Édition du
7 December 2016

Hommage à Larbi Ben Mhidi, lâchement assassiné le 4 mars 1957.

 

BenMhidi et ZighoutL’assassinat de Larbi Ben Mhidi par les paras, commandés par le criminel de guerre, Paul Aussaresses, représente l’un des coups les plus terribles que la révolution algérienne ait subis. En effet, au moment où la révolution est reprise en main par les plus probes des hommes politiques, Larbi Ben Mhidi et Abane Ramdane, voilà que les parachutistes donnent un coup de massue à la révolution en arrêtant Larbi Ben Mhidi le 23 février 1957.

Bien que le chef historique soit précautionneux, il n’en reste pas moins que le quadrillage de la ville blanche, depuis le lancement de la grève des huit jours, la marge de manœuvre des dirigeants du CCE (comité de coordination et d’exécution), issu du congrès de la Soummam, se rétrécit telle une peau de chagrin. Néanmoins, selon le témoignage de Paul-Albert Lantin, dans la revue Historia, le scénario de l’arrestation de Larbi Ben Mhidi tient au fait du hasard.

D’après la même source, « ce sont ainsi des policiers amateurs du DPU qui signalent la présence, dans l’appartement de la rue Claude Debussy, d’un nouveau locataire arabe, dont il serait peut-être bon d’examiner les activités…Lorsque les policiers, accompagnés de parachutistes du 3eme RCP viennent interpeller, le 23 février, l’hôte du studio de la rue Debussy, ils ont très vite la certitude qu’il s’agit bien de Ben Mhidi qui, cette fois, n’a pas eu la baraka », écrit-il.

Bien évidemment, les récits que vont faire a posteriori les historiens-militaires français consistent à brouiller les cartes en présentant l’arrestation de Larbi Ben Mhidi comme étant le résultat de la coopération des dirigeants de la révolution, arrêtés avant lui. Pour mieux arranger le scénario, ils n’hésiteraient pas à dater cette arrestation du 25 février afin d’accabler Brahim Chergui, arrêté, lui, le 24 février. De la même manière, les mauvaises langues vont jusqu’à impliquer Ben Youcef Ben Khedda, son collègue au CCE, pour avoir occupé avant lui  le même studio.

Quoi qu’il en soit, après la capture de Larbi Ben Mhidi, le souci des militaires est de punir l’homme qui a osé défier leur autorité. Bien que certains paras, à l’instar de Bigeard, tiennent des propos élogieux à l’égard de Larbi Ben Mhidi, la vérité en est tout autre. Car, ces hommes ont une seule mission : éliminer leurs adversaires. Ainsi, que ce soit Massu, Bigeard ou Aussaresses, il est difficile de concevoir une fin heureuse après avoir été pris dans leur filet.

Par ailleurs, bien que le témoignage de Paul Aussaresses soit d’une monstruosité incommensurable, force est de reconnaître que c’est le récit qui se rapproche le plus de la réalité. Selon le criminel de guerre, le sort de Larbi Ben Mhidi était le dernier de ses soucis. « Nous nous sommes arrêtés [le 4 mars 1957] dans une ferme isolée qu’occupait le commando de mon régiment… Une fois dans la pièce, avec l’aide de mes gradés, nous avons empoigné Ben Mhidi et nous l’avons pendu, d’une façon qui puisse penser à un suicide », écrit-il dans son livre témoignage à la page 169.

Pour conclure, il va de soi que le sort des révolutionnaires en cas d’arrestation est impitoyable. Mais, là où le sort s’est acharné sur la révolution algérienne, c’est que, dans la même année, elle perd deux de ses meilleurs organisateurs : Larbi Ben Mhidi et Abane Ramdane. Une perte lourde de conséquences dans la mesure où la révolution tombe entre de mauvaises mains. Ce qui explique, cinquante-neuf ans après les faits, la défaite de la ligne démocratique et républicaine de la révolution algérienne.

Aït Benali Boubekeur

 


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5 Commentaires sur cet article

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  • batni
    4 mars 2016 at 17 h 52 min - Reply

    Il faut être naïf pour croire a un coup du hasard dans l’arrestation de feu Larbi Ben Mhidi. Les 2 organisateurs du congrès de la Soummam doivent disparaître au plus vite. C’Est un coup de poignard dans le dos de la révolution de la part de qui vous savez.

    Mes respects,

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  • djamel
    5 mars 2016 at 14 h 03 min - Reply

    En effet c’est difficile de croire au hasard dans l’arrestation de BenMhidi. Mais en tout état de cause « heureux les martyrs qui n’ont rien vu »

    ___________________________________
    A mon humble avis il s’agit d’un pur hasard. Le Mektoub, dirons-nous. Les paras étaient venus arrêter Benyoucef Benkhedda. Ils sont tombés nez-à-nez avec Ben M’Hidi. Cette info m’a été donnée par notre frère Benkhedda, lui-même.
    Amicalement.
    Salah-Eddine.

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  • Jamal »s
    8 mars 2016 at 19 h 24 min - Reply

    L’arrestation de BEN M’HIDI n’est pas du au Fait du hazard.
    Le temoignage d!un personnage ayant vecu les evenements de tres pres dit autrement.
    Fevrier 21,les hommes du colonel BIGEARD arretent BACHAGHA BOUTALEB,a son retour de Paris.Il faisait l’intermediaire dans les discutions secretes entre la France et Le FLN.Il possedait une Maison a la Casbah et un apartement dans Le quartier europeen;Boulevard Bru.BACHAGHA BOUTALEB provenait de Bou Saada.A Paris ,il a ete recu par Le president Francais RENE COTY.Les paras decouvrent Neuf bombes dans as Maison………BOUTALEB ,echappe a la torture Mais ecoppe de cinq ans de prison.
    Lors des interrogations, BOUTALAB confirm que les cinq chefs FLN etaient presents a la Casbah avant la greve,Mais durent partir vers des lieux secrets dans Le quartier europeen………
    Les cinq sont Larbi Ben M’Hidi,qui organisa la greve,Abane Ramdane,l’homme de la Guerre urbaine,Krim Belkacem,Le veteran Kabyle Guerrier,Benyoucef Ben Khedda;et Saad Dahlab.Le CCE.BOUTALAB……dit que Ben M’Hidi a sejourne dans sa Maison sur impasse Kleber.Il Donne Le nom de l’agent de lieson,HACHEMI HAMOUD.Ce dernier est telement torture qu’il succombe,Mais pas avant de donner les informations volues…….
    Fevrier,23 au soir une equipe de paras se presente au batiment apartement,rue Debussy,centre d’Alger .Une photo de Ben M’Hidi est Montree a la dame concierge.
    « C’est Monsieur Antoine Perez, »Elle dit. »Il travallle a la Mairie.Tres polit.Tres discret.Troisieme etage. » Ben M’Hidi ouvre la Porte .Il etait en pyjama et tres calm……..
    MASSU me veut pas un proce publique ,au consequences internationales.Il charge Aussaresses de la suite.
    Ben Khedda,lunettes noires et mustaches,portait une carte d’identite au nom de Albert Molina et habitait un studio Boulevard Saint-Saens.
    En passant par rue Debussy,il voit deux paras en guarde .Il se rend Le meme jour a BLIDA.Saad Dahlab est avec Lui.
    Dr Pierre Chaulet,un communiste sympathisant,est recrute pour transporter Abane Ramdane et Krim Belkacem a BLIDA.Fevrier,25 prenant Le dejeuner avec sa femme enceinte,Claudine,il est arrete par les paras.Il emit,toutefois une recommendation a sa femme, »N’oublies pas ton rendezvous . »Pour les paras,il parlait peut-être de son gynecologue.Une Demi heure Plutard,Elle est au Volant de sa voiture en direction de Blida.Avec Elle Krim et Abane.
    Les quatres heros,ainsi prirent Le chemin du sanctuarie montagneux du Colonel SADDEK,commandant de la Wilaya 4.
    Ce pendant ,dans la Casbah ,Yacef Saadi est tres en Colere envers eux.Ils sont partis sans l’aviser………
    A SUIVRE.

    ====================================
    Citer la source et les références SVP. Merci.
    La Rédaction LQA.

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  • Nordine
    9 mars 2016 at 16 h 55 min - Reply

    MERCI !!! la suite avec impatience !!!!!

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  • INTERVIEW : ACYL – Rock Metal MagRock Metal Mag
    28 mai 2016 at 8 h 01 min - Reply

    […] pour guillotine et il traite de la guerre d’Algérie. Le personnage il s’apelle LARBI BEN MHIDI, et c’est l’un des chefs FLN algériens et qui a été déclaré suicidé par […]

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