Édition du
10 December 2016

Lettre d’un indigène

indigène2Cher professeur Luc Tartar,

Je commencerais par vous remercier pour le temps que vous avez consacré à la lecture de mes 2 messages et à la réponse à ma question. Merci aussi pour les 2 documents envoyés. Vous avez écrit des livres (je les ai eu depuis leur parution) et j’ai beaucoup appris de l’un d’eux. Dans le passé, j’ai lu aussi d’autres écrits dont vous êtes l’auteur. Certains ne parlent pas seulement de mathématiques.

Néanmoins, je dois dire que le style et le contenu des deux messages que vous m’avez adressés en guise de réponse à ma question -pourtant purement mathématique- m’ont beaucoup choqué … J’ai résisté la 1e fois à ne pas répondre dans le même style que le vôtre, mais la 2ème fois, et après une journée de réflexion, j’ai décidé de vous écrire car ma dignité m’appelle à réagir à de tels messages.

Fils de paysan que je suis, mes parents m’ont appris à être humble, à respecter autrui quel que soit son âge ou statut, mais si l’un d’eux persiste dans son mauvais comportement, il faudrait le remettre à sa place. J’ai le regret de dire que vous m’avez mis ainsi dans cette situation très embarrassante en ce moment, c’est pourquoi je vous demanderais de me permettre d’adopter votre style (uniquement) dans ce message, juste pour que (probablement) vous ressentiez l’effet quand quelqu’un s’adresse à vous dans un style désagréable à la suite d’une question touchant les maths pures.

Sachez d’abord que j’ai votre âge, et que je suis -comme je viens de le signaler- fils de paysan, ayant vécu orphelin (père décédé en 1957, i.e., pendant la révolution) et donc n’ayant pas eu la chance, comme les fils de colons de l’époque (vous, par exemple), d’avoir comme professeurs des L. Schwartz et des J.-L. Lions … et bénéficier d’une formation telle que la vôtre.

Sachez, aussi, que j’enseigne les maths, dans les conditions que vous devinez, à l’université algérienne depuis 42 ans sans interruption et sans avoir quitté le pays. Vous, vous êtes à la retraite car votre pays peut se passer de vos services ; quant à moi, je continue à fonctionner à plein temps, car mon pays, contrairement au votre qui vous a mis à la retraite, a encore besoin de moi.

Vous, vous ne me connaissez pas, mais moi j’ai entendu parler d’un certain Luc Tartar, qui adore parler de sa personne et tiens à exhiber ses connaissances pour ceux qui veulent bien l’écouter. Je l’ai entendu parler à Tipaza et j’étais très attentif également quand il avait pris la parole pendant le congrès organisé en son honneur à Paris en 2007. J’ai constaté effectivement à l’époque, l’homme imbu de sa personne. Mais, je me suis dis que cela ne me regarde pas et que chacun, dans la vie, a son caractère qu’il faut respecter tant qu’il ne porte pas atteinte à autrui.

Il est vrai, d’après ceux qui vous connaissent de près, que vous étiez un brillant mathématicien, peut-être moins, maintenant, même si vous ne vous en rendez pas compte. Il est, en effet, difficile, pour tout être humain, de rester parfaitement lucide pendant toute sa vie, c’est la nature qui le veut. Mais, il vous est impératif d’admettre qu’il y a d’autres mathématiciens qui brillent aussi dans tous les pays du monde, et qui savent surtout –et c’est ce qui vous manque le plus- transmettre dans l’humilité, leur savoir, sans mépris d’autrui et sans arrogance : Ceux là méritent tout le respect, car en plus de leur savoir (qui peut être nettement supérieur au votre) ont la compétence de bien répondre à une question mathématique sans se placer au dessus de celui qui la pose. Il est regrettable que vous ne soyez pas de cette catégorie d’hommes.

Tout cela pour vous dire que savoir répondre à une question ne vous permet, en aucun cas, de passer en un donneur de leçons.

Si je me permets maintenant de vous donner cette leçon justement, c’est parce que vous vous êtes très mal comportés avec moi à deux reprises. J’avais réagi timidement au départ en espérant que le brillant mathématicien se rende compte de son erreur, mais vous avez récidivé, pensant –dans vos messages- que vous êtes le maître et que je suis l’élève : Vous avez visiblement des difficultés à admettre, M. Tartar, que je ne suis pas votre élève, même si je suis un indigène, et vous n’êtes pas mon maitre même si vous êtes le fils d’un colon! Puisque vous êtes (encore) un brillant mathématicien (c’est du moins ce qu’on retient de vos messages), faites encore un effort et essayer de démontrer que vous êtes mon maître ou que vous ne l’êtes pas. Pour ma part, c’est ce que je m’efforce de faire en ce moment pour prouver que je ne suis pas votre élève!

Vous vous permettez de corriger mon « impolitesse » lorsque je vous ai écrit (après n formules de politesse) : « Prière d’y répondre dans la mesure du possible » et vous me demandez agressivement, et sans avoir froid aux yeux, qu’il fallait que j’ajoute à ma phrase «pourriez-vous m’aider, s’il vous plaît». Mais qui vous êtes M. Tartar pour être si exigeant vis-à-vis des autres concernant les formules de politesse et pas envers vous-même ?

Par ailleurs, vous semblez oublier, de temps en temps, que vous vous adressez à un « indigène » qui a été colonisé pendant 130 ans, dont la langue maternelle est l’Arabe. Par conséquent, il n’est nullement censé maitriser la langue du colonisateur. Faites un effort, et vous allez me comprendre. Car je m’applique à vous donner une leçon de bon comportement (comme vous le faites vous avec moi et peut-être avec d’autres !) Ne m’en voulez pas, car je vous ai averti au départ que je vais adopter votre style désagréable et choquant.

Je continue donc ma leçon et vous devez m’écouter, c’est dans votre intérêt pour ne plus choquer dorénavant vos interlocuteurs, surtout indigènes : Quand on pose une question de maths nette et précise à un mathématicien qui se respecte, et quand la réponse à cette question pourrait être donnée par « oui » ou « non » et éventuellement indiquer une référence, on ne commence pas sa réponse à bombarder le pauvre expéditeur par des questions (je reprends ici les vôtres à mon égard) : Qui vous êtes (alors que mon nom, mon institution et toute l’adresse y étaient) ? Pourquoi vous posez cette question ? Qui vous l’a posé ? Avez-vous discuté avec votre entourage sur cette question, etc.?

Le comble, regardez pour qui se prend ce retraité que vous êtes, lorsqu’il donne des ordres et des leçons du genre : «Vous demandez de l’aide à un professeur à la retraite, et donc pour l’intéresser vous devez être précis et rapide pour décrire ce que vous demandez. » Alors qu’à ce retraité, j’ai attaché l’article en indiquant l’inégalité qui pose problème, et en précisant qu’elle se trouve à la Ligne 14 de la page 165 ! Je disais, M. Tartar, que celui qui se respecte et souhaite être respecté devrait répondre à la question posée par l’expéditeur, sinon il dira qu’il ne sait pas répondre… et on le respectera davantage.

  1. Luc Tartar, il est à constater que vous avez vieilli trop vite, car après cette interrogatoire à laquelle vous m’avez soumis, vous avez commencé à tartiner sur votre passé et sur votre personne en évoquant J.-L. Lions qui vous a enseigné en 1970 (vous précisez «quand j’étais étudiant à Paris vers 1970» … moi, l’indigène, à l’époque j’étais étudiant à Alger)un théorème (sans réf, vous dites) qui affirme … et vous constatez avec regret : «Cela montre que ce qui était standard n’a pas toujours été compris. »… insinuant par là –je pense- que c’est l’indigène qui ne comprend pas. Pauvre retraité, mathématicien brillant!

C’est vous qui ne comprenez pas la question posée ou vous faites semblant de … ? Est-ce théorème, qui est connu de tous (même par moi !), qui nous intéresse ici en premier lieu?

Vous faites tout ce long discours inutile et tous ces commentaires superflus sans évoquer la réponse que je cherche…

Et voilà, à la fin du message vous vous décidez enfin de dire un mot sur la question posée. A la dernière ligne, vous terminez votre message par cette phrase «il suffit d’observer que vous savez déjà que … » !! Comme par hasard, il se trouve que c’est précisément cela que « je ne sais pas déjà » ! Car c’est cela le cœur de la question posée. M. Tartar : Si je savais cela, je ne vous aurez jamais posé la question !

Je sais que je suis un matheux indigène, sans aucune prétention aux grandeurs qui sont les vôtres, mais j’aimerais ajouter que la question que je vous ai posée a été adressée également à de brillants mathématiciens, certains retraités comme vous, d’autres directeurs de recherche au CNRS travaillant sur ce type de problèmes… il se trouve que jusqu’à présent, aucun ne m’a donné une réponse nette et précise.

Je remarquerais, quand même, que ce qui caractérise tous ces gens là, est qu’ils étaient tous humbles, sans mépris, contrairement à vous. Dommage que vous n’ayez rien retenu de vos maitres L. Schwartz et J.-L. Lions en matière de comportement respectueux d’autrui.

Voilà, M. Tartar, l’indigène pense avoir terminé sa leçon d’aujourd’hui, s’il a réussi son cours c’est grâce à vous, car c’est vous qui lui avez donné cette opportunité. Dans le cas contraire, il pourrait reprendre sa leçon si besoin est.

Cordialement.

P.S. Cette lettre sera diffusée autour de moi pour informer la communauté à laquelle j’appartiens.

*************************
Boubaker-Khaled SADALLAH
Dept. of mathematics / Lab. Part. Diff. Eq.  &  Hist. Maths
Tel. Lab. : (213) (0)21 28 74 02/ Tel. ENS : (0)21 29 75 11(Ext. 243)
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ECOLE NORMALE SUPERIEURE
B.P. 92, 16006-Kouba, Algiers, ALGERIA
E-mail: sadallah@ens-kouba.dz ;
sadallah@hotmail.com

 

 


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8 Commentaires sur cet article

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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    2 décembre 2015 at 7 h 35 min - Reply

    Deux jours après l’envoi de la lettre ci-dessus au professeur Luc Tartar pour protester contre sa manière de communiquer, il m’a fait parvenir le message ci-dessous auquel je n’ai pas répondu. Il n y a pas eu de suite de sa part jusqu’à ce jour bien qu’on lit dans sa réponse « mais comme votre lettre comporte plusieurs points, je vais essayer d’y apporter plusieurs réponses, chacune sur un point particulier »:

    Cher Professeur Boubaker-Khaled SADALLAH

    Je voudrais tout d’abord vous demander de m’excuser de vous avoir blessé, et ce n’était pas mon intention, bien sûr.

    J’étais absent pour deux jours, et je n’ai pu lire votre lettre qu’en début d’après midi, mais comme votre lettre comporte plusieurs points, je vais essayer d’y apporter plusieurs réponses, chacune sur un point particulier.

    Cette réponse portera sur mon père.

    Il se prénommait Georges et il était né en 1913 à Damas, dans une famille Chrétienne, et sa langue maternelle était donc l’Arabe.
    Comme son père (Élias) et son frère aîné (Khalil) il a commencé par être tailleur. Il est venu à Paris en 1934, un an après son frère aîné, pour se perfectionner dans son métier, et la Syrie était un protectorat Français à l’époque. Ils avaient eu l’idée de revenir à Damas, mais ils sont tous deux restés à Paris, et ils ont exercé ensemble le métier de tailleur, avant que mon père décide de faire des études de théologie Protestante ; mon oncle est resté tailleur toute sa vie.

    Les Chrétiens de Syrie suivent le rite Grec Orthodoxe, mais mon grand père avait changé pour une orientation plus évangélique, et il s’était intéressé à vivre selon la Bible, et sans jamais passer d’examen il était devenu assez compétent, et il avait même été prédicateur à Jérusalem pendant une dizaine d’années (de 1936 à 1946 environ) pour une église évangélique Américaine qui cherchait des prédicateurs dans diverses langues parlées au Moyen Orient, et mon grand père semble avoir été un bon prédicateur en Arabe.

    Je pense que mon grand père avait dû promettre à Dieu qu’un de ses fils se mettrait à son service, et c’est mon père qu’il a poussé à faire des études religieuses.
    A Paris, mon oncle et mon père avaient rejoint la communauté Protestante (réformée), et mon père a fait ses études à la Faculté Libre de Théologie Protestante (boulevard Arago) et il a obtenu son diplôme de pasteur en Janvier 1947, juste après que je sois né (en Décembre 1946). Son premier poste allait être de travailler comme missionnaire à Alep, et en attendant de partir il a passé 4 certificats de littérature et philologie Arabe à La Sorbonne.

    Mon père est donc allé rejoindre son poste de missionnaire à Alep (avec ma mère, mon frère, et moi) au début de 1948, mais ma mère (qui était Parisienne) ne s’est pas fait au séjour à Alep et elle est revenu à Paris après 6 mois (avec mon frère et moi) : bien sûr, je n’ai aucun souvenir personnel de cette époque, et on me l’a racontée. Mon père est resté un an de plus à la mission à Alep, et c’est mon grand père qui l’a ensuite remplacé, jusqu’à sa mort en 1975.

    Rentré en France, mon père a pris un poste de pasteur de l’ERF (Église Réformée de France), et son premier poste a été à La Mure (Isère), et mes souvenirs commencent là.
    En 1955, il y a eu un poste de pasteur vacant à Boufarik, et on a demandé à mon père si ça l’intéressait, et il a dû y aller au Printemps 1955 pour rencontrer les Protestants de la paroisse de Boufarik, qui l’ont accepté, et il a pris ce poste de pasteur en Septembre 1955.
    Ma mère n’avait pas renoncé à sa nationalité Française en épousant mon père (ce qui fait que je suis Français depuis ma naissance), mais mon père était resté Syrien jusqu’en 1955, année où il a été naturalisé Français, et cela devait être nécessaire parce qu’il me semble que dans les départements Français d’Algérie le concordat s’appliquait (c’est à dire que la loi de 1905 de la séparation de l’église et de l’état ne s’est pas appliqué aux colonies Françaises de l’époque, ni à l’Alsace+Moselle qui avait été annexées par les Allemands après la guerre de 1870), et mon père recevait son salaire de la préfecture et non de l’ERF.

    Je ne vous apprendrai pas que c’était une époque difficile, et il y avait des positions très opposées concernant le terrorisme, et mon père a fini par être révoqué par la direction de l’ERF (ou plutôt par un synode national) vers 1960, et un argument était peut-être lié au mouvement de rapprochement des croyants (Juifs, Chrétiens et Musulmans) qu’il avait créé en 1959 sous le nom « Union des Croyants ». La paroisse de Boufarik était divisée en deux, et la moitié qui soutenait mon père s’est cotisé pour lui payer la moitié de son salaire, jusqu’à l’indépendance évidemment, puisque quasiment tous les gens de souche Européenne sont partis.

    Mon père, qui n’a jamais eu aucun intérêt pour la politique et ne voyait les choses que d’un point de vue religieux est resté à Boufarik, mais comme mon frère et moi devions passer notre 1er bac, et que la situation était si chaotique à Alger qu’on n’imaginait pas que les examens auraient lieu, mon frère et moi avons été envoyés à Paris en Mai 1962, chez nos grand-parents maternels, pour poursuivre nos études.

    Mon père avait eu la bonne idée de compléter sa licence d’enseignement en passant un certificat d’Arabe supplémentaire à l’université d’Alger, et après l’indépendance il a pu obtenir un poste d’enseignant, d’abord à Blida, je crois, puis à Alger. Bien sûr, comme il ne comprenait pas l’Arabe dialectal Algérien, trop éloigné de son dialecte Syrien, c’est l’Arabe classique qu’il a enseigné.

    Ma mère et mes deux soeurs sont revenues en France en 1968, et mon père s’est fait expulser d’Algérie en 1970. J’ai cru comprendre qu’il avait reçu des menaces de mort, qu’il devait vouloir ignorer (bien sûr!), et je pense que les autorités ont préféré l’expulser pour lui éviter des ennuis.

    Mon père ne pouvait pas enseigner l’Arabe en France, car il n’avait pas le CAPES (certificat d’aptitude pour l’enseignement secondaire) et il avait dépassé la limite d’âge pour le passer, et il a décidé de passer une thèse de 3ème cycle, mais assez vite on lui a proposé un poste de conseiller pédagogique à l’Ambassade de France à Amman, et il a donc travaillé en de 1971 à 1977, à organiser tout ce qui concernait l’enseignement du Français en Jordanie. En plus de son travail, il a préparé sa thèse, et en Juin 1977 j’ai assisté à la soutenance de sa thèse (en Sciences Religieuses) à l’Université de Strasbourg : son sujet a été d’éditer tous les manuscrits d’un « dialogue Islamo-Chrétien sous le Calife Al Mamûn », et d’en faire la première traduction en Français.

    Ensuite, il n’a pas retrouvé de travail, et il s’est occupé jusqu’à sa mort (en 2003) à essayer d’oeuvrer à un rapprochement Islamo-Chrétien, et à publier des études sur le Coran, et plus particulièrement sur la manière dont Jésus et sa mère sont décrits dans le Coran.

    Si vous trouvez après ces explications que je suis fils de colon, cela doit être que vous avez été victimes d’une propagande politique qui a fait qualifier tous les Européens de colons !

    Je parlerai plus tard des différentes colonisations de ce que depuis 1830 on appelle l’Algérie : par les Carthaginois, les Romains, les Arabes, les Turcs, les Français, puis les Arabes à nouveau, et ce qu’elles ont eu de positif et de négatif à mon avis.

    Très cordialement
    Luc TARTAR

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  • still
    2 décembre 2015 at 22 h 40 min - Reply

    Mr Sadallah,
    Epargnez-nous la suite de ce charabia ( l’histoire de l’Algérie vue par Luc Tartar), voulez-vous? Je parie qu’elle ressemblera a « L’histoire de France vue par San-Antonio », avec l’humour en moins. Je présume aussi que Mr Tartar passât la moitié de ses cessions, donc la moitié de sa carrière, à raconter sa vie à ses étudiants. Je pensais, (au fait je pense toujours) que la Science inspire plutôt l’humilité. Ou bien ce postulat est faux, ou bien Mr Tartar est un professeur encore immature,pour ne pas dire autre chose.

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  • MAJORORO
    7 décembre 2015 at 11 h 28 min - Reply

    Bonjour tout le monde.
    Etant j’imagine, du même âge que les 2 antagonistes dans cet article, je me permets avec tout le respect de commenter à mon tour ces échanges de mots durs, inutiles et possiblement nuisibles et dévastateurs par leur retombées sur les jeunes étudiants de l’université de la vie des 2 côtés du lac méditerranéen.
    Je trouve l’attitude du professeur Luc Tartar tout à fait normale bien que un peu condescendante ; chose normale pour un professeur et homme de science, me diriez-vous et tolérée dans toutes les cultures du monde civilisé. L’amalgame ne sert personne.
    Quant à l’attitude Mr Sadallah ; je la trouve un peu pathétique. Le mot « indigène » n’a pas à être évoqué dans le contexte de cet échange entre 2 professeurs, hommes de sciences.
    Mr Tartar a du s’épancher pour démontrer qu’il n’est pas « colon », merci quand même et qu’il n’est qu’un autre « indigène » d’un autre pays d’un autre continent. Et Mr Sadallah en faisant le « Under-dog », joue cette carte très usée du FLN qui leur (eux autres du FLN) a certes bien servi mais au bout du compte desservi le pays et les hommes.
    Cet antagonisme sur la voie publique, entre 2 hommes ; les deux étant bien éduqués mais évoluant dans deux situations totalement différentes. L’une élitiste à fond et reconnaissante aux hommes qui font et soutiennent ce système élitiste et l’autre pauvre, non reconnue et certainement non reconnaissante aux hommes qui malgré tout soutiennent un système batard et bricolé par des ignorants qui ont joué aux révolutionnaires, qui maintenant vieilli, avachis et dépassés complètement, essayent par tous les moyens de le perpétuer.
    Monsieur Tartar, vous étiez, êtes et vous serez toujours le bienvenu en Algerie ; vous et votre famille êtes chez vous. Votre père est toujours dans les cœurs de tous ceux qui l’ont connu, à Boufarik et à Blida. Je n’oublierais jamais l’homme à la Peugeot « 203 » qui ramenait sa fille au lycée 1 année après l’indépendance ; il était charmant et gentil avec tout le monde. C’est bien connu dans la région, il a aidé plus d’un citoyen dans la difficulté quel que soit son ethnie, religion et finances. Merci avec 52 ans de retard et
    je voudrais m’excuser pour la millionième fois pour ce l’Algérie lui avait fait subir en son temps comme je m’excuse maintenant pour les mots durs à votre encontre et m’excuser auprès de Mr Sadallah en meme temps en lui conseillant d’être un peu indulgent avec les hommes de sciences spécialement si lui-même il en est un. Amalgamer comme nous le faisons tous sans exception en Algérie ne sert que renforcer le présent système qui n’a de respect ni pour les hommes de qualité ni d’ailleurs d’avenir.

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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    7 décembre 2015 at 21 h 14 min - Reply

    @ M. Majororo

    Merci pour votre réaction. Il va sans dire qu’un scientifique qui se respecte, quand on lui pose la question si a<b, il répond d'abord à la question. Tout le reste peut être considéré hors sujet. Pour ma part, je connaissais bien l'histoire de M. Luc Tartar et de sa famille, la communauté math. (ceux qui font des EDP) à laquelle j'appartiens connaît tout ça depuis très longtemps.

    Figurez-vous que je n'ai pas la réponse à la question que j'avais posée jusqu'à ce jour bien que j'ai reçu de M. Tartar un autre long message du même style que le précédent.

    Je pensais que la dernière phrase de la réponse de M. Luc Tartar suffisait à donner une idée de son opinion sur l'Algérie. Et vous remarquez que j'ai évité de parler de l'histoire du pays dans ma lettre (l'échange étant au départ autour d'une question de maths pures). Si vous voulez mon opinion, je n'ai jamais considéré l'expression "fils de colon" comme une insulte ou une condamnation (le "fils" n'avait pas choisi d'avoir un colon comme "père"). Si je l'ai mis ici en parallèle avec "indigène" ce n'est pas pour faire le mesquin comme vous semblez l'insinuer mais pour souligner la différence, en termes de privilèges matériels et autres, entre ces deux catégories de citoyens à l'époque coloniale. Personne ne peut nier ce fait même si ce colon n'était pas un propriétaire terrien.

    J'ajouterais ici que le 17 juin 2015, M. Luc Tartar a écrit un message à un collègue algérien (fils de chahid) exerçant en France. Les 2 hommes se connaissent depuis longtemps. M. Tartar commence ce message par poser à mon collègue une question de maths pour laquelle il n'avait pas de réponse, puis il bifurque (cette bifurcation a fait réagir le fils de chahid d'une manière très violente car il s'est senti humilié par les propos concernant les chouhadas) ! En voici quelques extraits de ce message, qui permettent d'avoir une idée plus claire de ce que pense M. Tartar de l'Algérie :

    "… En gros,j'en avais marre qu'on me répète la propagande Algérienne d'apologie du terrorisme ! [Devinez de quel terrorisme il s'agit ici!]

    …. et je voulais voir si les Tunisiens avaient la même agressivité que les Algériens envers les Français. Déjà, à l'aéroport [tunisien], j'ai pu voir que la situation est différente car il n'y a pas besoin de visa pour aller en Tunisie. Mieux que ça, j'ai appris qu'il n'y a même pas besoin de passeport…. La situation de la Tunisie est différente de celle de l'Algérie, car les Tunisiens ont une histoire, et Carthage a même failli conquérir Rome. A Hammamet, j'ai rencontré un Marocain qui organise une école… 2017, et j'ai accepté d'y aller… Par contre, je n'ai plus du tout envie d'aller en Algérie, et j'en informerai …"

    Je termine ce commentaire par :

    1. Il semble que vous m'assimilez au FLN. Si oui, sachez que je n'ai jamais appartenu à un quelconque parti politique : je suis fier de "naviguer" jusqu'à ce jour en "autonome" défendant mes propres idées avec les moyens du bord… et me contentant dans mon métier de m'appliquer à enseigner les maths sans soutenir qui que ce soit de ce que vous appelez "un système bâtard et bricolé".

    2. J'ai noté que vous avez invité M. Tartar en Algérie. A ce propos, vous pouvez lire dans l'extrait de son message : "Par contre, je n'ai plus du tout envie d'aller en Algérie, et j'en informerai …". Plus précisément, M. Tartar voulait dire ici qu'il allait informer le directeur du labo (auquel j'appartiens) du fait qu'il n'a pas envie de venir en Algérie… car ce responsable lui avait adressé une invitation avant l'été dans le cadre des activités du dit labo.! En ce sens, l'invitation était déjà partie de mon entourage immédiat et vous avez vu la réponse de l'invité. C'est peut-être la preuve que nous sommes plus ouverts que ce que vous pensez.

    Je ne sais ce pas si, après tous ces éclaircissements, vous continuez à trouver "l’attitude du professeur Luc Tartar tout à fait normale …et que l’attitude Mr Sadallah … un peu pathétique."!

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  • Toufik DZ
    24 décembre 2015 at 6 h 12 min - Reply

    En effet « c’est la regle et non pas l’exception' »j’ai vecu cela avec departement des sciences sociales ESSEC Paris Professeur Henri Atlan.j ai envoye un manuscrit en 2008 de la poste du louvre , par lettre recommandee au departement sur la reflexion therapeutique ,a ce jour je n ai meme pas recu aucun message , c ‘est frustrant et ca ma fait perdre enormement de temps . Toufik Oudjit ,toufikoudjit@gmail.com

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  • lamri
    28 décembre 2015 at 11 h 55 min - Reply

    Parfois il est necéssaire de répondre a certains categorie de gens, dont le quel,soit ils ont manqué des cours de civisme et de politesse,soit c’est inée et culturelle et pourtant d’un niveau intellectuel acceptable.
    trés bonne leçon de MrSADALLAH.

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  • MAJORORO
    3 janvier 2016 at 18 h 30 min - Reply

    J’aimerai avec tout le respect, en ce moment de recueillement suite à la mort et à l’enterrement du dernier grand révolutionnaire du pays Mr HAA, qu’il repose en paix, pour demander pardon à Mr Sadallah. Je me suis emporté et usé certains mots et je n’aurai jamais dû. J’accepte ses critiques dans sa réaction-réponse à la mienne. J’en suis profondément et résolument très désolé.
    Voilà, je voudrais prendre cette opportunité et sans me laisser entrainer dans un verbiage non nécessaire qui semble ces temps-ci être la norme partout, pour élaborer si l’on me permet sur la situation du pays telle qu’on l’observe de partout.
    En peu de mots, l’Algérie est, décidemment un pays sous-développé et comme le monde entier le sait, gouverné par des militaires. Des militaires qui sont mal entrainés, mal équipés et surtout, pardonnez l’expression, mal éduqués, sous-développés eux aussi mais jouissant de privilèges illimités ou du moins limités par le budget de l’état. Tout le monde sait aussi comment ce budget est établi et géré. Tout le monde sait aussi comment les chefs de ces militaires formant un genre de sénat obscur ou de chambre haute sans aucune responsabilité ni comptabilité à rendre a aucun organe officiel de l’état. Pourquoi ?
    Parce que c’est un pays totalement déstructuré par 53½ années de non-sens et d’aventurismes d’illettrés mal éclairés. Les messieurs qui engagèrent le pays sur cette voie, croyaient pouvoir « faire »; et la révolution, et lancer le développement et puis gérer le tout du haut d’une tour. Ils ont eu, on ne le dira jamais assez, un pouvoir absolu et ils l’ont mal utilisé malgré les plus ou moins bonnes périodes conjoncturelles internationales. Ils ont eu toutes les chances du monde pour faire et changer le pays en mieux. Mais, un pays qui s’offre une élite militaire et / ou civile de bas rangs, de technocrates apolitiques médiocres et dépourvus de toute vision quelle qu’elle soit appart leur propre privilège privé est inéluctablement condamné à la chute.
    Ils ont failli lamentablement mais cela ne les a pas empêchés de rester au poste de pilotage en bricolant ici des textes ; là-bas la loi suprême du pays qui a été d’ailleurs modifiée de nombreuses fois et cela continue. Le parti au pouvoir qui a usurpé son autorité sur le pays sans vraiment l’avoir, a néanmoins changé de couleur politique dépendamment des circonstances.
    Un pays qui a mis 53 ans pour se découvrir, et qui a des difficultés pour avaler sa fausse fierté et revenir dans ses petits souliers d’enfant gâté.
    Entre temps, une préfecture est rebaptisée « Wilaya » et une sous-préfecture, « Daira ». On a tout bêtement ajouté 2 mots à votre lexique de langue Française. Un parlement qui est libellé APN et une armée ANP. Des abréviations aux mots creux et vides de sens.
    Plutot, une république banane peuplée et dirigée par une élite « d’indigènes », vous excuserez le mot, mais il n’y a pas d’autres au vu du comportement et surtout des résultats. Tout le monde reçoit ce mot sur la figure, y compris moi-même. Donc, si par hasard, on voudrait éviter cela, je pense qu’on se doit de tout repenser et refonder la nation à partir de zéro et il n’est jamais trop tard.
    Tout cet échafaudage bricolé par un militaire pseudo colonel « jeune loup » inconnu en son temps et son petit conseil de la révolution fantoche, d’en haut d’un véhicule blindé, dans une atmosphère de haine aigue et de lâcheté évidente est à revoir et en premier lieu à déconstruire éventuellement.
    Cela veut dire, revoir tout car rien n’est acquis pour toujours. Même s’il s’agit de repartir en révisant les choses les plus élémentaires comme le voulait cette élite d’anciens dont faisait partie Mr HAA et qui avaient appris à la dure auprès des Français. Ces anciens qui avaient le mérite de savoir-faire pour diriger la politique et l’économie du pays avec notamment un succès certain et bien robuste sont tous partis et ne pourraient malheureusement être remplacés. Aujourd’hui je sens et partage avec beaucoup d’amertume la profonde tristesse de Mr HAA, juste avant de partir sans avoir ni vu un quelconque beau résultat de son travail initial ni ressenti un effet prometteur de vrais changements.
    Ce sont ces hommes de la trempe de Mr H Ait Ahmed dont la disparition fut un évènement National d’importance majeure qui auraient dû être à la tête du pays et non pas ceux qui se sont succédé depuis l’indépendance. Cet homme est une démonstration physique que l’on n’est pas tous des « indigenes » bien qu’avec tant d’autres ils sont bel et bien le produit de ce qu’on appelle avec une certaine désinvolture l’école coloniale. Merci.

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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    8 janvier 2016 at 16 h 59 min - Reply

    Je ne comptais pas intervenir une autre fois mais le dernier commentaire de M. MAJORORO m’oblige à le faire : C’est juste pour lui dire qu’il n’est nul besoin de s’excuser. L’important est qu’on échange des infos vraies, pour le reste chacun est libre de prendre la position qu’il estime la meilleure.

    Puisque l’opportunité m’a été donnée ici, je voudrais signaler que M. Luc Tartar m’avait répondu le 23 décembre dans une 3ème lettre très correcte où il n’y a que des maths. Elle commence par :
    « Cher Professeur Boubaker-Khaled SADALLAH »
    et se termine par :
    « Je vous écrirai plus sur cette question plus tard, mais si certains points de cette réponse ci ne sont pas très clairs, dites moi les points que vous voudriez que j’éclaircisse. Bien cordialement ».

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