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5 December 2016

« Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient »

Hollande et la SyrieLE MONDE | • Mis à jour le

Soyons réalistes, demandons l’impossible, clamaient dans les rues de Paris les utopistes de mai 1968. Etre réaliste aujourd’hui, c’est réclamer à ceux qui gouvernent d’aller aux racines de ce mal qui, le 13 novembre, a tué au moins 129 personnes dans la capitale française. Elles sont multiples, et il n’est pas question d’en faire ici l’inventaire. Nous n’évoquerons ni l’abandon des banlieues, ni l’école, ni la reproduction endogamique d’élites hexagonales incapables de lire la complexité du monde. Nous mesurons la multiplicité des causes de l’expansion de l’islamisme radical.

Comme nous savons à quel point l’étroitesse des rapports entretenus dans tout le monde arabe entre les sphères politique et religieuse a pu faciliter son émergence, nous n’avons aucune intention simplificatrice. Mais, aujourd’hui, c’est la politique internationale d’une France blessée, et de l’ensemble du monde occidental, que nous voulons interroger.

Sur l’islamisme d’abord. Depuis le début de sa montée en puissance, dans les années 1970, les dirigeants occidentaux se sont convaincus qu’il devenait la force politique dominante du monde arabo-musulman. Addiction au pétrole aidant, ils ont renforcé le pacte faustien les liant aux Etats qui en sont la matrice idéologique, qui l’ont propagé, financé, armé. Ils ont, pour ce faire, inventé l’oxymore d’un « islamisme modéré » avec lequel ils pouvaient faire alliance.

LE DJIHADISME EST AVANT TOUT L’ENFANT DES SAOUD ET AUTRES ÉMIRS AUXQUELS ELLE SE FÉLICITE DE VENDREÀ TOUR DE BRAS SESARMEMENTS SOPHISTIQUÉS. ON NE VEUT PAS VOIR QUE LA MÊME IDÉOLOGIE LES ANIME

Le soutien apporté ces derniers mois au régime turc de M. Erdogan dont on connaît les accointances avec le djihadisme, et qui n’a pas peu contribué à sa réélection, en est une des preuves les plus récentes. La France, ces dernières années, a resserré à l’extrême ses liens avec le Qatar et l’Arabie saoudite, fermant les yeux sur leur responsabilité dans la mondialisation de l’extrémisme islamiste.

Le djihadisme est avant tout l’enfant des Saoud et autres émirs auxquels elle se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des « valeurs » qu’elle convoque un peu vite en d’autres occasions. Jamais les dirigeants français ne se sont posé la question de savoir ce qui différencie la barbarie de Daesh de celle du royaume saoudien. On ne veut pas voir que la même idéologie les anime.

Cécité volontaire

Les morts du 13 novembre sont aussi les victimes de cette cécité volontaire. Ce constat s’ajoute à la longue liste des soutiens aux autres sanglants dictateurs moyen-orientaux – qualifiés de laïques quand cela convenait – de Saddam Hussein à la dynastie Assad ou à Khadafi – et courtisés jusqu’à ce qu’ils ne servent plus. La lourde facture de ces tragiques inconséquences est aujourd’hui payée par les citoyens innocents du cynisme à la fois naïf et intéressé de leurs gouvernants.

L’autre matrice du délire rationnel des tueurs djihadistes est la question israélo-palestinienne. Depuis des décennies, les mêmes dirigeants occidentaux, tétanisés par la mémoire du judéocide perpétré il y a soixante-dix ans au cœur de l’Europe, se refusent à faire appliquer les résolutions de l’ONU susceptibles de résoudre le problème et se soumettent aux diktats de l’extrême droite israélienne aujourd’hui au pouvoir, qui a fait de la tragédie juive du XXe siècle un fonds de commerce.

On ne dira jamais assez à quel point le double standard érigé en principe politique au Moyen-Orient a nourri le ressentiment, instrumentalisé en haine par les entrepreneurs identitaires de tous bords. Alors oui, soyons réalistes, demandons l’impossible. Exigeons que la France mette un terme à ses relations privilégiées avec l’Arabie saoudite et le Qatar, les deux monarchies où l’islam wahhabite est la religion officielle, tant qu’elles n’auront pas coupé tout lien avec leurs épigones djihadistes, tant que leurs lois et leurs pratiques iront à l’encontre d’un minimum décent d’humanité.

Exigeons aussi de ce qu’on appelle « la communauté internationale » qu’elle fasse immédiatement appliquer les résolutions des Nations unies concernant l’occupation israélienne et qu’elle entérine sans délai la création trop longtemps différée de l’Etat palestinien par le retour d’Israël dans ses frontières du 4 juin 1967.

Ces deux mesures, dont riront les tenants d’une realpolitik dont on ne compte plus les conséquences catastrophiques, n’élimineront pas en un instant la menace djihadiste, aujourd’hui partout enracinée. Mais elles auront l’immense mérite d’en assécher partiellement le terreau. Alors, et alors seulement, les mesures antiterroristes prises aujourd’hui en l’absence de toute vision politique pourraient commencer à devenir efficaces.

Sophie Bessis et Mohamed Harbi (Historiens)

Sophie Bessis est l’auteur de La Double Impasse. L’Universel à l’épreuve des fondamentalismes religieux et marchand (La Découverte, 2014) ; Mohamed Harbi est ancien membre puis historien du Front de libération nationale algérien (FLN).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/17/nous-payons-les-inconsequences-de-la-politique-francaise-au-moyen-orient_4811388_3232.html#q1WoTIjBRIzBJx1P.99


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8 Commentaires sur cet article

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  • Kamel Mebarki
    18 novembre 2015 at 14 h 24 min - Reply

    Merci à Monsieur Sidhoum et à LQA de publier cet article sur leur forum !

    Plusieurs de vos lecteurs avertis et objectifs ont déjà soulevé ces questions et problèmes avec pertinences que l’on trouve en substance dans cet article de Sophie Bessis et Mohamed Harbi (Historiens).

    Quand on aura lu tous les avis de chacun, les argumentations, les thèses et les anti thèses, chacun pourra enfin se faire sa propre idée de la situation du monde en connaissance de cause et éviter de s’enfermer dans des idées dogmatiques et idéologiques pas toujours bénéfiques , ….même pour ceux qui croient agir au nom de Dieu et du prophète!

    Le monde arabo-musulman a un grand défi géo-politique devant lui. Les intellectuels progressites des pays arabo-musulman ont un gros travail à faire pour construire l’avenir de leur pays dans un monde en plein boulversement et mutation !

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    • AIT MOHAND
      18 novembre 2015 at 16 h 20 min - Reply

      L’attentat de Paris est IGNOBLE! Car il a touché des gens innocents qui vivaient paisiblement. Ce lâche attentat a été commis par des jeunes français dans la capitale de leur propre pays. Nous sommes absolument contre ces assassinats. C’est clair. La question, à présent, c’est de savoir qui a armé ces fous? Et à qui « profite » ce crime… Et dans quel but a été créée cette organisation criminelle qui tue et massacre de pauvres citoyens innocents? En un mot: A QUI PROFITE LE CRIME? ET QUI EST DERRIÈRE TOUT ÇA?

      Paix à l’âme de tous ces pauvres innocents qui ont été assassinés. Que leurs parents et leurs proches reçoivent toutes nos condoléances et notre sympathie pour les durs et pénibles moments qu’ils traversent en ces moments très difficiles pour eux.

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  • liza
    18 novembre 2015 at 16 h 58 min - Reply

    En fait les deux cancers de la planète, les deux causes principales de la mort organisée, récurrente, sans frontière et sans fin, ce sont Israël et l’Arabie Saoudite. Il se trouve malheureusement que ces deux pays fascistes et criminels sont intouchables. Aucun pays au monde ne peut les interpeller. Seul l’Iran (chiite) tente quelques menaces verbales inutiles qui servent plus les occidentaux que les musulmans. Ces deux pays constituent une menace perpétuelle pour la paix dans le monde, surtout pour les pauvres de ce monde devrais-je dire. D’un coté, les Israéliens dominent la pensée politique de la quasi totalité du monde occidental au point où personne ne se risque de dénoncer les exactions et la colonisation du peuple palestinien. De l’autre coté on a les Wahhabites Saoudiens qui exportent leur idéologie moyenâgeuse en finançant les différentes organisations sectes salafistes et djihadistes grâce aux pétrodollars, sans que personne ne bouge le petit doigt du moment que les victimes sont des arabo-musulmans. Ces deux virus sont en fait des alliés et des valets de leurs maîtres Américains. La seule et unique solution qui peut nous sauver de ces deux monstres c’est la prise de conscience de leurs méfaits et l’union autour de nos valeurs ancestrales, nos parents nous ont montré la voie à nous de suivre leur exemple.

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    • Zahir Mouassi
      18 novembre 2015 at 19 h 43 min - Reply

      @Liza , votre intervention est parfaite et me convient très bien ! Mais je vais aller plus loin de mon côté !

      Ce que vous dîtes là, ne m’empêche pas d’ajouter que la religion est un soubassement à la construction de la géostratégie mondiale actuelle (guerre des puissances) et un élément fondamental quand on pense à son utilisation à des fins politiques pour la gouvernance interne chez certains pays (particulièrement dans les pays arabo-musulmans et en Israël)

      Et dans votre analyse, en filigrane laissez-moi déduire que l’instrumentalisation du Coran, de la Torah et de la Bible à des fins politiques et géostratégique est une réalité dramatique qui prend de plus en plus de l’ampleur !

      En effet, on invoque la religion pour justifier tout : le pouvoir divin, l’hégémonie sur d’autres peuples, la récolte de « l’impôt » au nom de Dieu (Pèlerinage à Lourdes, la Mecque, Jérusalem etc…).

      Tout le monde invoque Dieu et ses Saints pour justifier son action ou justifier sa puissance ou son règne ! Rien que çà ya el khaoua : prendre DIEU à témoin !

      Les religions, avec leur imbrication politique au niveau de la gouvernance ou comme moyen de guerre (que se soit pour les chrétiens, les musulmans ou les juifs) sont devenues très inquiétantes pour l’avenir de la paix mondiale alors que leur message théologique théorique ou spirituel initial est la croyance en UN SEUL DIEU, l’amour ou la crainte de Dieu, l’humanisme, la paix et la miséricorde ! Et les guerres religieuses, HELAS TROIS FOIS HELAS, remontent à des siècles en arrières !

      Je ne veux pas ici dire qui a tort ou a raison dans tout ce vacarme de course à la «vérité divine ou religieuse», car c’est trop long à expliquer, mais il n’y là un vrai danger qui risque encore d’embraser le monde comme on l’a vécu avec le nazisme au début du 20ème siècle !

      Tout le monde croit que Dieu est de son côté, chacun veut nous faire croire qu’ils sont des élus de Dieu, chacun veut nous faire croire que sa « civilisation » est meilleure que l’autre, chacun veut nous faire croire qu’ils ont été choisi comme les préférés ou les élus de Dieu etc… etc… !

      Allez me régler cette question inextricable ma chère compatriote Liza !!!!

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  • Si Salah
    18 novembre 2015 at 22 h 37 min - Reply

    Le retour du boomerang, Jean-François Bayart

    Source: Libération

    Les origines de ce 13 novembre sont aussi à chercher du côté de la politique étrangère de l’Europe et de la France ces quarante dernières années. La démission de l’Europe sur la question palestinienne, l’occasion manquée avec la Turquie que l’on aurait pu si facilement arrimer à l’UE, l’alliance de la France avec les pétromonarchies… sont autant d’erreurs qui n’ont fait qu’aggraver le désastre et nourrir rancœur et radicalisation au Proche-Orient.

    Au-delà de la polémique électoralement intéressée, et assez indigne, sur les mesures de sécurité prises, ou mal prises, par le gouvernement, la classe politique, les médias, l’opinion elle-même devraient s’interroger sur leurs responsabilités de longue durée dans le désastre que nous vivons. Celui-ci est le fruit vénéneux d’un enchaînement d’erreurs que nous avons commises depuis au moins les années 1970, et que nous avons démocratiquement validées dans les urnes à intervalles réguliers.

    La démission de l’Europe sur la question palestinienne, dès lors que sa diplomatie commençait là où s’arrêtaient les intérêts israéliens, a installé le sentiment d’un «deux poids deux mesures», propice à l’instrumentalisation et à la radicalisation de la rancœur antioccidentale, voire antichrétienne et antisémite. L’alliance stratégique que la France a nouée avec les pétromonarchies conservatrices du Golfe, notamment pour des raisons mercantiles, a compromis la crédibilité de son attachement à la démocratie – et ce d’autant plus que dans le même temps elle classait comme organisation terroriste le Hamas palestinien, au lendemain de sa victoire électorale incontestée. Pis, par ce partenariat, la France a cautionné, depuis les années 1980, une propagande salafiste forte de ses pétrodollars, à un moment où le démantèlement de l’aide publique au développement, dans un contexte néolibéral d’ajustement structurel, paupérisait les populations, affaiblissait l’Etat séculariste et ouvrait une voie royale à l’islamo-Welfare dans les domaines de la santé et de l’éducation en Afrique et au Moyen-Orient.

    Son alliance avec les pétromonarchies arabes a aussi conduit la France à appuyer diplomatiquement et militairement la guerre d’agression de l’Irak contre l’Iran (1980-1988) et à ostraciser ce dernier, alors qu’il représente, avec la Turquie, le seul môle de stabilité étatique de la région, qui détient l’une des clefs de la résolution de la plupart de ses conflits, comme nous le découvrons aujourd’hui au Liban et en Syrie. La même désinvolture a présidé à la politique de la France à l’égard d’Ankara. Au lieu d’arrimer la Turquie à la construction européenne, Paris l’a snobée, au risque de perdre toute influence auprès d’elle, de favoriser sa «poutinisation» et de l’abandonner à ses liaisons dangereuses avec des mouvements djihadistes.

    Non sans cynisme, la France a joué pendant des décennies la carte de l’autoritarisme en Algérie, en Tunisie, en Egypte, en Syrie, en Irak en y voyant un gage de stabilité, en s’accommodant de la polarisation ethnoconfessionnelle sur laquelle reposaient souvent ces régimes, en espérant que les peuples se résigneraient éternellement au despotisme que l’on estimait congénital en terre d’islam, et en laissant à celui-ci le monopole de la dissidence, rendant ainsi les successions autoritaires inévitablement chaotiques. Une cocotte-minute qui explose, ce n’est jamais beau à voir.

    Après avoir conforté les dictatures, la France s’est lancée avec puérilité dans l’aventure démocratique sans voir à quel point les sociétés avaient été meurtries par des décennies d’assujettissement, et en sous-estimant la froide détermination des détenteurs du pouvoir. Puis, pour résoudre d’un bombardement magique les problèmes qu’elle avait contribué à envenimer au fil des ans, elle est à son tour entrée en guerre en suscitant de nouvelles inimitiés sans avoir les moyens de s’en préserver.

    Les situations inextricables de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Syrie, de la Libye ne sont que la résultante de ces erreurs de calcul, ou de ces calculs à courte vue. Sans doute annoncent-elles ce que nous réserve la restauration autoritaire en Algérie (dès 1991) et en Egypte (en 2014). A l’aveuglement et aux inconséquences, nous avons ajouté le déshonneur par le traitement que nous avons réservé aux réfugiés qui fuyaient les guerres que nous (ou nos alliés) avions déclenchées, en Libye et en Irak, et les autoritarismes que nous avions soutenus.

    Sur le plan intérieur, le bilan est aussi accablant. Pendant que nos politiques économiques néolibérales produisaient un chômage de masse et la désindustrialisation, nous avons restreint le débat public à des questions identitaires oiseuses en courant après l’extrême droite qui en faisait son miel électoral. Pas un homme politique – hormis peut-être Dominique Strauss-Kahn en 2006, pendant sa campagne pour les primaires du PS – n’a tenu un langage de vérité sur l’immigration depuis des lustres. Au lieu de tirer avantage de ce formidable atout que représente le biculturalisme de nombre de jeunes Français, nous avons rejeté une partie importante, et bien délimitée, de ceux-ci – à savoir les musulmans – dans la marginalité, et nous avons douté de leur appartenance à la nation, ce dont certains d’entre eux ont fini par douter eux-mêmes. Des présidents de la République, des ministres, des hauts fonctionnaires ont proféré en toute impunité des paroles indignes et anticonstitutionnelles, tandis que les médias ouvraient grand leurs antennes, leurs écrans et leurs colonnes à des plumitifs racistes ou ignorants érigés en penseurs. L’asphyxie financière de l’école, de l’Université, de la recherche publique, et le poujadisme anti-intellectuel dont a fait preuve à leur encontre la droite oublieuse que la République dont elle se gargarise avait été celle des professeurs et des instituteurs, à la fin du 19e siècle, nous a privés des moyens de comprendre ce qui est en train de nous arriver.

    Maints analystes avaient pourtant annoncé, depuis longtemps, que nous courions droit dans le mur. Nous y sommes, bien que celui-ci, comme toujours dans l’Histoire, prenne un visage inattendu. Un examen de conscience s’impose à tous, car ces erreurs, qui nous reviennent en plein visage comme un boomerang, ont été commises à l’initiative de toutes les majorités qui se sont succédé au pouvoir depuis les années 1970. Si Sarkozy a sans conteste été le plus mauvais président de la République qu’ait connu la France, Giscard d’Estaing, Chirac, Mitterrand et Hollande se partagent la paternité de la politique suivie. Or, nous avons les dirigeants que nous élisons, et les médias que nous achetons. En bref, nous sommes responsables de ce qui nous arrive.

    Seul un retournement radical pourrait nous en sortir : la remise en cause de la financiarisation du capitalisme qui détruit le lien social, créé la misère de masse et engendre des desperados ; une politique de sécurité qui privilégie le renseignement humain de qualité et de proximité plutôt que la surveillance systématique, mais vaine, de la population ; le rétablissement et l’amplification des libertés publiques qui constituent la meilleure riposte à l’attaque de notre société ; la révision de nos alliances douteuses avec des pays dont nous ne partageons que les contrats ; et surtout, peut-être, la lutte contre la bêtise identitaire, aussi bien celle d’une partie de notre propre classe politique et intellectuelle que celle des djihadistes. Car les Zemmour, Dieudonné, Le Pen, et Kouachi ou autres Coulibaly sont bien des «ennemis complémentaires», pour reprendre le terme de l’ethnologue Germaine Tillion.

    L’alternative est claire, à trois semaines des élections, et elle est politique, au sens plein du mot. Soit nous continuons à laisser ces phares de la pensée et leurs experts sécuritaires nous guider vers le gouffre, et notre prochain président de la République sera un Viktor Orban, peu importe qu’il soit de droite ou de gauche pourvu qu’il nous rétracte identitairement. Soit nous conjuguons notre autodéfense avec la conquête de nouvelles libertés, comme avait su le faire, à une époque plus tragique encore, le Conseil national de la Résistance, pendant la Seconde Guerre mondiale. Telle serait la vraie réponse aux crétins assassins et aux histrions.

    Jean-François Bayart
    15 novembre 2015

    Jean-François Bayart Professeur à l’IHEID (Genève), directeur de la chaire d’Etudes africaines comparées (UM6P, Rabat). A notamment publié L’Islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar (Albin Michel, 2010)

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  • rachid dahmani
    19 novembre 2015 at 8 h 22 min - Reply

    Bonjour à tous,

    Des mesures pour une paix durable et un partage équitable des richesses de la planète pour tout le monde? il n y en a qu’une seule. L’honnêteté de tous. De tous les êtres humains sur cette planète ou du moins d’une bonne majorité parmi elle les principaux décideurs. Autrement, vous pourrez invoquez ce que bon vous semble et tirailler à l’emporte pièce partout ou vous allez, gueuler à tue tête sur toutes les estrades du monde les injustices criardes que l’on voit que ça ne changera pas grand chose. Le monde est ainsi fait et depuis sa création. Il est fait pour évoluer dans un contexte d’amélioration sans cesse et à tous les niveaux. Tous veulent s’adapter à tout nouveau contexte en tirant le maximum de profits. C’est la loi de la nature. Aussi, prend naissance naturellement la compétitivité entre tous. Le désir d’expansion, l’attrait de l’accaparement d’un maximum de richesses. Il y alors qui use directement de la force car sur d’eux, et d’autres usant de stratégies plus subtiles pour ne pas subir le contre sens par la force des rivaux. L’objectif étant toujours le même. Il faut admettre que c’est dans les gênes de l’être humain. Toutes les situations que l’histoire peut nous conter sont assises sur ce contexte, il n y a pas d’autres enveloppe pouvant expliquer cette évolution de l’homme. Avant pas si loin que ça, c’était la domination des empires, un peu partout. On use de tous les artifices pour grossir ses rangs pour combattre un ennemi fabriqué pour d’éventuelles expansions et accaparement de nouvelles richesses. La philosophie n’a pas beaucoup changé, les méthodes et les formes d’approches pour arriver à ses desseins OUI. Bonne journée à tous.

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  • hychemhyshem@gmail.com
    3 décembre 2015 at 14 h 08 min - Reply

    Je ne suis ni un politologue, ni géostratège, ni historien…Je voudrais juste poser la question aux auteurs et surtout à certains lecteurs, notamment Liza. Mais qu’est ce qui vous convainc que ce sont des arabo – musulmans qui seraient les auteurs des attentats du 13 Novembre à Paris ? C’est tout de même étonnant de constater, avant la moindre enquête, que si attentat il y a, il est systématiquement attribué aux arabo-musulmans… ???!!! Et si cet EI n’est rien d’autre qu’un satellites des puissances occidentales, dont les « djihadistes » seraient des agents des différents pays concernés par les immenses réserves de gaz qui se trouvent dans les eaux territoriales de la Syrie ? J’observe depuis longtemps les réactions de mes compatriotes sur divers journaux online, ils sont tous convaincu d’avoir raison. Sans vouloir m’étaler en longueur, je voudrais dire à Liza : votre remarque sur l’Arabie Saoudite, est une reproduction in-extenso des accusations occidentales contre les saoudiens. Pensez-vous honnêtement que l’Algérie en particulier et les autres pays arabes sont moins archaïques ? Et permettez moi, enfin, de vous dire que je ne suis ni islamiste, ni socialiste, ni communiste et…ni démocrate car selon moi la démocratie n’existe tout simplement pas. Pour paraphraser un grand penseur occidental : la démocratie est l’autogestion de l’esclavage. Avec toute ma considération.

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  • hychemhyshem@gmail.com
    18 décembre 2015 at 11 h 46 min - Reply

    Je ne comprends pas, sans la moindre enquête, les attentats sont systématiquement attribué aux musulmans. Dans tous les attentats, qui, étrangement, ne visent que la France, nous n’avons jamais vu les visages des « terroristes » que l’on prétend avoir tué, ni les visages des victimes…???!!! Qui peut affirmer avec certitude que les auteurs des attentats sont musulmans ??? Dans les ruines encore fumantes du world trade center on a « retrouvé » un passeport de l’un des terroristes…!!! Aujourd’hui, beaucoup de spécialistes affirment que le (ou les) commanditaire(s) des attentats du 11/09/2001 est bel et bien état-unien. Madrid 2004 ce ne sont pas des musulmans qui ont pérpétrés ces attentes. C’est pareil pour les attentats de Londres et c’est le cas aussi pour tous les attentats de Paris. Des statistiques ont prouvé que seulement 2% des attentats commis dans le monde, leurs auteurs sont musulmans. Alors pourquoi accusé t-on, avant la moindre enquête, les musulmans ? Ce qui est le plus surprenant c’est qu’il n’existe pas un seul gouvernement musulman qui défense les musulmans, même pas l’organisation de la conférence islamique. Il est plus facile, dans ces conditions, d’accuser les musulmans et de les désigner comme l’unique menace à la paix dans le monde. Je rêve !!! L’ex-président Sarkozy a assassiné le défunt président de la Libye, les États-Unis ont envahi l’Irak sur la base d’un mensonge, se sont même permis d’assassiner Saddam Hussein…et, aujourd’hui, ils souhaitent, et j’en ai la certitude, rééditer le coup avec Bashar-Al-Assad… De grâce, soyez justes et honnête. L’expérience algérienne montre comment les janviéristes ont manipulé le terrorisme pour se maintenir au pouvoir et réaliser leurs desseins et surtout les desseins de leurs maîtres français.

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