Édition du
10 December 2016

Les médiocres ne se mangent pas entre eux.

Lièvres à l'assaut d'un illusoire pouvoir« Les princes médiocres ne tolèrent qu’un entourage de flatteurs qui leur dissimulent leur médiocrité » citation

Les  références intellectuelles et la culture dans notre propre contexte, sont une nécessité sociale plus que l’exigence du pain. Si par hasard, on se remettait à lire conformément aux percepts de ce que nous dicte notre religion, et aussi  à penser normalement selon une rationalité économique, à  pouvoir donner plus de sens aux   valeurs universelles, aux valeurs morales et religieuses et aux  concepts scientifiques.  Par contre, les Algériens vivent dans un autre  contexte ou ces notions nobles su-citées sont  balayés comme s’ils étaient de faits insignifiants, c’est un nouveau terrain  contextuel ou le politique trouve son champ  pour mieux mener sinon ensemencer par la rente   son idéologie oligarchique.

Alors, l’algérien se demande comment  se situer avant de définir ce que s’est la médiocrité qui nous hante dans notre quotidien, les uns  nous disent que c’est le milieu social, tandis que  d’autres nous récitent que  c’est le pouvoir qui nous administre, le régime qui nous dirige, le système qui nous manœuvre. Cependant, Il ya aussi des intellects qui nous  jaspinent autrement  pour nous dire que c’est le moyen, le médian, le dérisoire, le minable, le passable, le piètre, le piteux…. Se sont ces significations qui dominent la  pensée  de ceux qui  nous gère, régente pour leur propre intérêts, ils sont  des politiciens, des gestionnaires, des  administrateurs, des directeurs et  autres responsables……
C’est dans ce contexte  pollué ou est issue la médiocrité qui fait que la combine et les manigances font rage  avec effet dévastateur. La plèbe, les partisans ou les  pseudos- citoyens  se font élire pour un  programme de promesses    mais ils  en appliquent un autre vide de sens  une fois élus  en parlant des locales. Les  vrais électeurs profitent par leurs absences lors des municipales pour protester contre le dégout et leur colère  de  la mauvaise  politique nationale,  La majorité ne vote pas pour soit disant  exprimer  leur refus, laissant la manigance, le truquage et bourrage  des voix, le détournement des voix pour assoir la véritable  « médiocrité »   c’est-à-dire  laisser faire ce dont  elle veut sans  aucune vision, ni stratégie ni autre conception  d’avenir, tout le jeu de cette médiocre  politique est à courte vue au milieu d’un bricolage persistant et   permanent de la nouvelle oligarchie.

C’est une nouvelle culture à l’algérienne arrosée par du pétrole, il s’agit  au fait, d’une transformation de l’esprit créatif vers un esprit sédatif, calmant  pour enfin devenir un esprit narcotique. Cet état de fait nous invite à ne pas trop penser comme disait J.Brel « on ne pense pas Monsieur ! », quand il s’agit de  ne pas se situer un peu  trop aux extrémités, il faut choisir  le juste milieu  , sinon le centre pour que rien ne soit mis à l’épreuve en faisant attention à  nos convictions, penser mou avec trop de « dodo » peu de « boulot » et beaucoup de « rien faire ».pas d’invention, ni de transformation , tout doux  comme un petit « bon…. Bon ». Ne pas déranger et pas être déranger sinon la  révolution risque de s’éclater pour une remise en cause de l’ordre social et l’ordre économique et de   « rag- da oua- tmangie ».

IL ya eu prise de pouvoir par les rentiers, la paix sociale veut que manger et consommer puis consommer et manger sans autres convictions socialo-économiques pour écarter toute pensée critique , étincelle de la révolution prolétaire ou bourgeoise sinon sociale.

L’incompétence est la nouvelle valeur des rentiers, et les piètres, insignifiants, rates et passables se sont emparés du pouvoir via l’unique force organisé avec des colts et des cellules  pour que la gueule se ferme et l’esprit se cristallise.

Le résultat en fin de compte, au lieu d’aboutir à une démocratie, les rentiers ont choisie  à mettre en place  une « médiocratie ». Au fait c’est quoi une « médiocratie », c’est  une forme de gouvernance , un modèle de pouvoir ou un style de régime ou les standards de gouvernance sinon les normes requises soient  impérieuses et devraient être la moyenne, ni bien, ni mal, ni supérieure, ni inferieur ,c’est l’ordre médiocre qu’il s’agit d’incarner .

Au fait quelle est cette   différence entre « moyen » et « médiocre » , regardant de plus  prés quand  c’est « supérieur » ; c est déjà la supériorité,  pour quelqu’un d’ « inferieur » c’est de l’ infériorité  et quand c’est « moyen » se n’est plus la « moyenneté » mais bien la « médiocrité ».Le terme  « moyen » en général se dit  lorsque quelque chose   est mesurable ,  comme par exemple  un résultat moyen, un salaire moyen ,un homme  de taille moyenne, une capacité moyenne qui veut insinuer un juste milieu ou une place détenu en son milieu c’est en somme  une échelle de valeurs tandis que la médiocrité est la moyenne dans les agissement dans les actes et dans les démarches et événements. Les agissements sociaux de personnes,  des « ghachi »s et de la population  sont médiocres ceci est  un nouvel ordre érigé en modèle par les rentiers. C’est bien ces derniers qui ont transformé les métiers créateurs de valeurs, une force de créations de bien en emplois créateurs de salaires devenu un cout.

Les rentiers ont détruit les métiers et la conception de la profession  et le travail devenu boulot s’est transformé en prestation.Les travailleurs devenus demandeurs d’emplois qui de manière indifférente  passent d’un travail ou plutôt d’un emploi à un autre pour un salaire donné pour enfin, subvenir à une subsistance.l’œuvre de la « médiocratie » se cristallise dans le domaine politique et a permis d’effacer la  saine gestion des institutions publiques, si au moins la conception du libéralisme pouvait mettre en œuvre  l’application (gestion des entreprise privé) aux structures et mécanismes de l’Etat, les méthodes de gestion des entreprises privées supposées plus efficaces, efficientes et économiques. Cette nouvelle gouvernance émettant des chants de  la démocratie de proximité ou le profit n’est qu’une rente pétrolière détournée vers d’autres classes via les marchés publics

Dans ce régime de gouvernance, l’action politique est réduite à la gestion du petit spéculateur, ne possédant  point les concepts de management, c’est-à-dire   la recherche d’une solution immédiate à un problème immédiat par le biais je te donne de la matière pesée, tu me donnes  un autre  prix de sa valeur, ce qui exclut toute réflexion fondée sur des principes fondée sur la règle de  l’art. Devant ce régime rentier  qui mène une drôle façon  de  gouvernance, le peuple est  invité à devenir de petits simples  consommateurs au milieu d’un marché de biens de services, de travail, de finances…. .

Etre médiocre, ce n’est donc pas être incompétent ?

Ce système, ce régime, ce pouvoir  encourage l’ascension des acteurs du même clan, de la même famille maladroit, ne fait pas l’affaire au détriment des connaisseurs pour ne pas dire  compétents qui risque de remettre en cause le système, le régime et le pouvoir.
Par conséquent :

Le médiocre : doit avoir une attitude soumise qui ne provoque pas d’effet à remettre en cause les fondements de ce régime. L’esprit critique  ne fait pas l’affaire et il est ainsi redouté car il s’exerce envers toute chose, dans tout contexte  et  à tout moment.

Le médiocre : est un très bon joueur, soumis car il ne fait que  « jouer le jeu »moyennant une gratification.

Le médiocre :  veut pourtant dire accepter des pratiques officieuses hors normes et hors standards  qui servent les intérêts de ses maitres , se soumettre à des règles malsaines en détournant les oreilles du non-dit et les yeux du non vue, de l’impensé., c’est aussi  accepter de ne pas divulguer  tel événement ,tel fait, tel noms…. dans tel rapport, faire abstraction de ceci, ne pas mentionner cela, permettre à l’arbitraire de prendre le dessus. Au bout du compte, jouer le jeu consiste, à force de tricher, à générer des institutions corrompues.

La corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu’ils sont corrompus.  Certains disaient que lorsque la corruption est en force, le talent devient  rare. Ainsi, la corruption devient  l’arme de la médiocrité qui abonde.Quand  le centre de la lumière, c’est-à-dire l’université forme des étudiants pour en faire non pas des esprits autonomes mais des aguerris  prêts à être instrumentalisés. Les cerveaux  préparés d’aujourd’hui  en forme de « pack » doivent correspondre aux besoins des oligarques

Jouer le jeu, c’est aussi, où que l’on soit, adopter le langage, la couleur,  la vision, le son et le plaisir du libéralisme en petit bourgeois tout court.

C’est avec cette nouvelle  gouvernance que l’on s’aperçoit que , le service public disparaît volontairement pour faire place à  la concession, à l’affermage au marché publics  pour que tout soit payant et   tous deviennent des « clients » rois .  On nous appelle ainsi  « Cher client ». Cette nouvelle terminologie  est révélatrice. Ils en disent long sur la révolution anesthésiante que nous vivons aujourd’hui.
Vous mettez un compétent soumis   au centre de la médiocratie. Pourquoi ?

Le docteur, le responsable, le licencié, le professeur, le directeur,….. sont tous des médiocres,. Ils ne sont pas incompétents, mais les oligarchies, rentiers qui détiennent le pouvoir  ont   formaté et configuré  leurs pensées, leurs comportements  et leurs carrières en fonction des intérêts de ceux qui l’emploient. Ils alimentent les données d’exercices  pratique ou théoriques dont ont besoin pour leur satisfaction de ceux qui le rétribuent pour se légitimer dans leur fonction pour que carrière soit tres bonne, le fait d accepter cet ordre il devient systématiquement   « médiocre » ou « petit simple agent » même s’il est directeur.

Résister d’abord au « méchoui » auquel on vous invite, aux petites tentations par lesquelles vous allez entrer dans le jeu et au petit cercle d’affaires. Dire non, Non,…. je n’occuperai pas cette fonction, non, je n’accepterai pas cette promotion, je renonce à cet avantage ou à cette reconnaissance, parce qu’elle est empoisonnée. Résister, en ce sens, est un érémitisme qui est dure à supporter. C’est un discours politique de rentier qui pousse tout un chacun à l’affadissement des gens compétents. Enfin La médiocrité refuse toujours d’admirer et souvent d’approuver.

BENALLAL MOHAMED


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UN COMMENTAIRE

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  • souhila
    16 décembre 2015 at 21 h 57 min - Reply

    Un texte admirable incisif et pertinent, merci à l’auteur

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