfin membre du gouvernement de 1984 à 1986 en qualité de Vice ministre chargé du tourisme.)

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  • amar
    8 octobre 2015 at 8 h 37 min - Reply

    En quoi la confession des acteurs de la « sale guerre » du pays peut elle eclairer quoi que ce soit? Avec plus de 300 OOO morts sur la conscience ils osent toute honte bue et sans retenue
    nous rappeler leurs cynismes oeuvres en tant qu acteurs zeles ou en tant qu executants c est la meme chose l histoire retiendra qu ils ont conduit (et/ou) soutenu cette barbarie inommable! Qu’ils ont seme cette culture du crime et de l enlevement de la sequestration d hommes et de femmes..qu ils ont neutralise et perverti la justice…qu ils ont seme la terreur dans une societe qui n aspirait qu a la justice! ont ils une conscience? LEURS ARRIVE T ILS D AVOIR DES REMORDS? Se sont ils interroge un jour comment pourquoi c etait a eux d etre les ordonnateurs et/ou les executants ou de toutes ces barbaries??? L HISTOIRE EST SANS PITIE ELLE A SES CONDUITS D EGOUTS ET SES PAGES GLORIEUSES …..LA MEILLEURE DES CHOSES QU ILS PEUVENT FAIRE ET DE RETOURNER VERS UN ANONYMAT QU ILS N AURAIENT JAMAIS DU QUITTER! leurs presences sur la scene publique ce n est rient d autre qu une maniere sanguinaire de remuer le couteau dans les nombreuses plaies des algeriens! 30 ANS DE RETARDS ET LES PIRES ATROCITES DU MONDE Y A T IL MIEUX QUE CE SINISTRE BILAN??

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  • amar
    16 octobre 2015 at 9 h 55 min - Reply

    vOUS AVEZ REUSSI A SEMER LA CONFUSION ET A DIVISER LA SOCIETE POUR MIEUX REGNER! tous les moyens etaient bon pour maitrise votre regne » la barbarie du kgb ne valait rien a cote de votre soif du sang et de la torture pour avilir toutes idees qui ne cadre pas avec la votre ou avec celle de vos chefs!! le bilan n est pas encore clos! periodiquement de nouvelles confessions apparaissent et periodiquement on redecouvre que l abime n est pas encore atteind :un chef d oeuvre de la barbarie

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  • lyes laribi
    22 octobre 2015 at 16 h 52 min - Reply

    D’après le colonel Benaouda, ce sinistre de général passait ses nuits à picoler à Paris avec Bigeard. Rien que ça et dire que ce sanguinaire était notre ministre de la défense.

    ___________________________________________

    Je ne sais si ce sous-officier de l’armée coloniale picolait ou pas avec le sinistre Bigeard, mais je crois que le colonel Benaouda commence à perdre la mémoire en disant que c’est Chabou (un autre soldat de l’armée coloniale) qui l’avait proposé à Chadli !!!!! Nous savons que Chabou est mort en 71 et que Chadli a été désigné « président » par l’armée en 79. C’est une question d’honnêteté intellectuelle de rétablir la vérité historique.
    Amicalement.
    Salah-Eddine.

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  • lyes laribi
    22 octobre 2015 at 22 h 13 min - Reply

    Sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec vous salaheddine. Il y a certainement une confusion de date ou peut être de personnes. De l’autre coté, nezzar dit qu’il avait baissé le pantalon à ce monsieur et il le fait dans la presse. Vous imaginez mon cher frère un dafiste faire ça à un homme de la première heure. Pour revenir à l’histoire de Bigeard que nezzar dépose plainte. Cordialement

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