Édition du
9 December 2016

Scellés rouges et ouverture mensongère

huffpostmaghreb.com Publication:

Beaucoup d’émotions s’expriment après toute opération de mise des scellés à un média … Ce n’est qu’aujourd’hui seulement que l’on s’est souvenu de la chaîne Al-Atlas qui a été « scellée » depuis un an et demi.

Avant ce jour, on avait oublié Al-Atlas. On préfère pleurer la liberté d’expression plutôt que se battre pour elle. Un retour en arrière pourrait être utile pour corriger la ligne du parcours.

Le pouvoir est, lui seul, à l’origine de cette ouverture dans l’audiovisuel. Personne, je le dis de manière absolue, personne n’a milité pour arracher la libération du secteur audiovisuel.

Le pouvoir a estimé qu’il fallait une ouverture et a décidé qu’elle sera calculée et sous contrôle. La première chaîne à voir le jour l’a été sur la base de « conseils » du pouvoir.

Même cette idée débile de créer des chaînes à l’étranger suivie de l’ouverture de bureaux en Algérie est, malgré son caractère illégal, provient du pouvoir.

Il existe des suspicions sur la manière dont sont financées des chaînes de télévision créées à l’étranger, sur la manière dont elles s’acquittent des salaires de leurs employés. Les deux se font dans l’illégalité.

QDSQDFaut-il souligner également que de simples « bureaux » ne sont pas capables d’employer des centaines de journalistes et de techniciens et d’ouvrir des bureaux dans différentes wilayas.

Ceux qui ont créé des chaînes privées n’avaient absolument pas à l’esprit la défense de la liberté d’expression. La meilleure des preuves a été leur silence de l’affaire de la fermeture de la chaine Al-Atlas.

La course effrénée vers l’ouverture des chaînes privées a été alimentée par la peur de voir les premiers venus occuper l’espace audiovisuel avec tout ce qu’il comporte de gain rapide. Personne n’accordé la moindre attention à l’aspect légal.

Dans ce domaine, fondamental, le pouvoir a continuellement louvoyé pour ne pas clôturer l’encadrement juridique de l’activité, cela lui permet de faire le tri dans l’espace médiatique en utilisant l’arme de la loi de manière arbitraire et injuste.

Son objectif était d’arriver à une scène médiatique sous contrôle. Et quelle meilleure manière d’y parvenir que de laisser les gens travailler en dehors de la loi pour les maintenir sous pression et sous domination?

 

Il est étrange que ce détail n’ait pas suscité l’intérêt de ceux qui dirigent ces chaines et dont certaines sont passées aux mains d’hommes d’affaires dont le seul souci est de plaire au pouvoir et de présenter les rites de l’allégeance.

Résultat : nous avons des télévisions privées médiocres qui reproduisent le discours médiatique officiel et donnent un semblant de crédibilité à la propagande officielle à travers une façade trompeuse que l’on nomme « ouverture » de l’espace devant l’opinion publique.

Le pire est que ces chaînes privées ont joué un rôle essentiel dans la neutralisation de la presse écrite. Elles ont préparé le terrain à sa liquidation, une opération que le pouvoir met en œuvre de manière méthodique en utilisant la carte de la publicité publique et privée.

Ce qui se déroule dans le secteur de l’information ne diffère en rien de ce qui advient au niveau politique. Le pluralisme de façade venu comme une offrande du pouvoir a généré un vide politique terrible et un pouvoir qui fait ce qu’il veut.

Cette fausse ouverture médiatique ne pouvait donner que des médias médiocres et faibles. Elle ruine – et c’est là le plus grand acquis du pouvoir – la revendication de la libération des médias qui, elle, ne peut venir que par la lutte et par les sacrifices réels.


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