Édition du
25 September 2016

Esprit néo-colonial quand tu nous tiens !!

Françalgérie4Le Point Afrique – Publié le

Nicolas Bouzou : « L’Algérie, notre épée de Damoclès »

Dans Le Postillon du Point n° 2263, l’économiste explique que la France doit se préoccuper de l’Algérie, un voisin au bord de l’effondrement économique.

Qu'adviendra-t-il quand le pétrole se fera rare pour l'Algérie ?

Qu’adviendra-t-il quand le pétrole se fera rare pour l’Algérie ? © AFP / FADEL SENNA

Par Nicolas Bouzou*La révolution des énergies conventionnelles est commencée et ses conséquences pourraient nous surprendre dès cette année, notamment sous la forme de nouvelles vagues migratoires. En 2014, les Etats-Unis sont devenus le principal pays producteur de gaz (devant la Russie) et de pétrole (devant l’Arabie saoudite). L’affaire a pris une ampleur nouvelle fin 2015, quand le Congrès américain a levé l’interdiction de l’exportation du pétrole. Quant au gaz de schiste américain, il vogue déjà sur l’Atlantique sous forme liquide avant d’être regazéifié en Europe. La principale victime de ce basculement économique, l’Opep, a cru qu’elle pouvait tuer les producteurs de pétrole américains en maintenant sa production à un niveau élevé. Cette stratégie s’est violemment retournée contre elle : les progrès techniques réalisés par les puits américains ont permis de diminuer leur seuil de rentabilité. Ainsi, l’Opep a contribué à déprimer les cours et à saper les économies de ses pays membres, au premier rang desquelles l’économie saoudienne. L’Iran se trouve dans une situation moins grave dans la mesure où il va bénéficier dès cette année de la levée des sanctions prévue par l’accord de Vienne sur le nucléaire.

 © DR

L’économiste Nicolas Bouzou prévient sur les menaces qui pèsent sur l’Algérie et sur leurs conséquences tant locales qu’internationales. © DR

L’effondrement guette, pour des raisons tout à la fois économiques et politiques

Mais, si l’on se soucie des intérêts français, il est un autre Etat qu’on ferait bien de surveiller : l’Algérie. Notre magnifique voisin risque de s’effondrer pour des raisons tout à la fois économiques et politiques. Pourtant, presque personne ne scrute ce pays proche de 40 millions d’habitants (dont l’âge médian est de 28 ans), dans lequel la sécurité est toute relative. L’Algérie est notre principal pays d’exportations dans le monde arabe. Nos entreprises lui vendent d’importantes quantités de céréales, de voitures et de médicaments. Le drame de l’Algérie, c’est que les gouvernements de l’après-décolonisation, guidés d’abord par le socialisme de Boumediene puis par le simple populisme, ont été incapables de laisser l’économie se diversifier (ou ne l’ont pas voulu). Aujourd’hui, 97 % des recettes d’exportation et 60 % des recettes budgétaires sont liées au pétrole. En raison de la baisse des cours, le déficit budgétaire a explosé à plus de 10 % du PIB en 2015 (30 % si l’on retire la fiscalité sur l’énergie). Le chômage touche déjà 11 % de la population active, sans parler de la frange de la population qui vivote grâce aux aides sociales que l’Etat ne pourra bientôt plus financer. Mais il y a plus : 2016 pourrait marquer le début du délitement de l’Etat. La fragile nation algérienne, sans cesse sous la menace islamiste, repose sur trois piliers précaires et parfois incohérents : la présidence de la République, occupée par un Bouteflika de plus en plus fantoche, une armée de gérontocrates flanquée de ses services de renseignements et une opinion publique désabusée dont une grande partie rêve de la France.

La chute des prix des hydrocarbures algériens, une crise de succession ou, pis, la conjonction des deux

Comment le reprocher à nos amis algériens ? En outre, les économistes savent bien que, ces prochaines années, pour renforcer sa croissance et financer son Etat-providence, la France devra renforcer ses flux migratoires. Simplement, cela ne peut pas se faire sous la seule influence de facteurs … exogènes à notre volonté : la chute des prix des hydrocarbures algériens, une crise de succession ou, pis, la conjonction des deux. Or l’intégration des immigrés algériens ne se passe pas comme elle devrait. D’après l’Insee, 26 % des hommes algériens obtiennent un emploi l’année de leur arrivée et seulement 7 % des femmes (données de 2013). Des chiffres catastrophiques. Voilà un argument de plus pour que la France réforme rapidement son marché du travail, libère la construction de logements et clarifie ses valeurs. Car dans ces conditions, Schengen ou pas, les pressions migratoires seront suffisamment fortes pour que nous devions accueillir des milliers d’Algériens supplémentaires. A nous et à eux d’être à la hauteur pour que cela se déroule sans drame.


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8 Commentaires sur cet article

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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    22 janvier 2016 at 15 h 16 min - Reply

    « Esprit néo-colonial quand tu nous tiens » est le titre que j’ai donné à l’article de cet économiste nostalgique de l’Algérie de papa.
    Sachez, monsieur, que le régime illégitime s’effondrera tôt ou tard, de par ses propres contradictions, mais que notre Algérie ne s’effondrera jamais grâce à ses enfants, fils et petits-fils des Ben Mhidi, Abane, Ben Boulaïd, Lotfi, Didouche et autres, ceux-là mêmes qui ont chassé la France coloniale. Ces enfants qui chasseront à leur tour les fils et petits-fils du Bachagha Boualem, Ali Chekkal, Nefissa Sid Cara, qui ont pris en otage notre pays en 62 pour tenter de l’amarrer à nouveau à la Patrie de leurs Maîtres coloniaux.

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  • AMAR
    22 janvier 2016 at 20 h 26 min - Reply

    JE PENSE QUE LA MEILLEURE FACON DE S EMANCIPER DE « CET ESPRIT NEOCOLONIAL » C EST D ABORD DE CONQUERIR NOTRE CITOYENNETE..TOUTE NOTRE CITOYENNETE APRES …L EDIFICATION DU PAYS VIENDRA D ELLE MEME POUR PEU QUE L ENSEMBLE DES ENFANTS DE CE BEAU PAYS SOIT MOBILISES POUR LA CONSTRUCTION D UNE ALGERIE TOUTE ALGERIENNE AVEC TOUTES NOS VALEURS……CE VASTE PAYS DONT LA RICHESSE N ATTEND QU A ETRE EXPLOITEE EST CAPABLE DE DEVENIR VIVABLE ..ET OFFRIR A SES JEUNES L ENSEMBLE DES CONDITIONS NECESSAIRES A LEUR EPANOUSSEMENT….DOMMAGE …DEPUIS 1962 A CE JOUR…JAMAIS UN TEL GHACHI NE FUT SI BIEN REUSSI!!!!!!!!!!

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  • Larbi Anti-DRS
    22 janvier 2016 at 20 h 47 min - Reply

    « Car dans ces conditions, Schengen ou pas, les pressions migratoires seront suffisamment fortes pour que nous devions accueillir des milliers d’Algériens supplémentaires. A nous et à eux d’être à la hauteur pour que cela se déroule sans drame. »

    C’est cela la conclusion de cet article. Peuple’ le continent Europeen par des peuples qui reste en europe et pas des migrants. Pour rester en place il faut qu’il n’y a pas de pays de retour (d’origine), car il est ou sont detruits! L’exemple est la destruction de la Syrie et les deplacements de sa population (migrations involontaire) vers l’Allemagne, l’europe et le monde en generale. Les statistiques donne depuis des decenies une courbe ou la populations dans les pays de l’OCDE diminues et il faut un « input » pour bouster l’economie. L’Allemagne par exemple a besoin de trois millions, la Suisse de 500, 000, etc.

    l’Economiste dits: nos amis en Algerie!? Plutots vos harkis en Algerie tel Nezzar, et saidani retourne’ (Tourna! en expression Algerienne) avec une carte de residence francaise. Un chef du partis du FLN (pseudo-nationaliste, anti-revolutionaire) achete’ avec une carte de residence Francaise alors qu’il n’a jamais reside’. Les miracles pareils existent chez les Harkis.

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  • MAJORORO
    23 janvier 2016 at 11 h 39 min - Reply

    Permettez-moi de commenter le plus honnetement car mis à part cet esprit néocolonial et ou encore cette mentalité de maquisards, si prédominantes que cela soit d’un coté comme de l’autre, le Nicholas Bouzou n’a pas exactement tort. Ce jeune économiste avec un nom de famille si typiquement français de souche, essaye de voir loin dans le futur, mais pour la nième fois, les français j’ai bien peur sont à côté de la plaque.
    En effet, ils avaient eus toutes les chances du monde de faire ce qui leur est conseillé par le jeune Nicholas. Ils ont eu 132 ans pour le faire.
    Aujourd’hui, l’angoisse de faire face à des vagues de migrations de plus en plus importantes et la réalisation soudaine de la faillite de l’Algérie à laquelle ils ne sont pas si étrangers les empêchent peut-être de dormir.
    Les temps ont définitivement changés. Si les USA n’était pas facilement arrivés à changer le régime en Iraq ; comment la petite France d’aujourd’hui pourrait-elle faire quoi que cela soit en Algérie d’aujourd’hui ? Ce n’est plus une question d’honneur, ni de dignite mais plutôt d’anticipation d’un certain futur incertain et lugubre.
    Sérieusement, le concept d’ingérence sournoisement préconisé ici, en soi n’est pas aussi ridicule qu’on le pense mais il y a beaucoup de vrai dans ce que l’auteur avance. Cela doit être pris au sérieux et à commencer à y réfléchir pour possiblement le bien des 2 pays.
    Savez-vous que si les français avaient fait du bon travail quand ils avaient cette opportunité unique, le cours de l’histoire de l’Europe en serait différent. Ils n’auraient pas par exemple à s’allier aux autres européens pour élaborer cette Union Européenne qui n’en est pas réellement pas une.
    Non, Monsieur, ils ont droit de regards et ce n’est pas du néocolonianisme, afin de, ne serait-ce que pour essayer de contrôler d’une certaine façon, cette classe de nouveaux propriétaires prodigues produits des classes dirigeantes de ces pays décolonisés, de biens meubles et immeubles chez eux. Ces derniers peuvent déstabiliser les marchés de l’immobilier en autres et en tirer possiblement profit. Les relations économiques, financières et humaines entre les 2 pays en sont arrivés a un point ou on ne peut plus laisser une oligarchie d’illettrés faire ce qui lui semble bien de faire et si près de l’Europe. En tout cas, ce n’est même plus du ressort des seuls français pour en décider. A suivre.

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  • Sailm METREF
    24 janvier 2016 at 14 h 55 min - Reply

    Bonjour,

    Peu importe que Nicolas BOUZOU soit français de souche, protestant ou issu d’une famille juive originaire d’Algérie. Ce qui importe c’est de décrypter son analyse.
    Cet économiste appartient sans doute lui aussi à ce groupe à qui le puissant lobby médiatique permet «d’exister et de briller».
    Contrairement à Marc TOUATI qui lui se contente d’analyses strictement économiques, Bouzou franchit le Rubicon et ose « s’intéresser » à l’Algérie.
    Le discours de cet économiste dit libéral est classique. Il rejoint et à propos de l’Algérie les idées que développe ce que les médias français ont convenu d’appeler le courant néoconservateur français dont le substrat idéologique qui s’inspire notamment des travaux de Huntington travaille en profondeur la société française pour l’amputer de sa dimension musulmane n’hésitant pas au passage à apporter du grain à moudre à l’extrême droite pour substituer à la nauséabonde matrice viscéralement antisémite qui lui sert depuis toujours d’idéologie une nouvelle voie à explorer, la haine de l’Islam et des musulmans.
    A propos de l’épée de Damoclès, il s’agira de celle que pourra provoquer l’implosion de l’hexagone dont l’histoire, les institutions et même la représentation politique actuelle telle qu’elle est conçue actuellement n’arrivent plus à contenir, les soubresauts et les convulsions qui l’agitent et 2017 qui sera certainement l’année qui consacrera l’arrivée de l’extrême-droite française aux manettes cristallisera toutes les colères. Et cette perspective agite les milieux notamment sionistes dont les idées ont essaimé en France qui aiment instrumentaliser les idées de l’extrême-droite mais qui mettent en place avec l’ensemble de l’establishment, les verrous qui l’empêchent, pour l’instant, de déferler à l’assemblée.
    Ce courant de pensées regroupe des personnes comme Sarkozy, Zemmour et autres trublions des médias et de la politique.
    Il est vrai que médiatiquement, dire des choses à propos de l’Algérie fait parler de soi. Sarkozy qui essaye désespérément de revenir sur le devant de la scène ne rate pas une occasion pour en parler et souvent sous le prétexte de vouloir délivrer un message de vérité. Cela fait parlé de soi.
    Il faut segmenter l’analyse de Nicolas Bouzou. Il y a d’abord la posture de l’économiste qui se basant sur des données notamment macro économiques développe son analyse et émet ses hypothèses et ses prévisions. Il y a ensuite la dimension politique de son analyse, le pouvoir en Algérie, et les segments qui, selon lui, le composent.
    A ce niveau cet économiste n’apporte pas d’éclairage nouveau. Il se contente de compulser les analyses et hypothèses émises ici et là et de reprendre des données connues pour certaines et largement développées par des économistes algériens.
    Ensuite se déploie le segment comparatif que met en exergue Bouzou. Pendant que l’Algérie va inexorablement s’écrouler, la France dans sa croissance et sa splendeur retrouvées aura besoin de main d’œuvre.
    Ensuite le petit zeste droitdel’hommiste, les hommes qui arrivent en France en provenance d’Algérie trouvent plus facilement que les femmes du travail et enfin la pincée de tendresse, oui ces algériens qui vont se précipiter sur des embarcations de fortune en direction des cotes française devront être bien accueillis. Mais il faudra prévient Bouzou reformer le marché du travail un peu comme le suggère Sarkozy qui déplore que les algériens soient favorisés en termes d’émigration en France.
    Que ce Monsieur ait le doit de s’exprimer, cela est indiscutable. Il est m^me un exercice sain. Pour une telle liberté de ton, de nombreux algériens ont eu des ennuis. Mais il faut aussi reconnaître que ce paternalisme qui se perpétue à propos de l’Algérie n’est pas innocent. Il est en tous les cas révélateur de ce qui se met en place pour forcer le chaos en Algérie. Mais tout cela est de bonne guerre. Mais nous sommes en Algérie les premiers responsables de cette situation et la meilleure réponse est de construire inlassablement notre pays et ce n’est que comme cela que l’on forcera le respect.

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    • AIT MOHAND
      24 janvier 2016 at 22 h 46 min - Reply

      Excellente analyse Monsieur Salim METREF. Comme toujours, dirai-je. Effectivement, ce « pundit » est bien issu d’une très ancienne famille juive originaire d’Algérie et plus exactement de Beni Sror, de la famille des SERROR.

      Si des gens pareils s’intéressent présentement à notre pays c’est que l’empire de l’Etat profond, c’est à dire: l’empire du mal, a désormais dans son collimateur l’ALGÉRIE. La machine est en marche grâce à Bouteflika et son équipe d’Oujda qui ont détruit notre pays et s’apprêtent à présent à le leur livrer pieds et poings liés… surtout après la dissolution du D.R.S. le pays se trouve sans moyens de défense sur le plan des services de l’Intelligence. Nous sommes livrés à tous les vents de la destruction, désormais… Allah yestor!!!

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  • Mouloud
    28 janvier 2016 at 9 h 17 min - Reply

    Toutes ces analyses ne sont que du réchauffé, l’algérien lambda doué d’un peu de bon sens en fait matin midi et soir! Le seul mérite de cette analyse est de dire que certains pays de l’Opep sont responsables par leur courte vue de l’effondrement du prix du brut et par conséquent de la mouise dans laquelle ils (Les Grands CHAYATINES Saoudiens) ont mis tout le monde, y compris eux mêmes.Ils n’ont pas vu que le retour de bâton, ils sont aussi dans la mouise.
    Reste, les boat-people que craignait déjà l’ex Président Français en 90 et, qui n’ont jamais eu lieu sont une obsession bien française.
    Le flux migratoire a et existera toujours et, ce dans tous les sens géographiques – combien de français émigrent au Canada et, ailleurs faute de travail? Ce sont des émigrés au même titre que l’Africain, ils recherchent aussi une solution à leurs problèmes de vie!!!!! Ils – tous les émigrés du monde- participent à l’enrichissement du pays d’accueil. Dans le cas de l’Algérie- qui a formée des milliers de cadres et d’universitaires- les « gouvernants » successifs ont optes à leur égard pour la devise : Tais toi ou casses toi. C’est pour cette raison que les pays européens ne veulent qu’une émigration sélective. Des personnes formées qui acceptent d’être sous payés parce que chez eux, ils sont méprisés et ignorés.
    L’algérien était l’indigène sans droits, il est devenu un demi citoyen toujours sans droit. Lorsque ses droits fondamentaux seront acquis – et c’est là que réside la peur des autres – il se réveillera pour faire de son pays un OGRE créateur qui ouvrira les frontières algériennes à une émigration européenne.

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  • KHENTACHE
    10 février 2016 at 15 h 12 min - Reply

    Ya akhina Nicolas Bouzou, il ne faut pas pleurer à notre place pour l’Algérie! On ne vous a rien demandé . Notre problème est clair : il vient du pouvoir dictatorial, militaire et autocratique qui sévit depuis 1962 .

    Si on avait un vrai pays démocratique et social, un pays avec une gouvenance digne de ce nom et que si les millions de milliards de dollars de recette d’hydrocarbures que le pays a engangé depuis 1962 ont été investis intelligemment au profit du peuple et du développement économique et sociale exclusivement et prioritairment, l’Algérie ne serait pas dans cet état là aujourd’hui! C’est çà qu’il faut dire à haute voix ya akhina Nicolas Bouzou !

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