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5 December 2016

Dépendance alimentaire de l’Algérie et du Maghreb : le rapport qui fait frémir

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C’est un rapport qui devrait donner des crampes d’estomac aux dirigeants algériens et ceux des autres pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient: notre dépendance aux importations qui est déjà une des plus élevées au monde risque d’atteindre des niveaux encore plus grands d’ici 2050 du fait de la combinaison de la croissance démographique, de l’évolution des régimes alimentaires et aussi de l’impact du changement climatique.

La région Afrique du Nord – Moyen-Orient (ANMO) qui est déjà considérée comme un « point chaud » climatique connait une dépendance céréalière parmi les plus élevées au monde. Elle importe déjà 40% de ses besoins alimentaires. Ce chiffre pourrait dépasser les 50% à l’horizon 2050 « si les effets du changement climatique ne sont pas contenus « .

« Dans une région complexe au plan géopolitique, les importations agricoles et les politiques alimentaires pèsent dans le budget des états et atteignent leurs limites en matière de lutte contre la pauvreté  » note l’étude

L’évolution dans la région ANMO est « miroir grossissant des défis alimentaires mondiaux et [… le] baromètre des compétitions auxquelles participent les grands acteurs agricoles de la planète « .

Les chiffres sont éloquents : la dépendance alimentaire s’est multipliée par quatre en 50 ans alors que la population s’est multipliée par 3,5 avec un régime alimentaire qui s’est « occidentalisé « .

Sous ces effets conjugués, la demande en produits agricoles est multipliée par six, celle en produits végétaux est multipliée par huit… La production céréalière a augmenté par quatre mais elle est insuffisante pour satisfaire les besoins.

Que faire ?

Les importations de blé sont passées de 5 à 44 millions de tonnes, celles du maïs qui n’étaient de 300.000 tonnes en 1961 ont atteint les 23 millions de tonnes importées en 2011. L’importation des produits sucriers a été multipliée par 15, pour atteindre 12 millions de tonnes avec un taux de dépendance de 37 %.

Cette évolution est-elle évitable ? Selon l’étude cette dépendance alimentaire pourrait être limitée à l’horizon 2050 dans le cas où trois leviers agissent simultanément : le progrès technique qui augmenterait la production locale, le changement de régime alimentaire s’orientant vers la diète méditerranéenne, et la réduction des pertes et gaspillages.

La combinaison des trois leviers – progrès technique, régime alimentaire, pertes et gaspillages – pourrait être efficace, mais cela « suppose des politiques publiques fortes en appui « . L’option la plus efficace serait de limiter le changement climatique, « ce qui suppose là-encore un engagement politique. « 

Scénario catastrophe

Les tendances évoquées se fondent sur les effets du changement climatique tels qu’ils se sont exprimés au cours des vingt dernières années. Des effets qui sont « encore relativement faibles « . La situation deviendra particulièrement noire dans le cas du scénario le plus sévère envisagé par le GIEC.

« Pris isolément, aucun de ces leviers n’a d’effet. Dans le cas où aucune mesure ne serait prise pour limiter le changement climatique, on anticipe une forte croissance de la dépendance alimentaire : le Maghreb serait particulièrement exposé, perdant 50 % de ses terres cultivables  » note le rapport en relevant que les effets climatiques auront pour effet d’accentuer les tensions sur l’utilisation de l’eau et des sols et celles liées à l’urbanisation et à la main d’œuvre.

Les conditions de la production agricole se dégradant, la dépendance aux importations du Maghreb pourrait atteindre les 68%. Une « situation préoccupante » note le rapport : « On connait les risques qu’il y a pour les Etats comme pour les économies, à atteindre de tels niveaux de dépendance : déséquilibre des balances commerciales, alourdissement potentiel des dettes d’Etat, exposition forte aux fluctuations des marchés mondiaux, crises alimentaires récurrentes, etc. « .

Avis à ceux qui nous gouvernent…


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6 Commentaires sur cet article

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  • Mouloud
    5 novembre 2015 at 11 h 52 min - Reply

    Comment voulez vous qu’il n’y ait pas de dépendance alimentaire !
    -1- Une démographie plus que galopante (les algériens font plus d’enfants que les lapins sous prétexte que : « ELI KHALKOU MA THAYADOU » comme si Dieu allait distribuer Lui-même la bouffe),
    -2- Utilisation des terres arables, fertiles pour la construction de baraques qui n’ont ni tête ni queue : cube de béton surélevé voire même démesuré et MOCHE pourvu que ce cube soit plus grand que celui du voisin,
    -3- l’absence de cadastre ou son NON fonctionnement,favorise la distribution des terres sans tenir de leurs utilité
    -4- Et Une population qui n’attend que les chinois pour lui construire des cages à poules
    tant mieux pour les chinois, ils ont trouvés des idiots qui acceptent tout !!!!

    Le paysan algérien aimait sa terre, il se levait très très tôt pour la labourer, semer etc.. Hélas ! Depuis la Révolution Agraire- qui aurait dû avoir le mérite de réparer certaines injustices- a transformée les esprits en RAGAD OUA TMANGI et,reléguer les ingénieurs agronomes au rang de simple « conseiller » sans pouvoir de décision, en réalité en simple bureaucrate, plus rien aucun effort n’est exigé, ni consenti.
    Dans le Désert du NÉGUEV- n’en déplaisent aux abrutis – les agriculteurs et éleveurs israéliens atteignent des rendement mirifiques qui leur permettent d’exporter !!
    Le Maroc exporte,la Petite Tunisie que les Algériens méprisent aussi mais,nous que faisons nous ?
    Peut on produire lorsqu’on passe son temps à jouer à la Rounda ou aux dominos ? Peut on produire lorsqu’on a compris qu’il ne sert à rien de faire des efforts et, qu’il vaille mieux aller squatter un bidonville en attendant une attribution de logement pour le revendre sinon on brûle les mairies ?

    Pourquoi produire ou favoriser la production quand l’importation – de n’importe quoi; YA ADJABA même l’ail est importé de Chine !!!!!- permet un gain facile, et sans effort SVP. Alors le plus valeureux est découragé, il passe pour un con parce qu’il travaille.
    On ne peut plus se suffire parce qu’on est devenu un pays de baltaguias!

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  • AMAR
    6 novembre 2015 at 11 h 14 min - Reply

    LE DEVELOPPEMLENT EST UNE AFFAIRE TRES SIMPLE SI GOUVERNANTS ET GOUVERNES EN EXPRIMENT LA VOLONTE! DONS NOTRE PROBLEME EST SURTOUT UNE AFFAIRE DE VOLONTE POLITIQUE! la societe algerienne n a jamais ete apprehendee comme acteur de son sort et n a jamais ete accompagnee dans ses entreprises! elle est considerree tout juste comme une charge a entretenir par des gouvernants dictateurs et incompetants! nous n avons jamais eu de politique audacieuse impliquant la societe depuis 1962! s il y a quelqu un qui se porte candidat aux apc apw apn ou senat c est exclusivement qui pour avoir un terrain qui pour un logement qui pour un privilege quelconque qui pour une retraite doree d autant que le pouvoir sait remunerer ses suppletifs d ailleurs il suffit de faire un mandat d « elus » de la nation pour pretendre a une retraite avec le pecule de senateurs pour toute la retraite !! du jamais vu alors que la plebe cravache dur pour le smig!
    l algerie a besoin d un plan marshall de l education et de la formation!
    elle a besoin d initiative tres courageuse menee par des hommes competants ( du genre une irrigation par l eau de mer du sahara avec tout ce qu il faut pour accompagner une agriculture intensive et de qualite pour l export.
    nous avons des gouvernants formes par ET POUR LA DEPENSE PUBLIQUE IMPOSSIBLE DE LES CONVERTIR SURTOUT S ILS N ACTIVENT QUE DANS UN CADRE D IMPUNITE!!! c est toute une oeuvre d independance qu il faut pour la nation……….

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  • AMAR
    8 novembre 2015 at 18 h 29 min - Reply

    LA POMME DE TERRE QUI TRAVERSE L ATLANTIQUE, QUI TRAVERSE des zones portuaires les plus lourdes du monde et qui arrive a se vendre avec des benefices cela releve vraiment de l exploit !
    comparons:
    nos fellah beneficient souvent de credits … »on  » leur efface souvents leurs dettes…la meilleure solution pour leurs apprendre a ne pas respecter leurs engagements!
    le cout de l electricite et de l energie est derisoire…avec 20 ET 30 HA NOS FELLAHS sont de petits paysans alors que leurs homologues a travers le monde sont des entrepreneurs des chefs de PMI …C EST CULTUREL! la culture kholkhoze est encore la sans ses promoteurs!
    les professionnels sont absents dans la gouvernance de la chose agricole! on fait construire des chambres froides par des ptits barons du systeme pour stocker des productions virtuelles et beneficier de vrais subventions il y a eu DE NOMBREUX DISPOSITIFS….DE LA POMME DE TERRE…DES OIGNONS…DES LEGUMES SECS…DES CEREALES….A DEFAUX D ENGRAISSER UNE PRODUCTION ANIMALE ON A SURTOUT REUSSI A ENGRAISSER DE VRAIS « DOUBLES CARBURATEURS » si le monde des subventions s exprime un jour!!! la realite depassera toutes les fictions!!!

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  • rachid dahmani
    9 novembre 2015 at 7 h 55 min - Reply

    Bonjour à tous,

    C’est un vrai sujet sur lequel il faudra tôt ou tard se pencher. Je parle pour nos dirigeants bien sur, qui n’en ont cure que le peuple bouffe correctement ou pas à partir du moment où ils ont assuré leur arrières. Pour ma part cependant, je suis certain d’une chose. Toute contrainte sur un système génère une réaction de ce même système qui contribuera à contre carrer la contrainte. c’est la célèbre loi de Lenz en électromagnétisme. les courants de Foucault permettent de générer l’électricité dans les Alternateurs et on a un équilibre qui s’installe. Pour notre pays ça sera pareil. Dès qu’une contrainte s’amène il y aura la réaction qui suivra dans le temps. Il faudra simplement que la réaction soit efficace autrement c’est un autre équilibre qui s’installe celui de éradication du système. Donc, lorsque la demande alimentaire va croître, ça voudra dire que le peuple a beaucoup plus faim. Il devra réagir si la régulation n’a pas joué le jeu et que les importations ne sont pas suffisantes. Comme la régulation est du ressort d’une mafia qui n’en a que foutre du peuple et que même si elle voulait réguler elle n’a pas les connaissances requises pour le faire (c’est tous des cancres), donc tôt ou tard la réaction du peuple viendra…malheur à celui qui aura survécu jusque là. Bonne journée à tous.

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  • AMAR
    11 novembre 2015 at 21 h 20 min - Reply

    s en prendre a la demographie pour un pays comme l algerie c est un raccourci qui ne saurait se justifier dans notre cas!
    -un pays continent et petrolier de surcroit !
    -un pays avec tous ces moyens qui n arrive pas a mettre son secteur educatif au niveau de celui de ces voisins largement plus defavorises
    -un pays dont l instabilite des lois repousse les volontes les plus tenaces…..
    IL Y A DEUX SORTES DE GOUVERNANCES:
    -celle ou la « demographie » est apprehendee comme une richesse a mobiliser pour gagner tous les paris…ses gouvernants ont de l assurance dans ce qu il font..ils ne paniquent pas au moindre orage…
    -celle ou la « demographie » est apprehendee comme une « populace » a nourir, a soigner, a loger, a entretenir …et c est malheureusement notre cas …………
    honnetement je pense personnellement que pour un pays comme le notre evoquer le probleme de la demographie est tres premature

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  • fatah
    3 décembre 2015 at 2 h 14 min - Reply

    Depuis 1962 jamais en Algerie le pouvoir n’a organise des assises pour n’importe quell secteur se l’economie. Durant l’ete 62 on a du stocker le ble dans des ecoles, tellement la recolte etait immemse. Aujourdhui l’importation du ble permet aux responsables de STOCKER DES CHAKARATES D’ARGENT AU LIEU DU GRAIN EN OR….IL n’y a qu’un seul responsible c’est boukharouba et les communistes algeriens qui nous ont impose leur systeme sovietique agricole. Avec le LOCATAIRE D’ELMOURADIA, la situation n’a fait qu’empirer. Barkat l’ex minister de l’agriculture a detourne des milliards et n’a jamais ete inquiete. Aujourdhui personne n’entend parler de lui, a croire qu’il s’est evapore. Ce qui esst certain avec ce rais, jamais un pays ne fut l’objet d’un pareil sabotage et destruction.
    HASBYA ALLAH OUA NI3M AL WAKIL

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