Édition du
5 December 2016

Religion du pouvoir et religion du devoir.

 

foi superficielle‘’J’ai appris qu’il est plus difficile de vivre pour Dieu que de mourir pour lui.’’ Ali Shariati

Dans un article précédent, il fut démontré que l’héritage du discours islamique sous la houlette des Ulémas a figé la dynamique intellectuelle innée à la révélation et d’une façon générale au message prophétique.

Une conséquence majeure de cet immobilisme, est le retard conséquent des musulmans à établir ou élargir une épistémologie d’essence islamique, qui serait capable d’un exégète de l’Histoire avec ses propres outils d’analyse.

Il est tout fait évident que la seule représentation prédominante de l’Histoire qui est devenue universelle, est celle qui fut élaborée en Europe avec des principes épistémologique dont les strates se sont accumulées au cours des siècles passés.

Dans cette lecture, il est fait usage essentiellement d’une dichotomie de nature conflictuelle sans moralité, justifiant comme une fatalité la condition humaine.
Elle affirme que le monde est structuré par l’oppression, l’exploitation, la souffrance, l’aliénation, la terreur et l’horreur. Elle s’articule sur la théorie de la sélection des espèces de Darwin en suggérant que les lois de la nature dans cet univers antagonique tendent à favoriser le plus fort.

Cette approche détermine en elle-même les fondements théoriques du matérialisme et ses atavismes : Le Capitalisme et Le Marxisme.

Cette conception est appelée Religion du pouvoir.

Le discours islamique dans sa grande majorité ne réfute la condition humaine qu’à de rares occasions. Il considère dans une vision nihiliste que l’homme doit accepter son destin. Et les moins lotis, les asservis, les oppressés doivent se résigner à leur condition dans l’espoir d’être rétribué dans l’au-delà.

Cette interprétation du message prophétique est qualifiée aussi de Religion du pouvoir.

Les faits dans leur déroulement historique donnent sens à cette approche. On peut remarquer a cet effet la jonction de l’Oligarchie élitiste internationale et le Wahhabisme dans l’esprit et dans l’acte.

En clair, la religion du pouvoir est le discours religieux dont la teneur est une couverture idéologique au statuquo de la condition humaine.

Il fit sciemment abstraction de la situation socio-économique de la société, en occultant le véritable message de la prophétie : La libération totale de l’être humain de toutes les idolâtries.

Idolâtries, dont la plus dévastatrice est celle qui a trouvé expression aujourd’hui dans l’adoration sans limite de l’antique veau d’or au visage nouveau et impitoyable du fétichisme de l’argent, et de la dictature de l’économie, sans âme et sans humanisme.

A cette interprétation dévoyée du message divin s’oppose une autre lecture de la prophétie, l’unique et la veritable.

Elle est celle qui découle du concept de l’Unicité de Dieu dans toute sa miséricorde.

C’est celle qui interprète correctement l’Unicité de Dieu en tant que cause métaphysique pour l’égalité de tous les êtres humains et le respect de toutes les vies.

Mais surtout c’est celle qui considère que cette Unicité décris fondamentalement la soumission à Dieu seul et par conséquent une révolte et une résistance contre tous les autres pouvoirs fétichistes.

Cette représentation du message prophétique est appelée Religion du Devoir.
De part la transcendance et l’universalité de l’élocution divine, l’Islam dans son essence est d’abord une religion du devoir, et avant d’être celle du pouvoir.

C’est le devoir de chaque musulman de mettre en pratique la foi dans l’Unicité de Dieu, qui doit signifier sans équivoque que les êtres humains sont régis par des règles d’engagement et de solidarité mutuelle sur la base de la piété et de la fraternité, et que la finalité de tout effort humain est l’homme lui-même.

Ceux et celles qui se reconnaissent dans cet esprit du message divin doivent conjuguer leur effort avec le reste de l’humanité pour défaire les adeptes de l’antique veau d’or.

Khaled Boulaziz


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