Édition du
4 December 2016

11 janvier 1992 – 11 janvier 2016: La mécanique enrayée de la dictature

MoudjriminesAlgeria-Watch, 11 janvier 2016

La commémoration de ce triste anniversaire du 11 janvier 1992 ne déroge pas à la coutume : l’Algérie demeure enfermée dans une logique suicidaire d’immobilisme autoritaire. Le pouvoir algérien se délite au rythme de la déperdition des réserves de change, autrefois présenté comme l’indicateur le plus probant de la qualité de la gestion du pays.

Le régime issu du putsch a atteint un niveau d’impotence particulièrement grave, et certainement inédit dans l’histoire politique globale contemporaine. Dans quel pays un candidat mutique et invisible est-il réélu pour un quatrième mandat présidentiel alors qu’il est notoirement très diminué ? Où a-t-on vu en effet un Chef d’Etat en exercice incapable depuis des années de s’adresser au peuple ?

Les institutions sont que des coquilles vides et l’Algérie, pilotée au jour le jour, n’est plus réellement gouvernée. Le pouvoir réel plus que jamais enfermé dans sa logique de fuite en avant et privé des moyens colossaux fournis par les niveaux extrêmement élevés des prix des hydrocarbures voit ses marges de manœuvre se réduire à vue d’œil. La mécanique politique, qui fonctionnait à grand peine avec un niveau de 100 dollars le baril, est totalement inopérante au prix actuel de 35 dollars.

L’effondrement de la bulle rentière

La camarilla irresponsable au pouvoir a empêché l’Algérie de profiter d’une longue période de hautes recettes pétrolières pour réformer son organisation et créer les conditions d’une dynamique économique efficiente. Au contraire, la structure rentière de l’économie a été renforcée, la production interne a été annihilée et la dépendance aux importations significativement amplifiée. Les bénéficiaires de l’explosion des revenus des hydrocarbures sont principalement des affairistes sans envergure associés aux dirigeants du régime.

Mais la prospérité en trompe l’œil assurée par des prix pétroliers élevés qui a débouché sur un niveau de gabegie et de corruption absolument astronomiques appartient à un passé durablement révolu. Toutes les projections concordent pour dessiner un tableau désastreux et de très sérieuses hypothèques pèsent sur la fragile paix sociale.

Face à la dégradation rapide des comptes, les gouvernants sabrent dans des subventions imprudemment concédées du temps de l’opulence rentière et tentent un très douloureux rattrapage de prix très longtemps artificiellement comprimés. Avec la dévaluation de la monnaie nationale, tout aussi douloureuse, c’est l’un des rares leviers à la disposition du régime pour vainement tenter de colmater des brèches qui s’élargissent irrésistiblement.

Au plan économique, le bilan du régime est sans appel. L’effondrement de la bulle rentière signe l’échec complet et annonce l’imminence d’une faillite inscrite dès l’origine dans la logique prédatrice du régime. Cet échec a déjà des conséquences sociales massives sur une société traumatisée par la sale guerre. Quel impact sur le fonctionnement du pays quand 60% du budget de l’Etat et plus de 95% des recettes d’exportations proviennent des hydrocarbures ? Qu’en sera-t-il quand ces réserves auront fondu au soleil de la gabegie ?

On se souvient des difficultés extrêmes à approvisionner le marché à la fin des années 1980 à la suite de la contraction drastique des prix pétroliers. L’Algérie ne comptait alors que 22 millions d’habitants, en 2019 lorsque les réserves ne seront qu’un souvenir, la population atteindra 44 millions…

Impasse et immobilisme

Face à ces échéances menaçantes, entre fuite en avant et politique de l’autruche, il ne reste plus au régime en crise que ses appareils de propagande pour tenter de masquer la marche vers l’abîme. Sous cet angle, les énièmes tripatouillages d’une constitution réduite à son expression la plus indigente ne sont qu’un aveu d’impuissance d’un régime bunkérisé. L’immobilisme est la constante d’un système qui ne parvient pas à se renouveler même si la seule – et très relative – note de satisfaction réside dans le fait qu’un des acteurs-clefs, le général Toufik Mediène, le très durable chef de la police politique, ait été poussé vers la sortie sans les effusions de sang qui accompagnent ce type de changement.

Dans un tel contexte, le décès de Hocine Ait Ahmed a relancé le débat sur les responsabilités de la rupture du processus électoral et les conséquences sanglantes du viol de la volonté populaire. Depuis quelques jours l’un des auteurs de ce coup de poignard dans le dos du peuple, le général Khaled Nezzar se livre à de piteux exercices d’autojustification et au travestissement éhonté des faits qui ont entouré le coup d’Etat.

Cette soudaine résurgence sur la scène politique d’acteurs qui auraient pourtant tout intérêt à tenter de se faire oublier illustre parfaitement le caractère indépassable du traumatisme particulièrement violent du 11 janvier 1992. Le coup d’Etat et le régime qu’il a engendré restent frappés d’opprobre populaire et fragilise directement le pays. Car l’Algérie est menacée avant tout par ce système qui porte en lui les germes de la division et de la déstabilisation. D’autant que le pays entre dans une phase particulièrement critique de son histoire ou les dangers extérieurs s’ajoutent aux tensions internes.

Les défis à relever sont vitaux

De fait, même si elle parait encore réduite à ce stade, la menace externe est sous-jacente. Mais l’Occident, grandement responsable de la destruction de nombreux Etats arabo-musulman, a-t-il aujourd’hui intérêt à jeter de l’huile sur le feu et à encourager des ruptures brutales dans un pays meurtri par la sale guerre ? On peut en douter pour le moment. D’abord parce que le régime sert parfaitement les intérêts externes. Et aussi parce que la déstabilisation brutale de l’Algérie aurait des répercussions catastrophiques sur toute la région de la Méditerranée occidentale. Les occidentaux n’ignorent pas que l’Algérie est sur une trajectoire de rupture. Mais il est clair que l’Europe n’a pas les moyens d’absorber une onde de choc qui risque d’être bien supérieure à celle provoquée par la guerre en Syrie.

Le régime tend inéluctablement vers sa fin au moment où l’environnement régional de l’Algérie est soumis à des pressions très vives. Le système né du putsch a sapé les fondements de l’Etat. Tout aussi gravement, la dictature par la violence, la corruption et le refus du droit, a sapé les structures morales de la société.
La leçon que l’on peut retirer de la situation générale du pays vingt-quatre ans après le coup d’Etat du 11 janvier 1992 est que l’Algérie est plus fragile que jamais. Le peuple algérien, bâillonné et privé de liberté, a toujours fait preuve d’un sens élevé des responsabilités en refusant obstinément les logiques de guerre civile. La société bien plus responsable que ceux qui se sont illégalement emparés des rênes du pouvoir saura défendre l’unité et l’intégrité nationales. C’est sur cet espoir et cette conviction que repose l’avenir de l’Algérie.


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15 Commentaires sur cet article

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  • Mahmoud LIABES
    11 janvier 2016 at 18 h 04 min - Reply

    On a beau chercher la faute chez les uns ou les autres mais chacun a sa part de responsabilité dans le drame que vit notre pay, d’ailleurs pas depuis 1991 seulement mais depuis 1962 déjà.

    En tout cas, à mon humble avis, qui peut être bon ou pas bon du tout, si le FIS n’avez pas mis un excès débordant d’idéologie dans son parti politique, par Coran et manipulations religieuses interposées, je pense que les parties en présence les plus concernés à l’époque (à savoir le pouvoir, une branche du FLN, le FIS et le FFS) auraient pu trouver un consensus ou je dirais un terrain d’entente même si l’armée est connu pour ne rien lâcher !

    Mais le FIS dès sa victoire aux élections communales quelques mois auparavent a montré le plus extrême de son visage : volonté d’imposer à tout le pays sans ménagement le Coran comme Constitution, constitution avant même la prise du pouvoir des APC d’une milice civile pour régenter «les us et coutumes des citoyens», constitution et préparation d’une armée parallèle à l’armée républicaine, propagande mensongère qui consistait à faire croire aux fidèles et aux citoyens que le FIS ne fait que ce que Dieu et le Prophète leur ont donné comme mission : c’est à dire l’instauration d’une République islamique (donc une république intégriste) régie par la Loi Divine dont eux seuls sont destinataires !

    Cette position idéologique extrême n’a fait que rendre facile la décision du pouvoir pour arrêter le processus électoral ! Cette position idéologique extrême n’a fait que profiter aux dictateurs militaires et aux autocrates du régime pour justifier leurs décisions d’arrêter le processus et d’intervenir brutalement et sans ménagement ! L’idéologie et les ambitions politiques démesurées du FIS ont en effet été de très bons alibis et prétextes pour stopper, éliminer le FIS et arrêter le processus électoral ! C’est le FIS qui a donné lui-même les bâtons et les matraques aux généraux pour se faire tabasser et se mettre KO et hors combat !

    D’où le célèbre slogan du FFS de Ait Ahmed né au cours de la grande marche du 3 janvier 1992: « ni Etat policier, ni Etat intégriste », « Algérie libre et démocratique »…, bien que lui-même était pour la continuation de processus électoral. A l’époque, Ait Ahmed avait l’espoir de trouver un consensus politique entre les parties concernées (pouvoir, FLN, FFS, FIS)! Çà aurait pu marcher si le FIS devait renoncer à son idéologie religieuse extrême et si le pouvoir acceptait aussi d’infléchir sa gouvernance totalitaire et policière pour plus de démocratie et liberté ! Mais ni l’un ni l’autre ne voulait reculer d’un iota. Et c’est comme çà que le peuple algérien dans sa majorité continue de subir les conséquences de ce drame car ni l’un (le pouvoir) , ni les autres (les extrémistes religieux) ne cherchent vraiment à faire de la politique ou de la gouvernance au sens noble des termes ! Les uns tiennent à la rente, à leurs chars et leurs bombardiers et les autres à leur Coran et leurs Kalachnikovs !

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  • rachid dahmani
    12 janvier 2016 at 8 h 01 min - Reply

    Bonjour à tous,

    Comme si le fait de modifier la constitution allait changer le cours des choses en Algérie et régler tous les problèmes de précarité que l’on connait. Comme si le fait de modifier quelques articles de la constitution va générer du travail, créer de la richesse, baisser le chômage, produire plus et vendre plus…etc. Comme si ajouter quelques lignes dans la constitution ou en retrancher va arrêter le gaspillage, stopper la corruption et le clientélisme…etc. A force de me répéter je ne trouve plus les mots qu’il faut pour écrire et exprimer ce que je pense et ce que je veux dire. Ici, et à force de lire ci et là la presse, il me semble que tout est orienté dans le divertissement par la mise à la une de tout une panoplie de sujet qui n’ont rien à voir avec le problème de l’Algérie. A mon sens, le vrai problème c’est « LA RICHESSE », « L’ARGENT » et tout ce qui s’y rapporte. Vous n’allez tout de même pas me dire que ce n’est pas cela le véritable moteur de tout le monde. Maintenant pour y arriver (à s’enrichir) il y a diverses méthodes. Et chacun utilise les siennes. Il se trouve que nos crapules gouvernants qui forment le système depuis 62 ont une seule et même méthode. S’accaparer du pouvoir du pays et par là la rente pétrolière. Ensuite tout les subterfuges peuvent passer pour faire croire tout ce que l’on veut. L’essentiel est de se servir comme on peut et garnir nos comptes en banque. C’est ce qui ne s’est jamais arrêté de se passer chez nous. Pourquoi? Alors, posons nous une seule question. Est il compliqué ou difficile pour un pays comme l’Algérie qui a disposé et dispose encore de pas mal de richesses dans son sous sol de développer tous les secteurs productifs à même de créer des richesses suffisantes pour son peuple et même plus? la réponse est évidente. Donc, il est aisé de comprendre que les traîtres qui ont gouverné jusque là n’ont pas voulu le faire ou ne savaient pas faire (et peut être même les deux qui est ce que je pense). En d’autres termes, et comme le disait Abane Ramdane (que dieu ait son âme), ceux qui ont pris les commandes du pays en 62 sont des mules avides de s’enrichir sans interruption. C’est ce que nous avons malheureusement constaté depuis. Maintenant il faut comprendre que ces mules ne rendront jamais le pouvoir, car pour eux cela va signifier rendre le monopole de la rente pétrolière et donc fini pour eux le remplissage des poches et des comptes en banque. Alors pour eux c’est hors de question et tous les coups seront permis pour arriver à leurs fins. Que reste t’il alors?

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  • AMAR
    13 janvier 2016 at 9 h 27 min - Reply

    BONJOUR SI DAHMANI!
    la constitution demeurera toujours un element majeur de l environnement politique du pays…
    c est encore le cadre de premier plan qui protege l impunite et qui bloque les initiatives citoyennes!! beaucoups de gens pensent que l encanaillement de l elite « je fais allusions aux suppletifs de politiques et fonctionnaires actifs qui soutiennent la faillite » va banaliser la loi fondamental………moi je me souviens bien de la constitution de 1989 ET SES EFFETS SUR L ADMINISTRATION…LA POLICE LA JUSTICE…L ETAT RETROUVAIT TIMIDEMENT ET PROGRESSIVEMENT. …SES ATTRIBUTS DE PUISSANCES PUBLIQUES ..LA BRUTALE CHUTE DU FLN ENTRAINAIT AVEC ELLE CELLE DE TOUS LES BALTAGUIS…CERTES L ETAT DE DROITS C EST CULTUREL C EST DANS LA TETE ..MAIS C EST UN PREALABLE IMPORTANT VOIR DETERMINANT POUR MOBILISER LA MASSE VERS UN PROJET FEDERATEUR….S AGISSANT DE L ARGENT DE LA PROPERITE…C EST A DIRE DU DEVELOPPEMENT…LORSQUE LE CADRE INSTITUTIONNEL S Y PRETE Y A PAS DE PLUS SIMPLE!
    le developpement c est l affaire du systeme educatif et notre pays dispose d une manne petroliere importante et de tres nombreux cadres de haut niveau a l etranger qui peuvent etre mis a contribution pour developper nos universites et nos centres de formations professionnelleset les orienter vers nos besoins industriels.. agricoles..tertiaires…
    le probleme est de DOTER LE PAYS D UNE AMBITION A SA MESURE ET FAIRE DE LUI UN ESPACE MEDITERRANEEN OU IL FAIT BON VIVRE!!!!

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    • rachid dahmani
      13 janvier 2016 at 10 h 50 min - Reply

      Bonjour Si AMAR,

      On peut écrire le document que l’on veut et dire que c’est la constitution du pays quand on a une bande de malfrats au pouvoir. Pour preuve ce que l’on appelle constitution chez nous est un assemblage de feuilles dont le contenu est régulièrement modifié au gré des désires de ces messieurs en fonction de leur environnement et de ce qu’ils veulent faire.
      Dire les choses dans l’absolu c’en est une chose, parler de notre pays c’est vraiment autre chose, car enfin, si c’en était vraiment un (de pays) et avec toutes les compétences que vous citez que l’on a (dont je suis d’accord) et les richesses dont il dispose, on ne serait pas là à surveiller les fluctuations du prix du baril pour la stabilité du pays mais mieux encore on aurait profité de cette chute des prix pour mieux s’imposer à l’étranger.
      La réforme de la constitution chez nous ne sert strictement à rien. A quoi elle a servi les 4 ou 5 fois qu’elle a été réformée par le passé? Notre véritable problème c’est les dirigeants du pays, et tous ceux qui veulent s’enrichir sur le dos du peuple et le plus rapidement possible. Le jour ou il n y aura plus de traîtres de ce genre alors on n’aura même pas besoin de constitution pour ériger le pays à la hauteur des grandes nations. Et pour l’heure le problème c’est d’évincer ces suceurs de richesses au pouvoir depuis 62. Bonne journée cher ami.

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  • Smail Bourenous
    16 janvier 2016 at 17 h 40 min - Reply

    Si on suit Mahmoud Liabes dans son délire d’intox, tout le monde est responsable et personne n’est responsable. Cette technique de dilution est vieille comme le monde. Quelle indigente khalouta. Il faudrait améliorer un peu, ça date.
    Il faudrait penser à un recyclage, la formation continue ça existe même pour l’intox.
    Qui croyez vous tromper en renvoyant dos à dos des islamistes qui ont gagné des élections et des militaires putschistes? La tentative d’instrumentaliser Ait Ahmed pour excuser vos amis assassins et voleurs est totalement méprisable.
    Quant à croire que l’islamisme est KO vous prenez vos vessies pour des lanternes, jamais l’Algérie n’a été ce point travaillée par l’obscurantisme et l’intégrisme. Le FIs est peut être hors combat (ce qui reste à vérifier du point de vue d’urnes non truquées) mais grâce à vos amis l’islam politique est encore plus présent. Bravo! Quelle victoire!

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  • ca21dz
    18 janvier 2016 at 13 h 43 min - Reply

    Aux internaute qui mettent le FIS dans le même sac que les généraux, je leurs dit le FIS est la victime avec le peuple et non le coupable
    Alors dans ce cas si vous endossez la responsabilité au fis au même titre que les généraux dans ce cas en arrête une bonne foie pour touts car le FIS a été puni en l’excluant de la vie politique et pire on liquidé et faire fuir les élus de ce partie a travers le monde par contre les Généraux ont beneficiés de l’algerie et son argent sans la remettre debut ni la sauvé soit disant.

    « Ina el hakou ya »lou wa la you »la « layhi »

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  • Malika FERHANI
    19 janvier 2016 at 16 h 49 min - Reply

    Cher compatriote @Smail Bourenous

    Vous avez tout à fait le droit d’innocenter le FIS et de considérer que le FIS, en tuant ou en fomentant des attentats criminels et meurtriers, ne fait que se venger parce qu’on lui a volé les élections !

    Cependant, je pense moi aussi que dire, comme le font certains internautes, que le pouvoir et le FIS sont responsables de la tragédie, ce n’est pas de la « khalouta » ou un désir de noyer le poisson! C’est une vérité ! Vous de votre côté, je suis sûre que vous pouvez nous citer des islamistes fondamentalistes tués, assassinés, déportés par le pouvoir, mais de mon côté, je peux vous citer aussi plein de civils algériens qui n’étaient pas armés et qui ont été assassinés lâchement par les islamistes fondamentalistes du FIS ! Il faut être objectif. Il y a eu une vraie tentative d’extermination des islamistes fondamantlistes par le pouvoir mais le FIS n’a pas perdu son temps pendant tout ce temps.

    Pour paraphraser un auteur algérien, jusqu’en 2000, il y a eu une « mise en exécution d’un véritable projet d’extermination des intellectuels algériens non armés » par des islamistes fondamentalistes qui étaient eux bien armés, et cela vient d’islamistes toutes tendances confondues (Hamas, FIS, Nahda etc…) C’était là donc un «génocide programmé». On ne s’attaquait pas seulement aux intellectuels francophones, considérés par eux comme une continuation maléfique de la présence française, mais même à certains arabophones qui n’étaient pas d’accord avec le projet extrémiste du FIS.

    Un terme d’origine afghane, chargé en valeurs négatives, servait à désigner les membres de l’intelligentsia non islamiste : ce sont des «communistes » (chouyou’iyoune)! Dans l’idéologie islamiste, un «communiste» représente l’ennemi par excellence, un ennemi à la fois puissant et injuste, comme l’étaient les Russes (communistes) pour les Afghans musulmans. Mais c’est aussi un «athée», un «laïque» ou un «apostat», ce qui signifie indistinctement à leurs yeux kâfir (mécréant), méritant d’être exécuté pour délit de mécréance. En plus d’être injustes, apostats et ennemis de la religion (‘adouw allah), ces intellectuels constituent aussi aux yeux des islamistes les « suppôts » les plus objectifs du Tâghout, le pouvoir désigné par le terme de « Tyran ». On se rappelle que la déclaration de djihad d’Ikhlef Cherati ciblait les «partisans de l’occidentalisation» en général. On se rappelle aussi les paroles d’Ali Benhadj, répercutées dans les organes du FIS, qualifiant les journalistes de judéo-sionistes. On voit bien que la vraie cible du FIS n’étaient pas uniquement et seulement des « militaires » qui lui ont volé les élections, mais aussi des « civils non armés ».

    Comme vous aussi, vous pourrez nous égrainer les partisans, sympatisants et militants du FIS qui ont été assassinés, moi je vais « m’amuser » aussi à vous citez certains personnes non armées qui ont été assassinées par l’armée islamique du salut et par ses milices civiles, elles aussi biens armées d’ailleurs !Tenez-vous bien car vous risquer de vous étourdir car je ne cite que les plus connus :

    Hafidh Sanhadri, cadre du ministère de l’emploi – Djilali Lyabès, sociologue – Lhadi Flici, pédiatre – Boualam Benhamouda syndicaliste – Tahar Djaout, poéte, écrivant, journaliste – Mahfoud Boucebci, psychiatre – Mhamed Boukhobza, sociologue – Karima Belhadj, cadre de l’administration de la police – Ahmed Asselah, directeur de l’école des beaux arts d’Alger et même son fils unique, Rabah est parti avec lui- Rachid Tigziri, dirigeant du parti le RCD – Abdelkader Alloua,le plus grand dramaturge algérien – Salah Djebaïli, célèbre chercheur en écologie – Mohamed Bekkouche, directeur de l’Ecole Vétérinaire d’Alger – Rabah Stambouli, islamologue et professeur de sociologie et promoteur d’un islam tolérant et progressiste- Ahmed Issaad,journaliste – Lakhal Yasser, journaliste – Saïd Mekbel journaliste – Azzedine Medjoubi, directeur du Théâtre national algérien – Abderrahmane Rebiha, professeur d’agronomie – Abderrahmane Ferhdeheb, universitaire, économiste – Cheb Hasni, chanteur prolifique et adulé.

    Et je ne parle pas des simples citoyens algériens innocents déchiquétés par les bombes lors des attentats !

    Et quand vous me citerez de votre côté tous les morts de votre camp à vous, on va arriver à la conclusion que la responsabilité du drame incombe aussi bien au pouvoir militaire dictatorial algérien qu’au FIS lui-même car un parti politique, même si on lui vole injustement des élections, n’a pas le droit de prendre le maquis pour cette raison, ni d’avoir une armée parrallèle à l’armée républicaine, ni d’avoir une milice armée qui assasine et coupe des têtes sans distinction et sans jugement !

    Voilà mon frère le drame algérien où il se situe, si on est objectif un tant soit peu !

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    • batni
      20 janvier 2016 at 3 h 24 min - Reply

      A posteriori et en regardant l’état actuel de l’Algérie; en vérité les protagonistes sont les deux faces d’une même pièce. Les Islamo-conservateurs réactionnaires et la frange la plus réactionnaire de l’armée ont mis le pays en coupe réglée.
      Voyez le résultat , Alger ressemble beaucoup plus a Kaboul qu’a une ville méditerranéenne. La religiosité a grugé le peu qui rester de réalisme et de cardinalité. C’était le but que les deux faces hideuses de la même pièce ont voulus atteindre. Le résultat dépasse leurs espérances.
      On se rend maintenant compte que l’arrêt du processus électoral n’était pas pour défendre une quelconque république mais c’était pour mettre le pays a genou pour le bénéfice des Islamo-conservateurs réactionnaires et la frange la plus conservatrice de l’armée.

      Mes respects,
      __________________________________________
      Vous avez oublié, mon cher compatriote, une 3e partie du conflit, alliée objective et inconditionnelle de la « frange la plus réactionnaire de l’armée », qu’est la frange extrémiste laïcarde, drapée d’une démocratie frelatée (à ne pas confondre avec les laïques).
      Amicalement.
      Salah-Eddine SIDHOUM

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    • ca21dz
      21 janvier 2016 at 8 h 29 min - Reply

      Une fois pour toute les victimes du terrorismes que madame avait citée sont victime collatéraux du pouvoir militaire après coup d’état ils ont voulez se débarrasser des personnalités qui gêne leurs projet destructeur, je site Liabes et boukhoubza, ce n’est pas le fis qui les a assassiné pour trouver leur assassins chercher dans leurs idéologie ces deux gênent plus les Nezzar et co que Abassi. et la purge des personnalités tel que djaout et dans la mime logique il n ‘y a pas belle opportunité pour les décideurs de l’époque de se débarrasser de tel gêne qu’utiliser le FIS

      Madame je ne défont pas le FIS,le fis a cesser d’exister très top mais les décideur ont continue a utiliser la carte du FIS jusqu’à ce jours pour duper les pseudos intellectuelle il n y a pas pire que de rester prisonnier de son ideologie ( idées farfelues qu on en arrive e ne pas expliquer la chose rationnellement )
      Les génocidaires trouvent leurs force chez les pseudos haineux intellectuelle malheureusement a quand des intellectuels honnêtes et dignes de ce pays pour nous eclaire au lieu de prendre partie d’emblée avec el wakef Monsieur Sidhoum on connais tres bien vos idée mais pourquoi laissé des personnes salir ce forum des eclaireurs par des machin pro genocideurs

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  • Sallah Djouadi
    19 janvier 2016 at 22 h 06 min - Reply

    Madame ou mademoiselle @Malika FERHANI,

    je viens de lire votre intervention et je dois dire que vous m’avez scotché ! Je n’ai plus rien à ajouter ni à @Mahmoud LIABES, ni à @rachid dahmani, ni à @AMAR, ni à @Smail Bourenous,ni à @ca21dz.

    Je me tais, un point c’est tout, car vous avez tout dit en quelques phrases !

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  • Smail Bourenous
    20 janvier 2016 at 9 h 21 min - Reply

    Ce papier a l’air d’avoir touché une corde sensible. Il y a deux camps en Algérie, c’est vrai : celui des tueurs et celui des victimes. La responsabilité première appartient comme l’a dit Bouteflika à ceux qui ont commis le coup d’État.

    En lisant certains commentaires on ne peut qu’avoir une pensée pour Mekbel et inviter ceux qui ne l’ont pas fait à lire « Saïd Mekbel, une mort à la lettre », de Monika Borgmann.

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  • Saadane Rafik
    20 janvier 2016 at 17 h 58 min - Reply

    Madame @Malika FERHANI

    Je suis entièrement d’accord avec vous et votre argumentation ! Ce qui est bien c’est que vous reconnaissez implicitement que le pouvoir et le DRS ont été responsables de la déportation, de l’emprisonnement ou de l’éliminations de certains militants ou sympathisants du FIS et aussi d’autres adeptes de l’idéologie extrémiste du FIS en général.

    Mais aussi vous avez bien démontré que le FIS n’est pas aussi innocent que çà ! Les affiliés et partisans du FIS ne sont pas non plus des anges ou des saints malgré leur « religiosité » si on se réfère aux actes qu’ils ont commis (exécutions sommaires de certains intellectuels ou artistes ou journalistes ou massacres d’innocents citoyens civiles lors des attentats du type DAESH qu’on retrouve aujourd’hui encore à travers le monde (monde arabo-musulmans ou autres).

    Vous faîtes bien Madame de relever ces deux responsabilités (fondamentalistes et armée/DRS) car :

    – premier point : les fondamentalistes islamistes conservateurs vont toujours tenter de revenir sur le champ politique pour se venger de ce qui leur est arrivé en 1992 (l’arrêt du processus électoral) peut-être même avec la complicité du pouvoir lui-même, et ce n’est pas exclu si on analyse bien certaines situations.

    – deuxième point : l’armée/DRS va toujours nous montrer l’épouvantail des « barbus afghans » pour nous laisser croire qu’il est là pour nous protéger de ces « fous de Dieu » et qu’il est un rempart à l’extrémisme religieux ! Rien que çà , ya dada Ahmed Gaid Salah and Co, n’est-ce pas !!!???

    Les citoyens algériens qui ne cherchent qu’à vivre dignement et être respectés dans leurs droits les plus élémentaires (liberté, droits de l’homme, droit à la différence etc…) , sont coincés comme des rats dans cette affreuse logique !

    Donc, l’Algérie ne respirera mieux que quand l’extrémisme religieux sera banni et que le pouvoir militaire chassé ou remis à sa place c’est-à-dire …. la caserne !

    La politique doit se libérer et s’émanciper non seulement de l’armée mais aussi de la réligion, si elle veut reprendre sa vraie place ! C’est un grand défi non seulement pour l’Algérie mais aussi pour tous les pays arabo-musulmans d’une manière générale !

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  • AMAR
    29 janvier 2016 at 17 h 09 min - Reply

    A L EPOQUE LORS DES RESULTATS DES ELECTIONS MEME SI C ETAIT UN PARTI LAIC IL SERAIT DISCREDITE DE LA MEME MANIERE ET IL Y AURAIT DES ASSASSINATS D INTELLECTUELS DE GOSSE DE FEMME ET D ENFANTS….DE TRES NOMBREUX APPELES DU SERVICE NATIONAL OU PLUTOT CE QUI EN RESTE (PUISQU IL Y A EU DES ELLIMINATIONS MASSIVES DE JEUNES QUI ONT EU LA MALCHANCE D ASSISTER AUX ACTES DE BARBARIES DE L EPOQUES…)pourront temoigner et il y a eu des temoignages…le PROJET ETAIT SIMPLE DISCREDITER LE FILS EN TUANT LES INTELLECTUELS LES FEMMES ET ENFANTS….
    LE FILS A ETE INFILTRE LE DRS A ENVOYE CHEZ ASSAD EN SYRIE PLUS DE 500 MILITAIRE EN FORMATION D IMAM PLUS DE 30% D ENTRE EUX ONT REJOINT LES RANGS DU FILS…LE GENOCIDE ETAIT PENSE ET MISE EN OEUVRE DE SANG FROID …ET LES SERVICES SECRETS FRANCAIS EN ETAIENT LA TETE PENSANTE FAFA NE VOULAIT PAS DUNE ALGERIE ALGERIENNE A SES FRONTIERES ET ENCORE MOINS D UNE ALGERIE MUSULMANES…L HISTOIRE FINANCIERE DU PAYS PEUT PROUVER COMMENT LES BUDGETS FARAMINEUX DES SERVICES DE SECURITE ONT ETE DEPENSE..DES SPECIALISTES PEUVENT REMONTER LES FAITS ET LES PROUVER….CEPENDANT IL EXISTE MALHEUREUSEMENT ENCORE DES ALGERIENS CULTURELLEMENT PLUS FRANCAIS QUE LES FRANCAIS…ILS N ADMETTERONT JAMAIS LA VERITE ILS AURONT TOUJOURS LEURS VERITES!!!!

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  • AMAR
    29 janvier 2016 at 19 h 38 min - Reply

    ADDITIF.
    FEU SAID MEKBEL QUI A JAMAIS ETE FAVORABLE AU FIS DECLARAIT (c etait comme s il le sentait …un VRAIS 6EME SENS ..)ALLAH YARAHMOU….IL DISAIT DONC QUE S IL Y AVAIT QUELQU UN QUI POURRAIT L ELLIMINER CE N EST PAS DANS LES RANGS DU FIS QU IL Y LIEU DE CHERCHER!!! mais du cote du systeme….. C EST CLAIR NET ET SANS APPEL !!!! vous trouverez ca dansses chroniques!!!!!!!!!!!

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  • Hamdane Boufnara
    18 février 2016 at 17 h 02 min - Reply

    @Mahmoud LIABES, @Malika FERHANI

    Bonjour. Je viens de lire votre point de vue et je suis entièrement d’accord avec vous ! Je peux comprendre les thèses de ce qui défendent le FIS et son idéologie, mais la responsabilité de la tragédie incombe aussi bien à l’armée/DRS qu’à la branche armée et les milices du FIS de l’époque, si on se place d’un point de vue de l’échelle de l’horreur, du nombre d’assasinats,de décapitations, de disparus, des emprisonnements, d’attentats à la bombe, de bus ou de voitures béliers, de déportés etc… etc.. Personne ne sait de qu’elle côté baisse la balance et qui a commis le plus d’horreurs!!! Les croyants disent : il n’y a que Dieu qui le sait!

    On peut donc dire que l’armée a certes sa part d’horreur mais ce n’est pas l’armée toute seule qui a décapité ses propres soldats, qui a organisé tous les attentats d’Alger et d’autres villes du pays, qui a exécuté tous les assassinats depuis 1991 toute seule etc… etc…!

    Si c’est le cas (responsabilité exclusive de armée/DRS, et seule responsable) comme le dit la propagange du FIS lui-même et de ses sympatisants(dont quelqu’uns l’affirment encore ici même sur LQA, …mais c’est leur droit), c’est conclure que le pouvoir est suicidaire. Or ce pouvoir a toujours cherché à démontrer aux yeux de l’étranger qu’il maitrisaient toute la situation sécuritaire du pays et qu’il n’a pas intérêt à lui même attisée le feu de la violence.

    La logique vut le pouvoir militaire n’avait et n’a aucun intérêt à aggraver cette situation en commettant de son côté des actes d’honneur ou des actes barbares ou a se tirer des balles dans les pieds !

    Il faut être quand même logique. Seulement on sait aussi que le pouvoir fait tout pour faire du FIS et ses maquisards une sorte épouventail. C’est un bon alibi pour l’armée et le pouvoir pour empêcher le changement et la démocratie. Il a intérêt à ce qu’il reste toujours une résiduel de térrorisme, un résiduel de danger Et dans ce sens, je crois aussi que le FIS et ses maquisards mettent de l’eau au moulin de l’armée/DRS et retarde nos minces chances ou espoir de changement en restant toujours dans les maquis au lieu d’arrêter le suicide. Car on sait maintenant que ses maquisards ne pourront jamais vaincre l’armée du fait que ce combat, cette guerre sont assymétriques ! A bon entendeur salut !

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