Édition du
4 December 2016

Le régime invente un modèle démocratique à l’algérienne.

 

démocratieLe problème fondamental de nos dirigeants est leur éloignement de la réalité. Dans la plupart des cas, ils prennent leurs fantasmes pour des projets effectifs. Ainsi, bien que nous vivions dans un siècle où la vie politique se construit sur les desiderata du citoyen, force est de reconnaître que le régime algérien refuse uniment d’accepter cet état de fait.

Faut-il être un savant pour corroborer cette thèse ? Depuis 1962, l’Algérie n’a pas connu aucune alternance. En outre, en dépit des richesses dont dispose le pays, une épée de Damoclès est suspendue sur la tête des plus vulnérables d’entre nous dès que les prix du pétrole baissent.

Or, dans n’importe quelle démocratie, le citoyen sanctionne, par son bulletin de vote, ceux qui sont incapables d’apporter des solutions à ses problèmes quotidiens. Hélas, ne croyant pas que l’urne soit le moyen de départager les candidats, le citoyen algérien se réfugie dans l’abstentionnisme.

Au lieu de remédier à cette situation, le régime encourage le statu quo, bien que dans les discours il soutienne l’inverse. Dans ce cas, de quelles « conquêtes démocratiques substantielles » parle le chef de l’État en évoquant la nouvelle constitution ? Dans son message, adressé aux parlementaires le jour de l’adoption de la nouvelle loi fondamentale, le chef de l’État parle sans doute à un microcosme et semble ignorer, par ricochet, que ces élus ne reflètent nullement la volonté populaire.

En tout cas, s’il compte bâtir le projet démocratique en s’appuyant sur des élus auxquels le peuple algérien ne fait pas confiance, ce sera une faute politique et un coup d’épée dans l’eau. Bien que le meilleur moyen d’instaurer la démocratie soit la reprise du processus là où il s’est arrêté en 1963, à travers notamment l’élection d’une Assemblée constituante, il n’en reste pas moins que le contexte régional instable –une des raisons qui a motivé le parti de feu Hocine Ait Ahmed de participer aux élections législatives de 2012 –ne justifie pas le dénigrement et la mise à l’écart du peuple algérien.

Pour justifier sa démarche, que l’opposition qualifie de peu démocratique, le chef de l’État argue que la démocratie algérienne ne doit pas être comparée aux autres modèles. « Dans cette œuvre, qui s’inscrit dans la durée, il ne s’agit pas, de toute évidence, d’importer et de plaquer telles qu’elles des institutions et des concepts, produits de l’histoire politique particulière d’autres nations », peut-on lire dans ledit message.

Mais, qui a choisi le jacobinisme institutionnel ? Qui a opté pour la prééminence du pouvoir exécutif –au sens propre et au sens figuré –sur les pouvoirs législatif et judiciaire ? Jusqu’à preuve du contraire, le peuple algérien n’a jamais été consulté sur ces choix. En un mot, ce n’est sans doute pas lui qui a importé les modèles mis en œuvre depuis l’indépendance.

En somme, il va de soi que la mainmise du régime sur les institutions n’est pas de nature à libérer les énergies saines de la nation. Or, pour ériger des institutions justes, il faudrait que le peuple apporte sa caution. Pour donner une telle apparence, le chef de l’État aurait dû opter pour la voie référendaire populaire en vue de l’adoption du texte fondamental.

Aït Benali Boubekeur

 


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8 Commentaires sur cet article

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  • rachid dahmani
    16 février 2016 at 8 h 06 min - Reply

    Bonjour à Tous,

    Je ne pense pas que l’on soit encore si naïf que veulent le prétendre tous les écrits qu’on lit ici sur LQA. Mon dieu. Se poser encore des questions sur les dires du chef de l’état, ses projets, ses décisions ou tout autre initiative sur cette sois disant démocratisation du pays c’est se fourrer le doigt dans l’œil pardi. D’autant plus qu’on explique très bien que la conduite tenue et adoptée date de 62, depuis l’indépendance. C’est très simple à expliquer et il ne faut pas être Einstein (purée de mec celui là, on vient de mettre en évidence sa prédiction dans sa théorie de la relativité générale des année 1920) pour comprendre qu’il y a des richesses dans le pays, beaucoup d’argent que l’on peut ramasser sans trop d’efforts. Juste par la main mise sur le pouvoir, par la traîtrise, la roublardise, la force bien sur et l’ignorance du peuple. Et bien sur on ne lâchera jamais cette rente pour rien au monde…à partir de là, faites toutes les analyses que vous voulez sur les décisions du pouvoir et de tous ses strapontins. L’objectif final est de toujours garder la rente par le maintien du pouvoir entre ses mains. Bonne journée à tous.

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  • MAJORORO
    16 février 2016 at 9 h 06 min - Reply

    La politique d’un pays souverain est normalement faite et entretenue par une élite politique quelle qu’elle soit, dans le cadre d’institutions établies sur la base de règles de jeux approuvées par tous. Les conséquences de l’ensemble des politiques menées dans un pays affectent directement la vie de tous et toutes d’une manière ou d’une autre.
    C’est ce que d’une certaine façon ce qui se passe en Algérie. Cependant un pays, c’est une économie basée sur une monnaie. Qui dit monnaie dit échanges qui sur le plan international veut dire Taux de Change qui normalement vous dit combien votre devise vaut dans une autre devise.
    La demande de monnaie d’un pays dépend notamment de ce qui se passe dans ce pays. Beaucoup de choses comme mentionnées plus haut se passent en Algérie qui comme tout le monde le sait ne sont pas souvent pas très honorables et comme conséquence directe le Dinar Algérien s’échange à presque 200 pour un Euro. Cela veut dire que l’Algérie et sa monnaie nationale ne mérite que cela. Tirez votre propre conclusion.
    Dans le monde, les choses sont d’une simplicité aveuglante. L’Algérie généralement n’est pas performante et le Dinar le paye très chèrement. La politique qui y est ou plutôt a été menée depuis l’independance en est responsable et doit porter le blâme.

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    • rachid dahmani
      17 février 2016 at 7 h 57 min - Reply

      Bonjour Majororo,

      Cher ami, tu oublies juste une chose. Il n y a rien de « normal » ou « d’anormal » chez nous. Lorsque l’on constate le comportement de tout un chacun chez nous, depuis nos dirigeants jusqu’au citoyen lambda (on s’accordera juste à dire que le comportement du citoyen a découlé de celui des dirigeants) on en déduit une tolérance à tout va sur tout ce qui semble être contraire à la « logique » du monde. Je veux dire par là, à la logique d’une majorité. Lorsque l’on voit par exemple que la plupart d’entre nous ne semble en rien être dérangé par le comportement des énergumènes dans la rue, on en déduit qu’on est totalement d’accord avec ces êtres. Mieux, il semble bien que si quelqu’un lève le ton pour dénoncer ces comportements il devient la cible quasi de toute la société et de tout l’entourage. A la lecture du comportement de nos dirigeants que tout le monde tolère sans façon aucune, il semble bien que si quelqu’un ose dénoncer quoique ce soit dans les travers de ces comportements il sera immédiatement réprimandé. C’est tout juste que c’est devenu une « tradition » chez nous. On a organisé le pillage de notre pays au vu et au su de tout le monde sans que personne ne crie au scandale, ou du moins aucune réaction pour mettre fin au pillage des richesses du pays. Dans la rue c’est pareil. Vous trouverez par exemple, dans la circulation routière des comportements inciviques que tout le monde tolère et vous serez l’être « anormal » si vous osez parler, le dénoncez ou tout simplement le dire à la personne en question. Bref, vous aurez compris, du dirigeant du pays jusqu’au citoyen d’en bas…l’Algérie est un véritable bourbier. Bonne journée à tous.

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  • Nacim
    16 février 2016 at 20 h 36 min - Reply

    Nous vivons tout simplement un monde kafkaïen. Un monde sans âme. Tout ce qui est absurde domine.Nous sommes pouvoir, opposition et simples citoyens tous perdus dans un labyrinthe , sans fil conducteur, et sans issue. Si il reste une issue, une seule c’est de s’accrocher et bien s’accrocher à Dieu l’unique. Grâce à Dieu

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  • AMAR
    16 février 2016 at 20 h 59 min - Reply

    POUR COMMENCER LA LETRRE ADRESSEE AUX DEPUTES LA VEILLE DU PASSAGE DU PROJET DE CONSTITUTION EST INOPORTUNE VOIRE ILLEGALE PUISQU ELLE AFFECTE LA LIBERTE DU JUGEMENT C EST COMME DANS UN PROCES ON NE PEUT DONNER LE MOINDRE AVIS AVANTSON DEROULEMENT…ENSUITE L OPPOSITION A FORCE DE SE CONCENTRER SUR TOUT LE SYSTEME N ARRIVE PAS A S ENTENDRE SUR UNE DEMARCHE SUSCEPTIBLE DE SENSIBILISER LA MASSE ET CE N EST PAS LES MATIERES QUI MANQUAIENT: gaz de chiste…affaire du nucleair de rggane…liberation de la justice de la tutelle ….affaire chekkib khellil….l opposition aurait pu se montrer entreprenante et agir dans la duree sur des themes pareils…jusqu a avoir gain de cause….c est ca la politique ..c est la determination dans le militantisme….LE SYSTEME MAITIENT SON CAP ET AGIT SOUVENT AVEC DES METHODES QUI ONT FAILLIE DANS LE PASSE ET TROUVE MALHEUREUSEMENTLA VOIE LIBRE……LA CONSTRUCTION D UNE ALTERNATIVE NE PEUT SE FAIRE AVEC LE SYSTEME MAIS AVEC L ELITE…. SENSIBILISANT LA CLASSE MOYENNE …EXIGEANT DES PROFESSIONS LIBERALES QU ELLES SOUVRENT SUR LA SOCIETE EN EDITANT DES TRIBUNES OU AVOCAT ..EXPERTS DE TOUS GENRE…COMMISSAIRES AUX COMPTES…NOTAIRES…HUISSIERS …L ORDRE DES MEDECINS…C EST UNE CATEGORIE SOCIALE QUI N A PAS LE DROIT D ETRE KHOBZISTE L HISTOIRE LA PUNIRA…ELLE DOIT IMMITER LES CORPORATIONS VOISINES ..ELLES ONT DES MOTS A DIRE SUR TOUTES LES LOIS ET TOUTES LES DECISIONS QUI SE PRENNENT..L ELITE C EST L INTELLGENCE QUI INSPIRE LE RESPECT MEME AUX DICTATEURS…LORSQUE JP SARTE SOUTENAIT LE MOUVEMENT DE LIBERATION NATIONAL LES MILITAIRES LUI DEMANDERENT DE LE METTRE EN PRISON ET VOILA SA REPONSE LE DE GAULE » on n emprisonne pas voltaire… »c est a ce prix que l opposition peut faire de l ombre au systeme….

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  • Bencheikh
    16 février 2016 at 21 h 46 min - Reply

    1 EUR = 127.794 JP Yen
    1 EUR = 118.539 DZ Dinars
    Au taux officiel

    on fait marcher la planche à billets sans que cela ne corresponde à la création de richesses réelles

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  • rachid dahmani
    17 février 2016 at 10 h 35 min - Reply

    Je ne pouvais m’empêcher de rapporter ici pour les lecteurs de LQA la chronique de Mustapha hammouche sur le journal liberté d’aujourd’hui.

    “Puisque, aujourd’hui, le m-paiement est maîtrisé de par le monde et on parle de la banque mobile, de la poste mobile – ça existe -, pourquoi passer par la phase intermédiaire du e-paiement ?” C’est la ministre des Ptic qui parlait ainsi, hier, sur une chaîne de la radio ! À la bonne heure !
    Pourtant, voici ce que disait la ministre, il y a un mois, au Forum d’Ech-Chaab : “Il y a un problème de certification électronique… ce n’est pas encore tout à fait maîtrisé”, mais elle assurait que l’option sera lancée au cours de l’année (2016). En octobre dernier, elle soutenait qu’“on pense que durant le premier semestre 2016, un certificat électronique sera mis en œuvre et permettra d’aller vers l’étape suivante par rapport au paiement électronique”. En novembre, elle annonçait la mise en œuvre prochaine de l’e-paiement pour le règlement des factures Sonelgaz !
    En fait, nous avons déjà eu à éprouver cette manière de nous faire avaler le bienfait du retard en la matière.
    Avons-nous déjà oublié l’épopée de la 3G ? Les premiers pays l’ont acquise en 2002. Et dès la fin 2004 ou début 2005, le ministre des Télécommunications, Amar Tou, annonçait que l’Algérie “vendra une licence UMTS en 2007”. Son successeur, Boudjemaâ Haïchour, confirmait, dès 2006, que “2007 sera l’année de la 3G”. Ce qui permit au ministre suivant, Hamid Bessalah, de profiter du retard accumulé, pour nous expliquer que “compte tenu de l’avancée rapide de cette technologie et son application dans certains pays, l’Algérie ne se dotera pas de la 3G mais ira directement vers la 4G, dont le lancement mondial est prévu pour 2012”.
    On a l’habitude, au ministère des transferts électroniques de profiter des “bienfaits du retard”. L’immobilisme comme source de progrès ! Il permet de brûler les étapes. Un progrès en “sauts de puce”, comme diraient les téléphonistes. Les ministres successifs ont dû puiser ce principe dans notre légendaire culte du repos qui précède l’effort au lieu de le couronner : “Koul o’tla fiha khir” (“dans tout empêchement il y a du bien”). Un drôle d’adage faisant l’éloge de la paresse.
    Et pourtant, nous n’avons pas fait l’économie de la phase 3G ; nous y sommes. Et pour encore longtemps avant la 4G mobile. On ne va pas bousculer des opérateurs qui n’ont pas encore rentabilisé leurs investissements 3G, juste pour l’amour du progrès !
    Nous avons, d’ailleurs, appris à patienter et à faire avec l’indigence technologique et organisationnelle de notre administration. Si, pour ouvrir un compte postal, on nous exige un dossier aussi épais que pour une demande de passeport, ce n’est pour nous permettre d’effectuer des virements avec notre téléphone.
    Et il n’y a pas qu’en matière de TIC qu’on nous promène ainsi pour nous faire patienter. Chez nous, même une Constitution rédigée en laboratoire met cinq ans à voir le jour ! Nous sommes un modèle de contre-développement.
    Par M. Hammouche.

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  • djamel
    26 février 2016 at 19 h 58 min - Reply

    Le référendum et c’est là où le bât blesse, nos chers députés ayants perdus toute logique d’abord et ensuite faisant montre d’une indignité sans pareille, d’un manque de respect caractérisé envers ceux qui leurs ont donnés leurs voix aussi minime soit-ils. Ils ont levés les bras tres haut pour que le maître puisse les voir sans difficulté. Dans leurs costumes-cravates ils paraissaient comme de vulgaires escrocs a l’affût d’une nouvelle affaire qui leur fera gagné quelques strapontins. Le peuple lui est occupé a ses misères quotidiennes, se disant que celui qui viendra après revisera encore une fois le constitution, alors a quoi bon s’y attaché. Nos dirigeants ont peur du peuple et ce dernier a peur de ses dirigeants. Le pouvoir ne fait pas confiance en son peuple et ce dernier lui rend la politesse. La population accorde plus de crédit aux rumeurs qu’aux déclarations officielles, c’est dingue de se rendre compte a quel niveau nous sommes descendus. Moi je me demande pourquoi l’opposition ne quitte pas une fois pour toute les institutions mal élues. Il n’y a pas de demies mesures dans ce cas précis. On est démocrate ou on ne l’est pas. On ne peut avoir un pieds ici et un autre là. Quand on arrive a faire élire un absent et malade de surcroit c’est qu’on a plus de limites aussi grotesques soit-elles

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