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4 December 2016

Mémorandum de Messali versus le document d’Idir El Wattani : comment définir la nation algérienne ?

 

Messali1Vers la fin de l’année 1948, au moment au le parti indépendantiste, le PPA-MTLD, atteint le faîte de sa puissance, il se pose naturellement la question de l’identité nationale. Au lieu de provoquer un débat à l’intérieur des instances du parti, Messali Hadj adresse un mémorandum à l’ONU où il définit la nation algérienne comme une nation exclusivement arabo-musulmane. En un mot, il refuse de donner une quelconque existence à l’Algérie avant l’avènement de l’Islam en Afrique du Nord.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette vision est loin de faire l’unanimité au sein du principal parti indépendantiste.  Autant l’indépendance nationale est un dénominateur commun à tous les militants du PPA-MTLD, il n’en est pas de même de cette orientation exclusive défendue par la direction du parti. En tout cas, le raccourci historique de Messali Hadj ne passe pas sous silence. Un groupe de militants, composé de Mabrouk Belhocine, Yahia Henine et Sadek Hadjeres, se donnant pour pseudonyme Idir El Wattani, élabore un document de 33 pages où il jette les bases de la nation algérienne moderne. Contrairement au travail fractionnel de Rachid Ali Yahia, Idir El Wattani propose une autre alternative politique inclusive.

En tout état de cause, avant de se lancer dans la définition de la nation algérienne, estiment les rédacteurs du document « Vive l’Algérie », il faudrait « analyser les exemples concrets que constitue la venue au monde de très nombreuses nations au cours de ce siècle et demi d’histoire moderne» (page 3). D’ailleurs, peut-on prétendre bâtir une nation en s’inspirant du paradigme européen tout en le rejetant aussitôt le même modèle ? Et puisque le modèle fait consensus au sein du PPA-MTLD, la nation à bâtir doit impérativement s’inscrire dans le cadre « d’une communauté d’individus constituée par les évènements historiques ». Bien que le parti veuille nier cette évidence, ces individus, jusqu’à preuve du contraire, sont issus de la « vieille souche ethnique Nord-africaine ».

Cela dit, en dépit de ce rappel des origines lointaines de l’Afrique du Nord, les auteurs du document ne nient pas les apports des autres cultures. Mais, pour mieux vivre ensemble, les rédacteurs du document « Vive l’Algérie » suggèrent que cette nation ne se définisse ni par la communauté raciale, ni par la communauté religieuse, ni par la communauté de langue. Pour étayer leur thèse, ils expliquent que « tous ceux qui ont soutenu des théories raciales ne l’ont fait que pour justifier leur action après coup, sans croire à la rigueur scientifique que leur thèse, ou bien étaient aveuglés par un chauvinisme démesuré » (page4)

Quant au critère religieux, les rédacteurs du document estiment que « l’existence de plusieurs religions dans un pays n’empêche pas du tout celui-ci de se développer en Nation s’il en a les facteurs suffisants, et par ailleurs la communauté religieuse entre divers pays n’empêche pas ceux-ci de se développer en Nations fort différentes » (page4). Enfin, s’agissant du critère de la langue, les auteurs citent les dérives du cas allemand ayant abouti au désastre des années 1930 et 1940.

Cependant, cette étude exclut la minorité française, car celle-ci n’adhère pas au principe de la constitution de la nation algérienne. En effet, bien qu’elle soit attachée à la terre d’Algérie, il n’en demeure pas moins que son maintien est synonyme, pour elle, de l’exclusion des neuf dixième du peuple algérien. « Supériorité du colon, infériorité du colonisé dérivent pour ces nations de la race qui fait de l’un un être éminemment civilisé, de l’autre un être voisin de la bête, incapable de perfectibilité et de progrès », écrivent-ils (page 20).

En revanche, dans le cas où cette minorité accepte de s’en séparer du système colonial, sa place est garantie dans la communauté nationale, et ce, pour peu qu’elle ne revendique pas non plus un statut privilégié. Pour eux, « seule une suppression du régime colonial pourra amener la solution de ce problème et l’intégration libre de cette minorité dans la nation algérienne », suggèrent-ils (page 7). Mais, compte tenu du contexte, il paraissait absurde de tabler sur une telle éventualité.

Toutefois, le problème de la minorité française étant évacué, les rédacteurs du document « Vive l’Algérie » dissèquent les outils permettant de parvenir à l’indépendance. Ainsi, ils analysent, dans le premier temps, les moyens permettant de concrétiser le projet de la libération politique et, dans le second temps, les libérations sociale et culturelle. Ainsi, contrairement au nationalisme oppresseur, le nationalisme algérien doit être libérateur dans le sens où il s’oppose « à ce nationalisme européen, chauvin, impérialiste, dont le bellicisme aboutit à l’asservissement des peuples par d’autres peuples » (page19).

Pour ce faire, seule une révolution, d’après eux, est à même de réaliser ce changement total, « souvent brusque, obtenu par tous les moyens de l’état de choses existant » (page 25). Quant aux deux autres principes, les rédacteurs n’excluent pas une action immédiate, c’est-à-dire sous le joug colonial, mais cette œuvre devra se poursuivre après l’indépendance du pays. Mais, pour rêver à un tel projet, il faudrait que les dirigeants indépendantistes abandonnent leurs querelles pour agir enfin en vue de rassembler le peuple algérien. Ce qui ne semble pas, pour le moment décrit, la priorité de Messali Hadj et des tenants d’une Algérie amputée des apports antérieurs à l’Islam.

Pour conclure, il va de soi que le document « Vive l’Algérie » correspond davantage à la réalité. Cela dit, bien qu’il soit une réponse au mémorandum de Messali, le document n’est pas conçu dans le but de s’opposer à la version de Messali, mais il offre une étude complète en vue de construire une nation inclusive et non exclusive. Enfin, le mémorandum de Messali et le document « Vive l’Algérie » opposent deux visions : la première est restrictive dans la mesure son projet exclut de fait une partie du peuple algérien et la seconde est moderne dans le sens où chacun à sa place, et ce, pour peu qu’il adhère au projet national.

Aït Benali Boubekeur

 


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8 Commentaires sur cet article

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  • Si Salah
    23 novembre 2015 at 17 h 04 min - Reply

    Je crois qu’à part quelques extrémistes arabistes, il n’y a pas beaucoup de monde qui croit à l’appartenance exclusive de l’Algérie (du Maghreb) à la nation arabe et musulmane. Et à part quelques extrémistes berbéristes, il n’y a pas beaucoup de gens qui pensent que l’Algérie est une nation exclusivement berbère.Cette crise dite “berbériste” (ou anti- berbériste) de 1949 n’est vraiment plus d’actualité. Seulement, il serait judicieux de ne pas se fier uniquement à une lecture à travers le prisme de ceux qui ont fait partie des acteurs de cette période (Hadjres, Ali-Yahia) et qui ont récemment écrit à ce sujet. Je crois utile de poster ce témoignage de Si Benkhedda, témoin privilégié, pour avoir une autre grille de lecture de la crise.

    LA CRISE BERBÉRISTE de 1949
    Par Benyoucef BENKHEDDA
    (extrait du livre les origines du premier novembre)
    En 1949, le PPA-MTLD eut à surmonter une crise interne grave, qui menaça son unité et celle de la nation : le berbérisme. Les expressions « Berbérie » et « Berbères » couvrent, la première, une réalité géographique, la seconde, une donnée ethnique. Mais le berbérisme en lui-même est un phénomène conçu et exploité par le colonialisme dont la devise « diviser pour régner » consistait à vouloir coûte que coûte opposer, après les avoir artificiellement suscités, un « bloc arabe » à un « bloc kabyle ».
    La politique coloniale dont le but est de saper les fondements de la société maghrébine, soutenait que l’Afrique du Nord est berbère, que les Arabes sont des envahisseurs, des colonisateurs venus en Afrique du Nord au même titre que les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Turcs et, plus tard, les Français. Elle déniait au Maghreb son arabité (El-Ourouba) .
    Elle finit par influencer une partie de l’élite algérienne francophone qui parlait d’« Arabo-Berbères » pour désigner la population nord-africaine. Le Parti communiste algérien (PCA) avait fait sienne cette formule qui s’insérait dans sa conception de la « Nation algérienne en formation ». (Annexe 1519).
    L’apparition du berbérisme au sein du PPA-MTLD remonte aux années 1946-1947, lorsqu’un groupe de jeunes militants originaires de Kabylie, ulcérés par les massacres de mai 1945 dans le Constantinois et la répression en Kabylie, et sous l’effet du désarroi engendré par « l’ordre et le contre-ordre » insurrectionnels de mai 1945, décidèrent de prendre le maquis. La motivation, chez eux, était alors patriotique. Parmi eux : Ali Laïmèche et Hocine Aït-Ahmed du lycée de Ben Aknoun, Ammar Ould-Hamouda et Omar Oussedik de l’Ecole normale d’instituteurs de Bouzaréah. Ils étaient en relation à Alger avec Ouali Bennai, maraîcher de profession qui militait activement dans les rangs du PPA. Grand de taille, fougueux de tempérament, Bennai était le type même de l’entraîneur d’hommes.
    Le groupe fit des recrues parmi les étudiants de la médersa Et-thaâlibia d’Alger et de l’université dont Mabrouk Belhocine, Yahya Hennine, Sadek Hadjerès, Saïd Oubouzar, et parmi les lycéens aussi. Ali Laïmèche meurt prématurément en août 1946. Aït-Ahmed, Ould Hammouda, Oussedik et Bennai formaient alors le noyau du groupe. Ils appartenaient tous les quatre au Comité central du PPA-MTLD, l’instance qui désigne la Direction, et trace la politique du Parti. Ils exerçaient par ailleurs des responsabilités importantes dans l’appareil. Aït-Ahmed, après avoir été membre du Bureau politique en 1947-1948 se trouve à la tête de l’OS où il a succédé à Mohammed Belouizdad, malade ; Ould Hammouda est le chef de l’OS pour la Grande Kabylie après avoir été chef de l’organisation politique (OP) de l’Oranie, tandis qu’Omar Oussedik dirige l’organisation du Grand Alger pendant un certain temps. Il est en même temps l’adjoint d’Ahmed Bouda membre du Bureau politique, et le responsable de l’OP à l’échelle nationale à cette époque.
    Les berbéristes revendiquaient l’identité berbère tout en rejetant l’apport arabe et islamique. Ils étaient influencés non seulement par les idéologues de la colonisation, mais aussi, par l’idéologie communiste. Les communistes, rappelons-le, étaient contre le concept d’une « nation algérienne » déjà formée avec ses constantes arabe et musulmane; ils défendaient le principe de la nation algérienne en cours de formation à partir de la coexistence sur le même territoire des différentes communautés arabe, berbère, turque, juive, italienne, maltaise, espagnole, française, rejetant ainsi dans la foulée le fondement arabo-islamique de la société algérienne. Ils étaient alors en pleine ascension. En ces années 1946-1947, le Parti communiste algérien, fort de l’appui du Parti communiste français -premier parti de France avec un million d’adhérents, plus de cinq millions d’électeurs, 166 députés à l’Assemblée nationale française, paré du prestige protecteur de l’URSS et de sa victoire sur l’Allemagne nazie- répandait alors une abondante littérature en Algérie où il visait particulièrement la jeunesse des lycées et de l’Université.
    Les berbéristes étaient séduits par le marxisme ainsi que par la Constitution de l’Union soviétique qui vantait le système politique en vigueur dans ses républiques « musulmanes » : l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, etc., où chaque peuple, affirmait-elle, chaque ethnie, jouit du libre usage de sa propre langue, de l’épanouissement de sa propre culture et bénéficie de « l’autonomie » de gestion dans ses affaires propres. C’était là, au demeurant, un argument qu’on rencontrait souvent chez les convertis au berbérisme.
    Certes, on ne pouvait nier l’existence d’un particularisme kabyle. Sous le colonialisme, la Kabylie était une région pauvre et ses habitants connaissaient une situation économique difficile. Des cailloux de leurs montagnes ils s’efforçaient de faire jaillir leur subsistance. Ils réglaient leurs conflits grâce aux djemaâs (assemblées des sages) qui appliquaient à cet effet leur code de l’honneur et de l’éthique inspirés des valeurs islamiques pour tenter de s’opposer à la loi française envahissante. Les missions chrétiennes des « pères blancs » exploitaient leur misère matérielle et entreprenaient des essais systématiques d’évangélisation : recueil d’orphelins, distribution de secours en nature (semoule, figues, huile, denrées diverses), fondation d’écoles religieuses. Les résultats n’ont pas été à la mesure des efforts déployés si l’on en juge par le nombre extrêmement réduit de kabyles christianisés.
    De plus, la Kabylie était supposée plus apte à recevoir les bienfaits de la civilisation européenne. La scolarisation y était plus poussée que dans d’autres régions du pays, et cela afin d’y dégager une élite francophone. Insidieusement, on prêtait même volontiers une ascendance romaine, voire aryenne aux Kabyles, histoire de signifier qu’ils étaient beaucoup plus « proches » des Français, en tout cas plus « assimilables », parce que, prétendait-on, moins marqués par l’empreinte de l’Islam que le reste de la population.
    Beaucoup d’habitants de la contrée, poussés par le chômage, émigraient en France ou se dispersaient ailleurs en Algérie, exerçant divers petits métiers ou diverses professions tailleurs, commerçants, colporteurs, employés dans les administrations, ouvriers, petits propriétaires, ou encore s’engageaient comme travailleurs agricoles dans les domaines des colons.
    La Kabylie était un bastion du Parti, tout comme Alger, Oran, le Nord- Constantinois, ou l’Aurès. Beaucoup de ses fils qui avaient émigré en France avaient participé activement au lancement de l’Étoile nord-africaine puis du Parti du peuple algérien, contribuant ainsi au rayonnement de ces deux formations.
    En Algérie les berbéristes essayaient de recruter en milieu étudiant, à Alger et en Kabylie. A la base, ils n’avaient pas encore diffusé leurs idées mais ne se privaient pas de dénigrer la Direction pour saper son autorité et faire douter de la ligne politique arabo-islamique qu’elle prônait et qui était celle du Parti. Quand ils osaient professer leurs idées et engager des discussions pour tenter de se tailler une audience, la quasi-totalité des militants repoussaient leurs idées car elles ne pouvaient mener le Parti et le peuple qu’à la division et l’affrontement.
    Il semble nécessaire d’insérer dans le processus de formation d’une conscience berbériste deux facteurs :
    -primo, les berbéristes étaient de pure formation française, usaient de leur parler kabyle uniquement en milieu familial, ignoraient quasiment la culture arabe et islamique, et glissaient facilement de l’arabophobie à l’islamophobie (en général on hait ce qu’on ignore) ;
    -secundo, les déboires des Arabes en Palestine, leur lamentable comportement face au nouvel Etat d’Israël, produisaient un effet répulsif certain, ainsi qu’une volonté de désengagement du monde arabe chez cette jeunesse kabyle.
    Le premier à avoir tiré la sonnette d’alarme fut Ahmed Bouda au Comité central de Zeddine, en décembre 1948. Il dénonça la tendance berbériste qui était passée des idées aux actes, et tentait de se structurer à l’intérieur même du Parti.
    Il fut combattu par Bennai, Ould Hammouda et Aït Ahmed, au cours de ce Comité central consacré pour l’essentiel à la problématique de l’OS examiné sous l’angle prioritaire de son renforcement….

    C’est en France, où ils ont trouvé un terrain favorable, que les berbéristes ont commencé à agir. Au printemps 1948, Bennai rencontre Bouda, chef de l’organisation politique du PPA-MTLD et lui parle d’un étudiant « recherché », dit-il, par la police, et qui manifeste le désir de se rendre en France afin d’y poursuivre ses études. Il a besoin d’être recommandé auprès de la direction de la Fédération. Cet étudiant n’est autre que Mohand Ali-Yahia qui va se révéler, par la suite, comme l’instigateur du berbérisme en France.
    Bouda, en toute bonne foi, donne satisfaction à Bennai, et c’est ainsi que Mohand Ali-Yahia (Rachid) se rend en France, où il est intégré dans l’Organisation. Actif et entreprenant, il parvient à gravir les échelons des responsabilités et à faire bientôt partie du Comité directeur de la Fédération de France du PPA-MTLD. Lorsque la crise berbériste éclate au printemps 1949, il réussit à faire voter par le Comité directeur une motion dénonçant « le mythe d’une Algérie arabo-islamique ». Devant ces menées, la base s’insurge et saisit la Direction à Alger pour dénoncer ceux qu’elle appelle les éléments « athées » qui « combattent la religion musulmane et l’arabité ». La Direction dépêche aussitôt à Paris Chawki Mostefaï, membre du Bureau politique et Sadek Saïdi personnalité kabyle connue. Sur place, ils s’adjoignent Mohammed Khider député MTLD et Belkacem Radjef pionnier de l’Étoile Nord-africaine. Les quatre se voient interdire de rencontrer la base par les berbéristes qui occupent déjà dans l’Organisation une position de force. Le pourcentage des structures organiques contaminées par Rachid est de près de 80 %. C’est le heurt. Dans la région parisienne, seules quelques sections de banlieue ou d’arrondissement tels Colombes, le 19è et le 20è, habités principalement par des émigrés originaires de la Petite-Kabylie, servent de points d’appui à la nouvelle équipe pro-Direction chargée de mener la contre-offensive anti-berbériste. En province, la région du Sud-Est est celle qui résista le mieux aux coups de boutoir des partisans d’Ali-Yahia, et cela grâce à la présence de Bachir Boumaâza à Lyon et Ahmed Haddanou (El-Kaba) à Marseille.
    A Paris, cela n’alla pas sans altercations violentes, coups de poing et bagarres. La bataille sera rude qui vit les délégués de la Direction nationale du Parti lancer de véritables opérations commandos dans lesquelles s’illustra Radjef, afin de faire réintégrer à la Fédération ses locaux occupés par les berbéristes. Une reprise en main énergique fut nécessaire pour faire entendre raison à une base parfois complètement désorientée, et ramener au bercail les militants abusés.
    Pour arriver à ce résultat, il a fallu, arrondissement par arrondissement, banlieue par banlieue, ville de province par ville de province, regrouper les membres du Parti, restructurer les sections et les kasma et reconstituer de fond en comble la Fédération de France durement traumatisée. Cela exigea quelques dix huit mois d’une activité sans relâche. (Annexe 3740)
    A ce propos, il convient de souligner deux choses :
    – La première est l’apport complémentaire mais décisif à la solution de la crise des membres de la section estudiantine du mouvement pendant l’année universitaire 1948-1949. Peut-être faut-il citer parmi eux : Mostefa Lacheraf, Abdelmalek Benhabylès, Ali Merdassi, Mahieddine Hafiz, Seghir Mostefaï, Mohammed Benguettat et deux Tunisiens : Tahar Guiga et Mostefa Lafif. Ces militants formaient par ailleurs le Comité de rédaction de L’Étoile Algérienne, organe de la Fédération de France du Parti.
    – La deuxième remarque porte sur la nature de la ligne politique que, par la force des choses, et en fonction des résultats obtenus, il avait fallu élaborer.
    Cette ligne politique insistait sur deux notions :
    -Primo, la réfutation sans équivoque du fondement ethnique du berbérisme ou « aryanisme » sans que le fond culturel berbère soit remis en cause.
    -Secundo, l’appel au sentiment national, totalement incompatible avec cette doctrine, et nécessitant une cohésion et un engagement sans faille. Avec l’émergence d’un conflit de la nature de celui que nous venions de vivre, le berbérisme ne pouvait qu’aboutir à la cassure du mouvement national de libération au seul profit du colonialisme.
    Ayant eu raison de la crise, la Direction du Parti prononce, pour travail fractionnel, l’exclusion de Mohand Ali-Yahia (Rachid) et de tous ceux qui s’étaient solidarisés avec lui. Elle décide la suspension du journal L’Étoile Algérienne qui était passée aux mains des partisans de Rachid.
    Après la reprise en main de la Fédération de France, la puissance et la capacité d’organisation de celle-ci s’affirment au 1er mai 1950 à Paris, lors d’une manifestation de masse grandiose qui submerge la CGT communiste, et donne l’occasion aux Algériens de défiler avec leur propre drapeau. Sous la conduite du PPA-MTLD, 40 000 Algériens à Paris et 100 000 en Province, sortirent ce jour-là pour clamer leur droit à l’indépendance.
    A Alger, les communistes, qui se frottaient déjà les mains, considèrent, trop tôt peut-être, que le PPA-MTLD s’achemine vers l’éclatement. Au cours des discussions sur l’union qui se déroulent entre délégués du PCA et du MTLD, ils affichent une morgue et un dédain certains de leurs vis-à-vis. Cependant la Direction, au courant des idées répandues par les berbéristes, se garde de prendre toute mesure inconsidérée jusqu’au jour où elle a enfin la preuve concrète du complot qui se tramait, grâce à une lettre envoyée de la prison civile d’Alger (Serkadji) par Omar Oussedik à Ouali Bennai, qui tomba entre ses mains. Il y était question notamment d’un certain « parti populaire kabyle » (PPK) qui serait en train de se structurer à l’intérieur même du PPA-MTLD. L’enquête révéla les noms des initiateurs de ce travail de division : Ouali Bennai, Omar Oussedik, Amar Ould Hammouda, Sadek Hadjerès. Ils furent sanctionnés, non pour leurs idées, qui étaient plus ou moins tolérées, mais pour leurs activités de sape et leurs menées fractionnelles. La plupart des exclus rejoindront le Parti communiste algérien, dont Sadek Hadjerès deviendra l’un des chefs, ou activeront dans son sillage. Après l’indépendance Hadjerès sera le secrétaire général du PAGS (Parti d’avant-garde socialiste) nouvelle dénomination du PCA.
    L’action des berbéristes n’a pas obtenu l’assentiment de la population. En Kabylie, sur douze kasmas, une seule, celle de Ain El Hammam (ex-Michelet), fief d’Ould Hammouda, passa sous leur contrôle, et elle le demeura pendant un an environ
    Il faut dire que la culture et la langue berbères étaient admises dans le Parti, et leur reconnaissance en son sein n’a jamais posé de problème. Dans l’ENA, le PPA ou le MTLD en 1946, le kabyle était utilisé aussi bien dans les discours par nombre d’orateurs qui avaient le don de le maîtriser avec éloquence que dans les chants et hymnes qui mettaient de l’ambiance dans les réunions de militants, les fêtes familiales ou les rassemblements populaires. Personne ne trouvait à redire là-dessus. Une chaude fraternité régnait entre tous les militants quelle que fût leur origine. Même ceux qui ne parlaient pas kabyle étaient désireux de l’apprendre, prenant plaisir à employer dans leur conversation le maigre vocabulaire dont ils disposaient. Mais la culture et la langue berbères étaient acceptées dans la mesure où le principe arabo-islamique, fondement idéologique du Parti, n’était pas remis en cause. L’hymne du PPA -fida’oû el djazaïr- chanté par tous les militants, a été écrit par un Algérien mozabite, le regretté Moufdi Zakaria. Cela n’empêche pas qu’il affirme comme une des finalités du combat national la renaissance de la langue arabe dans l’Algérie libérée.
    A « l’Algérie arabe » et à « l’Algérie française », les berbéristes opposaient, pour des raisons de dissimulation, « l’Algérie algérienne », ce qui ne voulait rien dire au fond. Les Français invoquent-ils la « France française » ou les Allemands « l’Allemagne allemande » ? La devise de « l’Algérie Algérienne » ne peut se comprendre que comme une tentative d’escamoter la personnalité arabo-musulmane de la nation algérienne et de présenter une alternative aux deux formules : « Algérie arabe » et « Algérie française ».
    La réaction de la Direction du Parti, en sanctionnant les instigateurs du berbérisme a été prompte, énergique et justifiée. Quelle direction pouvait tolérer l’existence dans son parti d’un groupement organisé dont l’idéologie allait à l’encontre de la doctrine officielle qu’il lui incombait de défendre ? Le Bureau politique, par les mesures prises, a évité que la division, objectif poursuivi avec constance par le colonialisme, ne s’installe à un moment où le Parti tout entier était mobilisé pour l’application des décisions de Zeddine : renforcement de l’OS quant à l’effectif et à l’armement, contacts avec les dirigeants tunisiens et marocains et les dirigeants arabes au Caire, en vue d’une aide concrète à la lutte armée.
    Quelle était l’attitude de Hocine Aït Ahmed que la Direction soupçonnait d’être le cerveau de toute l’affaire berbériste ? Afin de sonder ses intentions, elle lui dépêcha deux de ses membres : Ahmed Bouda et Hadj Mohammed Cherchali, qui eurent un entretien avec lui. Mis en demeure de prendre position pour ou contre le « berbérisme », il demanda un délai de réflexion « pour, dit-il, faire mon enquête ». Il se rendit en Kabylie et à son retour, il déclara aux deux délégués de la Direction : « Ce que vous m’avez affirmé est exact. Je me désolidarise de ces éléments (berbéristes) ».
    Malgré ses dénégations, les soupçons continuèrent à peser sur lui. Aït Ahmed était alors le chef national de l’OS (ce qui prouve à quel point la Direction du Parti lui faisait confiance), et le Bureau politique ne pouvait le maintenir à un poste aussi vital. Il l’en éloigna, d’autant plus opportunément qu’il était recherché par la police coloniale. Pour sa sécurité, il ne devait pas rester en Algérie. La Direction l’envoya au Caire où il se joindra aux deux délégués du Parti, Chadly Mekki et Mohammed Khider, qui avait rejoint la capitale égyptienne en 1951.
    Après l’indépendance, Aït Ahmed lèvera de lui-même le voile sur ses convictions berbéristes. Dans son livre Mémoires d’un combattant paru en 1983, il confirmera les présomptions que la Direction du PPA n’avait cessé de nourrir sur son compte. Quand il écrit, notamment :
    “ Aux jeunes initiateurs de la revendication linguistique berbère qui nous reprochent de n’avoir pas pu ou su poser le problème linguistique à ce Congrès (le Congrès du PPA-MTLD de février 1947), je répondrai que justement nous n’avons pas cessé de le faire. Mais la berbérité, nous la vivions. Si nous n’estimions pas, sans doute à tort, devoir revendiquer le droit formel d’écrire et d’enseigner la langue berbère, c’est que le Parti, l’eût-il même voulu, n’avait pas le pouvoir concret de l’octroyer ” .
    Si une discussion avait eu lieu à l’époque, dans le Parti, sur ce problème, elle aurait entraîné immanquablement une réaction pouvant aller jusqu’à la violence de la part des “arabistes” extrémistes, qui étaient majoritaires. L’excès appelant l’excès, cela aurait dégénéré en un conflit aigu entre les irréductibles des deux camps, aggravé par l’indigence idéologique des uns et des autres. En fin de compte les berbéristes auraient subi une défaite semblable à celle qu’ils avaient subie à la Fédération de France.
    Je n’ai jamais eu d’animosité personnelle contre Hocine Aït-Ahmed . Je sais qu’il a milité très jeune au PPA et qu’il a été parmi ceux qui ont répandu en Kabylie l’idée d’indépendance et la notion d’organisation révolutionnaire, deux principes chers au Parti, dans les années difficiles de 1945 et 1946. Il n’a pas hésité à sacrifier ses études afin de se lancer dans la lutte et vivre la vie dangereuse de clandestin. Mais dans son comportement comme dans les idées qu’il professe, il a tendance à exalter sa Kabylie natale au détriment de la primauté de la patrie algérienne.
    Dans son ouvrage, cité plus haut, il va jusqu’à écrire :
    « Après avril 46, je participais aux réunions du Bureau national d’organisation en tant que représentant de la Kabylie, et c’est seulement alors que je découvrit que sur quelque quatorze mille adhérents du parti il y en avait plus de dix mille en Kabylie, sans compter les sympathisants. Et aussi, que le parti a pu survivre financièrement grâce à nos contributions financières ».
    Relevons d’emblée une contradiction de taille entre ces mêmes chiffres et ceux que l’auteur avance ailleurs dans son livre. Après le 8 mai 1945, il estime les effectifs des militants en Kabylie au maximum à 800 (page 36). Le 19 mai, au moment de passer à l’action insurrectionnelle, il constate que ces effectifs ont complètement « fondu ». « En réalité, dit-il, la plupart des militants dénombrés étaient des sympathisants, au sens sentimental du terme » (page 37). Mais voilà qu’une trentaine de pages plus loin, il affirme sans sourciller qu’après avril 1946, ce chiffre dépasse le niveau énorme de 10000 en Kabylie « sans compter les sympathisants » (page 67).
    Par quel miracle, en moins d’un an, de mai 1945 à avril 1946, l’effectif de ces militants a plus que décuplé, passant de 800 à 10 000 ?
    J’ai demandé à Bouda de me fournir des précisions à ce sujet. « Au cours des années 1946-1947, me dit-il, Mohammed-Lamine Debbaghine et moi-même, tous deux membres du Bureau politique, nous nous réunissions périodiquement avec les chefs de région pour régler les problèmes qui se posaient à eux et leur communiquer les directives de la Direction. La région de Kabylie était représentée par Ouali Bennai et non pas par Aït-Ahmed. J’étais alors à la tête de l’Organisation nationale. Le nombre de militants en Kabylie était d’environ 1 200. La capitale, Alger, comptait à elle seule 4 000 militants. Jusqu’en 1946, l’effectif global des militants en Algérie va grimper jusqu’à 20 000 en 1948 pour redescendre à la suite de la répression de Naegelen d’avril de la même année ».
    Un autre témoignage, celui de Saïd Amrani, corrobore les propos de Bouda. S. Amrani a été membre de la Direction du PPA en 1944-1945. « En 1945-1946, j’étais, me dit-il, responsable de l’Oranie, pendant que Belouizdad l’était dans le Constantinois, Bennai en Kabylie, M’hammed Ben M’hel dans le Sud-Algérois (Médéa et Chlef). Nous nous réunissions chaque mois en Comité d’organisation (CO) en présence d’un membre du Comité directeur.Notre travail consistait à donner des compte-rendus d’activité, à étudier la situation ainsi que les directives de la Direction. De même que figuraient à l’ordre du jour l’état des effectifs et les questions financières ».
    Au sujet des effectifs, Amrani précise :
    « L’effectif total du Parti, en 1945-1946, variait entre 9 et 12 000 militants qui se répartissaient ainsi : un bon tiers pour la capitale (4 000), la Kabylie de 800 à 1 200, le reste se répartissant entre le Constantinois (avec en tête Skikda et Annaba), le Sud Algérois et l’Oranie. L’Oranie était la moins nombreuse, mais avec une forte concentration militante à Oran et Mostaganem.
    Les rentrées financières n’ont jamais dépassé le million de francs (centimes).Elles provenaient des cotisations des militants et sympathisants ainsi que des membres bienfaiteurs. Notre permanence était de 5 000 Frs par mois »….

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    • REBAH Mohamed
      23 novembre 2015 at 22 h 56 min - Reply

      @Si Salah (je mets @si salah, mais ce n’est pas à vous directement que je m’adresse)

      Malgré tout le respect que j’ai envers Ben Khedda, je crois qu’il a tort d’écrire que c’est le colonialisme français qui a créé l’existence de l’identité berbère à côté de la seule identité arabe légitime, comme tactique « diviser pour régner » !

      Non cher Ben Baddis (repose en paix) ce n’est pas la politique coloniale qui a fait qu’il existe des « arabes » et des « berbères » en Algérie. Non et trois fois Non !!!, C’est simplement une réalité historique et géographique, c’est l’HISTOIRE du Maghreb avec un grand H qui dit que l’Algérie était d’abord berbère avant que ne viennent les romains, les vandales, les arabes ,les turcs et le français. Ce n’est pas le colonialisme qui soutenait que l’Afrique du Nord est berbère ou que les Arabes sont des envahisseurs, des colonisateurs venus en Afrique du Nord au même titre que les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Turcs et, plus tard, les Français, mais c’est l’HISTOIRE, tout simplement qui dit çà ! Les colons sur ce plan là ont tout à fait raison de le dire cette vérité et ils n’ont pas falsifié l’Histoire !

      L’Algérie (le Maghreb) est devenue arabo-musulman avec l’occupation arabe (donc avec l’arrivée des conquérants venus du Hedjaz et de l’Arabie du Sud-Est avec le Coran dans la besace) et aussi avec la Turque par la suite ! Donc, çà ne sert à rien d’éluder l’HISTOIRE.

      Aussi, je veux bien accepter que le colonialisme ait voulu saper ou ébranler les fondements de l’ALGERIANITE de l’Algérie en jouant sur les notions « arabe » « kabyle », mais l’Algérie n’est pas et ne sera jamais seulement arabe comme l’ont voulu Messali El Hadj et beaucoup d’autres avant et après lui !

      Le colonialisme n’a pas artificiellement créé la différence « arabe » ou « kabyle » mais elles existaient vraiment en tant identités algériennes à part entière sans hiérarchie et c’est en partant de cette réalité que le colonialisme en a joué ! N’oublions pas qu’il y avait dans le mouvement national beaucoup d’adeptes de l’arabo-islamisme exclusif de l’ALGERIE qui ont refusé l’identité berbère de l’Algérie et dont les relents se sont intensifiés après l’indépendance!

      Tout le problème du pays vient de là alors que ces deux identités existantes (ces deux blocs) avaient un même et unique objectif : l’indépendance de l’Algérie ! Ce n’est pas parce que le colonialisme à jouer sur le « diviser pour régner », qu’il faut éluder l’autre identité ancestrale de l’ALGERIE : le berbère !

      Pour le reste no problème en ce qui me concerne !

      Avec tous mes respects !

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  • Khaled
    23 novembre 2015 at 20 h 30 min - Reply

    La nation algérienne est la. Sa formation et sa naissance ont été difficiles. C’est le lot de toutes les nations SANS EXEPTION.

    Mr. Sadek Hadjeres a bien évolué dans sa perception de ce qui définit la Nation Algérienne, lui un des acteurs principaux de la crise berbère.

    Ci-dessous quelques extraits de son article : ESSAI SUR LA NATION ALGÉRIENNE – 2011
    ————————————————————————————–

    LE sentiment national algérien prend sa source très loin dans l’histoire des Berbères, premiers habitants de l’Afrique de du Nord. Comme chez tous les peuples, ce sentiment n’était pas national à ses débuts : il n’avait pas la force et la profondeur, la maturité et la qualité qu’il possède actuellement. Il se manifestait d’une façon sporadique, fruste et spontanée. Depuis ses premiers balbutiements, il a évolué sans cesse avec le déroulement des siècles au cours de notre histoire, avec les luttes, les victoires et les défaites, les transformations économiques et sociales, les changements de régime politique, les brassages de population. On peut comparer l’évolution du sentiment national au cours d’un fleuve, d’abord ruisseau, qui grandit au fur et à mesure qu’il traverse des contrées nouvelles, étroit dans les gorges qui l’enserrent, calme et large dans les plaines, enrichissant les terres et enrichi d’affluents venant des montagnes voisines.

    (…) Les noms de Jugurtha, Takfarinas, Firmus, de la cavalerie numide, claquent au vent de notre histoire comme un étendard de ralliement des partisans, comme un appel au combat contre les Romains les Vandales, les Byzantins, contre l’occupant étranger.
    (…) Avec l’arrivée des Arabes prend fin un long cauchemar, celui des invasions que suivait la ruine du pays, la mise en esclavage des populations. Venu de l’Est avec la lumière, l’Islam va transformer d’une façon radiale la physionomie du pays. Le geste symbolique de La Kahena, recommandant, après une résistance héroïque, à l’un de ses fils de rejoindre les Arabes et adoptant un de ces derniers comme fils, est significatif de l’esprit dans lequel furent accueilli les soldats de Okba et Noman. Si les Berbères résistèrent au début de la pénétration arabe, habitués qu’ils étaient jusque-là à ne connaître que la servitude et l’humiliation avec l’envahisseur étranger, ils ne furent pas longtemps à s’apercevoir du caractère libérateur de l’idéologie apportée par les nouveaux venus.

    (…) Ce sentiment où la religion joue un rôle unitaire de premier plan (étant donné le contenu sociologique de l’Islam) est d’une qualité supérieure au précédent, avec désormais la prise de conscience de l’appartenance à un monde plus vaste. Notre pays (Maghreb El Awsat) a connu les splendeurs, le faste et les réalisations de la brillante civilisation musulmane sous le califat des Omeyades, des Abassides, des Fatimides. Il a formé avec l’Ifrykia (Tunisie) et le Maghreb occidental (Maroc) les empires « Almourabitounes » et les « Almouhaoudinounes ». L’empire Almohade, sous le règne de Abdelmoumen, originaire de Nedromah, ce centre d’Oranie qui demeure un des hauts-lieux du patriotisme algérien, fut l’empire le mieux organisé de l’Occident musulman. L’idée d’un terrtitoire spécifiquement algérien grandit avec les royaumes de Tahert, des Zirides (Achir dans le Titteri) et des Beni-Hammade (Bougie). Mais la solidarité avec le monde musulman reste toujours vivace. C’est ce qui explique l’appel fait aux Turcs contre les envahisseurs espagnols. Mais que les Turcs se comportent en tyrans et voilà les Algériens dressés pour défendre leurs libertés.

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  • Kalem Debbouz
    23 novembre 2015 at 22 h 16 min - Reply
  • Mezziani Mourad
    23 novembre 2015 at 23 h 12 min - Reply

    Je ne sais pas ce qu’en pense Ait Ahmed de ce passage :

    « Quelle était l’attitude de Hocine Aït Ahmed que la Direction soupçonnait d’être le cerveau de toute l’affaire berbériste ? Afin de sonder ses intentions, elle lui dépêcha deux de ses membres : Ahmed Bouda et Hadj Mohammed Cherchali, qui eurent un entretien avec lui. Mis en demeure de prendre position pour ou contre le « berbérisme », il demanda un délai de réflexion « pour, dit-il, faire mon enquête ». Il se rendit en Kabylie et à son retour, il déclara aux deux délégués de la Direction : « Ce que vous m’avez affirmé est exact. Je me désolidarise de ces éléments (berbéristes) ». »

    On voudrait bien que Ait Ahmed confirme ou infirme cette déclaration Benyoucef BENKHEDDA et cela avant sa mort ! Est-ce que Ait Ahmed a réagi à ce récit, oui ou non ????? Est-ce qu’il l’a confirmé ou pas ???? Si des internautes ou des historiques toujours en vie en savent quelque chose qu’il nous le dise. Dans le cas où c’est oui, çà explique beaucoup de choses politiquement parlant !!!!

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  • Halim BOUMESILA
    25 novembre 2015 at 13 h 32 min - Reply

    Ok, c’est bon! On arrête la charrette !

    Que ceux qui veulent crier haut et fort que tous les algériens sont tous musulmans et donc par voix de conséquence des arabes, eh bien qu’à cela ne tienne ! Criez-le tous les jours si vous le voulez à tue-tête …, moi, en ce qui me concerne …je suis sourd et je suis sûr que beaucoup d’autres aussi !

    Il faut arrêter le délire car ce n’est pas parce que l’enseignement est arabisé et que le Coran a été révélé en arabe, qu’on est automatiquement DES ARABES ! A mon avis, il faut qu’on se mette définitivement dans la tête qu’un BERBERE n’est pas un ARABE et ce n’est pas les berbères qui le disent, c’est l’HISTOIRE !

    Maintenant,

    – ou bien, il faut DEFINITIVEMENT qu’on comprenne TOUS ENSEMBLE que l’Algérie, (pays d’Afrique du Nord et non du Golf Persique ou du Moyen Orient), est plurielle, multi langues, multi cultures, multi ethnies, multi cultuels de part sa frise historique, et dans ce cas on peut bien vivre en paix, dans la tolérance et le respect,

    – ou bien, il ne faut pas s’étonner que des Ferhat Mehenni germent et fleurissent dans les jardins berbères !

    NB : je conseille à tous les « spécialistes » de ne pas utiliser la religion musulmane ou la langue arabe comme une sorte de «moule cosmique» où tous les algériens doivent s’identifier inexorablement et impérativement comme des arabes au motif que le Coran est révélé en langue arabe ! Il existe des pays musulmans non arabes, bon sang de bon soir !!! C’est vrai que l’islam «baigne» en l’Algérie mais la religion n’est pas une obligation même si des « spécialistes » jouent aux policiers de Dieu pour nous dire que cette religion s’impose obligatoirement à nous tous.

    Il y a d’ailleurs beaucoup de personne (y compris l’Etat) qui «s’amuse» à surveiller ceux qui suivent cette religion et ceux qui ne la suivent pas ! Il est faux de faire croire que Dieu a dit que l’islam est une OBLIGATION pour l’humanité! Ce sont ceux qui veulent interpréter le Coran à leur manière (surtout pour des motifs politiques) qui propage cette idée !

    Avec tous mes respects à TOUS les convaincus des LIVRES (Bible, Torah, Evangiles ou autres)

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  • Nabil MOKRANI
    25 novembre 2015 at 19 h 35 min - Reply

    Chers frères citoyens algériens qui que vous soyez, je m’adresse à vous :

    – je suis né en ALGERIE avant la guerre de libération dans un village kabyle dans l’une des majestueuses montagnes de notre grand et immense pays; je suis un authentique algérien patriote qui aime son pays et qui est prêt à le defendre en cas d’agression extérieure, et je suis berbère (kabyle) et non arabe, en quoi je suis coupable ou harki ou hizb frança???

    – je suis né en ALGERIE avant la guerre de libération dans un village kabyle dans l’une des majestueuses montagnes de notre grand et immense pays; je suis un authentique algérien patriote qui aime son pays et qui est prêt à le defendre en cas d’agression extérieure, et je ne suis pas un pratiquant de l’islam, en quoi je suis coupable ou harki ou hizb frança???

    J’attends une réponse , je vous en conjure, je vous en suplie chers frères ALGERIENS !

    je voudais aussi que Messali, Ben Khada, Ben Bella, Boumediène, Bouteflika, Boussouf, Ali Kafi, Mehsas, etc…etc….. etc…. etc…. etc…. etc répondent à mes questions avant que je passe de vie à trépas !

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    • Baaziz
      26 novembre 2015 at 19 h 24 min - Reply

      Monsieur l’interaute @Mokrani , chapeau bas !

      C’est comme çà qu’il faut parler au FLN de 1962 et d’avant, au pouvoir et au DRS parce que chercher raisonner ou à s’expliquer avec eux, ou chercher à les convaincre par la réalité ALGERIENNE, çà ne sert STRICTEMENT à RIEN !

      bravo pour vos questions !!

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